Course de drag sur 200 ou 400 mètres

La course de drag est une épreuve d’accélération en ligne droite départ arrêté, disputée sur 200 ou 400 mètres selon la piste, la catégorie et l’organisation. En France, les courses de runs se déroulent notamment sur des pistes temporaires de 200 à 300 mètres, tandis que les compétitions homologuées privilégient le 400 mètres.

Le 400 mètres permet de comparer le temps d’accélération et la vitesse atteinte sur une distance normalisée. Les performances les plus rapides sont réalisées par des dragsters spécialement préparés, mais l’exercice peut aussi opposer des voitures de série, des véhicules de compétition, des motos et des machines équipées de propulsions particulières.

Différences entre une course de 200 et de 400 mètres

À l’époque des RWYB (Run What Ya Brung), les pistes homologuées de 400 mètres n’étaient pas encore courantes et les épreuves se déroulaient sur des distances de 200 à 300 mètres, notamment sur des circuits comme le circuit JP-Beltoise à Trappes. Ces courses étaient ouvertes aux amateurs sur inscription, tandis que les équipes les plus importantes les utilisaient pour des essais et du rodage.

Une course de 200 mètres favorise fortement le départ, la motricité et la capacité du véhicule à transmettre immédiatement sa puissance au sol. Sur 400 mètres, l’accélération se poursuit plus longtemps et la puissance, l’aérodynamique, l’étagement de la transmission et la stabilité à haute vitesse prennent davantage d’importance.

Le temps réalisé ne dépend donc pas uniquement de la puissance maximale. L’adhérence de la piste, la préparation du véhicule, les conditions météorologiques, la réaction du pilote et la régularité du lancement influencent directement le résultat.

Le déroulement d’une course de drag

Les véhicules prennent place côte à côte sur une ligne de départ aménagée sur une piste droite. Après la procédure de départ, chaque pilote tente de parcourir la distance le plus rapidement possible, sans virage ni possibilité de corriger la trajectoire comme sur un circuit traditionnel.

Le chronométrage permet de mesurer le temps nécessaire pour atteindre l’arrivée et, selon les compétitions, la vitesse enregistrée au bout des 400 mètres. Les résultats peuvent être présentés par pilote avec le nom, le prénom, la date, le lieu, le véhicule, le temps au 400 mètres et la vitesse au 400 mètres.

Élément mesuréRôle dans le résultat
Temps au 400 mDurée nécessaire pour parcourir la distance départ arrêté
Vitesse au 400 mVitesse atteinte ou mesurée à l’arrivée
Distance200 ou 400 mètres selon la piste et l’épreuve
VéhiculeVoiture, dragster, moto ou autre machine de compétition

Les records français sur 400 mètres

La liste des pilotes ayant passé la barre des 200 miles par heure sur une manche du trophée français comprend plusieurs performances réalisées à Clastres Dragway.

NomPrénomDateLieuVéhiculeTemps au 400 mVitesse au 400 mVitesse au 400 m
LajouxSébastien25 juin 2023Clastres DragwayDragster rail6,647 secondes333,62 km/h207,30 MPH
LajouxSébastien21 mai 2023Clastres DragwayDragster rail6,65 secondes332,15 km/h206,39 MPH
LajouxSébastien31 juillet 2022Clastres DragwayDragster rail6,769 secondes331,12 km/h205,75 MPH
DuboisPatrick7 septembre 2021Clastres DragwayPontiac GXP7,094 secondes323,36 km/h200,92 MPH
LajouxSébastien15 septembre 2019Clastres DragwayDragster rail6,913 secondes328,56 km/h204,157 MPH

Sébastien Lajoux a franchi à plusieurs reprises la barre des 200 MPH au volant d’un dragster rail à Clastres Dragway. Sa meilleure performance de cette liste est un temps de 6,647 secondes, associé à une vitesse de 333,62 km/h, soit 207,30 MPH.

