Les cérémonies bouddhiques vietnamiennes se découvrent dans les pagodes, les monastères, les fêtes religieuses et les rites liés aux grandes étapes de la vie. Elles associent prières, récitation de textes bouddhiques, offrandes d’encens et de fleurs, méditation, prosternations, cérémonies commémoratives et actions de solidarité.
Le bouddhisme au Vietnam se découvre bien au-delà des pagodes. Présent depuis des siècles dans le pays, il a profondément marqué les traditions, les fêtes et de nombreux aspects de la culture vietnamienne. Au fil de l’histoire, le bouddhisme a coexisté avec le confucianisme, le taoïsme, le culte des ancêtres et différentes croyances populaires.
La place des cérémonies bouddhiques dans la société vietnamienne
Le bouddhisme occupe une place importante dans la vie spirituelle et culturelle du Vietnam. Le bouddhisme au Vietnam occupe une place importante dans la vie culturelle et spirituelle du pays. Pour les voyageurs, il se découvre surtout à travers les pagodes vietnamiennes, les cérémonies, les offrandes d’encens et les moments de recueillement que l’on peut observer aussi bien dans les grandes villes que dans les villages.
Cette présence ne se limite pas aux lieux religieux. Le bouddhisme a aussi influencé certaines valeurs et traditions de la société vietnamienne, notamment autour de la compassion, du respect, des bonnes actions et de la recherche d’harmonie. Visiter une pagode permet donc souvent de mieux comprendre un aspect essentiel de la culture vietnamienne.
La religion au Vietnam reste toutefois très diverse. Le bouddhisme coexiste avec le culte des ancêtres, le confucianisme, le taoïsme et différentes croyances populaires. Dans la vie quotidienne, ces traditions peuvent se mêler et se compléter.
Pour un voyageur, il est donc utile de ne pas considérer chaque autel, offrande ou rituel comme strictement bouddhiste : cette diversité fait justement toute la richesse de la spiritualité vietnamienne.
Les origines historiques du bouddhisme vietnamien
Le bouddhisme au Vietnam est présent depuis près de deux mille ans. Il serait arrivé dès les premiers siècles de notre ère, à la fois par les routes maritimes reliant l’Inde à l’Asie du Sud-Est et par les échanges avec la Chine.
Au fil du temps, le bouddhisme s’est adapté aux traditions locales et s’est intégré progressivement à la société vietnamienne. Cette longue évolution explique pourquoi le bouddhisme vietnamien possède aujourd’hui des pratiques et des formes particulières, différentes de celles que l’on peut observer dans d’autres pays d’Asie.
Pour les voyageurs, cet héritage ancien est encore visible dans les nombreuses pagodes, statues de Bouddha, fêtes religieuses et sites historiques du pays.
L’âge d’or sous les dynasties Lý et Trần
Le bouddhisme connaît son véritable âge d’or sous les dynasties Lý et Trần, entre le XIe et le XIVe siècle. Pendant cette période, il occupe une place importante dans la vie politique, culturelle et spirituelle du royaume.
De nombreuses pagodes sont alors construites ou agrandies, et les souverains soutiennent activement les communautés bouddhistes. Le bouddhisme devient également une source d’inspiration pour l’art, l’architecture et la pensée vietnamienne.
Sous la dynastie Trần apparaît notamment l’école Trúc Lâm, une tradition de méditation bouddhiste propre au Vietnam. Plusieurs sites liés à cette école peuvent encore être visités aujourd’hui.
Les principales traditions bouddhiques au Vietnam
Le bouddhisme au Vietnam rassemble plusieurs traditions. La plus répandue est le bouddhisme Mahayana, ou Bắc tông, tandis que le bouddhisme Theravada, appelé Nam tông, est surtout présent dans le sud du pays, notamment au sein des communautés khmères.
Le Vietnam possède également sa propre tradition de méditation bouddhiste, le Thiền. Le bouddhisme vietnamien se caractérise surtout par la coexistence de plusieurs traditions et par son adaptation à la culture locale.
