Les cérémonies organisées au camp de Gurs rendent hommage aux dizaines de milliers de personnes internées entre 1939 et 1945, parmi lesquelles des républicains espagnols, des volontaires des Brigades internationales, des opposants politiques, des réfugiés, des Juifs allemands et des prisonniers de guerre. Elles rappellent le passage de l’enfermement administratif de la IIIe République, organisé par le régime de Vichy, à la déportation de 3 907 hommes, femmes et enfants.
Le camp de Gurs est aujourd’hui un lieu de recueillement, de réflexion et de transmission. Les commémorations y relient l’histoire de la guerre d’Espagne, de l’Occupation, de la collaboration et de la Shoah, afin de rappeler que la négation des droits humains mène à la barbarie et que les valeurs démocratiques demeurent fragiles.

Un lieu de mémoire marqué par une histoire européenne
L’ancien camp d’internement de Gurs, actif entre 1939 et 1945, est le plus grand camp d’internement du sud de la France. Pendant ces années sombres, plus de 60 000 personnes y ont été détenues : combattants républicains espagnols, opposants politiques, réfugiés, « indésirables », Juifs allemands, prisonniers de guerre, puis collaborateurs.
Situé dans les Basses-Pyrénées - aujourd’hui les Pyrénées-Atlantiques - le camp de Gurs, est ouvert au printemps 1939. Il fonctionne jusqu’en 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale sous l’autorité de l’administration française. Plus de 60 000 personnes de 52 nationalités y sont internées, dans un camp entouré de 250 kilomètres de barbelés.
Seul site en Aquitaine dans ce cas, une partie de l'Histoire d'Europe y est inscrite, de la Guerre d'Espagne à la IIe Guerre Mondiale, de Guernica à Auschwitz. Les mémoires de Gurs sont plurielles et convergentes. La chronologie les distingue, mais ne doit pas les diviser ou les séparer : l'histoire les unit.
C'est donc une page de l'histoire européenne qui se lit ici, de la guerre d'Espagne aux heures sombres de l'Occupation. Comme un écho de l'histoire mondiale qui résonne encore de nos jours aux confins du Béarn.
Les principales étapes de l’histoire du camp
Construit en 42 jours entre avril et mai 1939, le camp de Gurs occupe une surface de 2 kilomètres de long sur 400 mètres de large. Il est composé de 13 îlots de baraquements pour une capacité de 18 000 internés qui est souvent dépassée.
Les Espagnols et les volontaires des Brigades Internationales sont les premiers à subir les conséquences de cette politique d'exclusion que le camp de Gurs incarne et concrétise. D'autres suivent. Les « Indésirables » de la IIIe République et les opposants politiques aux premières heures du régime de Vichy.
Puis les populations juives, déportées du Sud-Ouest de l'Allemagne notamment. Gurs devient alors l’antichambre de la mort, étape sur un trajet mortifère vers les camps de concentration et d'extermination à l’Est de l’Europe.
À la Libération, quelques prisonniers de guerre et des collaborateurs peuplent pour un temps les baraques, ainsi que des guérilleros de retour de l’opération du Val d’Aran. En 1945, à la Libération, le camp de Gurs est entièrement démantelé.
Les baraques et hangars sont détruits ou vendus. Une forêt est plantée en lieu et place des anciennes installations. À la suite de cette disparition matérielle, le parcours mémoriel, le cimetière et les monuments permettent de conserver la trace de l’histoire du camp.
Les conditions de vie et la déportation
Tous les internés font le même chemin. Arrivés en train à la gare d'Oloron Sainte-Marie, les futurs internés sont amenés en camion jusqu'au camp de Gurs. Là, les conditions de vie sont terribles.
La boue, omniprésente sur la lande marécageuse. La faim et les maladies, conditions de vie misérables. Les puces, les poux, les punaises et les rats comme compagnons de chambrée, avec les 59 autres internés qui étaient parqués ensemble dans une seule baraque, alignés sur les paillasses, à même le sol.
Entre 1942 et 1943, près de 4 000 internés furent déportés à Auschwitz via Drancy. Les 3 907 déportés directement à Auschwitz et Maïdanek inscrivent le camp de Gurs dans la mécanique meurtrière et implacable de la Shoah.
À partir d’octobre 1940, 6 500 juifs allemands expulsés de Bade et du Palatinat y furent envoyés. Plus d’un millier périt durant l’hiver. Les survivants furent déportés, via Drancy, vers les camps d’extermination à partir d’août 1942 ; un millier n’en reviendra pas.
