La démission de Sébastien Lecornu a donné lieu à de multiples publications humoristiques sur les réseaux sociaux, montrant comment l’actualité politique peut nourrir des mèmes et des jeux de référence culturels populaires.
Beaucoup ne partagent pas ce point de vue et rivalisent d’imagination pour ironiser sur la durée du bail de l’ex-Premier ministre et de son gouvernement, nommé 14h plus tôt seulement.
Contexte rapide et arrivée du gouvernement
Dimanche 5 octobre, Sébastien Lecornu avait enfin achevé la formation de son gouvernement, un peu moins d’un mois après avoir été nommé par Emmanuel Macron pour prendre la succession de François Bayrou.
La liste des noms annoncés avait laissé perplexe l’opposition dans son ensemble, de La France insoumise aux Écologistes en passant par le Rassemblement national, qui promettaient tous d’en finir rapidement avec ce nouveau gouvernement.
Mais c’est la crise avec Les Républicains qui a conduit Sébastien Lecornu à mettre un coup d’arrêt anticipé à son gouvernement en présentant sa démission à Emmanuel Macron.
« On ne peut pas être Premier Ministre quand les conditions ne sont pas remplies », a-t-il justifié quelques minutes plus tard.
Réception sur les réseaux et humoristiques culinaires de la démission
Ce passage express à Matignon, et la démission d’une flopée de ministres moins de 15h après leur nomination a donné lieu sur les réseaux sociaux à une avalanche de messages, pour beaucoup humoristiques.
De nombreux internautes ont par exemple reposté sur X un mème tiré du dessin animé Les Simpson sur lequel on voit le grand-père rentrer chez lui, enlever son chapeau, puis après un tour sur lui-même, ressortir. Parfaite illustration d’une action terminée avant même d’avoir commencée.
Beaucoup d’autres se sont servis du football pour illustrer la situation. Le remplacement d’Eden Hazard par Michy Batshuayi pour quelques secondes, avant le coup de sifflet final d’un match, l’évocation du discours de Raymond Domenech devant le bus des Bleus lors de la coupe du monde de 2010, la très courte carrière de Franck Jurietti en équipe de France (15 secondes en 2005), l’histoire avortée d’Hakan Yakın au PSG, ou les rendez-vous manqués de Florian Thauvin au Losc et de Rémy Labeau-Lascary à Angers, la métaphore du fiasco footballistique a été largement filée ce 6 octobre.
Paroles et plaisanteries variées autour de la situation
La démission du Premier ministre a par ailleurs suscité beaucoup de plaisanteries diverses et variées. « Le gouvernement Lecornu n’a permis que d’arriver au onzième épisode de la saison 2 d’un visionnage intégral de Breaking Bad », sourit un internaute. « Le saviez-vous ? Même les animaux dont le nom est “l’éphémère” sont moins éphémères que les animaux dont le nom est « gouvernement de Sébastien Lecornu », rigole un deuxième. « Ah désolé la semaine prochaine je peux pas, je suis Premier Ministre, mais la semaine d’après avec plaisir j’ai rien de prévu », glisse un autre.
« Plus que 80 gouvernements avant Noël ! », ironise encore un autre alors que cette référence à Astérix et à Barbe-Rouge, capitaine des pirates « Sabordons-nous nous-même, le résultat sera le même et on évitera quelques baffes » tourne sur X et Bluesky. Mieux vaut en rire, non ?
Parallèles avec le contexte social et politique
Ce mardi se déroulait la dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Et malgré les nombreuses mobilisations et oppositions, le gouvernement Borne ne flanche pas : cette réforme passera « quoi qu’il en coûte ». Si le texte a été sauvé à coups de 49.3, Emmanuel Macron pourrait lui y laisser sa peau et être obligé de démissionner, estiment les internautes.
Emmanuel Macron y annonce mettre fin à son mandat en tant que chef d’Etat. « Est-ce que c’est vrai ? », s’interroge-t-on sur les réseaux sociaux.
Vérité et parodie dans les vidéos et les montages
On retrouve les mêmes codes couleur, le même logo et le même onglet « direct » autour du reportage. Seulement, un détail visuel change : le célèbre bandeau où figure le titre du sujet a une police de caractères différente de celle utilisée habituellement. De quoi mettre la puce à l’oreille sur la véracité de ce qu’il sera dit par la suite.
En duplex, le journaliste raconte être devant les grilles du château de Versailles « où l’exécutif s’est réfugié sous très haute protection policière ». « Des milliers de personnes de tout âge sont en train de converger vers l’Assemblée nationale ». Puis, une annonce l’interrompt dans son oreillette. « On me le confirme à l’instant dans l’oreille, le chef de l’Etat va s’exprimer sur notre antenne ».
Origine et montage de la parodie
Une vidéo parodique montre le discours adapté dans un cadre fictif, avec des accroches humoristiques et des insinuations sur des personnalités et des institutions, comme les grands industriels français et des éléments de fiction autour de l’ex-président.
La vidéo semble surtout être une parodie, car la séquence du discours est suivie par des images humoristiques. Parmi ces éléments, d’autres détails ne concordent pas: Emmanuel Macron s’adresse à « Monsieur le Premier ministre », alors que le poste est actuellement occupé par une femme, Élisabeth Borne. Le son est également coupé par moments. Il semblerait bien que le discours ait été changé pour arranger les propos.
Une narration ancienne et reprise de discours est également mise en avant: « Un discours vieux de six ans », rappelant un discours prononcé le 3 juillet 2017 à la tribune du Congrès, à Versailles, lors des priorités pour le premier quinquennat.
La dimension d’actualité et les implications
Une vidéo parodique et une utilisation détournée des discours officiels alimentent une observation générale: l’actualité politique peut devenir un terrain fertile pour l’humour, tout en posant des questions sur la fiabilité des montages et sur la façon dont les informations sont présentées.
Des journalistes et des internautes jouent avec les codes des médias et des événements, tout en reflétant les inquiétudes et les attentes du public face à des décisions gouvernementales et à des remaniements rapides.
- Les mèmes issus des Simpson et les références footballistiques comme outils d’interpretation de l’actualité politique.
- La vitesse des changements ministériels et la réaction du public sur les réseaux sociaux.
- Les enjeux de véracité et de montage dans les vidéos et les discours présentés comme des actualités.
