2 février : quelle fête religieuse célèbre-t-on à la Chandeleur ?

Le 2 février, l’Église célèbre la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem par Marie et Joseph, quarante jours après la naissance de Jésus. Cette fête chrétienne, également appelée Présentation du Seigneur, est connue sous le nom populaire de Chandeleur.

La Chandeleur est donc avant tout une célébration religieuse de la lumière : elle rappelle que Syméon a reconnu en l’enfant Jésus la « Lumière pour éclairer les nations ». Les cierges bénis, les processions et les crêpes rondes et dorées expriment chacun, à leur manière, cette symbolique de la lumière, de l’espérance et du renouveau.

Que célèbre l’Église le 2 février ?

Chaque 2 février, l’Église célèbre la Présentation de Jésus au Temple. La Chandeleur est une fête de tradition chrétienne qui se célèbre le 2 février chaque année, que ce soit une année bissextile ou non, la date ne varie jamais.

On compte 40 jours après la date de Noël, le 25 décembre, soit le jour de la naissance du Christ selon l’église. La Chandeleur correspond à la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

La Chandeleur est le nom populaire de la fête chrétienne qui commémore la Présentation de Jésus au Temple. La tradition juive voulait que le premier garçon né dans une famille soit présenté au Temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance et consacré à Dieu (Luc 2, 22-23).

C’est ainsi que Jésus a été présenté au Temple de Jérusalem par sa mère Marie et son père adoptif Joseph, afin d‘accomplir la prescription de la loi de Moïse. L’évangile insiste sur diverses phases du rituel juif pour bien montrer l’insertion de Jésus dans la vie religieuse de son peuple, en d’autres termes manifester l’incarnation du Fils de Dieu.

La présentation de Jésus au Temple selon la tradition juive

La Présentation de Jésus au Temple est racontée au chapitre 2 de l'Évangile selon saint Luc. Marie et Joseph y reprennent une tradition juive très ancienne, que tout juif pratiquant de l'époque respectait : présenter les garçons premiers-nés et les consacrer à Dieu.

La présentation des enfants au Temple faisait partie des actions obligatoires dans la foi juive à laquelle appartenaient Marie, Joseph et bien sûr l'enfant Jésus. Cette prescription hébraïque stipulait donc que chaque premier-né mâle devait être consacré au Seigneur.

C'était une façon de rappeler l'évènement fondateur de la libération des Juifs de l'esclavage en Égypte et ses modalités singulières. En remerciement, les fidèles devait donner leur premier enfant à Dieu.

On trouve la source de cette tradition dans plusieurs textes bibliques, notamment Nb 18, 15 ; 1S 1, 24-28 ou Ex 13. Cet événement marque toujours encore la foi juive, le peuple prenant conscience de son élection divine avec cet événement.

Il s'agit d'un rite de purification. La naissance de l'enfant doit être rachetée, échangée contre le sacrifice d'un animal : deux tourterelles ou deux colombes.

Ils ont aussi offert les sacrifices prescrits pour la purification de la mère qui a enfanté [à Noël]. Ce texte et notamment le sacrifice des animaux est controversés par les exégètes. la purification serait celle de Marie devenue mère et non celle de l'enfant.

Les étapes qui précèdent la Présentation

D’abord, le huitième jour après sa naissance, Jésus fils de Marie adopté par Joseph, de lignée davidique, reçoit son nom Iehoshua (Dieu sauve). Toute la parenté et les amis réunis célèbrent dans la joie la brit mila, la circoncision de ce fils premier-né.

C’est son entrée dans l’Alliance, effectuée par le rite du « rachat du premier-né », en mémoire de la sortie libératrice d’Egypte et en signe de l’appartenance au peuple de Dieu. Jésus acquiert ainsi le statut de membre du peuple appelé à vivre les Dix Paroles pour être lumière des nations.

Deuxième étape : 31 jours après sa naissance, Jésus est porté au Temple pour sa présentation. « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Exode 13,2).

C’est le « pidyon ha ben », rachat du premier-né, à l’image d’Israël, premier de cordée pour entraîner à sa suite les autres nations vers le Royaume de Dieu.

