Pour faire une dissertation à partir d’une question, il faut suivre une méthode en six étapes : lire et analyser le sujet, reformuler la question, trouver une problématique, construire un plan détaillé, rédiger l’introduction et le développement, puis écrire la conclusion. La dissertation est un exercice d’argumentation qui demande une réflexion organisée, progressive et directement liée au sujet.
La réussite repose surtout sur l’analyse du sujet et sur la cohérence entre la problématique, le plan et les arguments. Il ne suffit pas de réciter son cours : il faut sélectionner les connaissances pertinentes, les organiser et les expliquer à l’aide d’exemples précis.
1. Lire et analyser la question
Vous allez devoir produire une réflexion organisée sur un sujet spécifique qui vous est imposé. Le sujet peut être une question, un thème ou concept, ou une citation.
Cette première étape est fondamentale et doit faire l’objet d’une attention particulière. En effet, elle permet de déterminer les enjeux du sujet et d’éviter d’être « hors-sujet », faute impardonnable aux yeux des correcteurs.
Identifier le type de sujet
Avant de commencer, prenez le temps de décortiquer le sujet au brouillon. Identifiez le type de sujet pour opter pour le meilleur plan.
- S’il s’agit d’une question fermée, qui appelle apparemment une réponse par oui ou non, vous pourrez envisager un plan dialectique.
- S’il s’agit d’une question ouverte, qui commence par « pourquoi », « comment » ou « dans quelle mesure », un plan thématique peut être pertinent.
- S’il s’agit d’un thème ou d’un concept, il faut en étudier les différentes facettes et les enjeux.
- S’il s’agit d’une citation, il faut comprendre son auteur, son contexte et les opinions qu’elle exprime.
Si vous avez le choix entre plusieurs sujets, sélectionnez celui qui vous inspire le plus et sur lequel vous avez le plus de connaissances. Il faudra le choisir rapidement si vous devez faire une dissertation lors d’un examen de quelques heures.
Définir les mots-clés
Pour bien comprendre le sujet, il faut définir au brouillon avec précision tous les termes qui le composent, cela sans préjugés ou idées préconçues. Ainsi, les mots-clés doivent être explicités, à l’aide d’un dictionnaire s’il s’agit d’un devoir à traiter à la maison.
Repérez les mots-clés et soulignez-les pour être sûr de bien les comprendre et de ne pas faire de hors-sujet. Trouvez des synonymes et écrivez-les sur votre brouillon pour les réutiliser dans votre développement et éviter les répétitions.
Chercher leurs antonymes peut également apporter des éclaircissements. Ce travail permet de délimiter précisément les enjeux de la dissertation en français et de définir ce qu’elle nous demande.
Il faut aussi analyser les mots ensemble : comment ils s’articulent les uns aux autres, les liens qu’ils entretiennent, les tensions et les similitudes.
Exemple de définition des termes
Pour le sujet « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? », on peut définir les termes de la manière suivante :
| Terme | Éléments de définition |
|---|---|
| Devoir | Citoyen, parent, personne morale ; contrainte imposée de l’extérieur ou obligation imposée par soi. |
| Liberté | Absence de contraintes et de limites à nos actions. |
| Reconnaître | Prendre acte, accepter comme devant être légitime, exercer une volonté délibérée. |
| Renoncer | Abandonner consciemment, accepter, se soumettre. |
Prendre en compte une citation
Si le sujet est une citation, il faut être attentif à l’auteur. Qui est-il ? À quel mouvement littéraire appartient-il ? Quelles opinions exprime-t-il ? Que nous apprennent les marques de jugement ?
Il faut comprendre les intentions de l’auteur afin de les discuter. Une citation ne doit pas être considérée comme une vérité définitive : elle constitue le point de départ d’une réflexion.
Il est également nécessaire de comprendre le contexte de la citation et les présupposés qu’elle contient. Il faut rechercher ce qu’elle affirme explicitement, mais aussi les problèmes sous-jacents qu’elle permet de formuler.
2. Reformuler la question
En premier lieu, étudier un sujet est un travail de réflexion qui doit amener à une reformulation. Au terme de cette première étape, il faut être capable de le traduire avec ses propres mots pour faire ressortir le plus clairement possible ce qu’il nous invite à traiter.
Les champs d’études et de réflexion doivent être précisément délimités. C’est seulement une fois cette tâche terminée qu’il est possible de passer à la seconde étape de la dissertation : la recherche des idées.
