Le carnaval d’Arras, dit « Fabuleux Carnaval du Monde », est l'un des événements festifs majeurs de la cité arrageoise. Chaque printemps, la ville s'anime d'un défilé de chars colorés, de fanfares et de groupes costumés.
La cavalcade parcourt les rues du centre historique entre la Grand-Place et la Place des Héros. Animations, bal populaire et remise des clés de la ville au Roi Carnaval rythment cette journée de liesse perpétuant une tradition carnavalesque bien ancrée dans le Nord.

Le carnaval d’Arras en 2026
Le Fabuleux Carnaval du Monde revient à Arras au printemps 2026 avec sa grande cavalcade, ses chars fleuris, ses fanfares et ses animations pour toute la famille dans le centre historique. L'accès au carnaval et à la cavalcade est gratuit pour tous.
Le défilé se déroule dans les rues du centre-ville, principalement autour de la Grand-Place et de la Place des Héros. Il est conseillé d'arriver tôt pour trouver un bon emplacement le long du parcours du défilé.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date indiquée | 29 mars 2026 |
| Lieu | Centre-ville d'Arras, Grand-Place, 62000 Arras |
| Accès | Gratuit |
| Ambiance | Fanfare, arts de la rue, traditions populaires, folklore, famille et plein air |
Une grande cavalcade au cœur du centre historique
Le clou du carnaval est sans conteste la grande cavalcade qui traverse le centre historique d'Arras. Des dizaines de chars décorés avec imagination, accompagnés de fanfares, de groupes de musique et de troupes costumées, défilent dans une ambiance électrique.
Les confettis volent, les bonbons sont lancés aux enfants, et la musique résonne entre les façades flamandes de la Grand-Place et de la Place des Héros, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le beffroi, inscrit au patrimoine mondial, domine le cortège et confère au défilé une dimension patrimoniale rare.

Des animations pour toute la famille
Le carnaval ne se résume pas au défilé. Tout au long de la journée, des animations variées sont proposées : maquillage pour les enfants, ateliers créatifs, spectacles de rue et jeux.
Un bal populaire clôture traditionnellement la journée, permettant aux Arrageois et aux visiteurs de danser et de prolonger la fête jusque tard dans la nuit.
Une tradition vivante du Nord
Le carnaval d'Arras perpétue une tradition séculaire de réjouissances populaires qui rythme la vie des communes du Nord-Pas-de-Calais. La cérémonie de remise des clés de la ville au Roi Carnaval marque symboliquement le début des festivités : pendant une journée, c'est le carnaval qui règne sur la cité.
À la fin de la fête, le mannequin du Roi Carnaval est souvent brûlé, symbolisant la fin de l'hiver et le renouveau du printemps. Participer au Carnaval d'Arras, c'est vivre un moment de fête dans l'un des plus beaux ensembles architecturaux du Nord de la France.
Arras, un décor patrimonial exceptionnel
La ville d'Arras, préfecture du Pas-de-Calais, offre un cadre exceptionnel pour ce carnaval. Ses deux places baroques bordées d'arcades - la Grand-Place et la Place des Héros - forment un décor unique en France.
La cavalcade parcourt les rues du centre historique entre la Grand-Place et la Place des Héros. Les façades, les arcades et le beffroi donnent au défilé une dimension patrimoniale rare.
Un événement fédérateur
Porté par la municipalité et soutenu par de nombreuses associations locales, le Carnaval d'Arras est un véritable événement fédérateur. Écoles, centres de loisirs, associations sportives et culturelles participent à la construction des chars et à l'animation du cortège, faisant du carnaval un projet collectif qui soude la communauté arrageoise.
La fête rassemble des milliers de spectateurs le long des rues du centre-ville pour admirer le défilé haut en couleur. Les Arrageois et les visiteurs se retrouvent autour des animations, des spectacles, de la musique et du bal populaire.
