Voici quelques contes et comptines sur le thème de la fête de Pâques ou du printemps. À lire en ligne avec les enfants ! Bonne lecture !
Le printemps arrive. Nous pouvons déjà le sentir en observant les fleurs qui repoussent et les insectes qui reprennent leur bourdonnement. Le printemps, c’est aussi la fête de Pâques, ses œufs décorés, les chocolats et la chasse aux œufs pour les enfants.
Pourquoi raconter des histoires de Pâques aux enfants ?
Pour les tout-petits, Pâques, c’est la fête du printemps, de la nature qui se réveille après le long hiver, la fête du « renouveau ». Voici une jolie histoire à raconter aux enfants pour préparer Pâques. Les images symboliques de Pâques s’y retrouvent et leur permettent d’avoir une vision poétique et amusante de cette fête.
Lorsqu’ils grandissent, ils sont amenés à vous poser des questions sur cette fête du printemps. Vous vous demandez donc légitimement comment expliquer Pâques aux enfants. Il n’est pas facile de parler de Pâques, surtout à des enfants de moins 12 ans.
Avant cet âge, la mort n’est pas si irréversible que pour nous, elle fait partie de la vie. Si nous voulons vraiment parler de la fête de Pâques, il faut bien évoquer la « résurrection », que nous croyions cela possible, ou non. Et il n’est pas facile d’en parler « raisonnablement ».
Les symboles de Pâques dans les contes
La fête de Pâques est associée à la renaissance de la végétation et de la fécondité après la stérilité de l’hiver. Grâce au passage par la mort, le renouveau de la nature végétale et animale symbolise la victoire de la vie.
L’œuf, symbole universel de perfection, est fêté au printemps car il est lié à la nouvelle vie et à la fécondité : il figure dans de nombreuses légendes sur l’origine du monde. Abondants dans les basses-cours à cette époque, les œufs sont célébrés au moment de Pâques, tout comme certains animaux réputés pour leur fécondité : poule, poisson, lièvre.
Pour évoquer cette force du renouveau, on évoque le lièvre ou le lapin qui, étant la proie de nombreux prédateurs, doit beaucoup se reproduire pour survivre. Dès l’époque romaine, le lapin était un symbole de fertilité. C’est donc tout naturellement qu’il a été utilisé pour exprimer le renouveau de la vie, au début du printemps.
Le lièvre de Pâques est le mythique dispensateur de cadeaux qui « pond » ses œufs dans un nid la nuit de Pâques, au cœur des jardins d’Alsace et d’une partie de la Lorraine, il concurrence les « cloches » censées revenir de Rome, connues dans le reste de la France.
Après l’hymne du Gloria de la messe du jeudi saint, veille de la mort de Jésus-Christ sur la croix, les cloches se taisent en signe de deuil jusqu’au Gloria de la veillée pascale. Selon la tradition on dit qu’elles vont à Rome pour se faire bénir et chercher des œufs qu’elles répandent au retour dans les jardins.
Le conte du Lapin de Pâques
Quel beau matin ensoleillé ! Dame Poulette sʼest tôt levée
Pour admirer ce jour nouveau
Qui nʼa jamais semblé si beau.
Pour fêter ça, elle va au champ
Pour picorer, chercher des vers.
Mais ce qu’elle voit est surprenant :
Un œuf brillant sortant de terre !
Vite à la ferme, et en courant,
Trouve Coquette, la poule noire :
- Au champ, là-bas, vite, viens voir !
Et la poule rousse repart devant.
Dans le grand champ, de leurs orteils,
Les poulettes ont bien gratté
Pour dégager un œuf doré
Qui brille en terre comme un soleil.
- À notre coq il faut parler,
Il doit connaître ce grand mystère…
Vite, elles remettent un peu de terre,
Et repartent sans plus tarder.
Mais à qui sont ces belles oreilles
Qui pointent du buisson dʼoseille ?
Ne serait-ce pas Jannot-lapin ?
Il écoute tout, ce grand coquin !
Jannot sʼapproche, regarde bien :
Cʼest un trésor, de ce matin,
Que la terre ne peut pas garder.
Mais comment faire pour lʼemporter ?
Jannot court à son terrier.
« Cʼest un petit lapin
Qui saute, qui saute.
Cʼest un petit lapin
Qui saute plein dʼentrain. »
Vite, il attrape la musette
Quʼun bûcheron a oubliée.
Hop ! Sur son dos, il la jette
Pour rapporter cet œuf doré.
« Cʼest un petit lapin
Qui saute, qui saute.
Cʼest un petit lapin
Qui saute plein dʼentrain. »
Vite, Jannot est revenu,
Pour dégager cet œuf doré.