Essayez de reformuler le sujet complètement à partir de vos définitions ou de synonymes.
Pour « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? », le sujet devient : « Accepter une contrainte, est-ce abandonner son libre-arbitre ? »
La reformulation ne doit pas élargir excessivement le sujet. Elle doit conserver sa question centrale, ses limites et ses tensions. Une problématique trop large risquerait de rendre la réflexion hors sujet.
3. Chercher les idées et les exemples
C’est à cette seconde étape que l’étude des œuvres et des textes vus en classe prend toute son importance. Toujours au brouillon et de manière bien distincte, les différentes idées et les différents exemples en lien avec le sujet doivent être listés.
Il ne faut pas négliger les citations, elles viendront enrichir la dissertation. Le corpus peut également être exploité pour trouver des arguments et des exemples utiles.
Il est recommandé de relire les textes du corpus en fonction de la question posée et de repérer les mots ou phrases qui pourraient servir de citations.
Faire un brainstorming au brouillon
Écrivez toutes les idées qui vous viennent à l’esprit sur le sujet : exemples, auteurs, événements, œuvres, notions et références personnelles. Ce premier jet va servir à mettre en avant les axes, les arguments, la problématique et la composition du plan.
C’est un travail rapide : on note les éléments et les arguments sans les classer, cela se fera lors de l’élaboration du plan. Il s’agit de collecter un maximum d’informations pertinentes, sans jamais perdre le sujet de vue et sans rédiger : un style télégraphique suffit largement.
Notez tout ce qui vous passe par la tête et faites le tri au fur et à mesure. Il est important de ne pas trop élargir la réflexion et de recenser uniquement les connaissances qui parlent précisément du sujet.
Au fur et à mesure doivent se dégager les thèmes principaux qui formeront les grandes parties du plan et regrouperont de façon organisée les arguments.
Exemple de recherche d’idées
Pour le sujet « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? », plusieurs notions peuvent être mobilisées :
- Hobbes et “l’Homme est un loup pour l’Homme” : il abandonne sa liberté et vit en société pour survivre.
- Le devoir nous permet de nous cultiver et donc de nous libérer de la nature qui est en nous.
- Le concept de travail comme contrainte et liberté avec Platon, Marx et Kant.
- L’existence de devoirs pluriels : travail, citoyenneté, devoir par rapport à la famille, devoir scolaire, droits et devoirs de l’Homme.
- Le devoir de morale et d’empathie chez Rousseau fait qu’un être est humain.
- Sartre et son concept de liberté et libre arbitre : l’Homme est libre et responsable de ses actes.
- Freud et les pulsions de l’Homme contrôlées intérieurement par le « surmoi ».
Il est très important, à la fin de cette phase de créativité, de relire ses notes et d’examiner si chaque idée répond bien à la problématique, c’est-à-dire n’est pas hors sujet. Éliminez alors impitoyablement ces idées.
Si ces idées entretiennent quand même un rapport avec le sujet, vous pouvez éventuellement les utiliser dans la phase d’élargissement de la conclusion ou dans la phase de présentation de l’introduction.
4. Trouver la problématique
La problématique est la question centrale à laquelle la dissertation va répondre. C’est la thèse que l’on va défendre dans l’ensemble de son devoir, c’est-à-dire la réponse que l’on apporte à la question posée par le sujet.
C’est à partir d’elle que va se structurer la réflexion proposée dans la dissertation. La problématique doit être claire, précise et suffisamment ouverte pour permettre une véritable discussion.
Si la recherche des idées et des arguments est menée efficacement, la problématique va émerger petit à petit. Elle s’élabore au brouillon sous forme d’une question.
Il n’est pas anormal de tester plusieurs problématiques pour finalement arriver à la formuler correctement. Le plan et la problématique se construisent ensemble : ces deux éléments sont interdépendants.
La question à se poser
Utilisez cette question clé : à quel(s) problème(s) ces connaissances tentent-elles de répondre ? Une question centrale va émerger et c’est à partir de cette dernière que votre dissertation va se construire pour créer un débat où s’affrontent des thèses divergentes.
La problématique doit faire apparaître une difficulté, une tension ou une opposition. Elle ne consiste pas simplement à répéter le sujet avec d’autres mots.