Les préparatifs du carnaval dans la vallée d’Arras
Les communes d’Arras-en-Lavedan, d’Aucun, de Bun et d’Arrens-Marsous ainsi que des associations de la vallée se sont réunies, cette année encore, pour participer ensemble à la préparation du carnaval.
L’association En Cadence invite le public à venir apprendre les danses traditionnelles les 19 et 26 mars à 18 heures à la salle des fêtes de Bun, inscriptions au 06 07 13 89 81. La confection de M. Carnaval se déroule à l’Abbadiale d’Arras-en-Lavedan les 19 et 26 mars ainsi que la création de masques en papier mâché les 14 et 21 mars aux horaires suivants : de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, informations au 06 31 51 09 04.
Des chants à danser et des chants de carnaval en occitan sont proposés lors d’un atelier au tiers lieu d’Azun le 27 mars, à 18 heures, inscriptions au 09 61 62 63 36.

Le programme du carnaval du 28 mars
Le carnaval aura lieu le 28 mars à Arrens-Marsous après le réveil de M. Carnaval, à 14 heures, à l’Abbadiale, et son transport jusqu’au fond de la vallée. Au programme : à 15 heures, remise des clés et départ du défilé sur la place du village.
Les habitants sont invités à préparer un met salé ou sucré pour donner aux danseurs lors du porte à porte. À 18 h 30 : lecture, goûter, apéritif, jugement et brûlage de M. Carnaval à la salle des fêtes.
À 19 h 30 : garbure, buvette et concert "Roger Brass Band" organisé par Impact.
La mémoire des fêtes populaires d’Arras
De 1987 à 1995, la Fête des Rats d’Arras représente un événement culturel majeur à la fois pour les Arrageois, les collectivités territoriales et les tissus associatifs locaux et participe à la revitalisation de la mémoire patrimoniale.
S’il s’agit initialement d’un défilé de reconstitution historique, ponctué d’une parade des géants et de banquets, la Fête des Rats s’inscrit progressivement dans des axes de réflexions politiques, où l’espace public est envisagé tant comme un espace de rassemblement festif que comme celui d’une résistance.
Cette dimension nouvelle se manifestera notamment par le déploiement d’un festival de théâtre de rue satirique, où artistes et publics se réapproprient l’Histoire de la ville d’Arras et son patrimoine.
Pourquoi parle-t-on des Rats d’Arras ?
Les racines du titre de cet événement, ses déploiements, formes et enjeux, témoignent ainsi de traces historiques remontant au Ier siècle avant J.-C. Sous les Atrébates, peuple celte de la Gaule Belge, « Arras » se nomme « Nemetacum » et est un oppidum de l’Atrébatie, correspondant actuellement à l’Artois.
Au XIIe siècle apparaît l’appellation « Arras », par contractions successives du nom d’« Atrébates », lui-même réduit à « Atrades », puis « Atradis », ensuite « Aras » et enfin « Arras », tel qu’orthographié aujourd’hui.
Nonobstant les rumeurs véhiculées, l’origine du nom de la ville d’Arras n’est donc aucunement liée à la présence en nombre des rongeurs, que sont les rats, sur le territoire artésien.
Toutefois, la corrélation entre le nom de la ville et l’animal est tacite, bien que plus tardive. En effet, le « s » d’Arras étant autrefois une lettre muette, la prononciation n’était pas « Arras » (prononciation API : \a.ʁɑːs\), mais « Arra » (prononciation API : \a.ʁɑ\), devenue progressivement « A Rats » dans le langage populaire et l’imaginaire collectif.
C’est pourquoi, dès le XIVe siècle, des rats sont représentés aux côtés du lion, symbole officiel de la commune d’Arras, sur les sceaux de la ville. Dès 1331, les rats apparaissent également dans les attributs de l’Évêché d’Arras.
Progressivement dans le dialecte local, « les rats » deviennent une métaphore pour parler des Arrageois, c’est-à-dire les habitants de la ville d’Arras. Dès lors, l’image du rat s’échange par les transactions, se diffuse et s’ancre dans les esprits.
