La cérémonie de passage à l’âge adulte au Japon : Seijin no Hi et Seijin Shiki

La cérémonie de passage à l’âge adulte au Japon s’appelle Seijin Shiki (成人式), tandis que la journée fériée durant laquelle elle est généralement organisée porte le nom de Seijin no Hi (成人の日), ou « Jour du passage à l’âge adulte ». Elle se déroule chaque année le deuxième lundi de janvier et célèbre traditionnellement les jeunes Japonais qui atteignent 20 ans.

Depuis le 1er avril 2022, la majorité civile japonaise est fixée à 18 ans, mais la cérémonie conserve généralement le seuil traditionnel de 20 ans. À 18 ans, les jeunes peuvent notamment voter et signer certains contrats sans consentement parental, tandis que l’achat de cigarettes et d’alcool ainsi que certains jeux d’argent restent interdits avant 20 ans.

Qu’est-ce que le Seijin no Hi ?

Seijin no Hi (成人の日), ou « Jour du passage à l’âge adulte », est une fête nationale japonaise célébrée chaque année le deuxième lundi du mois de janvier. Elle honore et félicite les jeunes qui ont atteint l’âge de 20 ans, marquant ainsi leur passage à l’âge adulte dans la société japonaise.

Le Seijin no Hi est un jour férié au Japon, dédié à honorer les jeunes adultes qui ont atteint l’âge de 20 ans, l’âge de la maturité dans la société japonaise. Cette étape importante est célébrée par des cérémonies et des festivités partout au pays, symbolisant les responsabilités et les privilèges de l’âge adulte.

On y célèbre le passage symbolique à l’âge adulte de tous les jeunes qui fêtent leurs 20 ans entre avril de l’année qui vient de s’écouler et avril de l’année en cours. Des cérémonies de la majorité, Seijin Shiki, sont organisées dans tout le pays.

Majorité civile et âge adulte au Japon

En 2015, le Japon a décidé d’abaisser l’âge de la majorité de 20 à 18 ans. Mais cette majorité est essentiellement électorale. Pour toute une série de démarches, l’âge légal est maintenu à 20 ans.

L’article 4 du Code civil japonais fixe d’ailleurs l’âge adulte (成年, seinen) à 20 ans. En 2015, la Diète a décidé l’abaissement de l’âge légal de la majorité de 20 à 18 ans, une mesure qui a été effective le 1er avril 2022.

En 2022, l’âge légal de la majorité a été abaissé à 18 ans, mais la célébration de Seijin no Hi se concentre toujours sur les personnes qui viennent d’avoir 20 ans. Même si l’âge légal a été abaissé à 18 ans, certaines activités et certains droits restent limités jusqu’à l’âge de 20 ans au Japon.

ÂgeDroits ou limites principales
16 ansPermis pour cyclomoteur ou petit moteur
18 ansDroit de vote, contrats et majorité civile, mariage sans consentement parental
20 ansAlcool, cigarettes, certains jeux d’argent et cérémonie traditionnelle
21 ansConduite d’un véhicule professionnel

Les jeunes de 18 et 19 ans peuvent désormais voter, mais aussi signer un bail locatif sans avoir besoin du consentement parental. En 2022, cette différence a été corrigée : tous peuvent se marier sans consentement parental dès 18 ans.

L’idée pour les législateurs est de responsabiliser les jeunes dans un contexte de crise démographique, en les impliquant plus tôt dans la vie publique et sociale. En revanche, il est toujours impossible aux moins de 20 ans d’acheter des cigarettes ou de l’alcool, y compris dans les bars et restaurants, ou de jouer à des jeux d’argent.

Un jeune peut demander une carte de crédit dans la plupart des banques dès 18 ans, mais l’autorisation parentale peut rester nécessaire jusqu’à ses 20 ans selon les conditions bancaires.

Les principaux âges légaux

Le droit de vote

En 2025, l’âge minimum pour voter au Japon est de 18 ans. L’abaissement de cet âge a été prévu par la réforme et est effectif depuis 2022.

La conduite

À partir de 16 ans, il est possible de passer un permis pour cyclomoteur ou petit moteur. Pour passer le permis de conduire « ordinaire », il faut avoir 18 ans révolus au moment de l’examen final.

