Le 29 octobre 2022, une bousculade dans une ruelle étroite du quartier d’Itaewon, à Séoul, a fait 159 morts et de nombreux blessés pendant les festivités d’Halloween. Des dizaines de milliers de personnes, principalement âgées de 20 à 30 ans, s’étaient réunies pour la première grande fête post-pandémique.
La catastrophe a été provoquée par un mouvement de foule dans un secteur dense, en pente et bordé de bars et de clubs. Une enquête a ensuite relevé d’importantes défaillances dans la gestion de la foule et dans la réaction des secours, tandis que les familles des victimes ont continué à réclamer des explications, des condamnations et une réforme des procédures de sécurité.
Une fête d’Halloween transformée en catastrophe
Dans la soirée du samedi 29 octobre 2022, des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart âgées de 20 à 30 ans, étaient sorties pour profiter des fêtes post-pandémiques à Itaewon, un quartier cosmopolite de la capitale. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans le quartier d’Itaewon, connu pour sa vie nocturne, pour faire la fête.
Samedi soir, pour la première fois depuis la pandémie, des dizaines de milliers de fêtards, dont de nombreux jeunes, s’étaient donné rendez-vous à Séoul pour fêter Halloween. Ils étaient rassemblés dans le quartier festif d’Itaewon, connu pour son atmosphère cosmopolite, ses bars et ses lieux de fête en tout genre dans un dédale d’étroites ruelles.
Selon les médias locaux, pas moins de 100.000 personnes sont alors présentes dans le quartier, réputé pour ses soirées d’Halloween. Des commerçants établis dans le quartier depuis une trentaine d’années assurent à l’AFP que la foule était d’une taille "sans précédent".

Le rôle de la topographie et de la densité de la foule
Le quartier d’Itaewon « est un quartier très singulier », explique la coréanologue Juliette Morillot (1), qui a vécu plusieurs années dans cet arrondissement. « De nombreux touristes et expatriés étrangers avaient l’habitude de s’y rendre le week-end pour faire la fête car il y a des dizaines de bars et de boîtes de nuit. Aujourd’hui la base américaine a déménagé, mais les jeunes Coréens s’y retrouvent, ainsi que de nombreux étudiants étrangers qui sont revenus en Corée depuis l’ouverture du pays après l’épidémie de Covid. »
Si l’élément déclencheur de la bousculade n’a pas encore été établi, la topographie des lieux a joué un rôle majeur dans cette catastrophe. « Le quartier d’Itaewon est accroché à une colline au cœur de la ville, explique encore Juliette Morillot, et la concentration d’une partie de la foule dans une ruelle très étroite a accentué le danger. »
Mais la liesse a rapidement viré au cauchemar, lorsqu’un gigantesque flot de personnes s’est déversé dans une ruelle étroite bordée de bars et de clubs. Dans la soirée du samedi 29 octobre, un mouvement de foule a fait au moins 153 morts (dont un français) dans un quartier festif de la capitale coréenne.
Vers 22 heures 30, plusieurs chutes s’enchaînent et finissent pas créer un mouvement de foule près de l’hôtel Hamilton, situé sur une avenue principale entourée de ruelles en pente raide. "Il y avait tant de monde qui se bousculait et j'ai été happé par la foule, je n'ai pas pu m'en extraire" immédiatement, raconte par exemple à l'AFP Jeon Ga-eul, 30 ans.
Entre panique et étouffement, des centaines de personnes se retrouvent alors écrasées sous le poids d’autres fêtards. De nombreuses personnes, prises dans des mouvements de foule, sont tombées les unes sur les autres dans une rue étroite, a déclaré le chef de la caserne de sapeurs de Yongsan, Choi Sung-beom.
Un bilan humain qui a atteint 159 morts
Le mouvement de foule a causé la mort de 153 personnes, dont un Français. Le ministère de l’Intérieur précise également que 130 personnes ont été blessées. La plupart des victimes décédées sont des jeunes femmes âgées d’une vingtaine d’années, selon le ministère.
Au moins 153 personnes sont mortes et quelque 134 autres ont été blessées dans une bousculade à Séoul, la capitale sud-coréenne, samedi 29 octobre, lors de festivités d’Halloween, selon un dernier bilan officiel publié dimanche en fin de matinée. Le nombre de victimes pourrait encore s’alourdir alors que les opérations de secours se poursuivent.
Le mouvement de foule avait fait 159 morts et 133 blessés dans des ruelles de Séoul. 158 personnes - pour la plupart des jeunes femmes dans la vingtaine - ont ainsi perdu la vie dans la ruelle.
