Témoignage sur le baptême d’un bébé dans une cure laxiste

Le baptême d’un bébé peut être vécu comme un choix spirituel, une tradition familiale ou une célébration sociale, mais il demeure, dans la foi chrétienne, un sacrement et un engagement. Le témoignage d’une mère non croyante, qui a choisi de faire baptiser ses enfants avec leur père croyant, montre combien cette décision peut être traversée par le doute, la sincérité et le respect de la liberté future de l’enfant.

Dans une cure laxiste, la préparation peut prendre une forme très souple : les parents exposent librement leurs convictions, posent leurs limites et participent à une célébration sans être contraints de feindre une foi qu’ils n’ont pas. Mais cette souplesse ne supprime pas la question centrale du baptême : les parents sont-ils prêts à transmettre, ou au moins à rendre accessible, une vie chrétienne à leur enfant ?

Un choix familial entre tradition et conviction personnelle

La période de Pâques à la Pentecôte est, dans l’année liturgique, un temps fort pour la vie chrétienne. Et c’est aussi le moment où de nombreux parents choisissent de faire baptiser leur enfant.

En France, des milliers de bébés sont baptisés chaque année. Parfois, c’est une évidence : les parents sont croyants, engagés, et voient dans le baptême le premier pas de leur enfant dans la vie en Christ. Mais souvent, le tableau est plus nuancé : « On le fait pour faire plaisir à aux grands-parents », « Parce que c’est une tradition dans la famille », « Pour marquer le coup, comme pour un anniversaire ».

Le baptême est ancré dans l’imaginaire collectif comme un rite de passage, une célébration familiale, un moment de joie partagé. Et c’est vrai : c’est souvent la première grande fête autour de l’enfant, avec son lot de dragées, de photos et de discours.

J’ai moi-même été baptisée enfant mais je ne suis pas croyante. Je ne vais pas entrer dans un débat sur la religion ou les religions, ce n’est nullement l’objectif.

J’aime visiter les édifices religieux en France et à l’étranger, connaître l’histoire de ces lieux. Mais je ne fredonne même pas les chants religieux lors de cérémonies. Pas de signe de croix et tout ce qui va avec.

La croyance en une religion est un acte sincère et j’aurais l’impression de jouer un rôle et de ne pas être sincère justement en effectuant ces signes. C’est un choix que je fais, qui m’appartient et je ne juge en aucun cas, les personnes croyantes ou non qui agissent différemment.

Il s’agit vraiment de décisions personnelles et il serait malvenu de donner son avis (je préviens les détracteurs et les trolls dès à présent, en douceur…).

Pourquoi baptiser son enfant quand on n’est pas soi-même croyant ?

Lorsque Martin est né, nous avions choisi un parrain et une marraine. Nous avions en tête ce lien privilégié qui peut se développer entre un(e) parrain/marraine et son/sa filleul(e). Et nous voulions consolider ce lien à l’occasion d’une cérémonie et d’une fête familiale.

Avec le Barbu, nous avons pas mal discuté. Car un baptême civil me convenait très bien. Mais lui étant croyant (sans être pratiquant) préférait l’Eglise.

Nous avons eu deux réunions de préparation lors desquelles je n’ai pas caché mon absence de croyance. J’avais prévenu le prêtre que je ne chanterai pas, que je ne signerai pas, etc.

Lors de la cérémonie du baptême, il m’a fait des appels du pied, gentiment, à plusieurs reprises. C’était plutôt sympa au final.

La naissance d’Hector a conduit à reprendre cette réflexion. Le week-end dernier, Hector a été baptisé à son tour.

Hector, ton Papa est croyant. Moi, ta maman, je ne le suis pas. Et pourtant, ce choix de te faire baptiser nous le faisons véritablement à deux.

Cette décision ne repose donc pas uniquement sur une pratique religieuse personnelle. Elle s’inscrit aussi dans le désir de donner à l’enfant une possibilité, une appartenance et un lien avec une communauté.

Et ce n’est pas parce que moi, je ne crois pas en un Dieu en particulier que je ne crois en rien. Et ce n’est pas une raison pour que je laisse cette porte fermée pour mes garçons alors qu’ils pourraient en ressentir le besoin.

La religion comme porte ouverte pour l’enfant

Ma vision des choses a changé. Martin est scolarisé dans une école privée depuis ses 3 ans (une autre histoire ça encore 😉) et dans son « cursus », il a une sorte d’ »initiation à la religion catholique ».