Syméon et Anne, témoins de la lumière

En arrivant dans le Temple, Marie qui porte son enfant Jésus et Joseph sont interpellées par deux personnages prophétiques : Syméon et Anne. Syméon ne mourrait pas tant qu'il n'aurait pas connu le Messie.

Poussé par l'Esprit Saint vers le Temple, il voit Jésus le prend dans ses bras et le bénit. Il dit à Dieu que maintenant il peut quitter ce monde et mourir.

Il révèle à Marie et Joseph que Jésus est la lumière qui éclairera les nations païennes et les peuples d'Israël. Anne, une vielle femme veuve extrêmement pieuse louera l'enfant en le voyant et parlera de cette scène et de l'enfant à toutes les personnes qu'elle rencontrera par la suite.

La Présentation de Jésus au Temple est un moment clé dans la vie de l’enfant Jésus. Après quarante jours, Marie et Joseph viennent offrir leur enfant à Dieu.

C’est alors que Syméon, un vieil homme « juste et religieux », reconnaît en cet enfant l’accomplissement des promesses de Dieu. « Mes yeux ont vu le salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 30-32).

Ces paroles, qui préfigurent la mission universelle de Jésus, soulignent la venue de la rédemption pour toute l’humanité. La Chandeleur commémore donc la présentation de Jésus Christ au temple et célèbre Jésus Christ comme lumière du monde.

Syméon et Hanna sont ensemble les témoins âgés du cheminement d’Israël dans sa vocation de porteur de lumière, comme le chante le vieux Syméon en accueillant l’enfant : « mes yeux voient ton salut préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations païennes et gloire de ton peuple Israël ! ».

Mais, ajoute le visionnaire, la mission de Jésus sera confrontée à des choix contradictoires, relèvement pour les uns, chute pour les autres. Quant à Hanna, femme de prière, elle proclame aussitôt les louanges de Dieu pour la promesse qui se dessine à travers cet enfant.

Le récit de l’Évangile selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.

24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. 25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. 27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.

Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, 28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

29 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. 30 Car mes yeux ont vu le salut 31 que tu préparais à la face des peuples : 32 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

33 Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. 34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.

Il sera un signe de contradiction 35 - et toi, ton âme sera traversée d’un glaive - : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

36 Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, 37 demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.

Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. 38 Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

39 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. 40 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Pourquoi la Chandeleur est-elle appelée la fête des chandelles ?

La Chandeleur est aussi appelée fêtes des chandelles. La Chandeleur tirant son nom du latin, signifie aussi fête de la lumière.

Le nom « Chandeleur » provient à l’origine des « chandelles » , traditionnellement utilisées à cette occasion. La fête de la Chandeleur est une fête qui met à l'honneur la lumière sous toutes ses formes, tant celle du jour, que celle des bougies, que la lumière de la grâce divine.

C’est parce que dans le récit des évangiles, le vieillard Siméon prend Jésus dans ses bras et s’y réfère comme la « Lumière pour éclairer les nations », qu’on utilise des cierges pour cette fête allant jusqu’à lui en donner le nom.

Portant Jésus, Syméon parle de « lumière » qui éclaire les nations. C’est en lien avec cette « profession de foi » du vieillard que les chrétiens ont pris l’habitude (à partir du 7ème siècle) de vivre une procession éclairée à la bougie, aux « chandelles ».

Ce sont ces petites « lumières », ces cierges, ces chandelles qui ont donné au 2 février le nom usuel de « Chandeleur » (l’expression latine « festa candelarum » qui signifie « fête des chandelles »).

À la Chandeleur, qui signifie « fête des chandelles », on bénit les cierges et l’on organise des processions. À l’origine, des processions étaient organisées avec des cierges bénis pour symboliser la lumière et purifier les âmes.

Comment célébrer la Chandeleur comme chrétien ?

Cette fête nous invite à recevoir le Christ dans notre cœur. Au début de la messe, les fidèles se rassemblent dans l’église ; le prêtre consacre les cierges et les allume.

Ensuite, tous entrent dans l’église avec les cierges allumés. Cette image montre que la lumière de Jésus-Christ entre dans le temple de notre cœur et illumine tout ce qui était encore obscur et en attente du salut.