Le bouddhisme Mahayana
Le bouddhisme Mahayana, ou « Grand Véhicule », est la tradition bouddhiste dominante au Vietnam. Développé sous de fortes influences venues de Chine, il accorde une place importante aux Bouddhas et aux bodhisattvas.
Dans de nombreuses pagodes vietnamiennes, les voyageurs peuvent notamment voir des représentations de Quan Âm, la bodhisattva de la compassion, très vénérée dans le pays. Prières, récitation de textes bouddhiques, offrandes et méditation peuvent faire partie des pratiques, selon les pagodes et les traditions suivies.
Le bouddhisme Theravada
Le bouddhisme Theravada, ou « tradition des Anciens », est moins répandu à l’échelle nationale. Il est surtout présent dans le sud du Vietnam et occupe une place particulièrement importante dans la culture des communautés khmères du delta du Mékong.
Dans des provinces du Sud, les pagodes khmères sont à la fois des lieux religieux et des centres importants de la vie communautaire. Leur architecture et leurs cérémonies présentent souvent des similitudes avec celles que l’on rencontre au Cambodge et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est.
Le bouddhisme méditatif Thiền
Le Thiền est la tradition vietnamienne du bouddhisme méditatif, historiquement liée au Chan chinois. La méditation y tient une place centrale, avec l’idée d’approfondir directement la compréhension des enseignements bouddhistes.
L’école la plus emblématique est le Thien Truc Lam, fondé à la fin du XIIIe siècle par l’empereur Trân Nhân Tông. Cette tradition, profondément liée à l’histoire vietnamienne, est encore vivante aujourd’hui dans plusieurs monastères et centres de méditation du pays.
Le bouddhisme zen vietnamien Thiền a été relancé notamment par le maître Thich Thanh Tu. Une pagode Mahayana de Hanoï, un monastère Thiên du centre du pays et une pagode Theravada khmère du delta du Mékong peuvent offrir des architectures, des rites et des ambiances très différents.
Les croyances qui donnent un sens aux cérémonies
Le karma et la renaissance
Le karma repose sur l’idée que les actions, les paroles et les intentions ont des conséquences. Dans la pensée bouddhiste, les actes bénéfiques créent des conditions favorables, tandis que les actes nuisibles peuvent entraîner des conséquences négatives.
Le karma est étroitement lié au cycle des renaissances. L’objectif ultime du bouddhisme n’est toutefois pas d’obtenir une meilleure renaissance, mais de se libérer de ce cycle et d’atteindre l’éveil.
La compassion et les bonnes actions
La compassion est l’une des valeurs fondamentales du bouddhisme. Elle invite notamment à éviter de faire souffrir les êtres vivants, à aider les autres et à cultiver la générosité.
Au Vietnam, cet idéal peut également se retrouver dans les activités sociales et caritatives organisées par certaines pagodes et communautés bouddhistes.
Les offrandes et le mérite
Les offrandes sont un geste de respect et de dévotion plutôt qu’un moyen d’obtenir des faveurs. Lors d’une visite dans une pagode vietnamienne, il est courant de voir des fidèles offrir des fleurs, des fruits ou de l’encens.
Ces gestes peuvent exprimer le respect, la gratitude et la dévotion. Les dons, la générosité et les bonnes actions sont également associés à la notion de mérite dans le bouddhisme.
Dans la tradition bouddhiste, ces gestes expriment avant tout le respect et la dévotion ; brûler davantage d’encens n’est pas considéré comme une manière d’obtenir davantage de faveur spirituelle.
Bouddha et Quan Âm
Les pagodes du Vietnam abritent différentes représentations de Bouddha et de bodhisattvas. Parmi les plus populaires figure Quan Âm, nom vietnamien d’Avalokiteśvara, le bodhisattva associé à la compassion.