Durant un an et demi, comme pour beaucoup d’enfants, il était compliqué de savoir ce que Martin avait fait en classe. Il racontait peu de choses de sa journée. En revanche, on savait tout, précisément, lorsque c’était lié à la religion.

Et ses questions fusaient lors des visites d’édifices religieux. Alors, je me suis mise à penser que peut-être, la religion, pourrait un jour aider mes enfants.

Plus tard, tu comprendras et tu choisiras. J’espère que nous, tes parents, ton parrain, ta marraine, ton frère et tous tes proches, nous serons l’oreille attentive que tu attends.

Que nous trouverons des réponses à toutes tes questions. Mais si un jour tu en ressens le besoin, saches que tu auras une autre communauté prête elle aussi à t’accueillir et t’écouter.

Si nos mots ne parviennent pas à te montrer le chemin que tu peux emprunter, alors nous espérons qu’à travers cette communauté tu le trouveras.

Quoiqu’il en soit, nous souhaitons te voir grandir, t’épanouir et trouver à ton tour la force d’aider et d’écouter tous celles et ceux que tu rencontreras sur ta route.

Le baptême, un sacrement et non un simple rite social

Dans la foi chrétienne, le baptême n’est pas un simple symbole : c’est un des sept sacrements, c’est-à-dire un signe visible d’une grâce invisible.

C’est l’acte par lequel on devient enfant de Dieu, membre de l’Église, temple de l’Esprit Saint. C’est une nouvelle naissance.

Baptiser un bébé, ce n’est pas poser un geste purement culturel : c’est affirmer qu’on veut l’introduire dans une vie spirituelle.

Même s’il ne comprend pas encore, l’enfant reçoit un don, une filière de vie. Le baptême n’efface pas sa liberté future, mais il trace un chemin, il propose une orientation.

Le numéro 1250 du Catéchisme de l’Eglise catholique rappelle que « naissant avec une nature entachée par le péché originel », les enfants ont besoin d’une nouvelle naissance dans le baptême pour être « libérés du pouvoir des ténèbres et d’être transférés dans le domaine de la liberté des enfants de Dieu ».

Ce numéro ajoute que : « La pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste dans le baptême des enfants. L’Église et les parents priveraient dès lors l’enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s’ils le baptisaient peu après la naissance. » (n° 1250).

Le numéro 1282 apporte un autre élément de réponse : « le baptême est administré aux enfants, car il est une grâce et un don de Dieu qui ne supposent pas des mérites humains ; les enfants sont baptisés dans la foi de l’Église. L’entrée dans la vie chrétienne donne accès à la vraie liberté. » (n° 1282).

Le baptême est de plus « nécessaire pour le salut » nous rappelle le numéro 1277 du Catéchisme.

La liberté de l’enfant et la responsabilité des parents

Un bébé ne demande pas à être baptisé. Alors, est-ce juste de le faire sans son accord ? C’est une vraie question.

Mais elle vaut pour bien d’autres choses : nous faisons des choix pour nos enfants avant qu’ils puissent parler. Nous choisissons pour eux une langue, une école, un lieu de vie, des habitudes… Pourquoi ne pas leur proposer aussi une foi ?

Les parents ne forcent pas, ils transmettent. Le baptême est une proposition, pas une obligation.

Plus tard, l’enfant pourra approfondir, confirmer, questionner, ou même s’éloigner. Mais il aura reçu une boussole.

En baptisant leur enfant, les parents s’engagent : « Vous avez demandé le baptême pour votre enfant », dit le prêtre. « Vous aurez à l’éduquer dans la foi. »

C’est une promesse, un appel à vivre eux-mêmes cette foi qu’ils souhaitent transmettre.

En faisant baptiser Lucie, ils se sont engagés à lui donner une éducation chrétienne. Ils se sentent encore un peu démunis mais ils savent qu’ils pourront compter sur la communauté chrétienne pour les y aider.

Les parrains et marraines s'engagent également à soutenir l'enfant dans la foi chrétienne, ce qui inclut de l'éduquer et de l'accompagner dans sa vie chrétienne.

Une préparation qui peut être exigeante ou très souple

Quelques semaines avant sa naissance, ils se sont renseignés. D’abord sur Internet, puis ils se sont adressés à l’église de leur quartier.

Là, on leur a tout expliqué : la préparation au baptême, les formalités, la cérémonie. Ils ne savaient pas que les parents devait se « préparer » pour le baptême de leur enfant.

Ils pourront faire connaissance avec le prêtre, ils rencontreront aussi d’autres couples, pourront poser leurs questions. Cette perspective les rassure.