Un jeune peut également acheter une voiture à 18 ans. Certaines voitures de plus grande taille nécessitent un permis spécifique, qu’il n’est possible de passer qu’à partir de 20 ans. Et pour conduire un véhicule professionnel, il faut attendre 21 ans.

Le tabac et l’alcool

La révision du Code civil ne concerne ni l’alcool ni les cigarettes. Les jeunes Japonais n’ont le droit de fumer qu’à partir de 20 ans, et ce point est resté inchangé après 2022.

Les Japonais ont le droit de boire de l’alcool à partir de 20 ans. Il en est de même après 2022. Pour entrer en boîte de nuit, il faut là aussi théoriquement avoir 20 ans.

La responsabilité pénale

Le Code pénal japonais fixe l’âge de la responsabilité pénale à 14 ans. Entre 14 et 19 ans, la peine est soumise à des conditions exceptionnelles.

Les origines historiques des rites de passage

La célébration d’un rite de passage à l’âge adulte existerait au Japon au moins depuis l’époque de Nara (710-794). La majorité était alors un concept plutôt confus et peu encadré, mais il existait des cérémonies destinées à marquer le changement de statut des jeunes.

Depuis toujours, la société japonaise célèbre les rites de passage qui marquent les étapes importantes de la vie. Autrefois, les garçons et les filles participaient à des cérémonies de passage à l’âge adulte distinctes, mais à l’ère moderne, l’âge de 20 ans est devenu l’âge standard de cette transition.

Les premières formes de ces rites semblent avoir concerné l’aristocratie japonaise. Les jeunes garçons participaient à une cérémonie appelée genpuku, tandis que les jeunes filles prenaient part à un rituel appelé mogi.

Le genpuku pour les garçons

Il existait une cérémonie nommée Genpuku pour les garçons d’environ 10 à 15 ans. Dès la période Heian (794-1185), des rituels de passage à l’âge adulte étaient organisés pour marquer la transition entre l’enfance et l’âge adulte.

Pour le genpuku, les garçons, généralement âgés de 12 à 16 ans, revêtaient des vêtements et des coiffures d’adultes et étaient introduits dans la société en tant qu’adultes. Ils étaient présentés au kami tutélaire de leur famille au cours d’une cérémonie shinto.

C’est également le jour où l’on recevait ses habits d’adulte et, pour les garçons, un nouveau nom. Ce rite marquait leur changement de statut au sein de la société.

La coutume s’est répandue aux autres classes de la société au fil des siècles et fut couramment pratiquée à l’époque d’Edo (1603-1868) chez les guerriers et le peuple, dans une version simplifiée qui consistait notamment à raser l’avant et le dessus du crâne pour créer la coiffure caractéristique des hommes adultes, qui était également celle des samouraïs.

Puis, lors de l’ère Kamakura (1185-1333), la classe guerrière assura sa domination et on inclut en plus les fils de samouraï. D’ailleurs, ces enfants recevaient leur armure et leur sabre lors de ce passage à l’âge adulte.

Le mogi pour les filles

Un rituel nommé Mogi concernait les filles de 12 à 16 ans. Ces âges restaient toutefois approximatifs. Les filles, lors de mogi, participaient à des cérémonies similaires, impliquant souvent le port de vêtements spéciaux pour signifier leur maturité.

C’est aussi à partir de l’époque d’Edo que les jeunes femmes ont commencé à avoir leur cérémonie, appelée Mogi (裳着). Elle était célébrée soit au moment de leur mariage, soit entre 18 et 20 ans.

L’apparence de femme adulte était conférée par la coiffure nihongata et le noircissement des dents notamment. En général, les filles se noircissaient les dents, se rasaient les sourcils et se maquillaient pour l’occasion.

Ces événements étaient importants dans les familles de samouraïs et d’aristocrates et marquaient la volonté du nouvel adulte d’assumer des responsabilités sociales et familiales.

La diffusion progressive de la coutume

Malheureusement, ce genre de célébration n’était souvent réservé qu’aux nobles. Ce n’est qu’à l’époque Muromachi (1338-1573) que le Seijin no Hi devint accessible au peuple.

À l’époque d’Edo, guerriers comme gens du peuple perpétuaient ces rites de passage. Avec le temps, ces pratiques se sont diffusées et ont pris des formes plus simples.

Après avoir été établie à 15 ans pour les garçons et à 13 ans pour les filles depuis l’époque d’Edo, la majorité est passée à 20 ans pour tous en 1876, pendant l’ère Meiji.

