La collection de fèves du Musée des fèves et traditions populaires de Blain

Le Musée des fèves et traditions populaires de Blain, en Loire-Atlantique, conserve près de 100 000 fèves, dont environ 10 000 sont exposées au public. Installé à deux pas de Nantes, il est présenté comme le seul musée de la fève en France et comme l’une des plus importantes collections consacrées à cette tradition en Europe.

La collection retrace l’histoire complète de la fève de l’Épiphanie, depuis le simple haricot glissé dans la galette jusqu’aux figurines contemporaines en céramique. Elle rassemble des pièces anciennes, des séries populaires, des personnages historiques, des objets liés à l’actualité et des fèves fabriquées spécialement à Blain.

Un musée consacré à une tradition de l’Épiphanie

Quand on pense musée, on imagine souvent des tableaux, des statues ou des vestiges antiques. Mais à Blain, en Loire-Atlantique, ce sont de toutes petites œuvres d’art qui attirent les curieux : des fèves. Ces mini-figurines que l’on espère secrètement découvrir dans sa part de galette à la frangipane pour devenir roi ou reine !

Un musée des fèves donc, qui ravira aussi bien les fabophiles, les collectionneurs passionnés, que les petits curieux. Et pas n’importe lesquelles : le plus grand musée de la fève de France, et même d’Europe, se cache ici, à deux pas de Nantes.

Au nord de Nantes, la ville de Blain, « capitale commerciale [du peuple celte] des Namnètes à l’époque gallo-romaine », revendique aussi le titre de capitale de la fève. Fort d’une impressionnante collection regroupant près de 100 000 pièces, dont environ 10 000 sont exposées, le musée de Blain peut s’enorgueillir d’être le seul musée de la fève en France.

« C’est même la plus importante collection en Europe et donc dans le monde, puisque la fève est une tradition de notre continent », rappelle le musée.

Vitrines de fèves au musée de Blain

Une collection commencée par une exposition temporaire

Installé depuis le début des années 1990 au premier étage de l’office de tourisme de Blain, le musée de la fève est né presque par hasard, à la suite d’une simple exposition temporaire d’environ 200 pièces, avant de devenir une référence incontournable.

À l’origine, la collection a commencé en 1990 par une exposition temporaire de 200 fèves présentées dans la boutique de la boulangerie au second étage.

Aujourd’hui, il abrite des dizaines de milliers de fèves, dont près de 10 000 exposées, retraçant toute l’histoire de cette tradition, depuis ses origines jusqu’à nos galettes contemporaines.

Stéphanie Briand-Viaud, hôtesse d’accueil du musée, est particulièrement fière de la riche collection de fèves, de toutes sortes et de toutes les époques.

Le don exceptionnel de Nicole Riffet

La collection s’est enrichie au fil des années grâce notamment à un don réalisé en 2008 par Nicole France Riffet, une Parisienne de 86 ans. Elle a donné toute sa collection de fèves anciennes au musée.

Cela représente environ 2 033 fèves estimées à 150 000 €.

Le joyau de la collection reste toutefois le don exceptionnel réalisé en 2008 par Nicole Riffet, une collectionneuse parisienne sans héritiers, qui a offert au musée 2 033 fèves anciennes, dont certaines datant du XIXᵉ siècle et estimées à près de 150 000 euros.

Le don comprend des pièces pouvant atteindre 2 000 à 3 000 euros l’unité, à l’image d’une rarissime fève en porcelaine de Saxe.

Des fèves 100 % blinoises complètent la collection ainsi que celles de fabricants, ce qui rend le musée unique en France.

ÉlémentDonnée
Début de la collection1990
Première expositionEnviron 200 fèves
Don de Nicole Riffet2 033 fèves anciennes
Estimation du don150 000 €
Collection totalePrès de 100 000 pièces
Fèves exposéesEnviron 10 000

De la fève alimentaire à la figurine

Si la fête des Rois est très ancienne, il faut attendre le XIXᵉ siècle pour voir un sujet en porcelaine se substituer à la fève, le légume, glissée dans la galette.

Avant d’être une figurine en porcelaine, la fève était à l’origine un simple haricot, symbole de fécondité, qui a évolué au fil des décennies.

La porcelaine apparaît entre la fin du XIXᵉ siècle et les années 1930. Le plastique se développe dans les années 1950 et 1960, puis le métal doré et la pâte de verre apparaissent dans les années 1990, avant que la céramique ne s’impose largement.

La céramique, aujourd’hui largement dominante et majoritairement fabriquée en Chine, constitue désormais l’un des matériaux les plus courants des fèves contemporaines.

Évolution des matériaux des fèves

Les grandes étapes de l’histoire des fèves

  • Le haricot constitue la première forme de fève placée dans la galette.
  • La porcelaine remplace progressivement le légume à partir du XIXᵉ siècle.
  • Les premières collections de fèves remontent aux années 1910-1914.
  • Le plastique se développe surtout dans les années 1950 et 1960.
  • Le métal doré et la pâte de verre apparaissent dans les années 1990.
  • La céramique devient ensuite le matériau dominant des séries contemporaines.

Des milliers de collectionneurs en France

En France, ils sont des milliers à collectionner les fèves de la galette de l’Épiphanie. Les associations, elles, ne recensent que 2 000 fabophiles et une vingtaine d’entre eux posséderaient plus de 30 000 modèles.