D’autant plus qu’ils viennent d’emménager dans ce quartier et qu’ils aimeraient bien connaître d’autres jeunes parents.

Il leur faut maintenant choisir un parrain et une marraine. Ils souhaitent qu’ils puissent vraiment les aider à faire découvrir Dieu à leur fille.

Leur choix s’arrête sur Matthias, un copain de longue date d’Alexandre parce qu’il va régulièrement à la messe et aime partager sa joie d’être chrétien et sur la sœur d’Amélie.

Lorsqu’ils ont rempli le formulaire d’inscription, il était bien écrit qu’il fallait qu’au moins l’un d’eux soit baptisé et confirmé. Baptisés, ils en sont sûrs ; confirmés, il faudra le leur demander.

Les rencontres de préparation

C’est un couple, Stéphanie et Olivier, qui va les aider à préparer ce baptême. Ils ont déjà 3 enfants et sont heureux de partager leur foi et leur expérience de parents catholiques.

Ils se rencontreront samedi prochain, deux autres couples seront là également. Il y aura deux rencontres plus une avec le prêtre ou le diacre qui célébrera le baptême pour préciser le déroulement de la célébration.

Dès la première rencontre, Olivier et Stéphanie les ont tout de suite mis à l’aise. Autour d’un café ils ont parlé un peu de tout : de la naissance de leurs enfants, de ce que cela changeait pour eux.

Ils ont dit pourquoi ils souhaitaient ce baptême. On a aussi parlé du catéchisme.

Alexandre et Amélie ont pu poser leurs questions, sur la confirmation, sur le choix des parrains et marraines. À la fin, ils ont pris un temps de silence pour se recueillir et prier.

Deux semaines plus tard, ils se sont retrouvés. Cette seconde rencontre a porté sur le déroulement de la cérémonie, sur les symboles du baptême et le rituel.

Stéphanie et Olivier leur ont fait visiter l’église dans ses moindres recoins. Ils les ont invités à participer à la messe.

D’ailleurs, lors de la la messe du dimanche suivant, le curé voudrait présenter les futurs baptisés et leurs parents à la communauté chrétienne.

Promis, il n’y aura pas à prendre la parole, seulement à s’avancer à la fin de la messe et à présenter son enfant.

Une préparation dans une cure laxiste

Dans une préparation souple, la parole peut rester ouverte aux parents dont la foi est différente ou hésitante. L’essentiel est alors de ne pas confondre accueil et absence totale d’engagement.

Nous avons eu deux réunions de préparation lors desquelles je n’ai pas caché mon absence de croyance. J’avais prévenu le prêtre que je ne chanterai pas, que je ne signerai pas, etc.

Lors de la cérémonie du baptême, il m’a fait des appels du pied, gentiment, à plusieurs reprises. C’était plutôt sympa au final.

Cette expérience donne l’image d’une cure qui ne cherche pas à imposer artificiellement des gestes religieux à une mère non croyante, tout en maintenant la dimension chrétienne de la célébration.

Quand une paroisse pose des conditions

Le baptême n’est pas un rite automatique en ne doit pas être une réponse à une pression familiale. C’est un choix de foi, un cadeau spirituel, une porte qui s’ouvre.

Dans certaines paroisses, le prêtre peut toutefois demander des garanties concernant l’éducation chrétienne de l’enfant.

Delphine Chedorge, 37 ans, se dit « bouleversée » : « En tant que maman, j'ai très mal. » Le curé de sa paroisse, Saint-Jean-de-Boiseau en Loire-Atlantique, a refusé de baptiser son nouveau-né.

Raison invoquée ? Sa fille aînée n'est pas inscrite au catéchisme.

Catholique, mariée à l'église, Delphine Chedorge a longuement discuté avec Gérard Urvoy, le curé de la paroisse.

« Le baptême est très important pour moi. Je fais beaucoup de bénévolat, ma belle-mère a travaillé chez les frères. mais le curé a fermé complètement sa porte. »

Sa fille de neuf ans est scolarisée à l'école privée, mais sa mère ne veut pas lui imposer une éducation chrétienne.

« Pour lui, il fallait que nous fassions un petit pas pour qu'il en fasse un grand. Mais je n'ai pas voulu céder et imposer quelque chose à ma fille. »

Une décision irréversible

Delphine Chedorge s'est alors adressée aux prêtres des paroisses voisines, qui ont jugé sa demande recevable.

Mais sans l'aval de Gérard Urvoy, seul curé de Saint-Jean-de-Boiseau, cela leur est impossible de baptiser le nouveau-né.