La naissance du Seijin no Hi moderne

Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon a connu d’importantes réformes sociales et culturelles. Au cours de cette période, l’idée d’une célébration officielle pour honorer les jeunes adultes et les encourager à contribuer à la société a émergé.

Le premier Seijin-shiki moderne a été organisé en 1946 dans la ville de Warabi, dans la préfecture de Saitama. Appelée Seinen-sai (青年祭), ou « Festival de la jeunesse », elle était destinée à remonter le moral des jeunes après la guerre.

En 1948, le gouvernement japonais a officiellement fait de 成人の日 une fête nationale, célébrée le 15 janvier de chaque année. L’objectif de cette fête était d’honorer les jeunes qui atteignaient l’âge de 20 ans et de les encourager à devenir des adultes responsables dans la société.

Après-guerre, en 1948, le gouvernement japonais a récupéré la tradition pour en faire un événement marquant destiné à « encourager les jeunes qui s’apprêtent à affronter la vie avec la conscience d’être devenus des adultes ».

Le changement de date

De 1948 à 2000, le Japon fêtait le Seijin Shiki le 15 janvier, mais décida finalement de l’instaurer le deuxième lundi du mois de janvier.

En 2000, 成人の日 a été déplacé au deuxième lundi de janvier dans le cadre du « Happy Monday System », qui visait à créer davantage de week-ends de trois jours et à améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Depuis l’an 2000, Seijin no Hi est fixé au deuxième lundi de janvier. En réalité, cette date peut varier selon les régions pour cause de conditions climatiques, en particulier dans les préfectures septentrionales, ou pour favoriser des périodes plus propices au retour des jeunes dans leur ville d’origine.

Seijin Shiki : la cérémonie officielle

Le passage à la majorité s’assortit du Seijin Shiki. Cette « cérémonie de la majorité » est issue de rituels shintoïstes. Elle marque le passage à l’âge adulte.

La cérémonie officielle qui marque l’accession à la majorité est nommée Seijin Shiki (成人式, cérémonie de passage à l’âge adulte) et elle a lieu le jour de Seijin no Hi.

Les autorités locales organisent des cérémonies Seijin-shiki, qui se déroulent généralement dans des centres municipaux ou culturels. Les autorités prononcent des discours encourageant les nouveaux adultes à prendre des responsabilités et à participer activement à la vie de la société.

Seijin Shiki cérémonie municipale Japon

Qui peut participer ?

Pour participer à cette cérémonie, il faut avoir 20 ans depuis le 2 avril de l’année précédente, ou les atteindre avant le 1er avril de cette année. Les jeunes concernés reçoivent une invitation officielle envoyée par la mairie.

N’y sont conviés que les jeunes qui ont eu ou auront 20 ans entre le 2 avril de l’année précédente et le 1er avril de l’année en cours, et qui sont officiellement résidents de la ville où elle est organisée.

Ils reçoivent leur invitation courant décembre, sans laquelle ils ne peuvent participer. Certaines villes incluent les étrangers atteignant l’âge de 20 ans sur le sol japonais.

Depuis quelques temps, certaines municipalités ouvrent à présent la cérémonie Seijin Shiki aux étudiants étrangers ou aux stagiaires qui fêteraient leurs 20 ans pendant leur séjour au Japon.

Le déroulement de la cérémonie

En général, la fête du Seijin no Hi se déroule dans une salle de conférences, avec les représentants de la mairie. La cérémonie officielle a généralement lieu dans un théâtre ou une salle de conférences, en présence de représentants de la mairie et du corps enseignant.

Seijin Shiki dure moins d’une heure et se présente comme un moment très ritualisé. Même s’il s’agit d’un jour férié, la cérémonie en soi n’est pas vraiment longue : environ une heure tout au plus.

La célébration s’ouvre avec l’hymne national japonais. S’ensuivent ensuite des discours d’encouragements, un sermon sur la responsabilité que détiennent désormais ces Japonais et des animations dans le cas des plus grandes municipalités.

  • l’hymne national japonais ;
  • des discours du maire et de représentants du conseil municipal ou d’un autre responsable administratif ;
  • des remerciements envers différentes associations en rapport avec la jeunesse et l’éducation ;
  • l’apparition des incontournables mascottes locales ;
  • des discours de jeunes représentants du comité d’organisation ;
  • des diaporamas évoquant des moments forts de la scolarité de la génération devenant adulte ;
  • des animations musicales dans certaines municipalités.