Au fond du sac, il lʼa caché,
Et aussitôt, a disparu…
Alors reviennent nos deux poulettes,
Et à tue-tête elles caquettent.
Cʼest quʼelles nʼont pas perdu de temps :
Monsieur Le-Coq suit dignement.
Les deux poulettes ont beau gratter,
Où est passé leur œuf doré ?
Le beau trésor a disparu,
Les deux poulettes sont très déçues…
- Cʼest pour cela quʼon me dérange ?
Sʼécrie le coq qui perd patience !
Monsieur Le-Coq est en colère,
Et sʼen retourne à ses affaires.
Pendant ce temps, à son terrier
Jannot-lapin est arrivé.
Défait le nœud avec grand soin,
Mais dans le sac… il nʼy a rien !
Il prend le sac et le secoue :
Oh ! Tout au fond, il y a un trou !
Quelle tête il fait, Jannot-lapin.
Perdre un trésor, ce nʼest pas rien !
Du sac percé, lʼœuf est tombé,
Et sur les pierres, il sʼest brisé
En des milliers dʼœufs tout dorés
Qui ont roulé, roulé, roulé…
Jannot entend du bruit et voit
Que quelqu’un vient sur le chemin.
Des enfants crient, sautent de joie :
- Un joli œuf ! Là, encore un !
Tous les œufs d’or sont ramassés.
Les enfants crient : « Merci lapin ! »
Car le Jannot, ce grand coquin,
Nʼa pas voulu rester caché !
Et les enfants lui disent alors :
- Tu sais, Jannot, le grand trésor
Que la terre ne peut pas cacher,
C’est le soleil ressuscité !
Une histoire de Roger Gandon, illustrée par Marie Laure Viriot.
Le petit lapin et la cloche perdue
Bien au chaud au fond de son terrier, Pinou lève une paupière et s’étire longuement.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demande-t-il.
- Vous avez déjà oublié ? répond sa maman. Nous avons des œufs à préparer ! Demain, c’est le dimanche de Pâques, et les enfants d’ici comptent sur nous !
En quelques secondes, Pinou et ses deux frères sont sur pattes. Trois boules de poils suivent leur maman et sortent sous le frais soleil d’avril, direction la fabrique de chocolat, en même temps que des dizaines d’autres lapins.
Pinou est grognon.
- C’est la tradition, mon mignon.
- N’empêche que, du coup, des œufs en chocolat, on n’en a pas ! marmonne Pinou.
Bientôt, les lapins sont au travail dans une immense clairière où bouillonnent des chaudrons. Soudain, le ciel semble s’obscurcir.
Tous lèvent la tête et voient une nuée de cloches ailées traverser le ciel et disparaître à l’horizon. Pinou reste un moment le museau au ciel, rêveur.
Juste assez longtemps pour apercevoir une dernière cloche, toute petite, qui voyage à la traîne. Pinou crie pour l'encourager :
- Vas-y, tu peux les rattraper !
Il lui semble que dans le ciel, la petite cloche a ralenti, comme si elle l’avait entendu, puis elle disparaît à son tour.
Ensuite, toute la journée, Pinou verse du bon chocolat chaud dans des moules de tailles variées tandis que, plus loin, ses frères emballent les œufs.
Le soir venu, les lapins chargés d’œufs descendent vers les villages de la vallée. Pinou, fatigué, laisse les autres partir devant lui.
Lorsqu’il soulève enfin sa brouette, les autres sont des taches minuscules sur la montagne. Il arrive bientôt dans le jardin qu’on lui a désigné.
Il repère le nid qui l’attend, y dépose ses œufs, les contemple une minute, quand même tenté d’en goûter un, mais il résiste à la tentation.
Plus tard, avant de se glisser dans son terrier, il regarde une dernière fois le ciel, étoilé maintenant. Un petit point noir le traverse lentement, comme un oiseau.
Le lendemain, au réveil, il passe un poil de museau dehors. Mais, foulant ensuite l’entrée du terrier, il se fige : qui a construit ce nid d’herbe tendre posé devant lui ?
Il s’approche. Au milieu, serrées l’une contre l’autre, il découvre trois carottes d’une couleur étrange.
En se penchant, il comprend. Les carottes sont en chocolat…
À côté du nid, abandonnée, repose une plume.
Pinou lève les yeux au ciel.
- Merci pour ce cadeau, petite cloche perdue ! lance-t-il au ciel bleu.
Puis, en criant de joie, il court réveiller ses frères.
Une histoire écrite par Stéphane Daniel.