Au Vietnam, Quan Âm est souvent représenté sous une forme féminine et occupe une place importante dans la dévotion populaire. Ses statues sont faciles à reconnaître dans de nombreuses pagodes et permettent aux voyageurs de mieux comprendre l’importance de la compassion dans le bouddhisme vietnamien.
Les pratiques quotidiennes dans les pagodes
Au Vietnam, la pratique bouddhiste se vit de différentes façons. Tous les Vietnamiens ne sont pas bouddhistes pratiquants, mais les pagodes occupent une place importante dans la vie spirituelle et culturelle du pays.
Beaucoup de personnes s’y rendent notamment les jours de pleine lune et le premier jour du mois lunaire, lors de certaines fêtes religieuses ou à des moments importants de leur vie.
Prières, prosternations et offrandes
Se rendre à la pagode pour prier et faire des offrandes fait partie du quotidien de nombreux fidèles. Dans une pagode vietnamienne, les fidèles viennent se recueillir, rendre hommage au Bouddha ou participer à des cérémonies.
Certains prient pour la paix intérieure, la santé ou le bien-être de leur famille. L’encens est très présent dans ces moments de recueillement. Les visiteurs peuvent également voir des offrandes de fleurs, de fruits ou d’autres présents.
La méditation fait également partie de la pratique bouddhiste, en particulier dans certaines écoles comme le Thiền. Toutefois, pour un voyageur visitant une pagode ordinaire, les prières, les prosternations et les offrandes sont souvent plus visibles que la méditation elle-même.
Le végétarisme
Le végétarisme bouddhiste est également présent au Vietnam. Les moines et les fidèles ne suivent pas tous les mêmes pratiques, mais de nombreux bouddhistes choisissent de manger végétarien certains jours du calendrier lunaire, notamment le premier et le quinzième jour du mois.
Cette tradition explique en partie la présence de nombreux restaurants et repas végétariens, appelés cơm chay, autour des pagodes et dans les villes vietnamiennes. Pour les voyageurs, goûter à cette cuisine constitue aussi une façon simple de découvrir un aspect de la culture bouddhiste du pays.
Le Têt et les visites de pagodes
Le Têt, le Nouvel An lunaire vietnamien, est l’un des moments où les pagodes sont particulièrement animées. Au début de l’année, de nombreux Vietnamiens s’y rendent pour brûler de l’encens, rendre hommage au Bouddha et souhaiter santé, paix et bonheur à leur famille.
La visite des pagodes au début du printemps est à la fois une pratique spirituelle et une tradition culturelle profondément ancrée au Vietnam. Pendant le Têt, les pagodes vietnamiennes se parent de fleurs et accueillent de nombreux fidèles.
Les premiers jours du nouvel an lunaire sont parmi les plus fréquentés dans les grandes pagodes. Les grandes pagodes peuvent cependant être très fréquentées, notamment durant les premiers jours de la nouvelle année lunaire.

Le Vesak ou Phật Đản
Le Vesak, également appelé Wesak ou Buddha Purnima, commémore trois moments fondateurs de la vie de Siddhartha Gautama : sa naissance, son éveil spirituel et son entrée dans le parinirvana.
Au Vietnam, le Vesak est surtout associé à Phật Đản, c’est-à-dire la naissance du Bouddha Shakyamuni. C’est pourquoi on parle souvent de la fête de la naissance du Bouddha, même si le terme Vesak porte une signification plus large à l’échelle internationale.
La fête de Phat Dan, souvent associée à Vesak, est l’une des principales célébrations bouddhistes au Vietnam. Elle a lieu autour du 15e jour du quatrième mois lunaire.
La Fête du Bouddha au Vietnam est aujourd’hui célébrée sous la forme d’une « semaine du Vesak », qui se déroule du 8 au 15 du quatrième mois lunaire. Le jour principal de la fête correspond à la pleine lune, le 15/4 du calendrier lunaire, généralement situé entre avril et mai selon le calendrier grégorien.