« C'est de l'abus de pouvoir », juge-t-elle. « C'est douloureux pour tout le monde, a reconnu le curé, mais s'ils refusent de forcer leur fille aînée, c'est leur problème. Baptiser, c'est prendre l'engagement de donner une éducation chrétienne. »

Qu'en est-il des autres prêtres, qui ont approuvé la demande de Delphine Chedorge ? « Les autres se donnent le droit de faire tout et n'importe quoi, ils le font pour faire plaisir aux parents », estime Gérard Urvoy.

Pour le curé, les parents, seuls, ne peuvent transmettre à leurs enfants les préceptes de l'Église.

« Mme Chedorge est croyante si elle le dit. Moi, j'ai besoin d'être sûr que l'enfant entrera en relation avec d'autres chrétiens. »

Officiellement, un prêtre peut refuser de donner un sacrement, qu'il s'agisse du baptême ou du mariage à l'église.

Pour René Pennetier, vicaire épiscopal, « le baptême n'est pas un droit. Je comprends la souffrance de Mme Chedorge. Mais puisqu'elle privilégie avant tout la liberté de sa fille, qu'elle laisse son enfant s'engager dans la foi quand il le décidera. »

Le vicaire épiscopal estime même que Gérard Urvoy a été très souple, en posant des conditions au baptême du nouveau-né.

« Ce sacrement n'est pas là pour répondre à une demande des parents, mais pour éveiller à la foi. »

Selon lui, il est impossible de laisser un enfant décider lui-même.

« Il faut imposer une éducation chrétienne à un enfant baptisé. Quand on adhère à une institution, il faut en respecter les règles. Le sacrement du baptême n'est pas en self-service. »

Après huit mois de discussions et une lettre à l'évêché, Delphine Chedorge se tournera finalement vers un baptême civil.

Le déroulement de la cérémonie

Le rituel est le même quelque soit l’âge du baptisé : pour demander la force de Dieu, bénédiction de l’eau, les parents, le parrain, la marraine et les baptisés de l’assemblée montrent leur adhésion au Christ en renonçant au mal et en professant la foi de l’Église, baptême, onction avec le saint chrême, remise du vêtement blanc et de la lumière.

La célébration est articulée autour de cinq signes : le signe de croix, l’eau, le vêtement blanc (que les parents et/ou le parrain et la marraine sont invités à apporter), l’huile et la lumière, qui expriment le sens du baptême.

La célébration d’un baptême pour un bébé comprend normalement la liturgie de la parole (la première lecture, un psaume, et l’évangile), la prière universelle, la prière d’exorcisme et de délivrance, puis le rite du baptême avec la bénédiction de l’eau, la renonciation à Satan et la profession de foi, puis le baptême.

La célébration se conclut normalement par la récitation du Notre Père et la bénédiction finale. A la fin de la célébration, les parents, le parrain et la marraine sont invités à signer les registres de baptême.

Les gestes symboliques

L’eau versée rappelle la purification et la nouvelle naissance. Le chrême (huile sainte) marque l’enfant comme prêt à vivre en ami du Christ.

Le vêtement blanc manifeste la dignité de l’enfant de Dieu. Le cierge allumé signifie la lumière de la foi.

Chaque geste peut être expliqué, intégré, rendu vivant. La préparation au baptême permet aussi aux parents de redécouvrir des éléments de la foi qu’ils avaient peut-être laissés de côté.

Le signe de la croix au seuil de la célébration « marque l’empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquis par sa croix » (CEC 1235).

Intervient ensuite l’onction avec le Saint-Chrême (huile consacrée par l'évêque).

« Ce rite est au cœur du baptême car il marque la force du Christ et les saints dons du Saint-Esprit que reçoit le nouveau baptisé », détaille encore le père Cédric Burgun.

Les derniers temps forts de la cérémonie sont la remise du vêtement blanc et la remise de la bougie allumée à partir du cierge pascal (symbole du Christ lumière du monde).

« Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a "revêtu le Christ" (Ga 3, 27) : est ressuscité avec le Christ. Le cierge signifie que le Christ a illuminé le néophyte. Dans le Christ, les baptisés sont "la lumière du monde" » (CEC 1243).

Le témoignage d’une cérémonie vécue avec simplicité

Aujourd’hui ils sont heureux de partager avec leurs amis et leur famille, l’entrée de Lucie dans la communauté chrétienne.

La cérémonie commence sur le parvis de l’église. Le prêtre les accueille et leur demande d’un ton solennel ce qu’ils veulent.