Salomé, la poule chocolatière
Célestine a sept poules qui picorent joyeusement en plein air. Brigitte pond des œufs blancs ; Agathe, des roses ; Bernadette, des œufs tachetés ; Capucine, des minuscules ; Odette des œufs énormes ; ceux de Charlotte ont deux jaunes d’œuf.
Salomé, elle, n’a toujours rien pondu. Un matin, le petit Arthur, qui passe les vacances de Pâques chez sa tante, trouve un drôle d’œuf sous les plumes de Salomé.
Un œuf marron ! Célestine, la fermière en reste bouche-bée : sa poulette pond des œufs en chocolat… et elle en pond des dizaines !
La nouvelle fait vite le tour du village, puis se répand dans tout le pays, jusqu’au journal télévisé. Dans l’industrie du chocolat, on commence sérieusement à s’inquiéter : les fêtes de Pâques approchent et cette drôle de poule menace les affaires des chocolatiers.
Un œuf surprise
Ce matin, des tintements de cloches ont réveillé Poussin. Quelle surprise ! De-ci de-là, le jardin est plein d’œufs en chocolat !
Dans le plus gros d’entre eux, Poussin piquette becquette et se régale. Le ventre plein, il se glisse dans l’œuf pour faire la sieste.
Voilà que Lapereau passe par là. Lui aussi s’invite au goûter et se faufile dedans ! Puis c’est au tour de Caneton de les rejoindre.
En voici un bel œuf surprise ! Les trois gourmands, repus, dorment bien cachés à l’intérieur du gros œuf en chocolat.
À la ferme, les parents s’inquiètent ! Où sont passés leurs petits ? Tous les animaux les cherchent.
Colombe les découvre bientôt, assoupis dans une mare de chocolat. Tout est bien qui finit bien par une bonne douche et, bien sûr, par une grande chasse aux œufs !
La Belle au Bois Dormant, un conte de Pâques
Pour évoquer Pâques avec des enfants de 6/7 ans, nous pouvons raconter des histoires de princesses qui se « réveillent d’un enchantement », comme dans le conte de La Belle au Bois Dormant ou même celui de Blanche-Neige. Ce sont de vraies images de Pâques.
C’est ce que raconte La Belle au Bois Dormant. Elle n’a pas échoué à une épreuve, elle a seulement subi ce que la treizième fée lui a promis.
« Cent ans » dans les contes signifie un temps assez long. Et quand « le temps est arrivé », le prince n’a même pas à écarter les épines : le chemin s’ouvre devant lui.
Blanche-Neige et le réveil
On peut aussi évoquer Blanche-Neige qui elle, échoue aux trois épreuves de son initiation car elle ne sait pas déjouer les sortilèges du peigne, du lacet de corset et de la pomme empoisonnée.
Elle n’était pas encore prête. Après les deux premières épreuves, les nains peuvent arranger les choses.
Mais à la troisième épreuve manquée, Blanche-Neige s’endort. Et « quand le temps sera venu », le prince n’aura qu’à la prendre par la main pour la réveiller.
Raconter la résurrection aux enfants plus âgés
Ce n’est qu’à partir de 12 ans, si c’est notre croyance, que nous pouvons parler de Pâques aux enfants. Un homme peut-il ressusciter ? C’est là le point central du christianisme, et il est évident que cela est du domaine de la foi de chacun.
Je voudrais essayer de préciser - un peu - ce que veut dire le mot « ressusciter ».
Dans la mythologie, Hypnos et Thanatos sont des frères jumeaux. Ils sont les enfants de Nyx, la nuit. Elle fait régner l’obscurité sur Terre.
Hypnos est chargé de répandre le sommeil sur toutes les créatures vivantes. Thanatos est le dieu du sommeil dont on ne se réveille jamais.
On peut ainsi comparer le sommeil à une petite mort : lorsque nous nous endormons, notre conscience quitte notre corps. Celui-ci continue à vivre : nous digérons, nos ongles poussent, et si le réveil sonne, nous l’entendons !
Notre corps reste vivant : les forces qui entretiennent la vie de notre corps physique restent attachées à ce corps. Ces « forces de vie » forment un ensemble structuré que l’on peut comparer à un « corps ».
De plus, elles se manifestent aussi sous forme de lumière. C’est pourquoi nous pouvons parler d’un « corps de lumière ».
Au réveil, nous reprenons conscience de nous-même et du monde qui nous entoure. À la mort, qui est comme « un long sommeil », nous laissons derrière nous un corps sans vie, un cadavre qui va vite se décomposer.
Nos forces de vie, notre « corps de lumière » lui, disparaîtra dans les trois jours qui suivront notre décès.