Patrick Dubois a également dépassé les 200 MPH sur 400 mètres avec une Pontiac GXP. Le 7 septembre 2021, il a réalisé 7,094 secondes à 323,36 km/h, soit 200,92 MPH.

Un exploit français à moto : Éric Teboul

Éric Teboul est entré dans l’histoire de sa discipline le 11 septembre dernier en devenant le premier homme sous les 5 secondes lors de l’exercice du 400 mètres départ arrêté, atteignant au passage les 470 km/h.

Le circuit de Santa Pod, dans le Northamptonshire, a vécu un petit moment d’histoire lors de cette performance. Cette histoire des courses de dragster, c’est un Français qui l’a écrite : Éric Teboul, 60 printemps au compteur, est devenu le premier homme à parcourir 400 mètres au guidon d’une moto en moins de 5 secondes.

Le temps réalisé était de 4,976 secondes. Pour réaliser un temps pareil, il faut un engin capable d’atteindre très rapidement des vitesses incroyables : 467 km/h au bout des 400 mètres et plus de 8 G au départ.

Cet authentique exploit a été réalisé sur sa « moto-fusée » de 3 mètres de long, préparée dans son atelier de Tourrettes, dans le Var. Elle embarque un système de propulsion similaire à celui de la fusée Apollo 13, tandis qu’Éric Teboul fabrique même son propre carburant à base de peroxyde d’hydrogène.

Éric Teboul sur moto-fusée dragster

Les pistes de dragster en France

Les pistes ne sont pas légion. Souvent d’anciens aérodromes reconvertis, parfois installées sur une ligne droite de circuit, elles sont souvent situées à l’écart pour limiter les nuisances.

La France est le parent pauvre comparé au reste de l’Europe ou aux États-Unis. Les sites français comprennent des pistes permanentes et des pistes temporaires utilisées pour les runs.

Clastres Dragway

On aura vite fait le tour des pistes homologuées en France vu le peu de soutien administratif. Clastres est désormais incontournable, avec une piste encollée accueillant le dragster dans une certaine limite.

La piste ne reçoit pas toutes les catégories et les véhicules ne descendant pas sous les 6 secondes ne peuvent pas y prendre place : adieu Top Fuel et autres machines très rapides. Le site accueille le dragster sur trois manches.

La compétition y est sérieuse, avec l’application des règlements FIA et des plateaux intéressants pour la France. La piste est facilement accessible.

Le site ne dispose pas de camping visiteur pour rester sur place, de butte ou de tribune permettant d’avoir un bon point de vue, mais seulement de grilles de chantier.

Les courses de runs temporaires

Le Mosquistos Drag Race organise des courses de runs, et non des courses de quart de mile, sur une piste de 300 mètres. Des courses de 1 000 sont également organisées, avec toutes les marques représentées, même si les temps changent et que les diesels sont désormais nombreux, aux côtés de moins de V8.

L’événement est sérieux et réglementé sur la piste, avec contrôle technique et catégories, mais détendu en dehors, avec camping gratuit. Il se déroule à Saulieu-Liernais, sur un aérodrome utilisé depuis des années, avec le dynamique Manu.

Les pistes européennes de 400 mètres

Les compétitions européennes de la FIA changent d’échelle : véhicules de toutes les catégories, pistes encollées, matériel spécialisé sur la piste, budgets plus importants et accueil du public organisé autour du spectacle.

En FIA, le championnat se déroule sur quatre à cinq manches réparties sur plusieurs sites du continent européen, de l’Angleterre à la Suède en passant par l’Allemagne.

Les pistes européennes permettent d’accueillir toutes les catégories, jusqu’au Top Fuel. Les spectateurs peuvent y voir des véhicules de type street, des Funny Car à méthanol, des dragsters et des Rocket Car.

Santa Pod Raceway, en Angleterre

Santa Pod Raceway organise des manifestations quasiment tous les week-ends sur des thèmes différents : monotype, young-timer, dragster et monster-truck.