Alors, l’imaginaire lié au rat d’Arras, devient imagerie, puis symbole obéissant à un processus de patrimonialisation, si bien qu’aujourd’hui encore, des rats sont représentés dans toute la ville d’Arras, comme cela est le cas sur le toit de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption et de Saint-Vaast, dans les moulures de la façade de l’hôtel de ville et du Beffroi, sur les clous de la Place des Héros, sur les blasons de la ville ou encore dans de nombreuses enseignes commerçantes de la commune.
La Fête des Rats et l’histoire d’Arras
Subséquemment, la fête populaire d’Arras, créée pour le peuple arrageois et progressivement par lui, rend hommage à ce symbole fort de l’histoire de la ville et de ses habitants, en s’intitulant Fête des Rats.
À cela s’ajoute une réappropriation anecdotique historique et sarcastique, datant de 1640, que mettra en lumière la première Fête des Rats.
Alors que les troupes de Louis XIII pénètrent dans la cité artésienne, toujours espagnole, pour l’assiéger, ils découvrent une inscription dédaigneuse, laissée par les hispaniques, sur la porte de Baudimont de la ville d’Arras, et réintroduisant le bestiaire historique, à savoir : « Quand les François prendront Arras, les souris mangeront les chats ».
« Ratón » signifiant « souris » en espagnol, son usage caractérise les Hispaniques et leur peuple, comprenant à cette époque les Arrageois soit les ratons, alors que les chats désignent les Français.
Outragés, ces derniers répondent par la provocation lors du siège de la ville en effaçant la lettre « p » pour que soit désormais inscrit : « Quand les François rendront Arras, les souris mangeront les chats ».
Depuis cette date, la commune d’Arras est restée française. Or, la toute première Fête des Rats d’Arras a été créée pour rendre hommage à ce siège victorieux des Français, en mettant en scène cet événement historique et donnant matière à l’expression populaire : « à bon chat bon rat », puisqu’il se dit que les Français auraient trouvé un adversaire à leur hauteur en affrontant les Espagnols.
Des géants, des costumes et des cortèges
Dans un souci de protéger le patrimoine arrageois et de défendre l’imaginaire qui s’est progressivement construit à partir de lui, la Fête des Rats propose à ses prémices un défilé costumé de reconstitution historique.
Cette manifestation se place dès lors au croisement de deux formes précédemment plébiscitées et ayant périclités, à savoir les défilés carnavalesques d’Arras et Les Fêtes de Jeanne d’Arc.
Il ne s’agit toutefois pas d’un carnaval, tradition qui appartient davantage aux Flandres. En Artois, la population n’est composée ni de dockers ni de marins-pêcheurs à qui les armateurs offraient une grande fête - appelée la Foye, qui deviendra le carnaval dans les Hauts-de-France - avant de partir pour six mois de pêche aux harengs en Islande.
Les arrageois ne sont pas un peuple de carnaval et préfèrent davantage se mettre au pas de leur porte pour regarder le défilé de reconstitution historique et déambulatoire sur une journée à la Pentecôte, au cours duquel les adultes costumés et les enfants déguisés marchent aux côtés des Géants.
Ainsi, les premières Fêtes des Rats renouent avec la tradition des géants, élément majeur du patrimoine vivant du Nord de la France, et plus particulièrement du patrimoine agricole et de la richesse de la vie commerciale arrageoise, puisque Jacqueline et Colas, prénoms des deux premiers géants d’Arras, sont des incarnations du métier de maraîcher et de paysanne, tous deux venus d’Achicourt (ville voisine d’Arras) pour vendre leurs récoltes sur la place des Héros d’Arras.

Victimes des bombardements des deux guerres - tout comme leurs trois enfants : Robert, Tiot Jean et Tiot Jacques - Jacqueline et Colas sont détruits puis reconstruits en 1981. En 1955, ils sont rejoints par Come l’Atrébate, héros de Nemetacum et géant malheureusement perdu aujourd’hui, puis en 1995, par leur fils Dédé.