La messe du 2 février commence par une procession avec des cierges, une procession qui commence idéalement à l’extérieur de l’église, pour se rappeler la montée de la Sainte Famille (Jésus, Marie et Joseph) vers le Temple de Jérusalem.

Cette procession permet aussi de se souvenir du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne qui, sous l’impulsion de l’esprit-Saint, vinrent également au Temple où ils reconnurent leur Seigneur en voyant l’enfant-Jésus.

Comme le dit le prêtre dans la prière d’ouverture : « Il en va de même pour nous : rassemblés par l’Esprit, nous allons nous mettre en marche vers la maison de Dieu (ou vers l’autel du Seigneur [note : si la procession commence dans l’église]) à la rencontre du Christ ; nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire. »

La procession aux flambeaux est un moment très beau à vivre. Au début de la procession, le prêtre bénit les cierges en prononçant par exemple cette prière qui fait justement référence à la « lumière » dont parlait Syméon :

« Seigneur Dieu, véritable lumière, source et foyer de la lumière éternelle, fais resplendir au coeur de tes fidèles la lumière qui jamais ne s’éteint ; donne à ceux qui portent ces cierges, et qui en sont illuminés dans ce temple, de parvenir à la splendeur de ta gloire. »

La procession se déroule ensuite accompagnée d’un chant. Les chrétiens qui se rendent à l'église pour célébrer la Présentation de l'enfant Jésus au Temple par Marie à Jérusalem, et portent des bougies ou des cierges qui seront bénis.

Il faudra ensuite les ramener chez soi et les déposer allumés sur le bord des fenêtres. C'est aussi la date où l'on range la crèche.

Quelle est l’origine historique de la Chandeleur ?

On sait que la fête de la Présentation de Jésus au Temple est célébrée dans l’Eglise depuis le 4ème siècle au moins. Elle a été célébrée très tôt en Orient puis en Occident à des dates variables en fonction de celle de la nativité.

Célébrée dès le 4ème siècle à Jérusalem, cette fête eut d’abord pour objet la rencontre du Seigneur Jésus avec le vieillard Syméon. En proclamant que cet enfant était la lumière du monde et serait un signe de contradiction, le vieillard achevait de manifester que Jésus était le Messie, Sauveur du monde.

Au 7ème siècle, cette fête commence à être célébrée à Rome et s’accompagne d’une procession de pénitence qui, commencée à l’aurore, se faisait à la lumière des cierges, pour témoigner que dans la nuit du monde, Jésus était cette lumière tant attendue.

Plus tard, au 7ème siècle, des processions à la bougie (aux chandelles !) dès l’aurore, sont organisées. La bénédiction des cierges ne date que du 10ème siècle.

En Gaule, la fête devint mariale, reprenant la Purification exigée des jeunes mères juives qui se faisait quarante jours après la naissance, d’où la date de la fête qui se rattache encore au mystère de Noël.

La piété populaire a toujours rapporté cette fête à Marie et l’a nommée pour cette raison la fête des lumières de Marie. Cette fête marquait la fin du temps de Noël, on défilait en procession solennelle en portant des cierges.

Avant la réforme liturgique initiée par le Concile Vatican II (1962-1965), cette fête venait clore le temps liturgique de Noël. Aujourd’hui, elle se situe dans le temps dit « ordinaire » mais elle a quand même à voir avec la fête de Nativité !

La Chandeleur a-t-elle des origines païennes ?

La fête de la Chandeleur puise vraisemblablement ses racines dans les fêtes païennes comme c'est souvent le cas pour de nombreuses fêtes qui ont étaient remplacées par des célébrations religieuses.

L'église chrétienne de Rome a procédé ainsi à de multiples reprises afin de substituer petit à petit les rites en place par des rites chrétiens. Le mois de février était le moment de nombreuses célébrations.

Les fêtes celtes et la purification de la terre

Les celtes célébraient Brigit, déesse de la fertilité et de la purification, le 1er février. Les paysans parcouraient les champs avec avec des flambeaux avant les semailles pour purifier la terre.

