Ancien groupe de carnaval Matoumba : place des groupes à peau dans la tradition guadeloupéenne

Matoumba s’inscrit dans l’histoire des groupes de carnaval guadeloupéens qui ont contribué à renouer avec les origines, les rythmes traditionnels et la mémoire de l’archipel. Cette famille de formations carnavalesques est généralement désignée sous le nom de « groupe à peau » ou « gwoup a po », en référence aux tambours tendus de peaux animales.

Les groupes à peau participent aux défilés, mais ils ne se considèrent pas simplement comme des groupes de carnaval. Ils portent une histoire, une organisation, une mystique et une volonté de préserver une expression guadeloupéenne authentique, fondée sur les percussions, les chants, les costumes faits main et les références à l’histoire de l’île.

Matoumba dans l’histoire des groupes à peau

Les groupes à peau sont nés d’un mouvement culturel apparu en Guadeloupe à la fin des années 1970 et au début des années 1980, à un moment où il y avait un grand élan indépendantiste et nationaliste. Certaines personnes trouvaient que le carnaval guadeloupéen commençait à perdre son âme, les gens cherchant à copier le voisin brésilien ou trinidadien sans préserver leurs propres valeurs.

L’objectif était de revaloriser la culture locale, souvent auto-dénigrée par les Guadeloupéens. Les groupes à peau sont très appréciés en Guadeloupe car ils permettent à la population de renouer avec ses origines à travers les chants et les déguisements qui font souvent référence aux coutumes et aux mythes de l’île.

La formule « Groupe à peau » (« Gwoup a po ») apparaît progressivement à la fin des années 1970. Utilisée par le groupe AKIYO pour marquer la différence avec les autres groupes utilisant soit des fûts de plastique, soit des caisses claires comme instruments percussifs, elle témoigne de la volonté de mettre en œuvre des tambours d’aisselles avec des peaux de cabris.

La multiplication des groupes utilisant la même technologie et s’inspirant, pour la plupart, de la musique dite « Mas a Senjan » entraînera une généralisation d’une distinction entre, d’une part, les « Gwoup a po », et d’autre part, les « groupes à caisses claires ».

Groupe à peau carnaval Guadeloupe tambours

Pourquoi parle-t-on de « groupe à peau » ?

Les groupes à peau doivent leur nom aux tambours qu’ils utilisent, car ces derniers sont tendus de peaux de cabris ou de moutons. Les tambours à peau d’animal, notamment de cabri, de vache ou de mouton, rappellent les rythmes ancestraux du gwoka.

Il y a trois types de tambours : le tambour-chant, assez petit, qui se joue avec deux baguettes ; le tambour-contrebasse, plus grand, qui se joue avec une baguette ; et le métronome, la plus grosse percussion.

D’autres instruments sont utilisés, comme les conques à lambi, les chachas et le trombophone, un coquillage transformé en instrument à vent. Les conques de lambis et les chachas complètent l’instrumentation, créant une puissance sonore unique dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre.

InstrumentCaractéristique
Tambour-chantTambour assez petit joué avec deux baguettes
Tambour-contrebasseTambour plus grand joué avec une baguette
MétronomeLa plus grosse percussion
ChachaSorte de maracas
Conque à lambiCoquillage utilisé comme instrument à vent

Une naissance liée à la résistance culturelle

Les groupes à po sont nés dans un contexte de résistance culturelle et de revendication identitaire. Animée par une jeunesse engagée de la région pointoise, cette forme carnavalesque s’est construite en réaction aux groupes traditionnels à paillettes, en revendiquant un retour aux origines afro-caribéennes.

Les groupes à peau ne veulent pas rentrer dans le « doudouisme » ni donner une image docile et servile. Ils se distinguent des groupes carnavalesques classiques qui portent des costumes extravagants, des tenues colorées, satinées et bariolées, qui coûtent de l’argent et peuvent être obscènes ou sexy.

Les groupes carnavalesques classiques peuvent présenter des chants humoristiques ou obscènes, des concours de beauté et des formules centrées sur l’apparence. Les groupes à peau ne font pas cela : leur démarche repose davantage sur la mémoire, la conscience historique, la création populaire et l’affirmation culturelle.

Des groupes ouverts à toute la population

Avant les groupes à peau, participer au carnaval en Guadeloupe était réservé à une élite, à ceux qui avaient de l’argent. À côté, il y avait le petit peuple qui n’avait pas de moyens.