Les préparatifs et les décorations
Chaque année, entre le 8e jour et la pleine lune du quatrième mois lunaire, de nombreuses pagodes au Vietnam s’illuminent de drapeaux bouddhiques, de lanternes, de fleurs de lotus et de bougies.
Pendant le Vesak, les pagodes vietnamiennes se parent de drapeaux bouddhistes, de lanternes colorées, de fleurs de lotus et de décorations solennelles. Des estrades cérémonielles sont installées pour accueillir prières, discours et célébrations officielles.
Au Vietnam, le Vesak est célébré avec solennité dans les pagodes, les monastères et les communautés bouddhistes du pays. Pendant cette période, les temples sont décorés de fleurs, de drapeaux bouddhiques, de lanternes colorées et d’autels dédiés au Bouddha nouveau-né.
Les rites du Vesak
À cette occasion, les pagodes organisent des cérémonies, des prières et diverses activités religieuses. Certaines sont décorées de lanternes, de fleurs et de drapeaux bouddhistes, tandis que de nombreux fidèles viennent se recueillir et participer aux célébrations.
- Cérémonies sacrées : bain rituel du Bouddha avec de l’eau parfumée, offrandes d’encens et de fleurs, récitation de sutras et prières en hommage à la naissance de Bouddha.
- Défilés de chars fleuris : processions de chars décorés véhiculant des messages de paix, de compassion et d’harmonie, parcourant les rues des villes.
- Rituels de libération : lâchers d’oiseaux ou de poissons, exprimant la bienveillance et le respect de toute forme de vie.
- Actions sociales et caritatives : distributions de repas végétariens, dons aux personnes défavorisées, consultations médicales gratuites et initiatives solidaires organisées par les pagodes et les associations bouddhiques.
Dans certaines villes et provinces, des processions, des chars fleuris, des cérémonies aux bougies, des lâchers de lanternes et des programmes culturels bouddhiques sont également organisés.
Ces pratiques confèrent au Vesak une dimension à la fois spirituelle, communautaire et profondément humaniste. Plus qu’une cérémonie religieuse, le Vesak au Vietnam est un moment de recueillement, de compassion et de paix.
Le bain rituel du Bouddha
L’un des rites les plus importants du Vesak est le bain du Bouddha. Les fidèles versent respectueusement de l’eau parfumée sur la statue du Bouddha nouveau-né.
Ce geste symbolique rappelle la naissance du Bouddha, mais il porte aussi une signification intérieure très forte. Les fidèles s’avancent tour à tour avec respect pour verser l’eau sur la statue du Bouddha enfant.
Dans la tradition bouddhique, le bain du Bouddha représente la purification de l’esprit. Il invite chacun à laisser partir les pensées négatives, les colères, les attachements et les habitudes qui troublent le cœur.
Ce rituel rappelle que la vraie célébration du Vesak ne se limite pas aux gestes extérieurs, mais commence par une transformation intérieure.

La dimension sociale du Vesak
Le Vesak au Vietnam est aussi une période marquée par de nombreuses actions de solidarité. Beaucoup de fidèles choisissent de manger végétarien, de faire des dons, de distribuer des repas gratuits, de soutenir les personnes en difficulté ou de participer à des programmes caritatifs organisés par les pagodes.
Ces gestes traduisent l’esprit même du Vesak : faire grandir la compassion dans la vie quotidienne. Une parole plus douce, un regard plus bienveillant, un geste d’aide ou une attitude plus tolérante peuvent devenir une manière simple mais sincère de célébrer cette fête.
Les principales fêtes bouddhiques
Les fêtes bouddhistes au Vietnam sont de belles occasions de découvrir la vie spirituelle du pays. Les pagodes accueillent davantage de fidèles, les cérémonies se multiplient et l’atmosphère devient particulièrement animée.
Phat Dan, la fête de la naissance de Bouddha
La fête de Phat Dan est l’une des grandes célébrations bouddhistes du calendrier vietnamien. Elle est consacrée à la naissance de Bouddha et se déroule autour de la pleine lune du quatrième mois lunaire.