Bien sûr, ils demandent le sacrement du baptême et ils ont choisi d’appeler leur fille Lucie. Le prêtre fait un signe de croix sur le front de Lucie.

Ils entrent maintenant dans l’église pour partager la Parole de Dieu. Puis vient le temps du baptême proprement dit.

Les parents, le parrain, la marraine et l’assemblée montrent leur adhésion au Christ en renonçant au mal et en professant leur foi.

Lucie fit maintenant partie de la grande famille des chrétiens. La fête va se poursuivre à la maison autour d’un grand déjeuner.

Amélie et Alexandre ont apprécié la préparation au baptême car loin d’être jugés ils ont pu approfondir leur démarche et ont ravivé la petite flamme de la foi qui brillait en eux.

Ils ont rencontré des chrétiens heureux de transmettre leur foi et ont tissé les liens d’amitié avec leurs voisins.

Un baptême haut en couleurs

Le diacre qui officiait la cérémonie avait demandé aux parents des 4 enfants de dire pourquoi nous souhaitions faire baptiser notre enfant.

Comme je suis un peu bavarde, je ne me suis pas limitée à une phrase ou deux. Je partage aujourd’hui avec vous ce texte que j’ai écrit.

J’étais bien plus émue à sa lecture que je ne l’aurais imaginé. C’est moche les hormones 😊 !

Pour le reste, Hector a pleuré lorsque le diacre a versé l’eau bénite sur sa tête, il n’a pas voulu mettre l’écharpe blanche personnalisée à son nom et cousue par les bénévoles et il a tenté de draguer les jumelles de 6 ans qui se faisaient elles aussi baptiser en leur balançant son doudou à plusieurs reprises.

Bref, une cérémonie haute en couleurs 😉 !

La période de Pâques à la Pentecôte

Si de nombreux baptêmes sont célébrés entre Pâques (début avril) et la Pentecôte (fin mai), ce n’est pas un hasard.

Cette période est celle de la résurrection, de la vie nouvelle, du souffle de l’Esprit. C’est le temps par excellence pour célébrer un baptême.

Dans les communautés chrétiennes, la nuit de Pâques est d’ailleurs le moment où les adultes catéchumènes reçoivent le baptême.

Pour les enfants aussi, cette saison a une valeur forte : elle manifeste que la foi n’est pas une règle imposée, mais une vie reçue.

Pour les parents qui préparent un baptême en ce début d’année, il est donc temps de poser les jalons : rencontrer le prêtre, choisir les parrain et marraine, réfléchir au sens de la célébration.

Ce n’est pas une simple réunion de famille, mais un acte spirituel profond.

Les doutes des parents et la question de la sincérité

Dans une société où la foi n’est plus une évidence, certains hésitent : « Est-ce que je ne serai pas hypocrite de demander le baptême alors que je ne vais pas souvent à la messe ? », « Est-ce que je n’impose pas quelque chose à mon enfant ? »

Ces questions sont légitimes. Mais peut-être faut-il les retourner : Et si le baptême était justement un point de départ pour retrouver un chemin de foi, même imparfait ?

Et si, dans un monde marqué par l’individualisme, offrir une appartenance, une filière de sens, était un cadeau ? Et si le baptême était moins une obligation qu’une ouverture ?

La mère d’Hector formule cette ouverture avec prudence : « Nous présentons Hector à l’église pour qu’il soit baptisé. »

Elle ne prétend pas posséder toutes les réponses, mais elle souhaite que son enfant puisse un jour les chercher avec l’aide de ses proches et de la communauté chrétienne.

Quand l’enfant grandit et questionne la foi

Martin est scolarisé dans une école privée depuis ses 3 ans et dans son « cursus », il a une sorte d’« initiation à la religion catholique ».

Ses questions fusaient lors des visites d’édifices religieux. Alors, je me suis mise à penser que peut-être, la religion, pourrait un jour aider mes enfants.

Cette expérience montre que le baptême ne constitue pas nécessairement l’aboutissement d’une pratique religieuse régulière. Il peut être perçu comme une porte laissée ouverte, que l’enfant pourra franchir, explorer ou refermer.

Mon fils est athée, donc, il n'a jamais demandé le baptême, ma fille fréquentait un groupe de scouts catholiques, elle désirait faire sa communion privée, donc, elle l'a faite.

Plus tard, l’enfant pourra approfondir, confirmer, questionner, ou même s’éloigner. Mais il aura reçu une boussole.