Pour « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? », une problématique possible serait : « Peut-on vraiment dire qu’on renonce à sa liberté quand on fait le choix de se soumettre à ses devoirs, quand on exerce donc sa liberté avec son libre-arbitre ? »
Vérifier la problématique
Une problématique pertinente doit respecter plusieurs conditions :
- elle doit rester directement liée aux termes du sujet ;
- elle doit éviter les généralités ;
- elle doit permettre plusieurs réponses argumentées ;
- elle doit orienter le plan sans enfermer la réflexion ;
- elle doit conduire à une démonstration progressive.
Dès lors que celle-ci est définie, il est temps de passer à la troisième étape : l’élaboration d’un plan détaillé.
5. Construire un plan détaillé
Le plan d’une dissertation doit être dynamique, il ne suffit pas de coller des idées les unes aux autres. Il propose au lecteur une réflexion qui progresse de manière raisonnée d’un point de départ à une conclusion.
Les idées organisées s’enchaînent logiquement et montrent que la réflexion s’approfondit. La première partie doit impliquer la deuxième, qui doit impliquer la troisième.
Les arguments les plus évidents sont abordés les premiers, ensuite seulement les arguments les plus complexes et les moins attendus. À l’intérieur de chaque partie, il faut organiser l’argumentation par une progression du moins important au plus important, sachant que les arguments les plus efficaces seront mieux retenus s’ils sont placés à la fin.
Deux ou trois grandes parties
Le plan détaillé doit être le plus précis possible de manière à faciliter l’étape de rédaction ; il ne faudra plus se demander ce que l’on va dire mais seulement comment on va le dire.
Deux ou trois grandes idées composent les deux ou trois grands axes de la dissertation : ce sont des idées fortes qui répondent progressivement à la problématique.
Chaque axe est à son tour étayé par deux ou trois arguments qui vont en composer les différents paragraphes. Enfin, les arguments eux-mêmes sont illustrés par des exemples précis et expliqués tirés d’œuvres littéraires.
Deux exemples bien choisis suffisent : citation, référence à un topo littéraire, évocation d’un type littéraire ou d’un personnage.
Il n’existe pas de règle magique valable pour absolument toutes les matières. Le plus important, ce n’est pas de remplir un nombre de parties, c’est de construire une démonstration logique et progressive.
Les principaux plans
Le plan dialectique
Le plan dialectique permet d’envisager l’ensemble des aspects d’une question. Le sujet invite alors à discuter une opinion et le plan est généralement composé de trois parties.
- La thèse développe l’idée exprimée dans le sujet en l’expliquant et en la justifiant avec des arguments et des exemples pertinents.
- L’antithèse nuance ou conteste cette thèse en montrant ses limites et en présentant des arguments contraires ou des exemples qui la remettent en question.
- La synthèse dépasse la problématique posée, en réconciliant les points de vue opposés ou en apportant une réponse plus approfondie.
Le plan dialectique est souvent résumé par la formule « oui, non, donc ». Il ne faut surtout pas se contredire entre les parties : la synthèse doit dépasser l’opposition et non annuler simplement les deux premières parties.
Le plan thématique
Le plan thématique prend en compte les différents aspects d’un même thème à travers une réflexion progressive. Chaque partie étudie un domaine différent.
Idéalement, le plan thématique doit couvrir trois aspects différents du sujet, du plus simple au plus complexe, ou du plus resserré au plus ouvert.
Ce type de plan convient pour les sujets qui demandent une définition d’un sentiment, d’un rôle ou d’une notion. Il permet de présenter un sujet et de l’explorer sous différents angles.
Le plan analytique
Le plan analytique répond aux sujets qui demandent une réflexion approfondie. Il permet d’analyser un problème qui mérite une étude détaillée.
Il s’agit tout d’abord de décrire la situation, ensuite d’analyser les causes, et enfin d’analyser les conséquences.
| Type de plan | Organisation | Situation adaptée |
|---|---|---|
| Dialectique | Thèse, antithèse, synthèse | Sujet qui invite à discuter une opinion |
| Thématique | Différents aspects d’un même thème | Sujet qui demande d’explorer une notion sous plusieurs angles |
| Analytique | Description, causes, conséquences | Sujet qui demande une analyse approfondie d’un problème |
Chacun de ces plans n’est qu’une trame qu’il faut adapter en fonction de l’intitulé du sujet. Aucun plan préétabli ne doit être envisagé avant l’étude du sujet.
Tester la solidité du plan
Le meilleur test consiste à se poser une question très simple : « Si je lis uniquement les titres de mes parties, est-ce que je réponds déjà au sujet ? »
Si les parties ressemblent simplement à une récitation de cours, le plan n’est pas pertinent. Le plan doit faire avancer une idée, pas empiler des connaissances sans lien.