D'ailleurs, la Ste Brigitte sera instituée le 1er février par l'église catholique. Un parallèle serait aussi à établir entre la Chandeleur et les fêtes de l'ours qui sont célébrées encore dans les Pyrénées-Orientales.

Il s'agit de célébrer le retour de la vigueur et de la fécondité par la sortie de l'ours de son hivernage. Là encore, on pourra également constater que ce jour-là se fête également la St Ours d'Aoste et la St Blaise.

St Blaise est aussi associé aux chandelles qui lui avaient été apportées lorsqu'il était en prison pour ses croyances.

Les fêtes de la Rome antique

Dans la Rome antique, on célébrait les fêtes des Lupercales au pied du mont palatin en allant à travers les rues avec des bâtons enflammés.

Ces fêtes étaient l'occasion de louer Faunus (le Pan grec) qui représentaient la fécondité. On fêtait aussi la festa candelarum, la lumière ramenée sur la Terre par la déesse Perséphone enlevée aux enfers ténébreuses par Hadès, le dieu des enfers.

Sa mère Déméter (déesse du blé entre autre) avait obtenu de lui que sa fille revienne sur Terre les deux tiers de l'année en ramenant sa lumière dans notre monde.

Il est aussi pertinent de signaler que le mot lui-même de février vient du latin « februare », verbe signifiant purifier, on peut aussi rapprocher ce mot du terme fièvre, qui cause une forte transpiration est censée purifier le corps.

En effet, toutes ces fêtes et la Chandeleur elle-même portent toutes ces mêmes idées de purification, renouveau et de retour dans la lumière.

Les galettes rondes et la symbolique du soleil

Certains relativistes font aujourd’hui un rapprochement avec des fêtes païennes annonçant la montée de la lumière, espoir des paysans pour leurs plantations.

On a donc pensé que le partage de galettes de céréales rondes (les crêpes d’aujourd’hui), symbole du soleil, y puisait ses origines. Mais il serait plus adéquat de rappeler à cette occasion la présence majeure des galettes de blé dans la tradition biblique : au livre de l’Exode, ch. 12, il est question de matsot ougot, des galettes rondes, qui seront plus tard utilisées dans les rites du temple et qui aboutiront logiquement par la suite au pain eucharistique.

Pourquoi mange-t-on des crêpes le 2 février ?

La Chandeleur est bien évidemment connue pour les crêpes qui se dégustent dans tous les foyers français. Bien que la Chandeleur soit une fête religieuse, ces traditions ont fait leur place dans toutes les familles françaises gourmandes en ce 2 février.

La crêpe de par sa forme et sa couleur blonde serait censée représenter le soleil, l'allongement des journée conduisant au printemps. Les crêpes, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, et donc la « lumière », le « Christ, lumière des nations ».

Fête gourmande pour les uns, jour de processions autour de la lumière pour les autres, le 2 février, la Chandeleur est tout cela et bien plus ! C’est aussi l’occasion d’une pause gourmande au cœur de l’hiver.

Le 2 février, on déguste des crêpes et on a bien raison. La Chandeleur est une belle occasion de réunir tous les membres de votre famille pour passer un moment agréable entre enfants et adultes.

La participation de tous donne une ambiance chaleureuse à cette petite fête familiale. Pendant le temps de repos de la pâte (environ 1h), vous pouvez prévoir des petits jeux auxquels tous pourront jouer.

Quand ce temps est passé, c’est le grand moment de la fabrication des crêpes et de la dégustation. On peut le commencer en récitant un bénédicité.

Ensuite, les plus grands doivent tenter de réussir au mieux les crêpes. Il faut bien entendu les faire sauter et les rattraper avec la poêle. Fou-rires garantis !

Une fois que les crêpes sont faites, chacun peut les parfumer à son goût : crêpes au sucre, à la confiture, aux fruits séchés et au miel, à la compote de pommes, au chocolat et bien entendu au Nutella,…

Crêpes dorées de la Chandeleur

Les traditions populaires de la Chandeleur

La pièce et la crêpe sautée

Il est d'usage de retourner une crêpe en la faisant sauter dans la poêle avec une pièce, à l'origine un Louis d'or, dans la main gauche.

