Le 1er mai au Havre est marqué par une importante mobilisation syndicale, sociale et politique. En 2025, au moins 500 personnes ont participé au défilé organisé pour la Journée internationale des travailleurs, tandis que la manifestation a pris une coloration politique notable.
En 2026, la mobilisation a été plus forte encore : l’intersyndicale a revendiqué 1 500 manifestants, tandis que le comptage réalisé sur place les évaluait à environ un millier. La défense du 1er Mai comme jour obligatoirement férié, chômé et payé figurait au cœur du rassemblement.
Le défilé du 1er mai 2025 au Havre
Ce 1er mai 2025 au Havre, la mobilisation pour la Journée internationale des travailleurs, à laquelle participent au moins 500 personnes, revêt une coloration politique notable. La manifestation du 1er mai a revêtu une nette couleur politique au Havre.
Les appels aux « mobilisations contre la guerre, l’impérialisme et l’extrême droite » figuraient d’ailleurs en tête des mots d’ordre de l’intersyndicale. Au moins 500 personnes ont battu le pavé de la cité océane.
| Édition | Mobilisation annoncée | Principaux thèmes |
|---|---|---|
| 1er mai 2025 | Au moins 500 personnes | Justice sociale, lutte contre la guerre, l’impérialisme et l’extrême droite |
| 1er mai 2026 | 1 500 manifestants selon l’intersyndicale, environ un millier selon le comptage réalisé sur place | Défense du 1er Mai férié, chômé et payé, luttes sociales et politiques |
Des revendications sociales associées à une forte dimension politique
Les propos liminaires de l’intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Solidaires, avant que ne s’élance le cortège à 10 h 25, sont à cet égard éloquents : « [Nous sommes] dans un contexte où (…) le capitalisme démontre chaque jour davantage son incapacité à subvenir aux besoins les plus élémentaires des peuples, où les équilibres entre impérialismes basculent, risquant d’entraîner le monde dans la violence », fustigent ainsi les orateurs.
Leurs appels aux mobilisations « contre la guerre et l’impérialisme et contre l’extrême droite » figurent en tête de leurs mots d’ordre, avant les « mobilisations pour la justice sociale ». « Ré-sis-tance ! », reprennent d’ailleurs en chœur les manifestants, cours de la République, lorsque le mégaphone de la voiture de la CGT les exhorte à le faire.
À côté des drapeaux syndicaux, ceux de plusieurs partis politiques de gauche et d’extrême gauche, dont le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), appelant à « [se rejoindre] sous la banderole unitaire antifasciste ». On note aussi la présence de l’Ahseti et de RESF, deux associations qui soutiennent Maria Graciela Da Costa, Brésilienne menacée d’expulsion, dont le sort a été évoqué par l’intersyndicale.
Les témoignages des manifestants
« Je manifeste pour montrer qu’il existe encore des gens de gauche qui se battent pour le partage et l’entraide », avance pour sa part Stéphane, 51 ans. « Tout va mal ! » s’indigne de son côté Milena, 28 ans.
Si « les causes sociales, le travail » lui tiennent à cœur, elle manifeste aussi « contre l’extrême droite, de plus en plus influente en France ». En avant toute pour le combat politique donc, ce 1er mai au Havre.
La mobilisation du 1er mai 2026
Au Havre, la manifestation du 1er Mai a rassemblé jusqu’à 1 500 personnes selon les syndicats. La défense de ce seul jour obligatoirement férié, chômé et payé a compté dans cette mobilisation plus forte que l’an passé.
Devant la maison des syndicats du Havre, une banderole étale ce mot d’ordre en grandes lettres capitales noires sur fond jaune : « Travail le 1er mai ? Exclu ! ». Tout un symbole ce 1er mai 2026 vers 10 h, alors que le gouvernement a renoncé - pour l’instant, à autoriser certains commerces à employer des salariés le 1er mai, seul jour en France obligatoirement férié, chômé et payé.
« Cette journée n’est pas un jour comme les autres. Elle porte une histoire, celle des luttes sociales, mais aussi celle des avancées obtenues par le dialogue, la négociation et l’engagement collectif », souligne à ce sujet l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-FSU-Solidaires dans sa prise de parole, fustigeant « certains [qui] ont envisagé de banaliser cette journée. »
« On tient à notre 1er Mai, c’est impossible de revenir là-dessus. On va tout faire pour le garder », appuie en aparté Aurélie Legoy, secrétaire générale de l’UIP-CFDT du Havre et sa région.