Les arguments et les idées doivent être organisés dans le sens du raisonnement et s’enchaîner facilement. Les transitions sont alors évidentes. Si ce n’est pas le cas, c’est la preuve que le plan de la dissertation n’est pas pertinent et nécessite des modifications.
La simplicité paye souvent plus que la volonté de se perdre dans un plan trop élaboré.
6. Rédiger l’introduction
L’introduction est la première impression faite au correcteur. Elle conditionne en grande partie la manière dont il va appréhender la suite de la dissertation.
Par conséquent, une grande attention doit donc lui être portée sur le style comme sur la forme. L’introduction doit présenter le sujet, la problématique et le plan.
Elle se présente sous la forme d’un unique paragraphe. Une introduction d’une quinzaine de lignes comporte quatre éléments clés :
- une accroche ou une amorce ;
- la présentation du sujet ;
- la problématique ;
- l’annonce du plan.
L’accroche
L’accroche est la première phrase de l’introduction et a pour objectif d’attirer l’attention du lecteur. Une bonne accroche doit introduire non seulement le sujet, mais aussi le problème soulevé par ce sujet.
Elle peut suggérer une première réponse au sujet, soit sous forme d’un exemple pouvant être réfuté immédiatement en émettant un doute, soit en utilisant une citation pertinente liée au sujet.
Pour la dissertation, l’exemple utilisé dans l’accroche peut faire référence à une découverte, un événement historique ou une scène de film ou de roman.
Il est important d’éviter les sujets politiques actuels et les généralités. Si vous séchez sur cette partie, passez à l’étape suivante. Vous pourrez y revenir par la suite, si un fait marquant ou une citation vous revient, mais ce n’est pas obligatoire.
La présentation du sujet
Il faut amener le sujet, expliciter le sens des termes qui le composent et en définir les enjeux. Le travail fait lors de l’analyse du sujet est ici précieux.
Puis le sujet doit être repris : on le recopie entre guillemets. Une partie permettant d’expliquer la citation peut être pertinente si les termes utilisés sont complexes et peuvent paraître obscurs.
Dans le cas de la dissertation, il suffit généralement de rappeler l’énoncé tel quel, sans le modifier, et de citer l’auteur si nécessaire.
Il ne faut pas commencer l’introduction en listant des définitions. Les définitions doivent être intégrées à une présentation fluide du problème.
La problématique et l’annonce du plan
Ensuite vient la problématique formulée clairement. Enfin, le plan est annoncé de manière explicite.
L’annonce du plan doit reprendre les grandes parties identifiées précédemment. Elle clôture l’introduction et doit être formulée de manière claire.
À l’annonce du plan, le lecteur doit disposer d’une vision globale de votre analyse, saisir l’idée principale de chacune des parties qui vont être abordées et comprendre quelle direction va prendre votre analyse.
Il s’agit d’offrir un avant-goût de ce qui sera développé et argumenté tout au long de la dissertation. Pour y parvenir, il est important de sélectionner l’essentiel et de mettre l’accent sur les éléments qui font progresser la réflexion.
Il est recommandé d’utiliser des formulations explicites telles que « Dans la première partie, nous verrons… », « Dans la deuxième partie, nous aborderons… », « Finalement, nous traiterons… ».
L’introduction ne fait que présenter le travail, la réflexion qui fera l’objet de la dissertation. Il ne s’agit surtout pas de commencer à y développer les idées qui seront traitées dans le corps du devoir.
Exemple d’introduction structurée
Pour le sujet « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? », l’introduction peut suivre cette logique : le droit de vote est considéré par les institutions comme un devoir moral pour les citoyens, comme le rappelle l’inscription figurant sur les cartes électorales : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ».
Les devoirs explicitent un comportement à suivre ou à ne pas suivre. Ils préconisent la conformité avec une règle. Cette notion semble en contradiction avec celle de la liberté, car le devoir s’opposerait à une impulsion ou un désir qui définirait notre liberté.
Toutefois, cette conception de la liberté est naïve et limitée, car être libre ne consiste pas à faire ce que l’on veut. De même, le devoir ne se limite pas à une contrainte imposée de l’extérieur. Il peut s’agir d’une obligation qu’on décide de s’imposer librement.