Du 6 août 1942 au 3 mars 1943, six convois ont expédié près de 4000 internés juifs vers Drancy, ultime étape avant Auschwitz-Birkenau où ils furent presque tous exterminés. Au total, près de 60 000 personnes furent détenues à Gurs et environ un millier y moururent.
Les 1073 tombes, certaines de nouveau-nés, témoignent de l'horreur des conditions de vie du camp. Mais le camp de Gurs, ce sont aussi 50 naissances.
| Élément de l’histoire du camp | Donnée |
|---|---|
| Période de fonctionnement | 1939-1945 |
| Personnes internées | Plus de 60 000 |
| Nationalités représentées | 52 |
| Déportés | 3 907 |
| Tombes du cimetière | 1073 |
| Naissances dans le camp | 50 |
| Convois vers Drancy | six |
Les cérémonies organisées chaque année
Cinq cérémonies sont organisées chaque année sur le site : Début avril : Journée des républicains espagnols, organisée par l’association Terres de Mémoires et de Luttes en lien avec la municipalité de Gurs.
Dernier dimanche d’avril : Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, organisée par la municipalité de Gurs en lien avec l’Etat, Le 16 juillet si c’est un dimanche ou le dimanche suivant : Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux "Justes" de France, organisée par la municipalité de Gurs en lien avec l’Etat, Mi-octobre : cérémonie commémorant la déportation au Camp de Gurs, organisée par la municipalité de Gurs en lien avec le consulat général de la république fédérale d’Allemagne à Bordeaux.
Cela est rappelé au cours des deux cérémonies qui se déroulent à son Mémorial National : Souvenir des Déportés, fin avril, et Journées contre le racisme et l'antisémitisme, mi-juillet, en présence des Autorités françaises, allemandes et espagnoles.
La diversité des cérémonies correspond à la pluralité des groupes passés par le camp. La Journée des républicains espagnols insiste sur l’exil, la guerre d’Espagne et l’internement des combattants républicains, tandis que les cérémonies nationales rendent hommage aux victimes de la déportation, des persécutions racistes et de l’antisémitisme.
La Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation
Le camp de Gurs a organisé une commémoration à l'occasion de la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation, ce dimanche 29 avril. Dans le but, toujours, que l'histoire douloureuse du camp ne tombe pas dans l'oubli.
L'amicale du camp de Gurs, l'association Terre de mémoires et de luttes et les élus locaux se sont rassemblés ce dimanche 29 avril au camp de Gurs, près de Navarrenx, pour rendre hommage aux victimes de la déportation.
La cérémonie a été ponctuée de chants émouvants interprétés par la chorale Les Voix de Gurs. Dans son allocution, le maire Stéphane Mars a retracé l’histoire du camp, construit en 1939 pour accueillir les réfugiés espagnols et les combattants républicains, soit près de 24 000 personnes internées dans des conditions extrêmement difficiles.
Après la déclaration de guerre, ils furent remplacés par les « indésirables » : ressortissants de pays ennemis et opposants politiques. À partir d’octobre 1940, 6 500 juifs allemands expulsés de Bade et du Palatinat y furent envoyés.
Le maire a insisté sur la nécessité de ne pas oublier les 60 000 femmes, hommes et enfants passés par Gurs, et de rendre hommage aux « héros anonymes qui ont tenté de sauver, soigner, témoigner ».
La chorale Les Voix de Gurs a interprété le « Chant des partisans juifs » avant la lecture du message national rédigé par les associations de déportés*. Celui-ci rappelait la réalité des camps nazis : mort par le gaz, travail forcé, faim, sévices, expériences pseudo-médicales, sans oublier les terribles Marches de la mort.
Les choristes ont ensuite interprété le « Chant d’espoir » et la « Complainte des partisans ». Derrière les porte-drapeaux, le cortège s’est rendu à la stèle de la déportation pour le dépôt de gerbes, une minute de silence et La Marseillaise.
Les autorités ont ensuite salué les porte-drapeaux et les membres de la chorale. Après la cérémonie républicaine, les participants se rendaient au cimetière pour rendre hommage et se recueillir devant la stèle des internés espagnols, puis celle des internés juifs.
Parmi les autorités : Nathalie Vitrat, sous préfète, pour sa première cérémonie officielle au camp ; le sénateur Max Brisson ; des maires et élus du territoire ; Maxime Saint Germe (ONaCVG) ; André Laufer, président de l’Amicale du camp ; Claude Laharie, historien ; Rabbin Klelifa, Mylène Lacoste et Raymond Villalba (Terres de Mémoire (s) et de Luttes).
La cérémonie de la Journée des internés
Dans le cadre des commémorations de l'ouverture du camp de Gurs, un hommage est organisé en l'honneur des internés du camps de Gurs : les Républicains espagnols et les Brigadistes internationaux.
