Cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 1974

La cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 1974 a lieu le 13 juin au Waldstadion de Francfort, en Allemagne de l’Ouest, pour lancer une compétition disputée du 13 juin au 7 juillet 1974. Seize nations vont se disputer le titre suprême.

Cette édition est remportée par l’Allemagne de l’Ouest, victorieuse des Pays-Bas sur le score de 2-1 en finale, le 7 juillet 1974 à l’Olympiastadion de Munich. La cérémonie inaugure également une nouvelle ère pour le trophée mondial : la coupe Jules-Rimet, devenue la propriété définitive du Brésil après son troisième sacre en 1970, est remplacée par le nouveau Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA.

Une cérémonie marquée par un nouveau trophée

Le 13 juin au Waldstadion de Francfort pour la cérémonie d'ouverture, présente au public la coupe Jules-Rimet devenue définitivement propriété du Brésil. , à son côté, tient et montre une statuette en or massif de 36 centimètres de hauteur sur une largeur de 13 centimètres à la base, œuvre du sculpteur italien Silvio Gazzaniga.

Il s'agit d'une coupe "new look", car l'objet décerné au vainqueur n'est le même que lors des compétitions précédentes. En effet, le trophée Jules-Rimet reste propriété insaisissable du Brésil, celui-ci l'ayant remporté trois fois.

Le nouvel objet d'art est en or masif et pèse environ cinq kilos. Haut de trente-six centimètres, il a une longueur maximale des quinze centimètres. On l'estime à environ 20 000 dollars (100 0000 francs).

Un concours avait été ouvert pour la réalisation de ce trophée. Entre cinquante-trois projets, c'est celui d'un Milanais, Silvio Gazzaniga, qui a été choisi.

Retenu parmi les cinquante-trois projets proposés au concours de création de cette “F.I.F.A. World Cup” - nouvelle appellation témoignant des progrès constants de l'anglais comme langue usuelle de communication et d'une moindre place de la France dans une géopolitique du sport -, ce trophée restera désormais la propriété perpétuelle de la Fédération internationale.

"Dans un langage fluide et spontané, commentent les organisateurs, l'œuvre exprime la force et la pureté de l'esprit sportif de compétition."

ÉlémentInformation
CompétitionCoupe du monde de football 1974
Cérémonie d’ouverture13 juin, Waldstadion de Francfort
Lieu de la compétitionAllemagne de l’Ouest
Dates du tournoidu 13 juin au 7 juillet 1974
VainqueurAllemagne de l’Ouest
FinalistePays-Bas
Nouveau trophéeŒuvre du sculpteur italien Silvio Gazzaniga

Une compétition préparée à grande échelle

En Allemagne, c'est le branlebas de combat avant la cérémonie d'ouverture de la grande fête du ballon rond. Sur les 2 130 000 billets mis en vente, 1 600 000 avaient déjà trouvé preneurs au milieu du mois de mai dont 470 00 hors d'Allemagne.

Les places coûtent pourtant de 20 à 160 francs. Les radios et les télévisions sont représentées par 1 400 envoyés spéciaux.

Pour les matches en nocturne, des installations spéciales de projecteurs vont créer de nouvelles conditions d'éclairage pour les télévisions en couleur.

Quatre-vingt-dix pays se sont inscrits pour tenter d'accéder à la phase finale ; n'y parviendront pas l'Angleterre, éliminée par la Pologne, la Belgique, l'Espagne, la Hongrie, le Portugal, la Tchécoslovaquie, le Mexique évincé par Haïti, le Pérou ; en revanche, la République démocratique allemande, l'Australie et le Zaïre, rescapé d'un marathon de trois tours (vingt-quatre pays dans la zone africaine), seront présents.

Mais pas la France, qui bat l'U.R.S.S. 1 but à 0 à Paris, s'incline à Dublin 2 buts à 1 devant l'Eire sans pouvoir prendre ensuite sa revanche (1-1), avant d'être dominée (0-2) à Moscou.

La notion de championnat remplace celle de coupe : il y aura désormais deux tours disputés en groupes et donnant accès à la finale, sans élimination directe comme c'était le cas naguère à partir des quarts de finale ; le nombre de rencontres passe ainsi de trente-deux à trente-huit, source de recettes supplémentaires.