Le baptême comme commencement d’un chemin

Le baptême n’est pas un rite automatique en ne doit pas être une réponse à une pression familiale. C’est un choix de foi, un cadeau spirituel, une porte qui s’ouvre.

Il ne garantit rien, mais il promet tout : une grâce donnée, une communauté accueillante, un chemin de sens.

Si vous préparez en ce moment le baptême de votre enfant, prenez ce temps comme une occasion de réflexion, de redécouverte, de dialogue.

Et surtout, comme une joie profonde : celle de confier votre enfant à celui qui l’a aimé le premier, et qui marchera avec lui toute sa vie.

Amélie et Alexandre ont apprécié la préparation au baptême car loin d’être jugés ils ont pu approfondir leur démarche et ont ravivé la petite flamme de la foi qui brillait en eux.

Ils se sentent encore un peu démunis mais ils savent qu’ils pourront compter sur la communauté chrétienne pour les y aider.

Le baptême in extremis d’un bébé

Dans l'Église catholique, le baptême in extremis peut être administré à un bébé en danger de mort imminente.

Lorsque les parents craignent que leur bébé ne survive pas assez longtemps après sa naissance - comme dans le cas d'un bébé gravement malade ou prématuré -, ils peuvent procéder à un baptême in extremis ou "baptismus in periculo mortis" (baptême en danger de mort).

En versant de l'eau sur la tête du nourrisson l’un des parents ou une personne de leur choix prononce la formule valide "Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit".

Ce baptême in extremis est valable même s'il a lieu en dehors des conditions habituelles (absence de prêtre, pas de cérémonie dans une église, etc.) et il garantit à l'enfant l'accès à la grâce du baptême en cas de décès imminent, permettant ainsi son salut selon l'enseignement de l'Église catholique.

Si l’enfant survit, un rite complémentaire doit être célébré à l’église afin qu’il soit accueilli dans la communauté chrétienne et qu’une attestation de baptême soit délivrée aux parents.

"Cela ne veut pas dire pour autant que le baptême in extremis n’est pas valable", prévient le père Cédric Burgun, docteur en droit canonique et vice-doyen de la Faculté de Droit canonique de Paris.

Le rite complémentaire

Le rite complémentaire est donc nécessaire pour l'entrée dans la communauté chrétienne.

Il permet également de recevoir des grâces supplémentaires pour permettre à l’enfant de grandir dans la foi chrétienne.

Comme pour un baptême classique, il n'y a pas de jour obligatoire pour la célébration de ce rite, mais cela se passe en général le samedi après-midi ou le dimanche, pas nécessairement au cours de la messe.

"L’important est de le faire dès que possible, comme le précise l’introduction au livre Le Rituel du baptême des petits enfants", note le père Cédric Burgun.

Appelé aussi rite secondaire dans le langage courant, ce complément de baptême commence par le dialogue initial et l’entrée de l’enfant en l’église.

Comme dans la cérémonie traditionnelle de baptême, l’enfant est accueilli dans la communauté chrétienne et reçoit son prénom.

"En revanche, à la question "que demandez-vous pour votre enfant?", posée à ce moment de la cérémonie, les parents ayant déjà baptisé in extremis leur bébé répondent non pas "qu’il soit baptisé" mais "qu’il soit reconnu comme faisant partie de l’Église"", précise le père Cédric Burgun.

Ils promettent aussi de l’éduquer dans la foi catholique.

S’ensuit alors l’entrée de l’enfant en l’église, la lecture biblique, la proclamation de foi ainsi que la litanie des saints.

"Juste après, il y a la prière commune. Une action de grâce pour la vie sauvegardée peut alors tout à fait trouver sa place afin que les parents puissent remercier le Seigneur pour la vie sauvée de leur enfant", souligne le père Cédric Burgun.

Ainsi, le rite complémentaire du baptême, bien que non nécessaire pour la validité de celui-ci, renforce la signification spirituelle et communautaire de ce premier sacrement.

À l’issue de ce rite, les parents reçoivent une attestation de baptême qui servira à l’enfant toute sa vie pour les différents sacrements comme le mariage ou l’ordination par exemple.

"Les parents ayant malheureusement perdu leur bébé baptisé in extremis à la naissance peuvent aussi demander une attestation à leur paroisse, précise le père Cédric Burgun. Si elle ne servira pas l’enfant, elle sera aux yeux des parents une forme de reconnaissance ecclésiale de ce qui a été fait. Cela semble important surtout dans ce genre de situation dramatique".