Ces personnes se sont demandé pourquoi elles ne pourraient pas, elles aussi, défiler et participer au carnaval. Elles se sont mises, dans un esprit revendicateur et indépendantiste, à défiler en confectionnant elles-mêmes leurs costumes avec des objets de récupération : feuilles de bananes, cartons, choses à la portée de tout le monde et patchworks de tissus.

Défilant à un rythme très soutenu et vigoureux, calé sur le rythme des percussions, ces cortèges ont été appelés « Mass ». Les groupes sont ouverts à tout le monde.

On y retrouve le schéma sociétal de l’île avec des Guadeloupéens d’origine européenne, italienne, syro-libanaise, africaine, indienne et chinoise, ainsi que toute sa créolité et son métissage. Il y a toujours un côté conscient et un devoir de mémoire.

Le Mass et les rythmes traditionnels

Il existe notamment le Mass à Saint-Jean, joué dans la région pointoise, du nom d’un personnage unijambiste qui ouvrait les parades carnavalesques. Il existe aussi les mass à po et le rythme gwo siwo, que l’on retrouve en Basse-Terre.

Les groupes à po déboulent à vive allure et deux types de musique sont joués : le gwo siwo, majoritairement par les groupes de Basse-Terre, et le Sen Jan, majoritairement par ceux de Grande-Terre.

Les groupes à po ont émergé dans les années 1980 sur fond de revendications identitaires et occupent désormais une place centrale dans la conservation du carnaval d’antan.

vxb groupe

Les messages portés par les groupes à peau

En Guadeloupe, à partir du moment où il y a une grève, une revendication ou une manifestation, le tambour est toujours présent. Dans les groupes à peau, le but est que, lorsqu’ils passent dans la rue, les gens se posent des questions, s’interrogent et soient interpellés sur leurs origines et leur histoire.

Les tenues adressent un message fort à la population et sont toujours plutôt orientées sur l’esclavage et l’histoire de la Guadeloupe. Cette tradition de contestation joyeuse permet aux carnavaliers d’exprimer leur vision du monde avec humour et audace, faisant du carnaval un espace de liberté et de parole populaire.

Les groupes à po portent une histoire, une organisation et une mystique particulière. Leurs formes de déguisement traduisent la volonté de s’inscrire dans une histoire de la Guadeloupe et dans l’appropriation par les esclaves des formes carnavalesques.

Il y a par exemple le « mass à roucou » ou le « neg congo », qui représentent les ancêtres africains, mais aussi les Amérindiens qui étaient les premiers habitants de l’île.

Le roucou, le gwo siwo et les costumes faits main

Les costumes confectionnés avec des matériaux récupérés reflètent une créativité artisanale remarquable. Les danseurs portent des costumes faits maison, assemblés avec des matériaux récupérés, des feuilles, des plumes et du tissu brut.

Les participants se peignent le corps de couleurs vives, souvent avec du roucou ou du gwo siwo, mélange de mélasse et de suie. Leurs corps sont peints de couleurs vives, souvent enduits de roucou ou de peinture corporelle qui transforme chaque participant en œuvre d’art vivante.

Les costumes ne sont donc pas de simples éléments décoratifs. Ils servent à rappeler des personnages, des pratiques, des périodes historiques et des symboles liés à la Guadeloupe.

La dimension spirituelle et rituelle

Les groupes ne se déplacent jamais sans encens pour chasser les mauvais esprits. Il y a aussi, en tête de défilé, des jeunes en général avec des fouets.

Les fouets auraient deux significations : chasser les mauvais esprits, mais aussi prévenir que le groupe arrive et demander aux personnes de s’écarter. Cela n’a rien à voir avec l’outil du maître esclavagiste, même si beaucoup de personnes le pensent.

Les fouets qui claquent avant l’arrivée des groupes symbolisent également la souffrance des esclaves. Leur présence dans le défilé associe ainsi annonce sonore, protection rituelle, mémoire historique et organisation du cortège.

La prédominance du tambour s’explique aussi par son rle historique : à la période de l’esclavage, il servait aux esclaves à communiquer entre eux. Les percussions restent donc liées à la fois à la fête, à la transmission et à la résistance.

Les groupes historiques associés à cette tradition

Parmi les groupes historiques figurent Akiyo, Voukoum, Mas Ka Klé et Choukaj. Akiyo, créé en 1979 et basé en Grande-Terre, est présenté comme le premier groupe à peau et le plus connu ; il a porté le concept à l’international.

À une période, Akiyo était considéré par les autorités comme un bastion terroriste et avait pris une part active dans le mouvement de grève générale de 2009. Voukoum est le deuxième grand groupe de la Guadeloupe, davantage implanté en Basse-Terre.