Pour les voyageurs, Phat Dan est une période particulièrement intéressante pour visiter une pagode et observer la vie religieuse vietnamienne dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse.
Vu Lan, la fête de la piété filiale
Vu Lan est liée à la piété filiale et au souvenir des parents et des ancêtres. Offrandes et prières rythment la fête de Vu Lan, dédiée à la mémoire des parents et des ancêtres.
Cette célébration rappelle que le bouddhisme vietnamien ne se sépare pas toujours des valeurs familiales, du respect des aînés et du culte des ancêtres.
Les cérémonies funéraires et commémoratives
Les cultures des pays d’Asie de l’Est vouent un grand respect aux défunts, qu’il s’agisse de la Chine, du Japon, de la Corée du sud et encore particulièrement la culture vietnamienne.
Le Vietnam a été fortement influencé par la Chine. Lorsque la culture chinoise a été introduite au Vietnam, les cérémonies [néo-confucéennes] étaient principalement utilisées pour renforcer la culture nationale.
En tant que bouddhistes, nous ne nous opposons jamais à cette tendance, mais nous ajoutons du contenu bouddhiste vietnamien aux cérémonies. C’est ce qu’a toujours fait le bouddhisme [s’intégrer dans la culture locale], tout comme le Bouddha.
Les premiers rites après le décès
Après le décès d’une personne laïque, nous organisons d’abord la cérémonie de purification. Elle consiste à nettoyer le cercueil, chanter des prières et asperger de l’eau pour la purification.
Vient ensuite la cérémonie de clôture du cercueil : le cadavre est déposé dans le cercueil, avec grand soin et dans le respect du corps. Différents objets précieux sont aussi disposés dans le cercueil, et parfois des vêtements et effets personnels.
Dans la pratique bouddhiste, nous avons la cérémonie d’ouverture des ‘Écritures’, au cours de laquelle nous rendons hommage à Bouddha, lui demandant l’autorisation d’entamer le chant des Écritures pour la prière.
Vient ensuite la cérémonie de retour de l’âme [invitant l’âme à revenir] ; quand une personne meurt, ses trois âmes [三魂] et ses sept esprits [七魄] sont partis, nous les invitons donc à revenir.
Les hommages, les offrandes et les funérailles
C’est alors qu’intervient la cérémonie d’hommage pour honorer le défunt. Les jours suivants, nous préparons des offrandes de repas au quotidien.
Arrive ensuite la Cérémonie matinale, avant le jour des funérailles. C’est en cette matinée que nous offrons un repas à l’esprit qui s’en est allé et que nous lui annonçons que nous l’escorterons le lendemain.
Le jour de la Cérémonie du Matin, nous invitons également l’esprit du défunt à rendre hommage aux grands-parents, aux ancêtres. En tant que descendant, le défunt s’apprête à entrer dans la lignée des ancêtres qui l’ont précédé.
L’après-midi suivant est consacré à la cérémonie de Requiem, elle-même suivie d’une cérémonie du soir. La particularité de la cérémonie du soir est que tous les descendants sont présents pour une offrande conjointe.
Un peu à l’instar de parents qui, partant loin, reçoivent visite et cadeaux de leurs enfants en guise d’adieu. Les funérailles ont lieu le jour suivant, avec la Cérémonie de Départ, qui consiste à informer l’esprit du défunt que ce jour est celui où nous pouvons l’escorter tout au long de son chemin.
La purification de la tombe et le retour à la maison
Lors de l’escorte du défunt, les laïcs peuvent participer à une cérémonie de clôture du cercueil. Vient ensuite la cérémonie de purification de la tombe, au cours de laquelle les moines se lèvent pour purifier la tombe avant de descendre le cercueil dans le lieu de sépulture.
Dans le cas de Thầy, nous avons incinéré son corps au lieu de l’enterrer, ce qui est encore une procédure inhabituelle au Vietnam.
