Le 1er mai 2010, une voiture piégée a été découverte à Times Square, au cœur de Manhattan, après que des vendeurs de rue eurent remarqué de la fumée s’échappant d’un véhicule tout-terrain stationné près de la 45e rue et de Broadway. L’engin explosif n’a pas fonctionné, ce qui a permis d’éviter une attaque potentiellement meurtrière dans l’un des lieux les plus fréquentés de New York.
Le véhicule contenait trois bonbonnes de propane, deux bidons d’environ 20 litres d’essence, des feux d’artifice, deux horloges avec des piles, du fil électrique et d’autres composants. Deux jours plus tard, Faisal Shahzad, un ressortissant américain d’origine pakistanaise, a été arrêté à l’aéroport international John-F.-Kennedy alors qu’il s’apprêtait à quitter les États-Unis pour Dubaï.
La découverte de la voiture piégée
Samedi, à l’heure d’affluence dans les restaurants avant les représentations à Broadway, deux vendeurs de rue ont alerté la police que de la fumée s’échappait d’un véhicule tout-terrain aux vitres teintées. Times Square, qui est connu dans le monde entier pour les célébrations du nouvel an mais aussi pour ses théâtres et les immenses panneaux lumineux qui décorent toutes les façades, était alors bondé.
L’un d’eux, Duane Jackson, 58 ans, a expliqué à l’Associated Press qu’il avait remarqué le Nissan Pathfinder aux alentours de 18h30 (22h30 GMT, 0h30 en France), le moteur en marche et la clef dans le contact, et s’était demandé qui l’avait laissé là. Avec un autre vendeur, il dit être allé regarder à l’intérieur du véhicule, puis avoir senti de la fumée et entendu un «pan pan pan» pareil à un bruit de «pétards» avant de reculer.
C’est un vendeur de T-shirts dans la rue --un ancien combattant du Vietnam--, qui a donné l’alerte après avoir vu une fumée sortir de la voiture et senti une odeur de poudre noire vers 18H30. Des touristes disent avoir entendu une petite explosion quelques heures après.

L’intervention des secours et l’évacuation de Times Square
La zone célèbre pour les théâtres de Broadway a été aussitôt évacuée et bouclée. Le quartier a été bouclé par des policiers lourdement armés et des véhicules des services d’urgence. Et des milliers d’habitants, employés et touristes qui profitaient d’une des premières soirées chaudes du printemps ont été évacués.
«A la fin du spectacle, la police est arrivée. On nous a dit que nous devions partir, qu’il y avait une alerte à la bombe», a raconté Shelly Carlisle, propriétaire d’un théâtre situé dans le pâté d’immeubles où était garée la voiture piégée.
La Force antiterroriste du FBI à New York est intervenue avec la police de New York, selon l’agent fédéral Richard Kolko. Un robot de la police a brisé les vitres du véhicule suspect ont afin d’en explorer l’intérieur et d’enlever tout matériel explosif.
Les pompiers arrivés sur place peu après le premier appel d’urgence ont déclaré avoir entendu un claquement sec, selon le chef des pompiers Sal Cassano. D’après le porte-parole de la police Paul Browne, le système d’allumage de l’engin explosif a apparemment fait long feu après avoir commencé à fonctionner.
La composition de l’engin explosif
Les enquêteurs ont trouvé dans le véhicule trois bonbonnes de propane, des feux d’artifice vendus dans le commerce, deux bidons d’environ 20 litres d’essence, deux horloges avec des piles, du fil électrique et d’autres composants, selon le commissaire Raymond Kelly, qui pense que «l’intention était de déclencher un incendie important».
«L’intention était de provoquer une quantité de flammes importantes», a-t-il déclaré. «Mais l’engin, s’il avait fonctionné, aurait pu provoquer une forte déflagration et un incendie important», a noté le maire de New York Michael Bloomberg.
Un véhicule tout-terrain contenant un engin explosif dont le système d’allumage a apparemment fait long feu a été découvert samedi soir à New York dans le quartier très animé de Times Square. «Nous avons évité ce qui aurait pu être un événement très meurtrier», a de son côté déclaré à la presse le maire de New York, Michael Bloomberg, qualifiant le dispositif explosif d’«amateur».
Des alarmes de type horloge faisaient partie de la voiture piégée que Faisal Shahzad avait prévu de faire exploser à Times Square en 2010. Les premiers intervenants ont également découvert des pétards, des bidons d’essence, des bonbonnes de propane, une cocotte-minute et de l’engrais.