À cela on peut ajouter un ou deux discours d’enfants de 10 ans destinés à montrer leur admiration pour leurs aînés, des diaporamas évoquant des moments forts de la scolarité de la génération devenant adulte, ou autres animations musicales.

Les représentants du comité d’organisation de la cérémonie, généralement au moins un jeune homme et une jeune femme, donnent également des discours évoquant leur reconnaissance envers les aînés et leurs espoirs pour l’avenir.

Dans certaines villes, des jeunes prennent également la parole pour partager leurs projets ou leurs réflexions. À l’issue de la cérémonie, un souvenir ou un livret commémoratif est parfois remis aux participants.

Les participants reçoivent souvent de petits cadeaux commémoratifs de la part du gouvernement local. À la fin de la cérémonie, les jeunes concernés recevront un petit cadeau symbolique et continueront leur folle journée.

La cérémonie des 20 ans concerne tous les Japonais de cet âge, quelle que soit leur occupation à ce moment-là : on y croise aussi bien des jeunes « lambda » que des célébrités, des sportifs de haut niveau et même une maiko en tenue.

Les vêtements traditionnels du Seijin no Hi

En ce jour qui dit adieu à leur enfance, les jeunes portent de très jolis vêtements pour marquer le coup. C’est un peu le début d’une nouvelle vie.

Ce jour-là, les jeunes hommes et femmes s’habillent avec des vêtements japonais traditionnels, les femmes portant souvent des kimonos élaborés et les hommes des costumes formels ou des vêtements traditionnels.

Le furisode des jeunes femmes

Les filles arborent un très beau kimono avec de longues manches : le furisode. Comme il fait froid, une jolie fourrure blanche leur sert d’écharpe.

De nombreuses jeunes femmes portent des furisode, un type de kimono formel à manches longues, souvent de couleur vive et à motifs élaborés. Aujourd’hui encore, l’apparence occupe une place centrale dans la célébration.

Les jeunes femmes portent donc un furisode, kimono à manches longues exclusivement réservé aux célibataires, généralement très riche et coloré, pour symboliser la jeunesse, le plus souvent accompagné d’un châle en fourrure au vu des températures hivernales de la saison.

Le furisode, kimono aux longues manches porté par les jeunes femmes, est devenu l’image emblématique du Seijin no Hi. Cette journée est particulièrement importante pour les Japonaises qui portent, pour l’écrasante majorité d’entre elles, un magnifique kimono de circonstance.

Jeune femme japonaise en furisode

Les Japonaises d’aujourd’hui ont cinq occasions principales de porter un kimono dans leur vie : pour Shichi-Go-San, pour Seijin no Hi, pour la remise des diplômes à l’université, pour leur mariage et éventuellement pour le mariage de leurs propres enfants.

Ces kimonos étant extrêmement chers, ils sont soit transmis de mère en fille, soit loués pour l’occasion. Les jeunes femmes commencent souvent à organiser leur tenue plusieurs mois avant la date de l’événement.

Les vêtements des jeunes hommes

Les jeunes hommes peuvent porter des hakama traditionnels avec un kimono ou des costumes formels de style occidental. Certains garçons abordent un aspect plus occidentalisé et optent pour un costard élégant.

Les jeunes hommes optent le plus souvent pour un costume sombre, même si certains choisissent de porter un kimono ou un hakama. Pour les garçons, c’est plus simple : aujourd’hui, à peu près 70 % d’entre eux préfèrent se rendre à la cérémonie en costume trois pièces plutôt que de s’infliger le port d’un kimono et d’un hakama.

Ceux qui choisissent l’habit traditionnel auront eux aussi besoin de louer le kimono et surtout les services d’une habilleuse, les habits traditionnels japonais étant difficiles à enfiler.

La préparation de la journée

Le jour même, beaucoup commencent la journée par une préparation soignée, en particulier celles et ceux qui portent un kimono. Coiffure et habillage sont souvent réservés à l’avance, parfois plusieurs mois avant la date de l’événement.

La journée commence très tôt pour les filles. Elles se lèvent au petit matin pour se faire habiller, coiffer et maquiller par des professionnels.

Les coiffeurs, qui offrent souvent le service de location et d’habillage de kimono en plus de leurs prestations, acceptent les rendez-vous dès 5 h du matin, ce jour-là.