Il s'aqira également d'un hommage à tous les autres internés, victimes des fascismes : indésirables, Juifs, Politiques, Tziganes, etc.
Dimanche 12 avril 2026 - Programme 9h30 : regroupement au bâtiment d'accueil du camp de Gurs 10h : cérémonie 11h30 : Hommage floral au cimetière du camp, au Monument des Espagnols et au Monument des Juifs 12h : Hommage floral sur le site des Monuments Basques, Navarrais et Portugais
Le souvenir des déportés et l’hommage aux victimes du racisme
Compte-tenu de ce passé douloureux, rappelé sur place par 1073 tombes, la motivation profonde des membres de l'Amicale est de faire connaître l'Histoire de ce camp, de faciliter le travail de mémoire et surtout de rappeler aux jeunes générations et aux adultes que les valeurs démocratiques sont fragiles et qu'il convient de les préserver sans cesse.
La Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français associe le souvenir des victimes à l’hommage rendu aux « Justes » de France. Elle rappelle la responsabilité de l’administration française dans l’internement et la persécution, ainsi que les actes de celles et ceux qui ont tenté de sauver, soigner ou protéger.
La disparition progressive des derniers témoins impose que cette mémoire demeure « un rempart contre l’ignorance, l’oppression et l’antisémitisme » et qu’elle soit reconnue comme un élément du patrimoine immatériel de l’humanité.
La cérémonie de mi-octobre consacrée à la déportation
La cérémonie de mi-octobre commémore la déportation au camp de Gurs. Elle est organisée par la municipalité de Gurs en lien avec le consulat général de la république fédérale d’Allemagne à Bordeaux.
Cette présence allemande rappelle le sort des Juifs expulsés des Länder de Bade, du Palatinat et de la Sarre en octobre 1940 vers Gurs, avant la décision de la solution finale.
Le cimetière du camp rassemble plus d'un millier de tombes des internés morts au camp de Gurs entre 1939 et 1943. Restauré en 1961 par les villes et le Consistoire israélite du Land de Bade, il comporte deux stèles : l'une en hommage aux Espagnols et Brigadistes et l'autre dédiée à la mémoire des Juifs, pour la plupart expulsés par les nazis des Länder de Bade, du Palatinat et de la Sarre en octobre 1940 vers Gurs, avant la décision de la solution finale.
Le mémorial national et le parcours de recueillement
En 1994 a été inauguré le mémorial national du camp d'internement de Gurs. L'artiste israélien Dani Karavan l'a conçu comme un parcours de réflexion en trois temps sur l'internement dans les camps français pendant l’Occupation.
Le Mémorial, inauguré solennellement le 14 octobre 1994 par le ministre des anciens combattants Philippe Mestre, est conçu par l'artiste israélien Dani Karavan comme un cheminement invitant à la réflexion sur la déportation.
À l'extrémité de la route centrale du camp, la charpente d'une baraque rappelle au visiteur les rudes conditions de vie des internés, entassés à plus de soixante dans ces étroits bâtiments.
Une voie ferrée longue de 180 mètres part de cette baraque pour symboliser l'ultime voyage vers les camps de la mort, dernière destination de nombreux internés Gursiens. À l'entrée du camp, les rails viennent s'échouer sur une dalle de béton entourée de barbelés représentant les camps de concentration et d'extermination nazis.

Les lieux visités pendant les commémorations
Inscrit dans le réseau des lieux de mémoire de la Shoah, le site du camp de Gurs est ouvert à la visite. Et si peu de traces originelles subsistent, un parcours mémoriel rend hommage aux internés comme il commémore les horreurs de l’internement et de la déportation.
La route centrale du camp et les chemins adjacents relient l'ancienne entrée du camp située sur la route de Mauléon et le cimetière, la route du camp s'étend sur près de deux kilomètres, parallèlement à la D 936.
L’allée des internés, monumentale installation dont la sobriété des formes n’a d’égal que le poids des mémoires qu’elle honore, rend un vibrant hommage à tous les internés.
Au milieu des arbres et des fourrés qui recouvrent désormais le site, le visiteur peut également découvrir la restitution d’une baraque réalisée en 2007 par des classes de Terminales du lycée professionnel des métiers du bâtiment de Gelos (64).
Le cimetière constitue un point essentiel du parcours. Les dépôts de gerbes et les temps de silence y sont suivis d’un recueillement devant les monuments dédiés aux internés espagnols et aux internés juifs.
Les cérémonies peuvent également inclure les monuments basques, navarrais et portugais, ainsi que les différents lieux qui rendent visibles les mémoires particulières des groupes internés.