Si la crêpe retombe impeccablement plate dans la poêle, alors c'est une signe de prospérité financière pour l'année à venir. Il était aussi de coutume de placer la première crêpe repliée sur une pièce de monnaie au-dessus de l'armoire de la maison pour attirer la bonne fortune et les récoltes abondantes sur la maison.

On jetait alors la crêpe de l'année précédente et donnait la pièce à un mendiant ou un nécessiteux.

La crèche blanche

La tradition de la « crèche blanche » est attestée dans le Vaucluse au 19ème siècle. Il s’agit d’une crèche éphémère pour le seul jour de la Chandeleur, composée de six personnages seulement : Marie, Joseph, Jésus, le grand prêtre, Syméon et Anne.

Le nom pourrait venir des deux petites colombes que Marie et Joseph offrent au Temple selon la Tradition juive. Une autre explication existe : avant la réforme du Concile Vatican II, la crèche était maintenue dans les foyers jusqu’au 2 février.

Avant de la démonter, certaines personnes couvraient la crèche d’un drap blanc pour signifier la fin du temps de Noël. Cette tradition n’a pas disparue, notamment grâce au travail du santonnier Denizou (à Tourves dans le Var) qui propose donc une crèche blanche de la Chandeleur.

C'est aussi la date où l'on range la crèche. Cela peut vraiment valoir le coup de participer au renouveau de cette belle tradition : adultes et enfants pourront alors concrètement se familiariser avec ces belles figures d’Anne et Syméon.

Les bougies dans la maison

Comme la chandeleur est aussi la fête des bougies, vous pouvez aussi préparer des bougies pour illuminer le logement. Vous créez ainsi une ambiance inoubliable, notamment pour les plus petits.

Le jour de la Chandeleur, vous pouvez aussi compléter le repas par une autre tradition culinaire, marseillaise : les navettes provençales dont voici la recette.

La Chandeleur et la Journée mondiale de la vie consacrée

Depuis 1997, c’est aussi la Journée mondiale de la Vie consacrée. La Journée mondiale de la vie consacrée a été instituée en 1997 dans l’Eglise catholique par Jean-Paul II. Elle se déroule depuis chaque année le 2 février.

La date a bien sûr été choisie en référence à la fête de la Présentation de Jésus au Temple : 40 jours après sa naissance, Marie et Joseph ont bien consacré Jésus à Dieu lors de leur venue au Temple.

La présentation de Jésus au temple, consacré selon la prescription rituelle de l’époque au Seigneur comme tout garçon premier né, annonce le don de Jésus par amour de Dieu et des hommes et l’offrande suprême de la Croix.

C’est pourquoi cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite.

Les objectifs de cette journée

Tout d’abord, car il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l’Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères.

En second lieu, cette journée a pour but de faire mieux connaître et apprécier la vie consacrée au peuple de Dieu tout entier, des Évêques aux prêtres, des laïcs aux personnes consacrées elles-mêmes.

Un don de soi à Dieu aussi total doit être rappelé et présenté à tout le peuple de Dieu, parce qu’il fait de l’Église l’Épouse du Christ, toute désireuse de répondre à son immense amour, d’être à ses yeux toujours plus belle et plus digne, de devenir « sans ride et sans tache ».

Le troisième motif concerne les personnes consacrées elles-mêmes ; elles sont invitées à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles.

Elles sont conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde.

Une vie consacrée « pleine de joie et d’Esprit Saint », sur les chemins de la mission, voilà le plus grand service à rendre à l’homme d’aujourd’hui.

La vie consacrée comme témoignage de lumière

Les religieux et religieuses donnent leur vie à Dieu, ils la lui consacrent. Dans cet épisode de l’Evangile, l’exemple d’Anne et Syméon qui se tenaient souvent en prière au Temple est évidemment aussi très évocateur de la vie religieuse.

La vie consacrée est une réponse joyeuse à l’appel de Dieu, un appel à se détacher des biens matériels pour vivre pleinement dans la lumière du Christ.

Ces hommes et ces femmes, qu’ils soient moines, religieuses, prêtres ou laïcs consacrés, témoignent de la présence de Dieu dans le monde par leur dévouement total à la prière et au service des autres.