Le 11, le Brésilien João Havelange, battant l'Anglais Stanley Rous (quatre-vingts ans) au second tour, est devenu le premier non-Européen président de la F.I.F.A.

Les équipes présentes en phase finale

Les premières participations sont celles de l'Allemagne de l'Est, d'Haïti et du Zaïre.

Confédération ou zoneÉquipes présentes
EuropeAllemagne de l'Ouest, Allemagne de l'Est, Bulgarie, Écosse, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède, Yougoslavie
Amérique du Nord, centrale et des CaraïbesHaïti
Amérique du SudBrésil, Argentine, Chili, Uruguay
AfriqueZaïre
OcéanieAustralie

Le Brésil arrive en Allemagne de l’Ouest en tant que tenant du titre, mais il se cherche, car il compte un grand absent, Pelé, qui a renoncé à toute sélection internationale.

Les matches de préparation de la formation sud-américaine n'ont pas été parfaits, loin de là. L'entraîneur Zagalo compte notamment sur ses anciens, Clodoaldo, Jaïrzinho et Rivelino, mais aussi sur quelques jeunes comme le gardien Leao, l'arrière Zé Maria, le "milieu de terrain" Paulo César, et l'avant-centre Leivinha.

Les premiers matches du tournoi

Brésil-Yougoslavie

Première rencontre de la Coupe, dans le groupe B, Brésil-Yougoslavie.

Contre cette équipe, les Yougoslaves ne joueront pas les victimes expiatoires. Ses joueurs ont été rassemblés à partir du 18 mai à Novi-Sad.

Ceux-ci ont l'habitude de se surpasser lorsqu'ils rencontrent des adversaires présumés supérieurs. Les coéquipiers d'Acimovic espèrent bien ne pas rompre la tradition.

Le jeu des Yougoslaves singularise surtout par les montées offensives des arrières latéraux Buljan et Krivokuca, la solidité de son gardien Maric et de son milieu de terrain Acimovic. Dans les rangs dalmates figure aussi Petkovic, joueur opérant en France.

Le Brésil, d'entrée, tente, de prouver ses bonnes intentions dans le tournoi. Dans les vingt premières minutes, le gardien yougoslave est mis à l'épreuve mais son talent en sort grandi.

Rivelino, Marinho se révèlent inquiétants mais rapidement les Européens de l'Est montrent les dents et les Sud-Américains doivent faire machine arrière. Après une bonne résistance, les hommes de Zagalo perdent du terrain, piétinent, s'énervent.

Petkovic et Acimovic ont le but de la victoire au bout du pied, mais tous deux ne parviennent pas à conclure. Oblak ne sera pas plus heureux, tirant sur le poteau.

Finalement Le Brésil se retirera avec le match nul, aucun but n'étant marqué à la fin du temps réglementaire.

Déjà, on conçoit les faiblesses des triples vainqueurs de la Coupe du Monde. On les sent apeurés, ne tenant pour preuve que le glissement en défense du demi Piazza.

Néanmoins la qualité du jeu se révèle bonne, et à ce moment-là, on était en droit d'attendre une bonne prestation de la Yougoslavie dans ce tournoi. En revanche on ne donnait pas cher des chances brésiliennes.

Le Zaïre face à l’Écosse

A Dortmund, le Zaîre était le premier pays de l'Afrique Noire à effectuer ses premiers pas en phase finale de la Coupe du Monde.

Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations, le Zaïre possède un jeu rapide, certes, mais un peu primaire et soumis à improvisation.

A dire vrai, les Africains fourniront une bonne impression face à leur premier adversaire : l'Ecosse.

Les spectateurs vont, en effet, applaudir et encourager cette équipe qui fait preuve d'un étonnant esprit d'offensive et d'une étonnante virtuosité.

Lorimer et Jordan marqueront pour les Ecossais tandis que les champions d'Afrique ne parviendront pas à conclure. Ils auront quand même réussi à donner une leçon de football à ceux qui n'avaient pas voulu croire en eux.