Les premières constatations de l’enquête
D’après Raymond Kelly, le véhicule a roulé dans la 45e rue, selon des images d’une caméra de surveillance, avant de se garer entre les septième et huitième avenues. M. Kelly a indiqué que le véhicule, un tout-terrain Pathfinder Nissan vert foncé aux vitres teintées, avait une immatriculation appartenant à un autre véhicule et avait été conduit peu avant l’incident.
Les enquêteurs, a précisé Janet Napolitano sur la chaîne NBC, n’ont pas identifié de suspects, mais des empreintes digitales ont été retrouvées dans le véhicule piégé. L’analyse des images des caméras de surveillance vidéo présentes dans le secteur pourrait fournir des informations, a-t-elle ajouté.
Le véhicule tout-terrain a été remorqué dimanche matin vers un laboratoire médico-légal dans le Queens, afin d’y être «minutieusement examiné pour des empreintes, des cheveux et des fibres», a précisé Paul Browne, porte-parole de la police. «Le véhicule sera examiné pour y trouver de l’ADN ou des empreintes digitales», a ajouté M. Kelly.
Selon la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano, des empreintes digitales ont été retrouvées dans le véhicule. Elle a évoqué dimanche une possible attaque terroriste, tout en soulignant qu’il était encore trop tôt pour déterminer qui était responsable.
La piste de Faisal Shahzad
Faisal Shahzad, 30 ans, comparaissait le 21 juin devant un tribunal de Manhattan, accusé d’être l’auteur d’un attentat manqué à Times Square, en plein cœur de New York, le 1er mai dernier. Cet Américain d’origine pakistanaise a plaidé coupable.
Faisal Shahzad est interpellé deux jours plus tard à l’aéroport JFK de New York, alors qu’il s’apprête à fuir au Pakistan. Il sera condamné à la prison à vie pour ce qui constituait alors, selon les autorités américaines, le onzième attentat déjoué à New York depuis le 11-Septembre.
Faisal Shahzad, le ressortissant américain d’origine pakistanaise arrêté lundi soir, a été inculpé mardi de cinq chefs d’accusation dont ceux d’«acte de terrorisme» et de «tentative d’usage d’une arme de destruction massive». Faisal Shahzad a reconnu son implication dans l’attentat avorté de Times Square, samedi 1er mai.
Il a été inculpé mardi 4 mai de cinq chefs d’accusation par un tribunal de Manhattan, dont ceux d’«acte de terrorisme» et de «tentative d’usage d’une arme de destruction massive». Le ministre de la justice américain, Eric Holder, a estimé mardi qu’il s’agissait d’«un complot terroriste visant à tuer des Américains dans l’un des lieux les plus fréquentés du pays».
L’arrestation à l’aéroport JFK
Agé de 30 ans, Faisal Shahzad a été arrêté lundi soir alors qu’il prenait l’avion pour Dubaï à l’aéroport JFK de New York, comme l’a indiqué Eric Holder lors d’une conférence de presse. L’homme vivait dans le Connecticut et était récemment rentré d’un voyage de cinq mois au Pakistan.
Le 3 mai, des agents des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ont identifié Shahzad à l’aéroport international John-F.-Kennedy vers 23h45. Faisal Shahzad avait prévu de prendre un vol pour Dubaï. Des agents du FBI et des policiers du NYPD l’ont arrêté.
Les enquêteurs sont parvenus à remonter la piste jusqu’à Shahzad en utilisant les indices relevés sur le 4×4. Le véhicule avait été acheté quelques semaines auparavant. Il l’avait acheté en liquide trois semaines plus tôt dans le Connecticut.
La chaîne de télévision CNN rapporte que le 4×4 a été acheté pour 1 800 dollars sur le site Internet Craig’s List il y a trois semaines dans le Connecticut. M. Kelly a indiqué que le véhicule avait une immatriculation appartenant à un autre véhicule.
Les aveux et les liens avec le Pakistan
Après son arrestation, Shahzad a avoué avoir conduit la voiture piégée artisanale à Times Square. Il a également déclaré s’être rendu au Waziristan, au Pakistan, et avoir suivi une formation auprès de spécialistes des explosifs affiliés au Tehrik-e-Taliban, un groupe extrémiste militant.
Eric Holder a indiqué dans une autre conférence de presse que le suspect coopérait avec les enquêteurs. Il aurait notamment déclaré avoir suivi une formation à la confection de bombes dans la région pakistanaise du Waziristan.
Il aurait séjourné à Peshawar, la grande ville du nord-ouest du pays, proche de la frontière afghane et l’un des centres de recrutement des talibans et de leurs alliés du réseau Al-Qaida. L’an passé, il avait suivi un entraînement dans un camp taliban au Pakistan.