Choukaj se présente comme l’enfant des deux grandes traditions portées par Akiyo et Voukoum. D’autres groupes ont également participé à l’évolution du mouvement dans différentes communes de l’archipel et en France.

GroupeStyle ou implantationAnnée indiquée
AKIYOMas a Senjan, Grande-TerreCréé en 1978
VoukoumGwo siwo / Mas a Senjan, Basse-TerreCréé en 1988
WAKAMix de musiques guadeloupéennes, Basse-TerreCréé en 1983
Point d’InterrogationGroupe a po, Pointe-à-PitreCréé en 1990
Mas Ka KléMas a Senjan, Raizet, AbymesCréé en 1999
VIMSenjan, Lauricisque, Pointe-à-PitreCréé en 2004
Mas Moul’ MassifCaisse claire / Ti mass, MouleCréé en 2002
MIYOMas Senjan, gwoka, Saint-DenisCréé dans les années 1990

Les groupes à peau et les autres catégories carnavalesques

Les groupes à caisses claires

Les groupes à caisses claires se différencient par les sonorités émises par leurs instruments, qui sont très proches de celles du carnaval de Rio. Les tenues sont souvent extrêmement colorées et demandent d’innombrables heures de travail.

Les groupes à caisses claires sont ceux qui ont fait entrer le principe du char dans la tradition du carnaval. Avec la quasi-disparition des défilés derrière les camions avec des orchestres embarqués ou des sonorisations, des groupes à pied se sont développés.

Ces groupes choisissent pour l’essentiel des percussions modernes pour leur rythmique. Les caisses claires sont ainsi les instruments de base, avec des rythmiques tirées des orchestres de bal de l’époque et de la musique brésilienne.

L’instrumentation évolue avec l’utilisation de gros fûts de plastique pour assurer les basses, de soufflants comme les trompettes et les trombones pour lancer les mélodies et les gimmicks, et même, en phase statique, de tambours gwo ka par certains groupes.

Les groupes à mas

Par « groupe a mas », on entend généralement des groupes formés pour l’essentiel de jeunes qui utilisent principalement des instruments à percussion, des steel pans associés à des fûts de plastique faisant usage de basse, des caisses claires et des sifflets.

Généralement, ces groupes, où les participants sont intégralement masqués et habillés sommairement, utilisent des formules tirées du hip-hop, souvent acrobatiques, pour s’exprimer dans les rues.

Les groupes à mas jouent beaucoup sur le registre de l’humour. Ils caricaturent l’actualité et sont souvent déguisés avec des masques de singe et des tenues très voyantes.

Ces groupes connaissent un développement significatif ainsi que des modifications dans leur manière de défiler, en faisant une place plus grande à des séquences qui sont de véritables scènes de théâtre de rue.

Les groupes de synthé

Avec le développement des groupes à pied, une des formules a consisté à faire descendre les orchestres des camions et à faire circuler de petits groupes avec des instruments électriques, comme des synthétiseurs, une basse et une guitare, à pied derrière des camionnettes.

Ces groupes se sont développés principalement à Basse-Terre et à Morne-à-l’Eau, donnant naissance à une catégorie désignée sous le nom de « groupes de synthé ». Ils sont souvent décrits comme des « sound systems » ambulants.

Le camion musical est suivi de musiciens et c’est généralement derrière eux que les membres du groupe et les spectateurs finissent par danser tous ensemble, tant les rythmes endiablés appellent à la participation.

Les moko-zombis

Inspiré d’influences brésiliennes, le moko-zombi a fait son apparition dans la Caraïbe vers le début du XXe siècle. En tête de file, le moko-zombi donne une dimension particulière aux défilés carnavalesques.

Il s’agit généralement d’un groupe d’hommes habillés en femmes, masqués et montés sur échasses. Ils dansent au son des différents instruments et représentent les esprits, les zombis ou le diable.

Ils portent un parapluie qu’ils utilisent pour faire la quête. Cette tradition est perpétuée par le groupe Anthurium de Pointe-à-Pitre depuis plus de 40 ans.

La musique des déboulés

Le rythme des tambours en peau de cabri frappe au cœur des déboulés, créant une pulsation collective qui traverse les corps et fait vibrer l’air. Ces percussions ancestrales, accompagnées du claquement des chachas et des souffles graves des conques de lambis, transforment les rues en une véritable cathédrale sonore.

Les gros coquillages résonnent comme des trompettes naturelles, annonçant l’arrivée du groupe avec une puissance hypnotique. La densité sonore peut être impressionnante.