La création et le rôle de l’Amicale du camp de Gurs
Fondée en 1980, l'Amicale du Camp de Gurs a vocation à regrouper tous les anciens internés, leurs familles, leurs amis et sympathisants. La caractéristique des membres de l'Amicale est une grande diversité de nationalités, de croyances, de couches sociales.
Leur motivation est la lutte contre la xénophobie, le racisme, l'antisémitisme et la répression politique. Dans ce qui fut le plus grand des camps français de 1939 à 1945, 60559 personnes ont été internées.
L'histoire de l'Amicale commence véritablement au printemps 1979, lorsque la MJC d'Oloron-Sainte-Marie, animée par Louis Tricoche et Pierre-Louis Giannerini, lance l'idée de célébrer solennellement le 40e anniversaire de la création du camp.
Ils obtiennent le soutien du maire Raymond Dieste et décident de donner une grande ampleur à la commémoration. Celle-ci prend en effet des formes multiples, inconnues jusqu'alors : publications spécifiques, exposition, soirées débats, présentation de films, dépôts de gerbes au cimetière du camp, etc…
Une dynamique est ainsi créée, des liens sont renoués entre les anciens internés et l'idée de constituer une Amicale naît presque naturellement à l'occasion de ces rencontres.
De fait, quelques mois après, le 25 septembre 1979, une première Amicale est créée sous le nom de l'Amicale des Anciens de Gurs. Elle rassemble des républicains espagnols, anciens internés de 1939, installés depuis lors dans la région et totalement intégrés à la population béarnaise.
L'existence de cette Amicale est cependant critiquée par d'autres anciens Gursiens, appartenant à d'autres catégories d'internés que les Espagnols, qui souhaitent constituer une association plus représentative de la variété de l'internement au camp.
C'est ainsi qu'il est décidé, au printemps 1980, de réunir un congrès rassemblant toutes les catégories d'anciens internés. Ce congrès constitutif de l'Amicale du camp de Gurs se tient le 21 juin 1980, au foyer rural de la commune de Gurs.
Une association fondée sur la pluralité des mémoires
Il rassemble une trentaine de personnalités venues de quatre horizons différents : des républicains espagnols, ceux-là mêmes, pour l'essentiel, qui avaient fondé l'Amicale précédente et qui acceptaient de se fondre dans la nouvelle.
Des juifs français et badois qui se réunissaient déjà chaque année au cimetière du camp, restauré à leurs frais en 1960. Des Français, internés en 1940 comme militants communistes, qui avaient fait pression dès le début pour constituer une Amicale unitaire.
Des personnalités françaises, plus ou moins directement impliquées dans la mémoire du camp, comme l'interbrigadiste François Mazou, François Guzman, les professeurs Louis Genevois, Barbara Vormeier et Claude Laharie, etc…
Le bureau élu par le congrès de 1980 à la tête de l'Amicale rassemble, autour de Léon Bérody, des représentants de toutes les composantes de l'histoire du camp.
Il s'efforce pendant vingt ans de maintenir l'équilibre entre ses trois familles principales, les Républicains espagnols, les juifs et les politiques français. Il se réunit deux fois par an à Paris et en Béarn, se dote d'un bulletin trimestriel Gurs souvenez-vous et participe à toutes les cérémonies du camp.
Il intervient publiquement et dénonce par des communiqués de presse, toute atteinte aux Droits de l'Homme en France et en Europe.
Il atteint l'un de ses objectifs majeurs lorsque, en 1994, le site de Gurs est choisi comme l'un des trois lieux de mémoire nationaux de l'histoire de Vichy, aux côtés de la Maison des enfants d'Izieu et du Vél'd'Hiv.
La transmission entre générations
La fatigue et la mort du président Léon Bérody, en 1999, conduisent l'Assemblée générale d'Oloron-Sainte-Marie à se doter, le 24 octobre 1999, d'une nouvelle équipe.
A cette occasion, l'Amicale parvient à prendre un virage que peu d'associations d'anciens combattants ont su négocier, celui du passage de la génération des acteurs de l'histoire du camp à la génération de ses enfants.
Le président honoraire, Emile Vallès, puis le président Raymond Villalba, sont fils de Gursiens espagnols, ils symbolisent cette transmission du relais.
Ils ont, en outre, immédiatement compris la nécessité de faire travailler en étroite corrélation les composantes espagnole et juive, comme le montre l'élection d'André Laufer tout d'abord au poste de trésorier, puis à celui de président depuis 2007.