Le lourd revers du Zaïre

Hélas ! face à la Yougoslavie à Gelsenkierche, les Zaïrois vont littéralement s'effondrer, encaissant un 9 à 0 cinglant.

L'arbitre sera mis à rude épreuve par un coup de pied au derrière de Mwepu. Voulant expulser l'auteur du coup, le "referee" se trompa de joueur et fit sortir l'innocent N'Daye.

Les Africains rencontreront dans le tournoi le Brésil qui l'emportera par 3 à 0. Devenus méfiants, les citoyens de Kinshasa se cantonnèrent dans une prudente réserve.

De son côté le Brésil ne mérite guère d'être félicité tant son jeu fut lent et sans vie : Jairzinho, Rivelino, Valdomiro marquèrent les buts du match.

Le Zaïre se retirait de la Coupe sans gloire, encaissant 14 buts sans en rendre un seul. L'équipe ne sera cependant pas passée inaperçue tant son football aura paru généreux, vivant, voire spectaculaire.

Brésil-Écosse

Dans ce tournoi, on attend toujours, sans trop y croire une performance du Brésil. A Francfort, Brésil-Ecosse peut lui en donner l'occasion, si, toutefois, un miracle est encore possible.

Dès le coup d'envoi, les Sud-Américains se ruent à l'assaut des buts défendus par Harvey. Rivelino puis Leivinha qui tire sur la barre ne peuvent cependant pas ouvrir la marque et les Écossais renversent le jeu après l'avoir calmé.

Bremner et Hay sont omniprésents alors que Lorimer et Morgan grâce à leurs tirs très appuyés font passer des frissons de frayeur dans le dos des Brésiliens.

Bremner, le petit rouquin de Leeds, mène ses hommes vers une victoire qui se dessine car Leao, portier brésilien, doit faire face à de lourdes menaces.

Il s'en tirera fort bien et finalement les deux équipes resteront à égalité sans qu'aucun but ne soit marqué.

Les Ecossais se seront bien défendus dans tous les compartiments du jeu ; les Brésiliens n'auront guère eu de chance avec leurs vedettes, Jaïrzinho se faisant totalement neutraliser par Buchan et Holtan alors que Paulo Cesar eut du mal à trouver le rythme.

Mention tout de même à la défense qui sut contenir le jeu rugueux et percutant des avants d'Ecosse.

Le groupe de l’Allemagne de l’Ouest

Allemagne de l’Ouest-Chili

Dans le groupe I, deux grandes vedettes se partageaient les suffages : l'Allemagne de l'Ouest et celle de l'est. En revanche, on ne donnait pas cher des chances du Chili et de l'Australie.

Les Allemands de l'Ouest se trouvaient face aux Chiliens à Berlin. Si l'hymne national fut troublé par quelques manifestants, les joueurs sud-américains ne jouèrent guère les trouble-fête.

Dès la seizième minute, l'Allemagne fit savoir que les choses ne se passeraient pas sans elle : Breitner d'un tir légèrement dévié par un défenseur adverse donna l'avantage à son pays.

Ce fut l'unique but inscrit au cours de cettte partie pourtant dominée par les Européens. le système défensif chilien se révéla bien au point et ni Beckenbauer, ni Muller, ni Grabowski ne purent tromper l'excellent portier Vallejos, le socre en reste là.

Allemagne de l’Est-Australie

La R.D.A. de son côté, rencontrait l'inconnue de la Coupe, l'Australie. Les Allemandes de l'Est durent se contenter du match nul à la mi-temps.

Pour une entrée en Coupe du Monde, il fallait faire mieux. A la cinquante-huitième minute de jeu, sur un tir de Sparwasser, l'arrière Curran détourna la balle dans son propre but et, à la soixante-et-onzième minute, Streich, d'une magnifique volée sonna le glas des espérances australiennes.

L'Australie fut cependant loin de jouer la figuration. Elle procéda par passes très courtes et joua de façons précise.

Les Allemands de l'Est jouèrent au contraire un football d'engagement rude et parfois laborieux d'où émergèrent Sparwasser et Streich. On retiendra, côté australien Alston et Bulgevic.