En décembre 2022, un adolescent ayant survécu au drame a été retrouvé mort par suicide apparent. Les autorités ont décidé de le compter comme une victime du désastre, portant le nombre de victimes à 159.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Date du drame | 29 octobre 2022 |
| Quartier concerné | Itaewon |
| Nombre de personnes présentes | Environ 100.000 |
| Bilan définitif | 159 morts |
| Victimes étrangères | Au moins 20 ressortissants étrangers |
Les autorités de Séoul ont par ailleurs fait état de 2.642 personnes portées disparues. Le Quai d’Orsay a rapporté dimanche un Français parmi les morts. Selon le ministère de l’intérieur sud-coréen, au moins 20 ressortissants étrangers ont péri dans le mouvement de foule.
Parmi les étrangers tués figurent des personnes originaires d’Iran, d’Ouzbékistan, de Chine et de Norvège, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Deux Russes figurent aussi parmi les morts, selon l’agence TASS.
Des secours confrontés au chaos
Cette situation a nécessité plusieurs heures de sauvetage, compliqué par la foule présente sur place et paniquée. Trois soldats américains, qui ont échappé de peu aux énormes bousculades, se sont improvisés secouristes.
"Il n'y avait pas assez de personnes pour les aider tous en même temps", soupire l'un d'entre eux, qui assure que les gens sont tombés "comme des dominos". De cette foule compacte, les secouristes ont du mal à évacuer les victimes, explique un autre soldat.
Des dizaines d’habitants tentent également de sauver des victimes, comme en témoignent des photos et vidéos. Une situation de chaos que le pays n’a jamais connue.
"C'est difficile à décrire avec des mots (. ). Beaucoup de victimes avaient le visage pâle. Je ne pouvais pas prendre leur pouls ou contrôler leur respiration et beaucoup d'entre elles avaient le nez en sang", raconte Lee Beom-suk, un médecin qui a administré des premiers soins aux victimes.
Dans une interview à la chaîne de télévision locale YTN, Lee Beom-suk, un médecin qui a administré les premiers soins aux victimes, a décrit des scènes de chaos et d’horreur. « Lorsque j’ai tenté pour la première fois de pratiquer un massage cardiaque, il y avait deux victimes allongées sur le trottoir. Mais peu après le nombre a explosé », a-t-il raconté.
Des témoins racontent également n’avoir vu que quelques dizaines de policiers sur place. Par manque d’anticipation des autorités, les forces de l’ordre présentes hier soir dans ce quartier ont été rapidement débordées.
Séoul sous le choc : la bousculade d'Halloween bousculade a fait 153 morts et 134 blessés
Les premières interrogations sur la sécurité
Comment s’est lancé ce mouvement de foule géant ? Y’avait-il assez de policiers sur place ? La soirée était-elle assez sécurisée ? Après ce drame, le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a promis dimanche une enquête "rigoureuse".
La police s’attendait à une affluence similaire aux précédentes éditions de la fête de Halloween, a simplement expliqué le ministre de l’Intérieur Lee Sang-min. La population exige des réponses, et l’enquête devra notamment déterminer si les lieux étaient assez sécurisés et les forces de police présentes sur place assez importantes.
La police s’attendait à ce que la foule à Itaewon soit similaire à celle des précédentes éditions de la fête de Halloween, a expliqué le ministère de l’intérieur Lee Sang-min. Au même moment, selon lui, un « nombre considérable » d’agents des forces de l’ordre étaient mobilisés pour encadrer une grosse manifestation dans une autre partie de la ville.
« La foule attendue à Itaewon n’était pas plus importante que les années précédentes, donc je pense que le personnel déployé l’a été à une échelle similaire [aux événements passés] », a déclaré le ministre de l’intérieur, Lee Sang-min, ajoutant qu’un « nombre considérable » de policiers se trouvaient au même moment dans un autre quartier de la capitale pour encadrer une manifestation importante.
Une enquête policière a révélé des défaillances massives dans le plan de gestion des foules, ainsi qu’une réaction bâclée et tardive des secours. Mais elle s’est abstenue d’incriminer les hauts fonctionnaires, et aucun d’entre eux n’a été licencié ou n’a démissionné à la suite du drame.
Le deuil national et les réactions officielles
Déplorant "une tragédie et un désastre qui n'auraient pas dû se produire", le président Yoon Suk-yeol a décrété un deuil national d'une semaine dans le pays et promis une "enquête rigoureuse".
Le président sud-coréen Yoon Seok-youl, qui dirige une cellule de crise, a déclaré, dans une adresse télévisée à la nation, que, « dans le centre de Séoul, est survenue une tragédie, un désastre qui n’aurait pas dû se produire ». Le gouvernement « enquêtera rigoureusement sur la cause » du drame « pour s’assurer qu’un tel accident ne se reproduise plus », a-t-il promis.