Aujourd'hui, la stratégie de l'Amicale est double. D'une part, porter tout son effort sur le travail de mémoire. D'autre part, lutter inlassablement pour défendre les valeurs démocratiques et humanistes partout où nous les estimons menacées.
Les cérémonies comme travail pédagogique
Ce travail est essentiellement dirigé vers les scolaires et les étudiants : expositions, conférences, témoignages, projections, diffusion de plaquettes, édition de livre pédagogique leur sont destinés.
Notre objectif est d'imprégner la mémoire collective de la leçon à tirer du camp de Gurs : la négation des Droits Humains mène à la barbarie.
La place et le rôle des associations caritatives, œuvres de secours est essentiel lorsque l’on parle de la vie du camp, peut-être un peu plus encore quand on s’attache au vécu des femmes et des enfants.
Enfin, à Gurs comme dans les autres lieux concentrationnaires, il y a eu des milliers de créations artistiques, dessins, peintures ou partitions musicales qui illustrent toute la résistance dont ont su faire preuve celles et ceux à qui on avait alors tout enlevé, jusqu’à la dignité.
Ces témoignages nous rappellent la force de l'espoir qui anime celles et ceux qui ne se résignent pas. Au nom d'un idéal, pour un enfant, pour croire en un avenir meilleur.
Ils nous enseignent aussi combien la culture est importante. Celle qui crée de la beauté et de l'émotion. Celle qui réunit. Celle qui offre la possibilité d'aller vers l'autre pour le rencontrer, partager.
Les enjeux actuels de la mémoire
Une histoire douloureuse, encore taboue dans le Béarn, mais qui doit "sortir de l'oubli", martèle Raymond Villalba, conseiller municipal à la mairie d'Oloron.
Depuis des années il "bataille", pour transmettre l'histoire de ce camp. "Mes parents n'ont jamais voulu cacher les souffrances, l'enfermement qu'ils ont subi, les personnes qui meurent de froid, de peur, ou de maladie."
Depuis des années il n'a manqué aucune cérémonie. "Dans le contexte actuel, avec ce qu'il se passe en Ukraine, à Gaza, ce chaos qui revient de nouveau, il ne faut pas oublier et dire aux jeunes que la paix est fragile."
Pourtant, force est de constater que les jeunes sont les grands absents de cette cérémonie.
La présence de délégations politiques lors des cérémonies peut aussi susciter des débats sur le sens du recueillement et sur l’usage de la mémoire du camp.
La disparition progressive des derniers témoins impose que cette mémoire demeure « un rempart contre l’ignorance, l’oppression et l’antisémitisme » et qu’elle soit reconnue comme un élément du patrimoine immatériel de l’humanité.
Un futur lieu de dialogue et de transmission
Depuis plusieurs années, des acteurs associatifs locaux œuvrent avec dévouement pour entretenir la mémoire de ce lieu et lui conserver toute son essence et son sens profond, notamment pour les générations à venir.
Sous l’impulsion du pôle métropolitain du Pays de Béarn, et grâce au soutien des communautés de communes et des partenaires institutionnels, une nouvelle dynamique a été lancée permettant de faire de Gurs un lieu de recueillement, de réflexion et d’apprentissage.
Un nouveau site, offrira à la région un outil innovant de tourisme mémoriel, tout en préservant l’essence du site. Pour la première fois, l’ensemble des mémoires seront valorisées dans un même lieu, avec une approche sensible qui invite à la réflexion et à l’engagement personnel.
Ce lieu ne sera pas seulement un espace de mémoire, mais aussi un lieu vivant de dialogue et de transmission. L’ouverture au public est prévue en septembre 2029.
Dès 2026, des actions partenariales, éducatives et culturelles, seront déployées, accompagnant la réalisation des travaux.
Les ressources pédagogiques des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques sont destinées aux enseignants et peuvent accompagner la préparation d’une visite ou d’un travail scolaire consacré au camp.
Organiser une visite de groupe
Qui contacter pour organiser une visite de groupe ?
- Amicale du camp de Gurs
- Association Terre de Mémoires et de Luttes
- Office de Tourisme Béarn des Gaves : 05 59 38 00 33
Inaugurées en septembre 2007, ces installations accueillent le grand public et les scolaires. Les installations mémorielles permettent de mieux appréhender l’histoire du camp de Gurs, où furent d'abord internés des républicains espagnols et des réfugiés allemands ayant fui le nazisme.
Par la suite, ce camp a été l’antichambre de la mort pour des milliers de Juifs, dont plus 6000 Juifs allemands expulsés du Pays de Bade et du Palatinat, mais aussi les victimes des grandes rafles de Vichy, et plus généralement les Juifs arrêtés dans le Sud-Ouest de la France.