Comme Jésus, présenté au Temple, ces consacrés sont invités à devenir eux-mêmes une lumière dans le monde, non par leur force ou leurs mérites personnels, mais par la grâce de Dieu qui agit en eux.

Leur vie est un signe visible de l’espérance chrétienne, de la lumière qui éclaire le chemin des croyants.

Cette journée est l’occasion de mettre le zoom sur la vie consacrée chrétienne. Aujourd’hui encore des centaines de milliers de personnes ont répondu à une vocation particulière, elles ont renoncé à fonder une vie de famille pour offrir totalement leur existence à Dieu, dans une vie de prière et de charité.

Tant d’hôpitaux, de dispensaires, d’écoles, de centres culturels, de lieux d’accueil sont l’oeuvre de religieux chrétiens ! Tant d’abbayes sont des lieux de ressourcement, indispensables pour notre monde !

Ce 2 février est l’occasion d’une action de grâce pour leur réponse à l’appel de Dieu, pour leur fidélité, pour leur rayonnement. C’est aussi l’occasion de prier pour tous les religieux et religieuses, et de prier pour que soient donnés à l’Eglise de nouveaux ouvriers à sa moisson.

Un appel adressé à tous les chrétiens

Ainsi, le 2 février nous invite à une double méditation. D’une part, cette date nous rappelle que Jésus est la lumière du monde, une lumière qui ne se cache pas mais qui éclaire toutes les ténèbres de notre existence.

D’autre part, elle nous invite à réfléchir à notre propre consécration. Chaque chrétien, par son baptême, est appelé à porter cette lumière dans le monde.

En ce jour, que nous soyons consacrés dans la vie religieuse ou laïcs engagés, nous sommes invités à renouveler notre foi et à vivre pleinement cette vocation de lumière, qui nous fait participer à l’œuvre de Dieu.

Que ce 2 février soit l’occasion pour nous de rendre grâce pour ceux qui se consacrent entièrement à Dieu, mais aussi de raviver en nous l’appel à vivre notre foi avec un cœur lumineux, prêt à offrir au monde le Christ, Lumière du monde.

La Chandeleur dans la vie liturgique chrétienne

Avant la réforme liturgique initiée par le Concile Vatican II (1962-1965), cette fête venait clore le temps liturgique de Noël. Aujourd’hui, elle se situe dans le temps dit « ordinaire » mais elle a quand même à voir avec la fête de Nativité !

Cette fête marquait la fin du temps de Noël, on défilait en procession solennelle en portant des cierges. Aujourd’hui, cette fête rappelle la rencontre de la Vierge Marie et du vieillard Syméon.

La fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem permet aux chrétiens de se rappeler que la prière rend encore plus capable de découvrir la présence et l’action du Seigneur dans ce monde et dans leur vie.

La ferveur du vieillard Syméon comme celle de la prophétesse Anne sont un exemple pour les croyants : parce qu’ils sont familiers de la prière au Temple, ces deux personnages sont capables de voir par delà les apparences (un petit bébé) la présence de Dieu.

Cierges de procession, le travail du céroféraire

La signification spirituelle de la lumière

C'est une fête qui met à l'honneur la lumière sous toutes ses formes, tant celle du jour, que celle des bougies, que la lumière de la grâce divine. La Chandeleur symbolise la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, 40 jours après sa naissance.

« Lumière pour éclairer les nations païennes » (Luc 2, 32), c’est par ce titre que Siméon accueille Jésus lors de la Présentation au Temple par Marie et Joseph, quarante jours après sa naissance.

À l’origine, des processions étaient organisées avec des cierges bénis pour symboliser la lumière et purifier les âmes. La Chandeleur célèbre ainsi la rencontre de la Promesse et de l’Espérance.

La prière, la procession et la flamme du cierge expriment l’attente du salut et la reconnaissance de la présence du Christ. Elles invitent les fidèles à laisser entrer la lumière de Jésus-Christ dans le temple de leur cœur.

La Chandeleur est traditionnellement fêtée avec des crêpes qui, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, et donc la « lumière », le « Christ, lumière des nations ».

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