Allemagne de l’Est-Chili

Les Allemands de l'Est, quatre jours plus tard, se voient opposés au Chili. La rencontre ne leur fait pas peur, ils ont tort.

Le Chili, quoique le moins titré des quatre équipes sud-américaines et aussi l'une des formations les moins expérimentées, sortira grandi de ce match.

Les Européens qui marquèrent après le repos par Hoffmann à la cinquante-cinquième minute, se firent rejoindre quinze minutes plus tard par Ahumada sur un centre de Reinoso de l'aile droite.

Remarquables techniciens, jouant un football intelligent, les hommes de Santiago ne furent jamais dépassés par les Allemands, décevants malgré le brio de Steitch, d'Hoffmann et de Kreische qui entra en cours de partie.

Allemagne de l’Ouest-Australie

L'Australie, elle, sera défaite par un score lourd face à la R.F.A. Néanmoins, le match débuta mal pour les Allemands copieusement sifflés.

Ils marquèrent cependant à la douzième minute par Overath, à la trente-cinquième par Cullmann et à la cinquante-cinquième par Muller.

S'ils jouèrent un football tantôt long, tantôt ajusté, ils ne parvinrent jamais à se montrer très convaincants face aux joueurs des antipodes ont Wilson et Alston furent encore les meilleurs.

Australie-Chili

Australie et Chili jouent à Berlin. Ils savent d'ores et déjà qu'ils ne parviendront pas à se qualifier pour le tour suivant.

Le match se révélera terne et les occasions de buts rares. Un 0 à 0 sanctionnera une confrontation que les mémoires n'auront aucun mal à oublier.

Le match entre les deux Allemagnes

En revanche, le match du siècle opposait les deux Allemagnes.

Dans le groupe 1, s'il y a un match que la R.F.A. devrait en principe désirer gagner par-dessus tout, c'est celui qui l'oppose, le 22 juin à Hambourg, à la R.D.A. et ses deux mille supporters perdus dans les tribunes ; or elle encaisse à la soixante-dix-septième minute un but de Sparwasser, le seul de la rencontre ; mais les deux Allemagnes se qualifient, contrairement au Chili et à l'Australie, et la deuxième place de l'Allemagne de l'Ouest ne la place-t-elle pas dans un groupe moins difficile pour la suite ?

Le tournant de la rencontre se situa à la soixante-dix-septième minute : Sparwasser sur passe de Lauk prit de vitesse Beckbauer et Vogts et trompa Maïer d'un magnifique tir à ras de terre.

1 à 0 pour le R.D.A. Ce sera le score final.

Jusque-là, le jeu avait paru équilibré, la R.F.A. essayant d'imposer son football d'inspiration et d'engagement alors que la R.D.A. se montrait bien préparée sur le plan physique.

Le résultat permettra aux deux Allemagnes de se retrouver toutes deux en tête du classement du groupe I et qualifiées pour le tour suivant.

Mais la RFA deuxième évite les Pays-Bas, l'Argentine et le Brésil pour le deuxième tour.

Chiliens et Australiens se retireront. La préparation psychologique des premiers, en raison de la crise politique qui agitait leur pays, n'aura pas été celle qu'ils étaient en droit d'espérer, tandis que les Australiens venus avec des ambitions limitées, se montraient satisfaits de leur comportement.

Les Pays-Bas et l’émergence du football total

Pays-Bas-Uruguay

Dans le groupe III, la Bulgarie, habituée de la Coupe du Monde, donnait la réplique aux Suédois.

A Hanovre, choc entre l'ancien et le nouveau. On attend, en effet, l'entrée en scène de la Hollande dont on dit grand bien alors que son vis-à-vis n'est autre que l'Uruguay, la "Céleste", deux fois vainqueur de cette Coupe du Monde.

Pour ce nouveau Mondial, l'Uruguay a battu le rappel de ses nombreux exilés dont le gardien Mazurkiewicz et le milieu de terrain Rocha qui opèrent habituellement au Brésil.