Un cortège plus important que l’année précédente
Le cortège s’élance pour un parcours de deux heures à travers la ville. L’intersyndicale revendique 1 500 manifestants, notre comptage les évaluant à environ un millier.
Beaucoup plus que l’an passé (au moins 500) en tout cas. « Il y a un petit regain. La tradition continue, c’est pas mal », apprécie John Barzman, historien et membre du parti L’Après.

Partis politiques, élus et collectifs citoyens
Côté politique, plusieurs représentants de partis de gauche battent le pavé. On note aussi la présence des maires de Gonfreville-l’Orcher et de Rogerville, de conseillers municipaux d’opposition du Havre, et du député PCF Jean-Paul Lecoq.
Des associations ou collectifs citoyens donnent en outre de la couleur au cortège avec leurs drapeaux et banderoles : Le Mouvement de la Paix, Amnesty International, Collectif havrais contre la guerre et le fascisme… Ou avec leurs voix, à l’instar des Josettes Rouges, cette « chorale féministe révolutionnaire » du Havre.
Des professions et des générations représentées
Côté métiers, un large panel de professions est représenté (dockers, cheminots, soignants…), sans compter de nombreux retraités. Comme Patrick, qui s’insurge contre « les attaques sur le 1er Mai, ça dissimule la disparition, un jour, des jours fériés ».
Il manifeste donc « pour le symbole », et pense aussi « à nos enfants, à nos petits-enfants. Il va falloir lutter pour éviter la retraite à 64, 65, 67 ans… ».
Le cortège comprend d’ailleurs plusieurs jeunes dont c’est le premier « 1er Mai ». Comme Simon, 15 ans, lycéen, qui apprécie l’ambiance de « cette journée dédiée aux travailleurs ».
Ou Yséa, 16 ans, lycéenne, présente parce qu’elle trouve « la cause importante, celle de se battre pour garder le 1er Mai ». Et de compléter : « Si on le retire, au fur et à mesure, il n’y aura plus rien ».
Une contre-fête face au rassemblement du Rassemblement national
Le 1er mai au Havre promet d’être dense. En marge du traditionnel cortège syndical pour la fête du travail, le Rassemblement national a décidé de tenir sa « fête de la nation » dans la ville d’Edouard Philippe.
En réaction, des associations organisent une « contre-fête » pour protester contre la présence du parti. Certains redoutent des débordements.
3 000 personnes sont attendues pour une contre-fête du 1er mai au pied de la catène des containers au Havre. Voilà un mois qu’une vingtaine d’organisations travaille sur l’évènement.
La raison de cette mobilisation se trouve à quelques centaines de mètres, où le Rassemblement national a décidé de tenir sa « fête de la nation ». Face à la catène, Alain Ponvert, co-animateur du comité local d'Attac.
Ce contre-évènement lui semblait indispensable. Le RN s'est imposé dans une ville qui est quand même ouvrière et populaire. On ne pouvait pas ne pas réagir, ce n'est pas possible.
Des consignes pour éviter la confrontation
Quelques jours avant l’évènement, la sécurité est au cœur des discussions. « Les débordements ne viendront pas de nous », assure Alain Ponvert. Avant d'ajouter : « Il ne s'agit pas pour nous et pour les organisations d'aller au contact du Rassemblement National. »
Aller au contact, ce ne sera pas non plus le cas du côté du rassemblement national. 1 400 militants et cadres du parti sont attendus au Carré des Docks du Havre.
Jean-Cyril Montier, responsable RN Pays de Caux et conseiller municipal de Port-Jérôme-sur-Seine, a une certitude : aucun débordement n’est souhaitable. « S'il y en a certains qui viennent jouer de la casserole, pourquoi. Même si on y est pour rien. Mais on n'ira pas chercher les problèmes. »
le 1er mai au Havre, manifestations et désaccord
Le choix du Havre par le Rassemblement national
Pas de confrontation directe dans les propos des deux camps, qui se renvoient la balle. Le choix du Havre pour cette réunion traditionnelle du parti n’est pourtant pas anodin.
Habitué à fêter son 1er mai à Paris ou dans le Nord de la France, le RN a choisi la ville de l’ancien Premier ministre d’Emanuel Macron, un symbole.
« Nous avons décidé d'être là, au Havre pour montrer qu'ici, il n'y a pas qu'Edouard Philippe. C'est une ville qui rassemble toutes les problématiques de notre nation aussi bien sociales qu'industrielles et donc portuaires », explique Jean-Cyril Montier, élu Rassemblement National.
Un dispositif de sécurité annoncé
De son côté, la sous-préfecture du Havre assure qu’un dispositif adapté sera mis en place pour éviter tout incident.