Nous questionnons donc ces concepts en essayant de répondre à la problématique suivante : peut-on vraiment dire qu’on renonce à sa liberté quand on fait le choix de se soumettre à ses devoirs, quand on exerce donc sa liberté avec son libre-arbitre ? Notre raisonnement questionnera tout d’abord les devoirs de l’Homme comme une soumission naturelle et nécessaire, avant d’interroger la possible libération de l’Homme par le devoir.
7. Rédiger le développement
La dissertation est une démonstration et non une explication purement descriptive. Le développement permet de démontrer vos connaissances par rapport au sujet que vous avez à traiter.
Ce n’est toutefois pas l’occasion de montrer toutes vos connaissances, uniquement celles qui ont un rapport direct avec le sujet et la problématique arrêtée.
Les différents axes de la dissertation commencent tous par une phrase qui en énonce l’idée directrice, l’argument qu’elle va défendre.
Construire chaque partie
Chaque partie soutient une idée centrale qui répond à la problématique, alors que chaque sous-partie s’articule autour d’un argument qui soutient et illustre l’idée directrice.
Les sous-parties forment chacune un paragraphe qui développe un argument étayant l’idée directrice. Il est conseillé de se limiter à un argument par sous-partie et à une sous-partie par argument.
Une sous-partie efficace peut suivre cette progression :
- annoncer clairement l’argument ;
- expliquer en quoi il répond à la problématique ;
- donner un exemple tiré d’un auteur, d’une œuvre ou d’un mouvement ;
- analyser l’exemple et les procédés littéraires ;
- ajouter une citation courte et bien choisie ;
- faire le lien avec la suite du raisonnement.
Vos arguments doivent absolument être illustrés par un exemple. Celui-ci ne doit pas être seulement cité : il doit être expliqué et relié à l’idée défendue.
Analysez les procédés littéraires, comme les figures de style et les champs lexicaux, pour expliquer comment l’auteur crée du sens.
Relier les arguments
Les arguments et les idées sont organisés dans le sens du raisonnement et s’enchaînent facilement. Il est possible d’utiliser des mots de liaison tels que « de plus », « de surcroît », « en outre » et « par ailleurs » pour exprimer l’addition.
Pour exprimer une objection, les mots de liaison peuvent être « cependant », « en revanche » et « toutefois ». Il est également possible d’utiliser « tout d’abord », « ensuite » et « enfin » pour marquer la progression.
Il n’est pas nécessaire de faire des phrases de transition entre les sous-parties et les paragraphes. Un simple mot de liaison suffit.
Rédiger les transitions
Entre les axes, il convient de faire une transition. C’est-à-dire dresser une brève conclusion de ce qui vient d’être vu et annoncer le point qui va être traité dans la partie suivante.
La transition permet de faire le point et de rappeler le lien entre les différentes parties. Il est conseillé de se limiter à une phrase de transition de trois lignes maximum.
Chaque partie est reliée à la suivante par une transition, c’est-à-dire un résumé de la partie terminée et une annonce de la partie suivante.
Privilégiez donc les chapeaux et les transitions entre vos arguments, vos divisions et subdivisions. Cela permet finalement de montrer que vos arguments découlent les uns des autres, qu’ils ont un lien entre eux et qu’ils permettent de répondre au sujet posé.
Éviter la récitation et les répétitions
Toutes les parties que vous traitez, et donc l’ensemble des arguments que vous avancez et les questions que vous posez, doivent avoir un lien direct avec la problématique.
Donc, cela nécessite de garder en tête la problématique et le plan que vous avez arrêtés pour ne pas vous perdre dans des explications qui pourraient finalement ne pas avoir de lien avec la dissertation.
Dans le cadre du développement de la dissertation, il ne faut surtout pas se répéter d’une partie à l’autre. Développez un argument, puis un second, et ne revenez plus dessus.
Ne pas se répéter implique de rechercher quels sont les avantages et les inconvénients d’un plan à l’autre, ce qui nécessite de prendre du temps lors de la phase du brouillon.
La personne qui va vous corriger doit comprendre à la première lecture où vous voulez en venir et ce que vous souhaitez démontrer.
8. Rédiger la conclusion
La conclusion apporte une réponse à la problématique exposée en introduction. Elle termine la dissertation en en faisant la synthèse.
La conclusion a pour objectif de récapituler les éléments clés de votre argumentation en répondant à la problématique du sujet. Elle doit poser un bilan clair de la réflexion développée dans le devoir.
Il ne s’agit plus de traiter de nouvelles idées, ce serait une faute qui signalerait l’existence d’oublis dans le plan.