Les Sud-Américains ne sont cependant plus ce qu'ils étaient et l'on s'en rend compte dès le coup d'envoi. Ceux-ci le savent et s'en irritent, durcissant le jeu exagérément.

Trois avertissements leur seront dressés alors que Castillo sera exclu du terrain.

Néanmoins, la Hollande tient ses promesses ; elle domine pratiquement l'ensemble de la rencontre et la vedette Cruijff est omniprésente.

Le stratège des Pays-Bas signe en partie le premier but, adressant un tir à l'avant-centre Repp qui marque de la tête dès le septième minute.

Un second but sera obtenu par la Hollande en seconde mi-temps par le même Repp sur passe de Van Hanegem.

Jamais on ne retrouva sur le terrain cette grande équipe de l'Uruguay qui fit tant parler d'elle.

Johan Cruijff sera la grande vedette, mais les belles occasions qu'il créa ne furent que rarement exploitées par ses coéquipiers.

Certes, au début de la seconde mi-temps, Rocha aurait pu marquer ; en revanche le gardien Mazurkiewicz sauva sa formation du naufrage.

D'ores et déjà, les Hollandais faisaient savoir que rien de sérieux ne devrait se passer sans eux.

Pays-Bas-Suède

Cette domination se manifesta davantage face aux Suédois pourtant, rien ne sera marqué au tableau d'affichage à la fin du temps réglementaire.

La Suède, en permanence sur la défensive, se vit littéralement assiégée et s'en tira avec bonheur malgré le brio du gardien Hellstroem et de ses coéquipiers Karlsson et Olson par exemple.

De l'ensemble néerlandais, outre Cruijff, Jongbloed (portier), Suurbier, Neeskens, Repp méritent une citation supplémentaire.

Un style qui transforme le jeu

Les Néerlandais avaient été désignés favoris de la compétition.

Au terme d'un deuxième tour parfaitement négocié, les Pays-Bas ont aisément décroché leur billet pour la finale. Faciles vainqueurs de l'Argentine (4:0), de la R.D.A. (2:0) et du Brésil (2:0), les Néerlandais n'ont plus encaissé le moindre but depuis trois matches.

"Aujourd'hui, nous avons perdu contre la meilleure équipe de ce tournoi", reconnaissait le Brésilien Mario Zagallo, visiblement très impressionné par le fameux football total pratiqué par les Oranjes.

Ce système, qui a marqué un tournant décisif dans l'évolution du jeu sur le plan tactique, invite les joueurs à défendre et à attaquer en bloc.

A chaque fois qu'un joueur abandonne sa zone de prédilection, un autre se replace de façon à compenser.

Les défenseurs n'hésitent pas à monter aux avant-postes, tandis que les attaquants reviennent fréquemment défendre.

Cette stratégie, qui exige de la part des joueurs une condition physique irréprochable et une technique sans faille, n'a pas tardé à porter ses fruits.

Après 36 ans d'absence au plus haut niveau, les Pays-Bas se sont très vite imposés, dans l'esprit de tous les observateurs, comme les grands favoris de cette édition 1974 de la Coupe du Monde de la FIFA.

"Quand il a la balle, je ferme les yeux et je cours. Je n'ai rien d'autre à faire car je sais que le ballon va m'arriver dans les meilleures conditions", disait Johan Neeskens au sujet de son capitaine et meneur de jeu, le grand Johan Cruyff.

Le parcours de l’Allemagne de l’Ouest vers la finale

De son côté, la R.F.A., pays hôte de la compétition, a fait preuve d'une belle efficacité pour dominer tour à tour la Suède (4:2), la Pologne (1:0) et la Yougoslavie (2:0).

Toutefois, la défaite historique concédée face à la R.D.A au premier tour a laissé des traces et beaucoup doutent encore de sa capacité à franchir le dernier obstacle.

Dans le groupe B, la R.F.A. domine la Yougoslavie (2-0), la Suède (4-2) et, difficilement, la Pologne grâce[. ]

La R.F.A. et les Pays-Bas s'affrontent pour la première fois de leur histoire dans un match à enjeu. Jusqu'à présent, les deux géants du football européen avaient croisé le fer à dix-neuf reprises, toujours dans le cadre de rencontres amicales.