Les symboles du baptême d’un bébé

SymboleSignification
L’eauL’eau versée rappelle la purification et la nouvelle naissance.
Le saint chrêmeLe chrême (huile sainte) marque l’enfant comme prêt à vivre en ami du Christ.
Le vêtement blancLe vêtement blanc manifeste la dignité de l’enfant de Dieu.
Le ciergeLe cierge allumé signifie la lumière de la foi.
Le signe de croixLe signe de la croix au seuil de la célébration « marque l’empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquis par sa croix » (CEC 1235).

Une communauté appelée à accueillir l’enfant

Lucie fit maintenant partie de la grande famille des chrétiens.

Le jour du baptême, plusieurs gestes riches de symboles sont posés et chaque geste peut être expliqué, intégré, rendu vivant.

Le baptême est ce lien qui unira Lucie à Jésus.

La communauté chrétienne ne se limite donc pas à la cérémonie. Elle est appelée à accompagner l’enfant, ses parents, son parrain et sa marraine dans la durée.

La messe du dimanche soir à la Basilique St Nicolas est une proposition qui rassemble un très grand nombre de jeunes.

Une équipe repérable sur le parvis est chargée de l’accueil. Ainsi quelqu’un qui se questionne, vient en curieux, pourra se sentir accueilli.

Dans l’église, un livret explicatif de la messe est remis à ceux qui le souhaitent, ils peuvent ainsi découvrir et mieux comprendre le rituel.

Les jeunes fidèles réguliers peuvent se sentir à l’aise pour inviter des amis non chrétiens, sachant que ceux-ci seront bien accueillis.

Par le service, les pèlerinages, les messes, les jeunes développent des amitiés avec d’autres chrétiens, ils s’ouvrent aux autres et se déploient dans leur personnalité.

Ils charpentent ainsi leur vie chrétienne.

Des témoignages qui montrent la diversité des parcours

Alors que l’Église catholique en France connaît une dynamique inédite, le nombre de catéchumènes ne cesse d’augmenter, témoignant d’un véritable renouveau spirituel.

Découvrez les témoignages inspirants de ces catéchumènes qui incarnent une Église en pleine métamorphose.

Le témoignage de Romane

Je m’appelle Romane MOREL, j’ai 23 ans et j’ai été baptisée le 30 mars 2024.

Depuis petite j’ai toujours cherché l’amour partout autour de moi sans grand succès. Je n’étais pas une adolescente très joyeuse, j’ai fait une dépression, je me faisait du mal (scarification…) et pour moi la vie n’avais aucun sens.

Alors moi aussi j’ai voulu essayer, j’ai commencé à prier et à lire la Bible.

En 2020, je décide de faire le carême, le e jour de Pâques, de la même année, j’ai ressenti une immense paix, un amour inexplicable, qui comblait tout ce que j’avais toujours attendu des autres.

Ce jour là, ma rencontre avec le Christ à changer ma vie, et c’est devenu une évidence, pour moi, de demander le baptême.

Le baptême a été pour moi une accomplissement après 4 ans d’attente.

Je comprenais à ce moment là qu’on était pas seul et que toute la communauté était là et priait pour nous.

Ce qui me fait continuer sur ce chemin, c’est l’amour du Christ.

Je pense que lorsqu’on que l’on comprend à quel point le Seigneur nous a aimé, lorsqu’on comprend son sacrifice pour nous, on ne peut que continuer le chemin.

Le témoignage d’Anaë

Je m’appelle Anaë Delion, je vais avoir 20 ans et je suis actuellement en préparation pour recevoir le sacrement du baptême le 19 avril prochain.

Venant d’une famille athée et très loin de la religion, je n’ai jamais eu ni entourage chrétien, ni éducation religieuse.

Mon tout premier contact avec la foi chrétienne a eu lieu en janvier 2022.

À cette période, je ne sortais plus de mon lit, plus rien ne m’animait, je passais mes journées à broyer du noir.

J’ai alors entendu parler du Carême. Sans comprendre pourquoi, à ce moment précis, j’ai ressenti comme une force dans mon cœur qui me poussait à me renseigner sur ce que c’était.

Depuis ce jour, je n’ai jamais lâché le Seigneur.

J’ai débuté le catéchuménat il y a un an et demi maintenant, et cela m’a permis de rencontrer de merveilleuses personnes, de me créer une nouvelle famille, et surtout, pour la première fois, de me sentir réellement à ma place.

Dieu est venu me chercher lorsque j’étais au plus bas, alors que je n’avais aucune idée de qui Il était.

