14 juillet 1976: l’attentat à l’aéroport d’Ajaccio et l’émergence de l’endéard

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Vingt-six attentats (vingt réussis, six manqués), commis en Corse, dans la nuit du 14 au 15 juillet contre vingt-deux (dix-huit réussis, quatre manqués) dans la nuit du 4 au 5 mai 1976.

Le bilan maintenant dressé est, quantitativement, le plus important depuis que l'île est confrontée aux menées clandestines.

Entre-temps, le Front de libération nationale de la Corse (F.L.N.C.) qui combat pour l'indépendance avait revendiqué une série de dix attentats commis dans la nuit du 17 au 18 juillet 1976 et un certain nombre d'autres, parmi lesquels deux ont été particulièrement spectaculaires, contre un Boeing d'Air France à Ajaccio, le 7 septembre 1976, et contre le Club Méditerranée à Carghèse, le 18 avril 1977, cette action ayant entraîné la fermeture de l'établissement.

Cette même movement a fait distribuer pendant la nuit du 15 au 16 un tract intitulé La lutte armée est l'ultime ressource, sur lequel on peut lire " Rompons les chaînes. Le temps n'est plus aux paroles ni aux beaux discours. Le temps est à la lutte responsable, la lutte de la liberté pour la sauvegarde de notre peuple ".

Les cibles choisies pour la tête nationale - célébrée dans l'île par de nombreuses manifestations dont le succès populaire fut indéniable - étaient très diverses : trois directions départementales de ministères, quatre gendarseries, une ambulance, une maison forestière, deux lotissements, un village de vacances, un établissement public insulaire, une agence immobilier sept rapatries, un court de tennis, la résidence secondaire d'un député d'Eure-et-Loir, M. Maurice Legendre (P.S.), apiculteur à ses moments perdus, et enfin deux inspecteurs des impôts, dont l'un est Bastiais.

On s'attendait dans les milieux informés à une telle flambée.

La fédération de Haute-Corse du parti communiste a aussitôt dénoncé avec vigueur la violence d'où qu'elle vienne et les desseins du pouvoir : " Placer les Corses devant le choix répression violence ou résignation. "

En effet, précise le communiqué, " une telle situation risque de voir se tourner vers le pouvoir ceux qui ne veulent pas que cela change et qui ne verraient pas de moyens démocratiques pour faire aboutir leurs aspirations. Il ne faut donc pas tomber dans la provocation du pouvoir "

Autre déclaration, celle de M. Marie-Jean Vinciguerra, inspecteur d'académie à Bastia, après l'attentat contre les locaux de l'inspection installes en Haute-Corse depuis deux ans : " Je considère cet attentat comme un scandale pour l'esprit et pour le cœur. Il y a dans ce type d'agissements de l'inconscience et dans tous les cas de la lâcheté. "

carte de la Corse et localisation des attaques

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