Elles vont ensuite passer la journée à faire des photos avec leurs camarades de promotion, amis et famille. Pour immortaliser l’occasion, certaines familles organisent même une séance avec un photographe professionnel la veille ou le jour même, pour garder un beau souvenir de ce moment important.

Après la cérémonie : sanctuaire, repas et festivités

La famille et l’intéressé se rendent ensuite au sanctuaire afin de prier pour sa réussite dans sa future vie. La majorité d’entre eux se rendra ensuite au sanctuaire shinto du quartier pour y prier.

Après les cérémonies, les participants se réunissent souvent avec leurs amis et leur famille pour des repas, des photos et des fêtes. Cette journée symbolise les nouvelles responsabilités, l’indépendance et les aspirations pour l’avenir.

Après cela, c’est selon le goût de chacun : certains décident de fêter ce jour particulier dans un izakaya afin de siroter leur première bière avec leurs proches.

Les jeunes finiront parfois la journée dans un restaurant, un bar ou un karaoké avec leurs amis pour fêter ça. Ces soirées sont souvent entièrement organisées et financées par les parents, bien qu’ils n’y participent généralement pas.

Les izakaya font le plein de nouveaux clients le soir du jour férié. En effet, l’âge de la majorité est celui des responsabilités, mais aussi de l’autorisation de boire de l’alcool.

Les plats de fête

Le Seijin Shiki est aussi l’occasion de célébrer autour de plats choisis pour marquer cette étape de la vie. Si chaque famille peut adapter le menu à sa façon, certains mets reviennent souvent.

Parmi les classiques, on retrouve le sekihan, ce riz rouge aux haricots azuki qui accompagne toutes les grandes étapes de l’existence. Sa couleur porte-bonheur symbolise la chance et la prospérité.

On sert aussi des chirashi ou temarizushi : colorés et festifs, ces sushis conviennent à tous les goûts et apportent de la gaieté à la table.

Pour ceux qui souhaitent mettre un peu plus de raffinement, le repas peut inclure des sashimis, des crabes ou des crevettes, voire du bon bœuf : des produits plus précieux que l’on réserve habituellement aux grandes occasions.

Et côté douceur, des wagashi, pâtisseries japonaises délicates à base de pâte d’haricot rouge azuki ou de châtaigne, souvent façonnées en formes rondes, symbolisent un avenir harmonieux et offrent une note subtile et poétique à la célébration.

Une fête différente selon les régions

Bien que les cérémonies de base soient similaires, la façon dont le jour du passage à l’âge adulte est célébré peut varier d’une région à l’autre du Japon. Dans les grandes villes comme Tokyo et Osaka, la journée est marquée par de grandes cérémonies et des festivités animées.

Les petites villes peuvent avoir des rassemblements plus intimes, mais l’esprit de célébration reste le même. Dans certaines régions, des spectacles et des défilés traditionnels font partie des célébrations.

Par exemple, la ville de Naha à Okinawa est connue pour son mélange unique de festivités traditionnelles et modernes, incorporant de la musique et des danses locales dans les cérémonies.

Ces dernières années, certains jeunes adultes ont opté pour des styles plus contemporains, mêlant vêtements traditionnels et éléments de mode modernes. Cette fusion reflète la nature évolutive de la culture japonaise, où la tradition rencontre la modernité.

Où observer le Seijin no Hi ?

Pour les voyageurs visitant le Japon en janvier, le jour du passage à l’âge adulte offre une occasion unique d’assister à un événement profondément culturel. L’observation des cérémonies et des festivités donne un aperçu des valeurs et des traditions japonaises.

Les grandes villes comme Tokyo, Kyoto et Osaka accueillent de grandes cérémonies publiques accessibles aux touristes. La visite de centres communautaires locaux ou d’hôtels de ville peut offrir un aperçu plus approfondi des procédures traditionnelles.

Les meilleurs endroits où guetter les jeunes célébrés sont soit à la sortie des mairies, soit aux temples shinto. À Tokyo, le temple Meiji-jingu est d’ailleurs très populaire à cette occasion.

Seijin no Hi au sanctuaire Meiji Jingu

Vous verrez aussi les jeunes se balader en petits groupes dans tous les endroits photogéniques de la ville, ce qui est particulièrement vrai dans les villes moyennes, Kyoto en tête, et le soir dans les quartiers animés, à la sortie des bars et des izakaya.