En février 2010, Shahzad avait reçu environ 5 000 dollars en espèces d’un complice au Pakistan, dont Shahzad pensait qu’il travaillait pour le Tehrik-e-Taliban. Il avait reçu 7 000 dollars supplémentaires de ce complice en avril.
Les perquisitions et les autres personnes recherchées
Le FBI et le NYPD ont perquisitionné l’appartement de Shahzad à Bridgeport, dans le Connecticut, à l’aide des clés trouvées dans le véhicule. Les enquêteurs y ont découvert du matériel lié à la bombe, notamment des boîtes qui avaient contenu les alarmes.
Cet attentat impliquerait plusieurs personnes et aurait des ramifications à l’étranger, ont indiqué à Reuters des sources proches des forces de l’ordre. L’enquête se concentre également sur deux personnes filmées en train de quitter Times Square samedi soir, a expliqué lundi le chef de la police de New York.
La recherche des suspects est confiée à la force antiterroriste, la Joint Terrorism Task Force, du département de la justice. Plusieurs personnes suspectées d’être impliquées dans l’attentat ont par ailleurs été arrêtées à Karachi, au Pakistan, mardi. Selon l’agence Reuters, il s’agirait de membres de la famille de Faisal Shahzad.
Les réactions des autorités américaines
«Nous n’avons aucune idée de qui a fait cela et pourquoi», a déclaré Michael Bloomberg, observant que «les terroristes dans le monde qui se sentent menacés par notre liberté (. ) s’en prennent toujours aux symboles de cette liberté et ça, c’est New York».
Les «forces de l’ordre de la ville, de l’Etat et fédérales» vont s’employer à «traduire en justice la partie prenante coupable de cet acte de terrorisme», a de son côté souligné le gouverneur de l’Etat de New York David Paterson dans un communiqué.
Le président américain Barack Obama, qui assistait au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche, a salué la réaction rapide du NYPD et demandé à son conseiller à la sécurité intérieure et au contre-terrorisme, John Brennan, de dire aux autorités new-yorkaises que le gouvernement fédéral était prêt à les aider.
Le président Barack Obama a été informé vers 22H45 samedi soir. Il a loué la réaction rapide de la police de New York et promis le soutien des autorités fédérales.
«Nous ne nous laisserons pas terroriser, nous ne nous recroquevillerons pas dans la peur», a déclaré mardi le président américain, Barack Obama, assurant que la police fédérale et les forces de l’ordre avaient tous les moyens requis pour enquêter sur l’attentat avorté.
«Justice sera rendue, nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger le peuple américain», a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs allaient déterminer si le pakistano-américain arrêté lundi avait des liens avec des extrémistes étrangers.
«Cette affaire est un nouveau rappel brutal de l’époque dans laquelle nous vivons», a poursuivi M. Obama au cours d’un discours devant le Business Council à Washington, notant que des centaines de vies avaient été sauvées grâce à la vigilance des forces de l’ordre new-yorkaises.
Le plaidoyer de culpabilité et la condamnation
Bien qu’il ait coopéré avec les autorités depuis son arrestation, il n’a montré nul signe de remords, déclarant vouloir «répondre à la terreur que les Etats-Unis infligent aux nations musulmanes et aux musulmans».
Shahzad a plaidé coupable aux chefs d’accusation liés à la tentative d’attentat. En octobre 2010, un juge l’a condamné à la prison à vie pour ses crimes.
Il sera condamné à la prison à vie pour ce qui constituait alors, selon les autorités américaines, le onzième attentat déjoué à New York depuis le 11-Septembre.
La place de Times Square dans le contexte new-yorkais
Times Square se trouve à Manhattan, à environ 6,5 km au nord du World Trade Center, détruit par les attentats du 11 septembre 2001, après une attaque terroriste contre les tours jumelles en 1993.
Le 11 septembre 2001, quelque 3 000 personnes ont trouvé la mort dans les attentats contre les tours du World Trade Center à Manhattan revendiqués par Al-Qaeda, le réseau extrémiste d’Oussama ben Laden.
«Quand on trouve un terroriste, il a souvent une carte de New York dans la poche», a déclaré le maire de la ville, invitant les New-Yorkais à être vigilants mais aussi à continuer à sortir et à profiter du «beau temps» dimanche.
Aucune piste - terrorisme international ou américain - n’a été évoquée dans les premières heures. Intelcenter, un centre spécialisé dans l’étude de l’extrémisme islamiste, a jugé qu’il était trop tôt pour savoir qui se trouvait derrière cette tentative.