Entendre parler du carême et vouloir tout apprendre, tout connaître m’a réellement donné une raison de vivre, une raison de me lever de mon lit le matin.

Je suis fière aujourd’hui de vous dire que Dieu m’a sauvée.

Le témoignage d’Alexandre

Je n’ai pas grandi dans une famille chrétienne, des connaissances m’ont parlé de Dieu.

Ça s’est fait tout seul, je crois que Dieu m’a appelé d’un coup !

Au fil des rendez-vous avec sœur Marie Élisabeth, mon accompagnatrice, j’ai découvert une autre partie de moi-même plus apaisée, plus joyeuse.

J’ai apprécié les rencontres avec les autres catéchumènes.

Ma compagne n’est pas dans cette démarche-là, mais quand je lui ai proposé de baptiser notre fils le même jour que moi, ça l’a rendue joyeuse et j’en suis profondément heureux !

J’ai vraiment hâte de vivre mon baptême, avec mon fils. Et de continuer à découvrir encore plus la vie de Jésus.

Le témoignage de Manon

Ma mère est décédée en 2015 des suites d’une maladie inattendue, ce qui m’a profondément touchée et posé beaucoup de questions.

Et puis j’ai reçu des signes, notamment mon projet de mariage et la demande de ma sœur d’être marraine de son enfant.

Je croyais être seule dans mon cas. Je me suis rendue compte que d’autres avaient la même démarche que moi, parfois pour des raisons similaires.

J’ai aussi découvert une communauté qui prie et se soutient.

Alors qu’auparavant j’étais mal à l’aise avec Jésus et avec le fait même d’entrer dans une église, je ressens maintenant une vraie proximité.

Tout ce chemin prend du temps, c’est une expérience à vivre.

Je ne suis déjà plus la même qu’au début du parcours, ma manière de penser et de vivre a changé et pris un nouvel élan !

Le rôle de l’accompagnement

Les jeunes veulent comprendre, connaitre et acquérir des bases théologiques sûres.

Au-delà des explications nécessaires pour nourrir la foi et la raison, des temps de prière, de louange leur sont proposés, l’aumônerie leur donne d’expérimenter les cinq essentiels de la vie de disciple : prière, formation, mission, service et fraternité.

Ainsi, en plus du parcours, on propose aux catéchumènes de s’investir dans un service ponctuel ou sur la durée.

L’aumônerie des étudiants accueille des demandes presque toutes les semaines.

Selon le moment de l’année où ils arrivent, ils sont soit intégrés à une équipe existante, soit on leur propose des rencontres ponctuelles avant d’entamer un parcours en catéchuménat.

17 étudiants seront baptisés à Pâques. Ils font ma joie.

Les catéchumènes sont comme la prunelle de mes yeux.

Nous sommes des disciples qui accompagnons d’autres disciples, et nous en sommes heureux !

Le baptême comme transmission et comme espérance

La question du baptême d’un bébé oppose parfois deux conceptions : attendre une décision personnelle à l’âge adulte ou transmettre dès l’enfance un héritage spirituel que l’enfant pourra ensuite accepter, approfondir ou refuser.

Certains considèrent que les parents transmettent déjà une langue, une culture, une école et des habitudes, et qu’ils peuvent également proposer une foi.

D’autres soulignent que l’enfant ne peut pas encore consentir personnellement et que la profession de foi prononcée par les adultes n’a pas exactement le même sens.

Pour ma part, je trouve cela assez égoïste. Vous laissez choisir votre enfant entre le rien . et le rien ! C'est finalement très individualiste comme manière de voir.

Une autre position répond : « Oui, j'ai la foi, je crois en Dieu, il existe, j'en suis sure. Pourquoi est-ce que la préparation au baptême de l'adulte est si longue, alors que rien ne prépare le nourrisson ? Pour moi, le baptême doit être le fruit d'une démarche personnelle. »

Le baptême ne m'a servi qu'a une chose, me marier à l'église pour faire plaisir à ma mère.

Le témoignage sur Hector apporte une autre réponse : « Plus tard, tu comprendras et tu choisiras. »

La foi est très subtile et difficile à faire épanouir dans le coeur d'un être humain mais cela l'est beaucoup moins lorsqu'un tout petit enfant est accompagné par des parents croyants et pratiquants.

Le baptême est une promesse de pardon, ne l'oubliez pas.

Quant aux enfants morts sans baptême, la liturgie de l’Église nous invite à avoir confiance en la miséricorde divine, et à prier pour leur salut.

parents et bébé dans une église

Baptême Enzo

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