Les membres de la plus ancienne association locale, à savoir celle des joutes nautiques d’Arras, reconnues comme patrimoine culturel immatériel par le ministère de la Culture, en sont les gardiens et les accompagnent pendant leurs processions, à la fois lors des manifestations festives et représentations rituelles, les fêtes populaires et les cortèges laïcs.
Ainsi, pendant les Fêtes des Rats, entourés de fanfares et d’un cortège d’Arrageois costumés, les géants participent à la mise en scène des histoires de la ville d’Arras dans les rues de celle-ci et en soulignent la dimension traditionnelle et populaire.
Une fête entre histoire, spectacle et participation populaire
L’esthétique des premières Fêtes des Rats s’inspire de la fresque d’Hoffbauer qui orne, sur cinquante mètres de long, la salle des fêtes de l’hôtel de ville du Beffroi d’Arras, depuis 1932, et retrace des scènes de la vie des Arrageois au XVe siècle.
Cette fresque prend vie en s’animant dans l’espace public et en étant incarnée par la population arrageoise. Celle-ci procède progressivement à une réappropriation individuelle et collective du passé, en garantissant la visibilité du patrimoine culturel immatériel, par des mises en scène de l’histoire et des démonstrations artistiques et populaires publiques, occasionnant de facto un rassemblement de la population autour de ce qui les (ré)unit.
De ce fait, si pour les collectivités territoriales et la Jeune Chambre économique, il s’agit de privilégier un revivalisme mémoriel, la population s’approprie cette manifestation et la « débride » en en transformant la portée et le statut.
Cette transformation passe notamment par une dimension carnavalesque et festive, par le biais de bals dansants, de banquets et animations déguisées, de retraite aux flambeaux, de rencontres autour de jeux anciens et traditionnels, d’échoppes et marchés artisanaux.
Une histoire de fête en évolution
Ainsi, la conception et gestion de la Fête des rats changent de structuration politique et donc esthétique - tous deux étant intimement liés comme le considère Jacques Rancière et cela bien qu’il faille dissocier l’« esthétique de la politique » et la « politique de l’esthétique » - et alternent entre défilé de reconstitution historique et fêtes populaires, dès 1988 sur les Places du tertre.
Ce basculement s’explique également dans le fait que la Fête des Rats réponde aux politiques culturelles initiées par Jack Lang et s’inscrive dans une forme de démocratisation culturelle.
Par ailleurs, la volonté des collectivités territoriales est de créer une importante manifestation culturelle et patrimoniale, capable de concurrencer les autres grands événements de la région, comme les Fêtes de Gayant à Douai ou le Réveil de Cassel, et d’y drainer toute la population locale et régionale.
Or, sans coordination d’une personne capable de concevoir une mise en scène harmonieuse, en réponse à la fois au projet culturel et politique de la ville et aux aspirations de sa population, la Fête des Rats perd en lisibilité, pertinence et reconnaissance.
N’obéissant plus à un principe de concordance et d’unité, elle ressemble davantage à un événement composite, où plusieurs animations disparates sont mises bout à bout, sans cohérence ni cohésion.
Si jusqu’à présent, les communautés patrimoniales associatives et les troupes culturelles locales accompagnaient ce déploiement et en assuraient la pérennité, elles se désengagent progressivement et les publics sont de moins en moins nombreux.
Accès et informations pratiques
En voiture : Arras est accessible par l'autoroute A1 (sortie Arras Centre) et l'A26. Plusieurs parkings sont disponibles en centre-ville, notamment le parking de la Grand-Place et le parking Beffroi.
En train : La gare d'Arras est desservie par le TGV (1h de Paris-Nord) et les TER Hauts-de-France. Le centre-ville est à 10 minutes à pied de la gare.
Prévoir des vêtements chauds selon la météo printanière.