Seijin no Hi, bien qu’à l’origine une célébration plutôt familiale, est un événement extrêmement photogénique qui attire une foule de photographes, journalistes ou simples curieux pour l’occasion.

Comme toujours, il est plus courtois de demander la permission avant de photographier les jeunes et de ne pas trop déranger les Japonais pendant cette célébration. Pour profiter au maximum de votre expérience, pensez à vous habiller respectueusement et à respecter les coutumes locales.

Une tradition entre religion, famille et vie civique

Seijin Shiki a des origines shintô et non bouddhistes. Lors des anciennes cérémonies, il s’agissait d’aller au sanctuaire et de recevoir la bénédiction du kami veillant sur sa famille.

La cérémonie actuelle est toutefois avant tout laïque et vise à promouvoir la cohésion sociale entre générations et au sein d’une même classe d’âge.

La famille et la communauté jouent un rôle crucial dans la Journée du passage à l’âge adulte. Les familles se réunissent souvent pour célébrer les réalisations de leurs jeunes adultes, et les communautés se réunissent pour soutenir et encourager la nouvelle génération.

Pour de nombreux jeunes Japonais, cette journée n’est pas seulement une question de célébration, mais aussi de réflexion. C’est l’occasion d’examiner leurs rôles et responsabilités futurs au sein de la société.

Évolutions et débats autour de la cérémonie

De moins en moins de jeunes décident de participer à ces festivités. Les vêtements requis sont souvent très coûteux, d’une part. D’autre part, de plus en plus de personnes ne se sentent plus si adultes à l’âge de 20 ans, avec les responsabilités qui leur tombent dessus.

Ainsi, nombreux sont ceux qui déchantent et souhaitent se détacher de toutes ces obligations. C’est notamment cette forme de protestation que l’on retrouve dans le monde du travail.

On constate toutefois un désintérêt grandissant des jeunes Japonais pour cette cérémonie, dont le format très convenu n’est plus forcément adapté aux nouvelles générations.

Par ailleurs, il est prévu que la majorité soit instaurée à 18 ans à partir d’avril 2022. Cela jouera-t-il en faveur de cette cérémonie très ritualisée ou, au contraire, cela amplifiera-t-il cette impression de déconnexion face au monde adulte ?

Une loi passée en 2018, appliquée depuis le 1er avril 2022, abaisse l’âge de la majorité à 18 ans pour élargir le droit de vote. Ainsi, beaucoup de municipalités s’interrogent sur la pertinence d’abaisser également l’âge de la cérémonie Seijin Shiki à l’année des 18 ans.

Cependant, considérant que cette période de la vie est déjà compliquée par la fin du lycée, le passage des examens d’entrée à l’université et différents choix de vie, la tendance générale est à maintenir la cérémonie lors de l’année des 20 ans.

Si la révision du Code civil prévoit l’abaissement en 2022 de la majorité civile de 20 à 18 ans, certaines traditions continuent d’utiliser 20 ans comme repère, notamment la cérémonie.

De nouvelles manières de célébrer

Les jeunes apprécient également de marquer cette date avec une célébration correspondant davantage à leurs goûts en dehors des cadres officiels.

Par exemple, Disneyland Tokyo devient un des hauts lieux de Seijin no Hi, particulièrement apprécié par les jeunes femmes pour y faire la fête et profiter du moment, comme une sorte de dernière parenthèse avant l’âge adulte.

On assiste depuis quelques années au développement de fêtes de mi-parcours, comme totose no iwai (十歳の祝い, la « célébration des 10 ans ») ou nibun no ichi seijin shiki (1/2成人式, « cérémonie de moitié d’adulte »), célébrées dans les écoles et qui donnent lieu également à des séances de photos souvenirs en costume.

Les adultes ne renoncent pas à la fête non plus, avec la tendance à célébrer en groupe les 30 ans, au cours d’une misoji shiki (三十路式, « cérémonie des 30 ans »), bien que cela reste anecdotique.

La manière dont Seijin no Hi devrait évoluer a fait l’objet de débats, notamment avec le passage de l’âge légal à 18 ans. Toutefois, de nombreuses communautés continuent d’honorer les personnes qui atteignent l’âge de 20 ans afin de préserver la signification traditionnelle de cette fête.

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