Les menaces et attentats évoqués après l’affaire
La dernière menace terroriste à New York date de l’automne dernier quand Najibullah Zazi, chauffeur de navettes dans un aéroport du Colorado, a reconnu être impliqué dans un projet d’attentat contre le métro de la ville qui a été déjoué.
En février, un immigré afghan et partisan d’Al-Qaeda de 25 ans, Najibullah Zazi, avait été accusé d’avoir tenté de fomenter un attentat contre le métro de New York en septembre. Il a plaidé coupable et risque la prison à vie.
La précédente tentative d’attentat sur le sol américain remonte au jour de Noël 2009 lorsqu’un jeune Nigérian avait essayé de faire exploser un avion de ligne entre Amsterdam et Detroit avec un engin caché dans son slip.
Les autorités ont également inculpé pour terrorisme en mars, une Américaine de 46 ans, blonde aux yeux bleus, «jihadJane», qui avait offert ses services pour assassiner un caricaturiste suédois.
Les autres attaques mentionnées dans la chronologie
Régulièrement ciblée par les terroristes, la ville de New York a subi, mardi 31 octobre 2017, son premier attentat meurtrier depuis les attaques du 11 septembre 2001. L’attentat de Manhattan, qui a fait huit morts et onze blessés, s’inscrit dans une longue liste.
Depuis cette date, plusieurs attentats ont été commis à Big Apple, mais aucun n’avait fait de mort jusqu’à celui survenu mardi 31 octobre, au sud de Manhattan, à quelques heures de la parade d’Halloween. Huit personnes ont été tuées par le conducteur d’une camionnette et onze autres ont été blessées.
18 mai 2017 : une voiture fonce sur des passants à Times Square
En pleine journée, un ancien militaire de l’US Navy renverse des passants au volant d’une Honda Accord, dans le quartier très touristique de Times Square. Vingt-trois piétons se retrouvent à terre. Parmi eux, une jeune femme de 18 ans, tuée sur le coup.
L’accident n’est pas considéré comme un acte terroriste. Souffrant de troubles mentaux, le chauffard, âgé de 26 ans, est inculpé de meurtre.
17 septembre 2016 : les bombes de Chelsea
Le 17 septembre 2016, un jeune Américain d’origine afghane, Ahmad Rahimi, pose deux bombes dans le quartier huppé de Chelsea. Une seule explose, faisant une trentaine de blessés légers.
Un carnet où il citait Ben Laden et d’autres jihadistes est retrouvé sur lui lors de son arrestation. L’homme est soupçonné d’avoir posé une troisième bombe dans une poubelle près du parcours d’une course à pied organisée dans le New Jersey par les US Marines.
Cette autre explosion n’avait pas fait de blessés. Le 17 septembre 2016, même jour que l’explosion d’une bombe à Chelsea, huit personnes avaient été blessées à l’arme blanche dans un centre commercial de Saint-Cloud, dans le Minnesota.
Été 2016 : un attentat déjoué contre Times Square et le métro
Comme le procureur de New York l’a révélé au début du mois d’octobre 2017, un attentat djihadiste visant Times Square et le métro new-yorkais, sur le modèle des attentats de Paris et Bruxelles, a été déjoué à l’été 2016, grâce à un agent infiltré du FBI.
L’attentat planifié par deux hommes de 19 ans, un Canadien et un Américain résidant au Pakistan, devait se dérouler «pendant le ramadan», entre début juin et début juillet 2016.
Les attentats commis ailleurs aux États-Unis
Le 15 avril 2013, les attentats de Boston, pour lesquels Djokhar Tsarnaev a été condamné à mort, avaient tué 3 personnes et fait 264 blessés. Trois semaines plus tard à Garland, au Texas, deux hommes étaient tués lors d’un concours de caricatures de Mahomet, un attentat revendiqué par Daech.
Commise par un couple, dont la femme avait prêté allégeance à Daech, la fusillade de San Bernardino, le 2 décembre 2015, a fait 14 morts. Le groupe État islamique s’est également attribué la tuerie dans une discothèque gay d’Orlando, en Floride, qui avait fait 50 morts le 12 juin 2016.
Enfin, le 1er octobre 2017, Stephen Paddock, 64 ans, a tiré sur la foule rassemblée pour un festival country à Las Vegas avant d’être retrouvé mort. Bilan de cette soirée d’horreur : 59 morts et 515 blessés. L’attaque a été revendiquée par Daech, ce qui laissait sceptiques les autorités américaines.