Les déboulés nocturnes créent une ambiance unique, presque mystique. La nuit amplifie la puissance des tambours, les flambeaux éclairent les visages peints et la foule suit cette marée humaine qui avance au rythme du gwo siwo ou du Sen Jan.

La fraîcheur de la nuit rend l’expérience plus confortable pour les participants et les spectateurs, tout en renforçant l’intensité sensorielle des tambours et des chants.

Les principales parades du carnaval guadeloupéen

Le carnaval de Guadeloupe se déroule généralement du premier dimanche de janvier, correspondant à l’Épiphanie, au mercredi des Cendres. Chaque dimanche, le carnaval se passe dans une ou plusieurs communes.

Les grandes parades ont toutes lieu durant les jours gras. La première se tient le dimanche gras à Pointe-à-Pitre, où l’ensemble des groupes défile et concourt pour la musique ainsi que pour l’ensemble de sa présentation.

Le lundi gras, deux parades se tiennent : l’une à Basse-Terre pour la parade nocturne et l’autre à Saint-François pour le concours de chorégraphie. Le mardi gras est la plus grande parade, mais aussi la plus éprouvante, car elle se déroule dans les rues abruptes de Basse-Terre.

C’est lors de cette parade finale que l’on peut admirer le plus de chars. Le lendemain, le mercredi des Cendres, Vaval est brûlé et redevient poussière pour un an, marquant la fin des festivités.

Moments rituels et temps forts

Les grandes parades sont les principaux temps forts du carnaval, mais d’autres rendez-vous rythment également la saison. Il existe notamment les élections de la reine du carnaval, le « lévé pyjama », qui a lieu très tôt le matin du lundi gras, et le mariage burlesque qui se déroule le même jour.

Les enfants disposent également de temps forts qui leur sont dédiés, comme le ti’goziéval, où ils participent à un concours récompensant les créations. Ils ont même une reine qui parade avec les grands durant les jours gras.

Les îles du Sud ne sont pas oubliées, puisque des déplacements sont prévus à Marie-Galante, à La Désirade, à Terre-de-Haut et à Terre-de-Bas.

Les rendez-vous des groupes à po en 2026

Tout au long de la saison carnavalesque 2026, cinq rendez-vous se distinguent comme des moments privilégiés pour observer les groupes à po. Chacun possède son atmosphère particulière et ses codes, offrant une immersion progressive dans cette tradition.

Moment cléDate 2026Lieu principalHoraire habituelParticularités
Bain Démarré11 janvierPointe-à-Pitre, Le Gosier8h00Rituel purificateur, bains d’encens
Mardi gras17 févrierPointe-à-Pitre14h00Apogée, puissance sonore maximale
Déboulés nocturnesSamedis soirBasse-Terre20h00Ambiance pure tambour, authenticité
Mercredi des Cendres18 févrierPointe-à-Pitre, Basse-Terre16h00Noir et blanc, adieu Vaval
Mi-Carême12 marsPointe-à-Pitre, Basse-Terre17h00Rouge et noir, retour surprise

Le Bain Démarré

Le Bain Démarré, le dimanche après l’Épiphanie, marque le véritable coup d’envoi du carnaval. Ce rituel purificateur mêle héritages africains et croyances ancestrales.

Dès l’aube, les groupes à po se rassemblent sur les plages de Pointe-à-Pitre et du Gosier pour un bain collectif censé débarrasser les participants des énergies négatives de l’année écoulée. Les déboulés commencent généralement vers 8 heures, dans une ambiance matinale où les tambours résonnent face à la mer.

Le Mardi gras

Le 17 février 2026 constitue l’apogée des groupes à po. À Pointe-à-Pitre, la grande parade commence vers 14 heures et se prolonge tard dans la soirée.

Des dizaines de milliers de spectateurs convergent vers le centre-ville pour vibrer au rythme des tambours à peau d’animal, des conques de lambis et des chachas. La puissance sonore atteint son paroxysme lorsque plusieurs groupes se croisent simultanément.

Le public ne reste pas spectateur : il suit, danse et participe activement à cette déferlante d’énergie collective.

Les déboulés nocturnes de Basse-Terre

Chaque samedi soir de la saison carnavalesque, Basse-Terre accueille les déboulés nocturnes des groupes à po, généralement à partir de 20 heures.

Ces sorties dans la pénombre offrent une atmosphère différente des parades diurnes : les tambours résonnent dans les rues étroites, les corps peints au roucou brillent sous les réverbères et les fouets claquent pour annoncer l’arrivée imminente des cortèges.