En rentrant à la maison, nous organisons la cérémonie du ‘retour de l’âme’. Nous ramenons l’esprit du défunt à la maison et nous l’installons sur l’autel.
On considère que le brûleur d’encens est le lieu où habite l’esprit du défunt, c’est pourquoi nous avons installé un brûleur d’encens sur l’autel. Nous terminons par la cérémonie de clôture, qui consiste à chanter les écritures et à rendre hommage à Bouddha.
Les commémorations après les funérailles
Après les funérailles et l’enterrement (ou la crémation), la plaque commémorative du défunt est placée sur l’autel des ancêtres au cours d’une cérémonie appelée An Vị Bát Hương.
Une image du défunt est placée sur l’autel et de l’encens est offert. Ensuite, on compte la première semaine (depuis le jour du décès jusqu’au septième jour). Ce cycle se répète chaque semaine.
Au cours des sept semaines qui suivent l’enterrement, il y a sept étapes au cours desquelles nous chantons des soutras au quotidien, accomplissons de bonnes actions et prions pour la personne décédée.
Chaque semaine a pour objectif de permettre aux descendants de se souvenir de leurs ancêtres. Les descendants se réunissent pour pratiquer ou cultiver le souhait de prier.
Le centième jour après le décès s’appelle la ‘huitième étape’ ; ensuite, le premier anniversaire est la neuvième étape et le deuxième anniversaire est la dixième étape.
Le premier anniversaire a lieu exactement douze mois après le décès. Le deuxième anniversaire est la grande cérémonie commémorative qui a lieu vingt-quatre mois après le décès. Après cette date, les commémorations sont annuelles.
La signification des étapes commémoratives
Selon la culture chinoise, une personne décédée doit passer par dix étapes, appelées les ‘dix Cours de l’Enfer’, où elle est jugée par un ‘Tribunal’.
Dans le bouddhisme, nos ancêtres acceptent toujours le concept des dix tribunaux issus des croyances populaires, mais ils les utilisent pour donner un sens et un contenu à dix cérémonies.
Le principe des dix cours est toujours d’actualité, mais nous y ajoutons un contenu et une signification. Que ce soit sur le chemin spirituel ou dans le monde, nous dirigeons notre esprit vers nos proches.
Dans le Soutra de la bonne naissance [le Siṅgāla Sutta dans le canon pali], le Bouddha demande à ‘Bonne Naissance’ le nombre de directions devant lesquelles il s’incline chaque jour et le but de ses prosternations.
Chaque prosternation a donc une signification, et la prosternation devient complète. Chaque semaine a pour objectif de permettre aux descendants de se souvenir de leurs ancêtres.
La grande cérémonie commémorative
Habituellement, on considère qu’après la grande cérémonie commémorative, Thầy n’est plus. Avant cela, nous pensons que Thầy est toujours là.
Pendant les deux années qui ont suivi le décès de Thầy, celui qui se préparait à devenir abbé n’était considéré que comme un superviseur du temple, c’est-à-dire qu’il se contentait de surveiller et de gérer le temple !
La signification de la grande cérémonie commémorative est la même ! C’est le moment de la séparation entre maître et élève ; tous les disciples, enfants et petits-enfants se retrouvent à la maison.
Une fois la grande cérémonie commémorative terminée, seules des cérémonies d’anniversaire sont organisées.
Les formes régionales des cérémonies
Lorsque la cérémonie se déroule en deux lignes, il s’agit d’une formalité cérémonielle, influencée par des rituels anciens. Le fait de marcher sur deux lignes représente la solennité.
Les funérailles à Huế sont les plus élaborées. Dans le Sud, les funérailles sont accompagnées de musique, de chants, d’alcool et de nourriture, en fonction des coutumes de la région.
Les cérémonies de Thầy sont influencées par la culture de la cour royale, la culture des temples et les inscriptions des temples. Il y a une procession cérémonielle, marchant en deux lignes, faisant preuve de respect et de solennité.