Cette fois, l'enjeu est énorme car le vainqueur remportera le plus convoité des trophées de la planète football.

La finale au stade olympique de Munich

Le 7 juillet 1974, la R.F.A. et les Pays-Bas s'affrontent pour la première fois de leur histoire dans un match à enjeu.

A la veille de cette grande finale, qui réunira 75 000 spectateurs au stade olympique de Munich, les rôles sont donc clairement établis : d'un côté le favori néerlandais, qui a gagné l'admiration et la sympathie du public en proposant un jeu spectaculaire et résolument tourné vers l'offensive ; de l'autre l'outsider allemand, qui rêve de soulever le Trophée devant ses supporters et qui, à défaut de faire rêver, compte dans ses rangs quelques joueurs de grande classe comme Franz Beckenbauer, Gerd Müller ou encore Paul Breitner.

ÉquipeCompositionSélectionneur
R.F.A.Sepp Maier, Berti Vogts, Franz Beckenbauer, Hans-Georg Schwarzenbeck, Paul Breitner, Rainer Bonhof, Uli Hoeneß, Wolfgang Overath, Jürgen Grabowski, Gerd Müller, Bernd HölzenbeinHelmut Schön
Pays-BasJan Jongbloed, Wim Suurbier, Wim Rijsbergen, Arie Haan, Ruud Krol, Wim Jansen, Johan Neeskens, Wim van Hanegem, Johnny Rep, Johan Cruyff, Rob RensenbrinkRinus Michels

Le but de Neeskens après 63 secondes

A seize heures tapantes, John Taylor, l'arbitre anglais de la rencontre, donne le coup d'envoi.

A peine le dernier coup de sifflet a-t-il retenti… que le ballon se trouve déjà au fond des filets !

Que s'est-il passé exactement ? Les statisticiens vous diront que les Oranjes ont enchaîné 13 touches de balle exactement, avant que Johan Cruyff n'échappe balle au pied à la vigilance de son défenseur, en l'occurrence Berti Vogts.

Le meneur de jeu néerlandais s'infiltre dans la surface de réparation allemande où il est immédiatement déséquilibré par Uli Hoeneß.

Penalty !

Par la suite, Cruyff aura bien du mal à se débarrasser de Vogts, qui le suivra comme son ombre.

Mais, après 63 secondes de jeu, Neeskens s'avance et trompe Sepp Maier sans état d'âme pour donner l'avantage aux Pays-Bas (1-0).

A ce moment de la partie, les Allemands de l'Ouest n'ont toujours pas touché le ballon.

On s'imagine que le sort de la rencontre est joué. On se trompe.

Quelques années plus tard, Johnny Rep se souviendra : "Nous voulions faire courir les Allemands. Ce n'était pas conscient mais c'est ce que nous avons fait. Nous avons commencé à faire tourner le ballon et nous avons oublié de marquer le deuxième but".

Le retour allemand avant la pause

Petit à petit, les Néerlandais laissent de côté la stratégie pour sombrer dans une certaine facilité.

La sanction ne tarde pas. A la 26ème minute de jeu, Bernd Hölzenbein est bousculé par Wim Jansen en pleine surface de réparation.

Paul Breitner ne se pose aucune question et transforme le penalty.

"Quand j'ai vu le regard de Paul, j'ai tout de suite su qu'il allait marquer", avoue Müller à l'issue de la rencontre.

La R.F.A., qui court après un deuxième sacre mondial depuis 1954, reprend l'avantage avant la pause.

Pour son 101ème match à la tête de l'équipe nationale, Helmut Schön aura tout connu.

Rainer Bonhof file côté droit et centre en direction de Müller.

Der Bomber effectue une magnifique reprise en pivot et marque le but de la victoire (2-1), qui se trouve également être la 100ème réalisation de l'Allemagne en Coupe du Monde de la FIFA.

MinuteActionÉquipe
2'Penalty de NeeskensPays-Bas
25'Penalty de BreitnerR.F.A.
43'But de MüllerR.F.A.

Une seconde période sous pression

Ceux qui s'attendaient à voir les Pays-Bas se ruer à l'attaque en deuxième mi-temps en sont pour leurs frais.