Le bilan
La conclusion doit rappeler brièvement les grandes lignes de l’argumentation et répondre clairement à la question posée dans l’introduction.
Elle ne doit pas répéter mécaniquement les titres des parties, mais formuler la réponse obtenue au terme du raisonnement.
L’ouverture
Il est possible d’ajouter une ouverture à la fin. Il s’agit d’élargir le débat en proposant une réflexion plus personnelle ou en faisant un lien avec une autre œuvre reconnue, un courant littéraire ou une problématique contemporaine.
Cette ouverture est souvent difficile à réaliser, mais vous pouvez par exemple aborder les questions ou problèmes inattendus soulevés par le débat, ou encore faire référence aux auteurs ou mouvements littéraires qui se sont emparés de ces questions.
Cependant, si vous ne vous sentez pas capable de le faire, il est préférable de vous concentrer sur le bilan plutôt que de proposer une ouverture banale.
9. Présenter la copie
Avant même la lecture de la dissertation, son articulation doit être claire aux yeux du correcteur. La mise en forme de la copie est essentielle pour mettre en valeur la structure de la pensée et faciliter la lecture.
L’introduction et la conclusion doivent être séparées du développement par un saut de deux à trois lignes. De même, entre chaque axe, il convient de sauter une ligne.
Il est souhaitable de signaler le début de chaque paragraphe par un retour à la ligne et un alinéa. Il est recommandé de mettre un alinéa de deux carreaux à chaque fois que l’on revient à la ligne.
Entre chaque sous-partie, il suffit de sauter une ligne. Il faut également respecter les conventions de rédaction d’une dissertation, en utilisant le pronom « on » ou « nous » au lieu de « je » ou « moi, je ».
| Élément | Présentation recommandée |
|---|---|
| Introduction | Un seul paragraphe, puis deux lignes sautées |
| Grande partie | Alinéa et séparation claire entre les parties |
| Sous-partie | Un paragraphe par argument |
| Transition | Entre chaque grande partie |
| Conclusion | Deux lignes sautées avant de commencer |
Il ne faut pas oublier de souligner les titres des œuvres citées. Ne jamais terminer un paragraphe ou une grande partie par une citation : cela voudrait dire qu’elle n’a pas été expliquée.
10. Les erreurs à éviter
Pour réussir une dissertation, il faut éviter les erreurs qui compromettent la cohérence du devoir et peuvent conduire au hors-sujet.
- Ne pas faire de brouillon.
- Bâcler l’analyse du sujet en se lançant directement dans la rédaction.
- Ne pas formuler de problématique.
- Avoir un plan générique pour toutes les dissertations.
- Réciter ses cours sans argumenter.
- Utiliser des connaissances qui ne parlent pas précisément du sujet.
- Rédiger des idées posées les unes à la suite des autres sans connecteurs logiques.
- Ne pas faire de transition entre les parties.
- Ne pas aérer la présentation de sa copie.
- Se répéter d’une partie à l’autre.
- Utiliser trop de citations ou des citations sans lien direct avec le sujet.
- Terminer un paragraphe par une citation non expliquée.
- Employer des phrases trop longues et difficiles à comprendre.
- Commencer l’introduction en listant des définitions.
- Utiliser des phrases trop généralistes comme « en tout temps » ou « depuis toujours ».
- Employer le « je » dans un écrit qui doit conserver une distance argumentative.
La dissertation ne consiste pas à montrer toutes ses connaissances. Il faut sélectionner celles qui ont un rapport direct avec le sujet et la problématique.
Il n’est alors pas nécessaire de vouloir faire trop compliqué. La simplicité paye souvent plus que la volonté de se perdre dans un plan trop élaboré.
11. S’entraîner et relire
L’entraînement : plus vous vous exercerez à la dissertation, en classe ou à la maison, plus vous serez à l’aise le jour J.
Avec de l’entraînement, le type de plan à adopter en fonction de la problématique ou du sujet devient automatique. Les sujets d’entraînement permettent d’acquérir des réflexes pour analyser rapidement les termes, trouver des arguments et organiser une démonstration.
La relecture : gardez du temps pour relire attentivement votre copie et corriger les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe.
Au final, relisez-vous pour éliminer les scories : les fautes d’orthographe, les répétitions et les mots passe-partout.
Une dernière vérification doit permettre de s’assurer que chaque partie répond à la problématique, que chaque argument est illustré par un exemple et que les transitions rendent la progression visible.
