On rencontre souvent des chrétiens qui disent parler, prier et chanter en langues. Dans le monde, des centaines de millions de croyants pentecôtistes, charismatiques et catholiques pratiquent le parler en langues. Il est aussi pratiqué en dehors du christianisme dans les religions orientales telles que le bouddhisme, le chamanisme ou les sophistes de l’islam. Vue l’étendue et l’impact de ce phénomène, beaucoup s’interrogent : que signifie ce don du parler en langues ? Qu’enseigne la Bible sur ce sujet ? Quelle est sa nature et son objectif ? sont-elles des langues humaines ou angélique ? Tous les chrétiens devraient-ils le posséder et le pratiquer ? Ce don existe-t-il encore ? Et qu’est-ce que le baptême de l’Esprit ? Quand se réalise-t-il ? Quel est son but ? Les chrétiens nés de nouveau devraient-ils le rechercher ?
Les textes examinés montrent que le phénomène de glossolalie est décrit dans Actes des Apôtres et qu’il est lié à des contextes historiques précis de transition entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Il est utile de rappeler que le livre des Actes présente une période transitoire et que cette transitoire ne doit pas être interprétée comme une norme universelle pour l’Église du XXIe siècle. Ainsi, le baptême dans l’Esprit est un événement unique qui s’est déroulé à la Pentecôte et qui a incorporé les disciples dans l’Église, tandis que l’expression audible « parler en d’autres langues » apparaît aussi dans Actes dix et Actes dix-neuf, sans que cela puisse être universalement extrapolé à tous les croyants.
Le baptême dans l’Esprit et l’événement unique de la Pentecôte
Le texte affirme que le baptême dans l’Esprit est un événement historique non reproductible et qu’il introduit les croyants dans la communion de l’Église corps de Christ. Le phénomène audible « et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues » se produit dans Actes 2.4, mais ce n’est pas présent comme baptême dans l’Esprit; c’est le résultat de la plénitude de l’Esprit dans les croyants. La même plénitude et le même parler en langues se retrouvent dans Actes dix et Actes dix-neuf, mais sans y lire « baptême dans l’Esprit ».
Cette distinction entre accomplissement du salut et application du salut est centrale: la rédemption a été accomplie une fois par Jésus, mais son application se déploie dans le temps pour chaque croyant. De même, le baptême dans l’Esprit est accompli à la Pentecôte, puis appliqué à chaque converti lors de la conversion, sans que cela supposait nécessairement un parler en langues pour tous. En conséquence, le parler en langues n’est pas le signe initial du baptême dans l’Esprit, mais peut résulter de la venue et de la plénitude du Saint-Esprit dans la vie du croyant.
La nature du parler en langues et sa fonction
La glossolalie est un don qui apparaît dans des cas spécifiques et historiques, notamment lorsque des groupes ethniques entrent dans l’Église: Juifs (Actes 2), Samaritains (Actes 8), païens (Actes 10) et disciples de Jean-Baptiste (Actes 19). Dans ces textes, parler en langues sert notamment de signe de réception du Saint-Esprit et signe d’intégration des nouveaux groupes dans le corps de Christ. Cependant, le Nouveau Testament ne présente pas le parler en langues comme une exigence universelle pour tous les croyants:
- 1 Corinthiens 12.13 affirme que tous ont été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, mais 1 Corinthiens 12.30 demande: « Tous parlent-ils en langues ? » et la réponse implicite est négative.
- Actes 2, 10 et 19 montrent des cas où des croyants reçoivent le Saint-Esprit et parlent en langues, mais cela ne signifie pas que ce signe soit systématique pour tous.
- Actes 10 et 19 démontrent que le parler en langues peut apparaître comme preuve que des Gentils ou des convertis de l’ancienne alliance reçoivent aussi le même Saint-Esprit que les Apôtres.
Ainsi, le don des langues est un don miraculeux accordé à des moments et à des groupes précis, et non une démonstration systématique de la réception du Saint-Esprit pour tous les croyants. Paul rappelle que les dons doivent être vus dans le cadre de l’édification du corps et de l’amour fraternel, et non comme une preuve unique de la vie chrétienne pour chacun.
La question du signe pour les non-croyants et l’usage dans les assemblées
Le parler en langues est présenté comme un signe pour les incroyants dans certaines passages des Actes, mais il est clair que ces signes ne sont pas la seule preuve de la présence de l’Esprit. Paul souligne dans 1 Corinthiens 14 que les dons doivent être opérés dans l’assemblée de manière à édifier le corps et à être compris par tous, ce qui implique que le parler en langues, s’il est utilisé, doit s’accompagner d’interprétation pour être utile à l’assemblée. Les versets 27-28 invitent à une gestion ordonnée des dons dans l’église locale.
En somme, la Bible ne prescrit pas que chaque croyant doive parler en langues, mais met en avant la souveraineté du Saint-Esprit dans la distribution des dons: « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut » (1 Corinthiens 12.11).
Éléments pratiques pour l’interprétation moderne
Il est crucial de distinguer le caractère transitoire des actes décrits dans les Actes des Apôtres et les exigences normatives du Nouveau Testament pour l’Église d’aujourd’hui. Le fait que les Actes décrivent des cas spécifiques ne justifie pas l’imposition d’un modèle universel et intemporel. La pérennité de la bénédiction du Saint-Esprit pour chaque croyant est attestée dans Romains 8.9, 1 Corinthiens 12.13 et Éphésiens 1.13-14, mais cela ne rend pas nécessaire le parler en langues comme marque de l’Esprit pour tous les croyants.
Les textes post‑Actes insistent sur la proportionnelle diversité des dons et sur la responsabilité des responsables ecclésiastiques pour réguler leur usage dans l’édification du corps. Paul, dans 1 Corinthiens 12.29-31, invite les chrétiens à rechercher les dons qui édifient l’Église, et non à imposer une pratique unique comme signe universel de l’Esprit.
Questions finales et synthèse doctrinale
En résumé, le baptême dans l’Esprit est un événement unique et historique, qui a été accompli à la Pentecôte et appliqué à chaque croyant lors de la conversion. Le parler en langues, lorsqu’il apparaît, est un signe occasionnel et non universel, destiné à des moments particuliers et à des groupes spécifiques lors du prélude de l’intégration à l’Église. La réalité du Saint-Esprit demeure pour chaque croyant, même si tous ne parlent pas en langues. La langue humaine, conçue pour glorifier Dieu, peut parfois être utilisée dans ce don, mais elle peut aussi être employée sans que cela soit nécessairement lié à une expérience du Saint-Esprit.

Glossolalie : Quèsaco ?
Les passages clefs à considérer incluent Actes 2.4, Actes 10.44-47, Actes 19.6, 1 Corinthiens 12.13 et 1 Corinthiens 12-14, ainsi que Romains 8.9 et Éphésiens 1.13-14. Ils permettent de comprendre que le don des langues est donné selon la souveraineté de l’Esprit et dans le cadre de l’édification du corps, sans en faire une condition pour tous les croyants.