Le « corps de résurrection »
De quoi parlons-nous quand nous parlons de notre « corps physique » ? Selon R. Steiner, notre « corps physique » est une « forme », un « archétype », un « moule » que nous pouvons remplir de deux façons.
Pendant notre vie sur Terre, notre corps est rempli de matière : carbone, sels minéraux, eau… Aussi nous parlons de notre « corps matériel ».
Quand nous mourons, nous laissons les matériaux que nous avions empruntés à la terre, mais nous emportons « dans l’autre monde » l’archétype de notre forme humaine.
Croire que Jésus-Christ est ressuscité, c’est croire qu’Il a pu empêcher son « corps de lumière » de se dissoudre au bout de trois jours, et lui a gardé la forme qu’il avait quand il vivifiait son corps physique.
Ainsi, il a pu se rendre visible à certaines personnes qui l’ont reconnu car il avait la même « forme », la même apparence.
De cette façon, le « ressuscité » a pu se déplacer, parler, manger… C’est ce « corps » rempli de lumière, que l’on appelle le « corps de résurrection ».
Et jusqu’à maintenant, seul le Christ, par son sacrifice de pur amour, aurait pu réaliser cette transmutation de la matière en lumière.
C’est bien sûr quelque chose de difficile à concevoir, mais pas si étrange que cela.
À notre époque, de plus en plus de gens prennent conscience de leur « corps de lumière » et apprennent à s’en servir.
Pour nous mettre sur ce chemin, nous pouvons ressentir notre corps physique comme un véhicule, précieux certes, mais auquel nous ne nous identifions pas.
Nous pourrons ressentir, alors, que nous existons « indépendamment » de notre corps physique, tout en gardant une conscience normale de nous-même et du monde qui nous entoure.
Cela demande de surmonter les forces de notre égo, de développer un autre niveau de conscience, et un amour total pour les autres êtres…
Ne serait-ce pas une façon de commencer à ressusciter ?
Repères sur la fête de Pâques
Pâques, dimanche qui suit la pleine lune venant après l’équinoxe de printemps, soit entre le 22 mars et le 25 avril, est la fête chrétienne de la résurrection de Jésus-Christ, trois jours après sa mort sur la croix à Jérusalem.
Pâques toujours au pluriel lorsqu’il s’agit de la fête chrétienne tient son nom de Pessa’h, probablement de l’hébreu Pâsah « passer », « épargner ».
| Jour férié | La date |
|---|---|
| Lundi de Pâques 2026 | 6 avril |
| Lundi de Pâques 2027 | 29 mars |
| Lundi de Pâques 2028 | 17 avril |
| Lundi de Pâques 2029 | 2 avril |
Dans les jardins, les enfants trouvent au matin des œufs en chocolat ou en sucre, ainsi que d’autres friandises en forme de cloches, poules, lapins, agneaux, poissons… déposés mystérieusement dans la nuit par les cloches de retour de Rome, dit-on généralement ou par le lièvre de Pâques.
Le lundi de Pâques, jour férié en France, est la trace de l’octave qui prolongeait la fête jusqu’au dimanche de Quasimodo. Le dimanche de Quasimodo est le premier dimanche après Pâques.
L’agneau pascal
L’agneau est également un symbole biblique de croissance des cheptels.
Selon la bible, peu avant le départ précipité des Hébreux d’Égypte à la suite de Moïse, un ange exterminateur fut envoyé par Dieu pour frapper les enfants premiers-nés d’Égypte.
Moïse, prévenu par Dieu, fit marquer de sang d’agneau les deux montants et le linteau des portes des maisons de son peuple afin qu’elles puissent être épargnées.
La fête catholique de Pâques, au pluriel cette fois, commémore la résurrection de Jésus-Christ mort sur la croix trois jours plus tôt. Jean-Baptiste avait annoncé le Christ « Sauveur du monde » en le désignant ainsi : « Voici l’agneau de Dieu ».
Les chrétiens font également un grand repas le jour de Pâques où il est fréquent de manger de l’agneau ainsi qu’une pâtisserie contenant des œufs en abondance.
Le cierge pascal
Le cierge pascal, allumé à Pâques lors de la veillée, représente le Christ. Allumé au « feu nouveau », il brûle jusqu’à la Pentecôte.
- Une croix rehaussée de cinq grains d’encens, représentant les cinq plaies du crucifié.
- L’alpha et l’oméga, deux lettres de l’alphabet grec, symbolisant le commencement et la fin de toutes choses, pour signifier que la vie de Dieu est éternelle.
- Les quatre chiffres de l’année.