Les déboulés nocturnes représentent l’essence de la tradition à po, avec moins de strass et davantage d’authenticité rythmique.

Le mercredi des Cendres

Le 18 février 2026, le carnaval s’achève avec la cérémonie d’adieu à Vaval, le roi du carnaval. À Pointe-à-Pitre et à Basse-Terre, les groupes à po défilent une dernière fois, vêtus uniquement de noir et de blanc.

La levée du corps de Vaval commence vers 16 heures, suivie d’un dernier déboulé avant que l’effigie ne soit livrée aux flammes. Cette journée symbolise la purification et l’entrée dans le Carême.

L’ambiance oscille entre fête et recueillement, les tambours battent avec une intensité solennelle et le public accompagne Vaval dans un ultime hommage.

La Mi-Carême

Trois semaines après le mercredi des Cendres, la Mi-Carême offre une pause festive au cœur de la saison carnavalesque. En 2026, elle est célébrée le 12 mars avec des déboulés à Pointe-à-Pitre et à Basse-Terre, généralement vers 17 heures.

Ce jour chômé, spécifique à la Guadeloupe, permet aux groupes à po de ressortir dans les rues en rouge et noir pour un dernier déboulé avant la saison suivante.

Cette tradition surprend souvent les visiteurs, car elle prolonge l’esprit carnavalesque bien au-delà du calendrier liturgique officiel.

Où voir les groupes à peau ?

Les groupes à po défilent principalement à Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Sainte-Rose et au Gosier lors des défilés nocturnes. La plupart des groupes à po venant de Pointe-à-Pitre, ils défilent tous les dimanches soir dans cette ville.

Pointe-à-Pitre reste un lieu incontournable, avec des déboulés nocturnes en plein centre-ville où l’énergie collective atteint son paroxysme. Les rues s’animent dès la tombée de la nuit et le sol vibre au passage des tambours.

Basse-Terre offre une ambiance plus authentique et moins touristique, idéale pour capter l’âme des participants. Le Gosier et Sainte-Rose proposent également de beaux rendez-vous le week-end.

En 2026, environ 45 groupes à po sont référencés via la plateforme O MAS LA. Cette évolution témoigne de la vitalité d’une tradition qui continue de porter l’âme de l’histoire du carnaval de Guadeloupe tout en préservant le rythme des tambours et l’esprit de résistance culturelle qui l’ont fait naître.

Conseils pour assister à un déboulé

Arrivez tôt pour repérer les meilleurs emplacements et positionnez-vous près du parcours afin de sentir le sol vibrer au passage des tambours. Restez vigilant dans la foule, surtout la nuit.

La puissance sonore est impressionnante : si vous êtes sensible au bruit, pensez à emporter des bouchons d’oreilles pour profiter du spectacle sans inconfort.

Pour les sorties diurnes, prévoyez de la crème solaire et une bouteille d’eau, car l’intensité de la musique et de la danse guadeloupéennes entraîne les participants et le public dans une fête collective.

Vous pouvez suivre la position des groupes en temps réel grâce à l’application O MAS LA, qui diffuse les parcours et les actualités de chaque groupe.

Photographier les déboulés nocturnes

Capturer l’intensité des groupes à po de nuit demande quelques ajustements techniques. Privilégiez un réglage ISO élevé, entre 1600 et 3200, pour compenser la faible luminosité, tout en gardant une vitesse d’obturation rapide, d’au moins 1/250 seconde, afin de figer les mouvements des tambours et des danseurs.

Si vous utilisez un smartphone, activez le mode nuit et stabilisez-vous contre un mur ou un poteau. Anticipez les déplacements des participants en vous plaçant légèrement en amont du parcours, là où l’éclairage de rue est suffisant.

Le mode rafale aide à saisir l’instant clé. Jouez avec les contrastes entre les costumes peints, les flambeaux et l’obscurité ambiante pour créer des clichés qui racontent l’énergie du carnaval guadeloupéen.

La place durable des groupes à peau

Les groupes à po occupent une place centrale dans la conservation du carnaval d’antan. Ils associent la musique gwoka, les percussions à peau, les chants, les costumes réalisés avec des matériaux accessibles et une lecture critique de l’histoire de la Guadeloupe.

Leur présence rappelle que le carnaval est à la fois une célébration, un espace de création, un moment de transmission et un lieu d’expression populaire. Dans cette histoire, un ancien groupe comme Matoumba peut être compris à travers la dynamique collective des gwoup a po : une pratique fondée sur la mémoire, la participation et la réappropriation culturelle.

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