Au contraire, c'est même la R.F.A qui se procure la première occasion après le repos.

Rainer Bonhof passe tout près de creuser l'écart en expédiant une reprise de la tête à quelques centimètres du poteau.

Les Oranjes jettent leurs dernières forces dans la bataille mais la défense allemande, bien organisée autour de Beckenbauer, Sepp Maier et Vogts, repousse tous les assauts.

Tout au long des 90 minutes, cette finale a davantage ressemblé à une bataille rangée qu'à une partie d'échecs entre deux stratèges.

Au total, 41 coups francs ont été sifflés : 27 en faveur de la R.F.A. et 14 pour les Pays-Bas.

Pendant toute la dernière demi-heure, Cruyff et ses coéquipiers ont fait le siège du but allemand, sans succès.

De son côté, le pays hôte s'en est parfois remis à la chance pour conserver son maigre avantage et infliger aux joueurs de Rinus Michels leur unique défaite en huit matches de Coupe du Monde de la FIFA.

Le premier sacre associé au nouveau trophée

Après l'Uruguay en 1930, l'Italie en 1934 et l'Angleterre en 1966, la R.F.A. est devenue la quatrième équipe à remporter le titre mondial devant son public.

Elle devient également la première lauréate du nouveau Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA.

En effet, le Trophée Jules-Rimet, remporté pour la troisième fois par le Brésil en 1970, restera à jamais en Amérique du Sud.

"C'était la première fois que nous jouions contre une équipe qui avait mis au point un système très rigoureux et qui a su l'appliquer à la lettre. De notre côté, il nous a manqué un joueur comme Gerd Müller" - Johan Cruyff, capitaine et meneur de jeu des Pays-Bas

"Cette ouverture du score rapide nous a fait du bien. Les Néerlandais ont laissé retomber la pression et nous sommes revenus dans le match. Quand on prend l'avantage, il n'est pas facile de garder l'initiative" - Franz Beckenbauer, capitaine et défenseur de la R.F.A.

La portée historique de la finale

Il y a 46 ans, les Allemands remportaient leur 2e titre mondial.

Les Néerlandais avaient été désignés favoris de la compétition.

Les Oranjes perdront deux autres finales après celle-là.

À l'occasion de l'anniversaire de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 1974™, FIFA.com revient sur ce jour où la Nationalmannschaft prit le dessus sur les Néerlandais et leur "football total".

"En 1974, nous étions les plus forts" - Le titre de cet ouvrage, paru en 2004 aux Pays-Bas, en dit long sur la déception et la frustration au pays des Oranjes, trente ans après la défaite de l'équipe nationale à Munich, en finale de la Coupe du Monde de la FIFA.

Présenté comme les grandissimes favoris de l'épreuve, les hommes de Rinus Michels ont perdu plus que leurs illusions, ce jour-là, face à la R.F.A.

Quatre ans plus tard en Argentine, les Allemands de l'Ouest connaîtront une sortie de route prématurée.

A l'inverse, les Pays-Bas disputeront leur deuxième finale de Coupe du Monde de la FIFA consécutive.

Et, pour la deuxième fois, ils s'inclineront devant le pays hôte, l'Argentine en l'occurrence (1-3 après prolongation).

Par la suite, les Néerlandais n'auront plus l'occasion de côtoyer de tels sommets, à l'exception d'une victoire en finale de l'UEFA EURO 1988.

Au cours de ce tournoi, les Oranjes avaient remporté une victoire histoire contre… la R.F.A. en demi-finale (2-1).

De son côté, l'Allemagne atteindra encore trois fois la finale de l'épreuve suprême (en 1982, 1986 et 2002) et ajoutera un titre supplémentaire à son palmarès, en 1990.

Sur la route de leur troisième sacre mondial, les Allemands avaient notamment battu… les Pays-Bas (2-1 en huitièmes de finale).

Sur la scène continentale, l'Allemagne compte également deux victoires en finale de l'Euro (1980 et 1996) à son actif.

noimgs

tags: #ceremonie #coupe #du #monde #1974