Le président sud-coréen a souligné les efforts déployés par son gouvernement pour construire un pays « sûr » au cours de l’année écoulée et a promis de redoubler d’efforts, ajoutant : « Nous devons nous assurer que les sacrifices des victimes ne seront pas gaspillés. »
Le maire de Séoul, Oh Se-hoon, qui se trouvait en visite en Europe, a, quant à lui, décidé de revenir précipitamment en raison du drame, selon l’agence Yonhap.
Les hommages et les demandes des familles
Sur place, de nombreux habitants viennent déposer des fleurs en hommage aux personnes décédées. Beaucoup se demandent comment une telle catastrophe a pu se produire au sein d’une nation d’ordinaire très civique dans ce genre de manifestation.
La Corée du Sud est en deuil. Alors que des dizaines de milliers de personnes fêtaient Halloween dans une ambiance joyeuse et heureuse dans le centre de Séoul, dans la nuit de samedi 29 et dimanche 30 octobre, une bousculade due à un énorme mouvement de foule incontrôlé a provoqué un drame meurtrier.
« Je n’y étais pas, mais lorsque j’ai vu les terribles images dimanche matin, j’ai éclaté en sanglots », témoigne ce dimanche depuis Séoul Nuri, une jeune Coréenne travaillant dans le commerce. « Juste avant, on voyait des milliers de jeunes rire et chanter, car à cause de la pandémie, il n’y avait plus eu de festivité publique depuis deux ans. Je pense que tout le monde avait besoin de se libérer de ces contraintes mais l’intensité était trop forte, les choses ont dérapé… »
Un an plus tard, les proches des victimes réclament toujours des informations précises sur les circonstances du drame. Ils veulent aussi des condamnations en justice et une révision des procédures de gestion des foules pour éviter qu’un tel désastre ne se reproduise.
Des milliers de personnes se sont réunies dimanche à Séoul pour marquer le premier anniversaire de la bousculade meurtrière qui a tué près de 160 personnes lors des festivités d’Halloween en Corée du Sud.
Environ 10.000 personnes étaient attendues à la commémoration de dimanche, a indiqué le groupe de familles avant l’événement, y compris les proches des victimes, des survivants, des militants, ainsi que des députés et des représentants du gouvernement.
Les paroles des proches et des survivants
« Nous ne voulions pas devenir des familles endeuillées », déclare Lee Jung-min, qui a perdu sa fille lors de la catastrophe de l’année dernière et qui dirige aujourd’hui le groupe de familles, lors du rassemblement à Séoul.
« Pourquoi pensez-vous que les 159 victimes qui ont perdu la vie dans la catastrophe d’Itaewon n’avaient pas d’autre choix que de devenir des étoiles dans le ciel ? » demande-t-elle. « J’aimerais savoir si vous pensez que le gouvernement n’est pas responsable. »
Lee Ju-hyun, une survivante, dit se rendre régulièrement sur le site de la catastrophe. « Certains disent que j’ai de la chance, mais est-ce que 159 personnes ont dû mourir parce qu’elles n’avaient pas de chance ? S’agissait-il d’une situation où la chance devait déterminer la vie ou la mort ? » s’interroge-t-elle devant la foule.
« Je serai toujours là avec eux », dit-elle, avant d’ajouter : « Ce n’est pas parce que certains essaient de l’ignorer que cela ne s’est jamais produit ». « Je me tiendrai toujours ici. Je continuerai à être une survivante ».
La commémoration un an après le drame
Bien qu’invité, le président Yoon Suk Yeol n’a pas assisté à l’événement, que son bureau a qualifié de « rassemblement politique » de l’opposition, selon les médias locaux. Au lieu de cela, Yoon Suk Yeol a assisté à un service commémorant les victimes dans une église de Séoul et y a exprimé ses condoléances.
« Ce jour de l’année dernière a été le plus triste de ma vie, et je crois que tous les Sud-Coréens ressentent la même chose que moi », a déclaré Yoon Suk Yeol lors d’un discours prononcé à l’église.
De nombreux dirigeants internationaux ont fait part de leur consternation. « Nous pleurons avec le peuple de la République de Corée et adressons nos meilleurs vœux de prompt rétablissement à tous ceux qui ont été blessés », a déclaré dans un communiqué le président américain Joe Biden, ajoutant que les États-Unis « se tiennent au côté de la République de Corée pendant cette période tragique ».
Son homologue français Emmanuel Macron a exprimé « une pensée émue pour les habitants de Séoul et pour l’ensemble du peuple coréen ». « La France est à vos côtés », a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s’est dit « profondément attristé par les terribles événements ».
Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, a également présenté ses « profondes condoléances » dans un message adressé au président sud-coréen. Dimanche matin, à l’issue de sa prière de l’Angélus, prononcée sur la place Saint-Pierre, le pape François a demandé aux fidèles de prier « pour les si nombreuses personnes, en particulier les jeunes, qui sont morts la nuit dernière à Séoul, conséquence tragique de l’entassement soudain de la foule ».
Les premières condamnations judiciaires
Le 30 septembre 2024, un tribunal sud-coréen a condamné à trois ans de prison l’ancien chef de la police d’un quartier de la capitale sud-coréenne, lui reprochant de n’avoir pas empêché la bousculade. C’est le premier gradé reconnu coupable de ne pas avoir empêché la catastrophe.
Lee Im-jae, l’ancien chef de la police du quartier de Yongsan a été reconnu coupable de ne pas avoir pu empêcher cet accident. Il s’agit du premier officier de police à être condamné pour son rôle direct dans la catastrophe.
« Il était prévisible qu’il y aurait une foule de personnes dans l’allée en pente d’Itaewon et un potentiel grave danger pour la vie et la sécurité physiques des personnes présentes lors du week-end d’Halloween en 2022 », a déclaré le tribunal du district ouest de Séoul dans son jugement.
Un autre ancien policier, responsable du centre d’urgence de la police de Yongsan, a été condamné à deux ans de prison pour les mêmes motifs. Plusieurs fonctionnaires de police de rang inférieur ont précédemment été condamnés, dont l’ancien chef de la police de Yongsan, le district supervisant Itaewon, qui a écopé de trois ans de prison.

Les accusations de destruction de preuves
Plus tôt cette année, deux anciens hauts fonctionnaires de police ont été emprisonnés pour avoir détruit des preuves liées à l’accident, représentant les premières condamnations en rapport avec cet épisode.
Juste après la catastrophe, les deux policiers auraient ordonné la suppression de quatre rapports de police internes qui avaient identifié avant l’incident des problèmes de sécurité quant à une éventuelle surpopulation dans la zone, a jugé le tribunal.
Le tribunal doit également rendre un autre verdict ce lundi concernant un ancien fonctionnaire local, Park Hee-young, chef du bureau de la circonscription de Yongsan au moment de l’accident, pour des accusations similaires.
L’acquittement d’anciens responsables de la police de Séoul
Ce jeudi 17 octobre, un tribunal de Corée du Sud a acquitté l’ancien chef de la police de Séoul et deux officiers qui étaient jugés pour négligence après la bousculade lors de la fête d’Halloween en 2022, a indiqué un responsable à l’AFP.
À la lecture du verdict, des cris de protestation ont résonné dans la salle d’audience, noyant les soupirs de soulagement des accusés. Le tribunal a estimé que Kim Kwang-ho, le plus haut responsable de la police inculpé dans cette affaire, ne pouvait être tenu légalement responsable du drame, par manque de preuves pour établir que sa négligence dans l’exercice de ses fonctions a conduit à l’accident.
« Il est difficile d’établir au-delà de tout doute raisonnable, avec les preuves avancées par l’accusation, que les accusés ont commis une négligence professionnelle », a déclaré le tribunal du district ouest de Séoul, selon l’agence Yonhap.
Deux autres policiers ont été acquittés en même temps que lui pour les mêmes chefs d’accusation. Le tribunal a toutefois reconnu que le nombre de victimes aurait pu être réduit si « ne serait-ce qu’une petite force de police chargée de maintenir l’ordre » dans le quartier d’Itaewon avait été mobilisée pour Halloween.
Une responsabilité politique toujours contestée
Une équipe spéciale en charge de l’enquête, qui a passé des mois à rassembler des preuves et à interroger les autorités concernées, avait conclu début 2023 qu’il y avait eu d’énormes défaillances, tant au niveau de l’organisation que de la réaction sur le terrain.
L’accusation avait requis une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien chef de la police de Séoul, qui a nié tout acte répréhensible. « Au lieu de chercher un bouc émissaire, de véritables mesures préventives devraient être mises en œuvre », avait-il déclaré en avril.
Kim Kwang-ho, l’ancien chef de l’agence de la police métropolitaine de Séoul, a aussi été jugé et attend son verdict pour négligence professionnelle ayant entraîné des blessures ou la mort.
Seuls des fonctionnaires locaux ont été poursuivis en justice à la suite de l’accident. Aucun membre du gouvernement n’a démissionné ou fait l’objet de poursuites, malgré les critiques des familles des victimes.
Bien qu’invité, le président Yoon Suk Yeol n’a pas assisté à l’événement, que son bureau a qualifié de « rassemblement politique » de l’opposition, selon les médias locaux.