Pour les puristes, une fève ne mérite d’être collectionnée que si elle a effectivement séjourné un temps dans une galette.

Les premières collections de fèves remontent aux années 1910-1914. Dans les années 1980, elles n’ont pas échappé à la hausse du marché de l’art.

La valeur des fèves anciennes

En 1985, à Drouot, un lot de 168 fèves a été adjugé 50 000 francs, un record.

Le marchand de jouets anciens Robert Capia constate « qu’en 1967, une fève valait 20 centimes ». « Dix ans plus tard, poursuit-il, les cotes étaient multipliées par dix, voire par deux mille. En 1990, une fève de l’époque révolutionnaire se négociait entre 12 000 et 15 000 francs. »

La rareté fait flamber les cotes. Il faut débourser de 60 à 75 euros pour ce petit haricot en porcelaine blanche d’où émerge une tête.

Mais si un visage se trouve au centre, sa valeur dépasse les 3 800 euros. Cette paire de souliers où se niche un bambin peut, elle, atteindre plus de 1 500 euros.

Mais s’il n’y a qu’une chaussure, elle ne vaut que de 75 à 80 euros. Quant au classique baigneur en porcelaine des années 1920, il se vend entre 45 et 60 euros.

Type de fèveValeur indiquée
Petit haricot en porcelaine blanche avec une tête60 à 75 euros
Fève avec un visage au centrePlus de 3 800 euros
Paire de souliers avec un bambinPlus de 1 500 euros
Fève représentant une seule chaussure75 à 80 euros
Baigneur en porcelaine des années 192045 à 60 euros

Des thèmes régionaux à la culture populaire

L’art populaire a donné naissance aux thèmes régionaux, au gendarme et au guignol ou bien aux animaux.

L’actualité a permis d’immortaliser le tsar en tenue d’officier ou l’avion de Coste et Bellonte, une des grandes vedettes de collection.

La 4 CV Renault ou la Vespa des années 1950-1960, en plastique, valent environ 230 euros.

Dans les années 1990, TFI avait fait éditer une fève à l’occasion d’une galette des Rois dans ses locaux. Aujourd’hui, elle atteint déjà 15 à 20 euros.

Le musée de la fève ne se limite pas aux pièces anciennes et patrimoniales. Il fait aussi la part belle à des séries plus récentes et résolument ludiques, allant de Tintin et Milou à l’univers de Walt Disney.

La collection comprend également des fèves consacrées à la Coupe du monde de football 1998, aux joueurs du FC Nantes et à différentes figures de la culture populaire.

Des fèves politiques et impertinentes

Le musée présente aussi des fèves politiques imaginées par un pâtissier blinois, avec notamment le scooter de François Hollande, le karcher de Nicolas Sarkozy ou les diamants de Bokassa version Valéry Giscard d’Estaing.

Ces pièces montrent que la fève peut également devenir un support de satire, de mémoire politique et de commentaire sur l’actualité.

Certains modèles qui n’ont pas obtenu la licence de la marque dont ils dépendent s’arrachent pour des sommes folles sous le manteau, telle une série de Tintin, non reconnue par la fondation Hergé, vendue plus de 1 200 euros.

Une collection qui raconte l’histoire d’une société

Nous avons une collection de dizaines de milliers de fèves des rois qui retrace l’histoire complète de cette tradition, depuis sa création vers les années 1880, jusqu’à nos jours.

Les fèves anciennes témoignent de l’évolution des techniques et des matériaux. Les séries régionales rappellent les traditions locales, tandis que les personnages, les véhicules, les événements sportifs et les personnalités politiques reflètent les goûts et les préoccupations de chaque époque.

Chaque figurine miniature peut ainsi être observée comme un objet décoratif, un souvenir populaire, un témoignage historique ou une pièce de collection.

Une fréquentation renforcée à l’Épiphanie

Depuis que l’entrée est devenue gratuite, le musée séduit un public toujours plus large et accueille environ 2 500 visiteurs par an.

La fréquentation connaît un pic au moment de l’Épiphanie, période durant laquelle les galettes des Rois et les fèves occupent une place centrale dans les boulangeries, les pâtisseries et les réunions familiales.

Le musée attire aussi bien les familles et les scolaires que les passionnés, au nom savant : les fabophiles, collectionneurs avertis de ces petites figurines.

Avec près de 20 millions de galettes dégustées chaque année en France, la fève semble avoir encore de très beaux jours devant elle.

Une référence unique en France et en Europe

Un trésor miniature fait de Blain une référence unique en France et, par extension, en Europe.

Car si des collectionneurs privés détiennent parfois des ensembles impressionnants, aucun autre lieu ne retrace avec autant de précision et de richesse l’histoire complète de cette tradition emblématique de l’Épiphanie.

Cette singularité attire chaque année curieux, passionnés et fabophiles, confirmant le statut unique de ce musée aussi insolite que patrimonial.

Informations pratiques

Musée des fèves et traditions populaires
2 Place Jean Guihard, 44130 Blain

Le musée est ouvert toute l’année, du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. L’entrée est gratuite.

On peut aussi acheter des fèves au musée.

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