Les lieux où observer des cérémonies bouddhiques
Aujourd’hui, il reste très présent dans la vie culturelle et spirituelle du pays. Les voyageurs peuvent le découvrir dans les grandes pagodes du Vietnam, mais aussi dans de petits lieux de culte fréquentés quotidiennement par les habitants.
À Hanoï, Hué, Ninh Binh ou dans le delta du Mékong, il est courant de voir des fidèles brûler de l’encens, déposer des offrandes ou se recueillir.
Hanoï
La capitale Hanoi possède de nombreuses pagodes anciennes, comme la pagode Trấn Quốc, la pagode Quán Sứ ou la pagode Một Cột. Pendant le Vesak, elles sont souvent décorées de drapeaux bouddhiques, de fleurs de lotus et de lanternes.
Les voyageurs peuvent y observer les fidèles venir prier, offrir de l’encens, écouter les chants religieux ou participer à une cérémonie du bain du Bouddha.
Ninh Bình
Ninh Binh est une belle destination pour associer nature et spiritualité. La pagode Bái Đính, l’un des plus grands complexes bouddhiques du Vietnam, accueille de nombreux fidèles pendant les grandes fêtes.
La pagode Bích Động, nichée dans un paysage de montagnes calcaires, offre une atmosphère plus calme et poétique. Pendant le Vesak, visiter ces lieux permet de découvrir les rites bouddhiques dans un cadre naturel très impressionnant.
Huế
Ancienne capitale impériale, Hué est l’un des meilleurs endroits pour ressentir la dimension spirituelle du Vesak. Des pagodes comme Thien Mu, Từ Hiếu ou Diệu Đế jouent un rôle important dans la vie religieuse locale.
Pendant cette période, la ville peut être animée par des cérémonies, des lanternes, des processions, des prières collectives et des repas végétariens. L’atmosphère y est particulièrement solennelle et profondément culturelle.
Hội An
À Hoi An, le Vesak prend une couleur plus douce et intimiste. La vieille ville, déjà connue pour ses lanternes, devient encore plus lumineuse autour des pagodes et des lieux de culte.
Les voyageurs peuvent visiter la pagode Pháp Bảo ou les petits temples du centre ancien, observer les offrandes, les prières et parfois des activités communautaires.
Hô Chi Minh-Ville
Dans le sud, Hô Chi Minh-Ville accueille de grandes célébrations dans plusieurs pagodes importantes, comme Việt Nam Quốc Tự, Vĩnh Nghiêm ou Giác Lâm.
On peut y voir des cérémonies plus fréquentées, avec de nombreux fidèles, des décorations colorées, des chants religieux, des offrandes et des distributions de repas végétariens.
Đà Nẵng
À Da Nang, le Vesak peut être associé à la visite de la pagode Linh Ứng, sur la péninsule de Sơn Trà, connue pour sa grande statue de la déesse de la Compassion tournée vers la mer.
Pendant cette période, les pagodes de la ville sont décorées et accueillent des cérémonies religieuses. C’est une étape intéressante pour mêler spiritualité, vues sur la mer et ambiance paisible.
Le respect des lieux et des cérémonies
Il est recommandé de porter des tenues respectueuses lors des visites de pagodes. Une attitude discrète et silencieuse est essentielle pendant les cérémonies.
Certaines pagodes pouvant être très fréquentées, il est préférable de se renseigner à l’avance sur les horaires. Pour les voyageurs, assister au Vesak au Vietnam ne signifie pas seulement visiter une pagode.
C’est aussi observer les gestes de dévotion, comprendre la place du bouddhisme dans la vie quotidienne et découvrir une tradition locale dans un cadre souvent très beau, entre villes anciennes, montagnes, rivières et temples illuminés.
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Le bouddhisme vietnamien se caractérise surtout par la coexistence de plusieurs traditions et par son adaptation à la culture locale. Au fil des siècles, il s’est développé aux côtés du confucianisme, du taoïsme, du culte des ancêtres et de différentes croyances populaires.
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