Toutes les catégories peuvent être réunies lors d’une manche FIA, du street au Top Fuel en passant par les Funny Car à méthanol. Les Rocket Car complètent parfois le programme.

Les performances peuvent descendre sous les 4 secondes, avec un record d’Europe de 3,70 secondes réalisé sur cette piste.

L’accueil du public comprend un camping gratuit pour plusieurs jours, avec possibilité d’électricité en option payante, des douches chaudes, des toilettes, un distributeur de billets, un service médical, un local pour enfants, des bars, des restaurants, des manèges, un accès libre au paddock, une butte, des tribunes, des spectacles, des concerts et parfois un feu d’artifice.

La piste accueille également des survols par des avions de collection. Le camping est accessible lors d’une arrivée la veille, parfois gratuitement et parfois contre paiement.

La météo est particulière en Angleterre : si la pluie tombe, les courses ne roulent pas. La piste dispose toutefois des équipements nécessaires pour reprendre l’activité après une averse et peut être séchée en deux heures maximum.

Le dispositif comprend des réacteurs sur remorque, un tracteur balayeur et, si nécessaire, une raclette pour évacuer l’eau de la piste.

Santa Pod Raceway piste de dragster

Tierp Arena, en Suède

Tierp Arena cumule l’éloignement et la traversée. Son organisation programme des manifestations quasiment tous les week-ends sur des thèmes différents, aux beaux jours compte tenu de la latitude.

Le camping est installé sur le site mais il est payant. Des places en tribune sont accessibles au public.

Hockenheim Ring, en Allemagne

Hockenheim Ring a l’avantage d’être accessible sans traversée, mais l’inconvénient d’être organisé sur la ligne droite d’un circuit.

Le public dispose donc seulement de places en tribune. Il n’y a pas de parking ni de camping sur le site, mais des solutions existent aux alentours avec des navettes.

Le spectacle mécanique est important, mais l’organisation d’une course de drag sur une ligne droite de circuit impose des conditions différentes de celles d’une piste spécialisée.

Les pistes européennes ponctuelles

D’autres pistes sont utilisées ponctuellement, mais pas toujours d’une année sur l’autre. Certaines revivent après un abandon, tandis que d’autres disparaissent.

Montorp Park, en Suède, a été utilisé de 1969 à 2011 avant un arrêt, puis une reprise par la SHRA.

Les anciennes pistes françaises

Chambley Drag Power Show

Pendant des années, le Duck Team Organisation de Donald Pottier a animé la piste de Chambley, des années 1980 à 2017.

La piste n’était pas encollée, mais elle proposait un beau plateau et des jet-cars.

Vichy-Charmeil

Vichy-Charmeil était une autre piste d’aérodrome non encollée, utilisée avant l’arrivée d’une piste permanente. L’époque proposait également un beau plateau.

Le Castellet - Paul Ricard

Le Castellet constituait une autre étape avant Clastres. Il s’agissait d’un circuit avec une piste non encollée, située au soleil du sud, et accueillant un gros plateau.

Les pistes de runs des années 1990

Les RWYB, ou Run What Ya Brung, signifient littéralement « courez avec ce que vous amenez ». À l’époque, il n’existait pas encore de pistes homologuées de 400 mètres et les courses se disputaient sur des distances de 200 à 300 mètres.

Ces épreuves permettaient aux amateurs de se lancer sans gros moyens. Les plus grands utilisaient également ces rendez-vous pour leurs essais et leur rodage.

À la fin des années 1990, les initiatives se multipliaient un peu partout, dans une ambiance parfois qualifiée de Far West. Des tentatives de fédération des différentes organisations existaient, notamment avec la FDRA.

Éric Haccoun a participé à cette époque avec son emblématique Cortina, notamment à Lurcy-Lévis en 2003. Il avait également monté un garage à Villepinte.

De son côté, Laurent Arnault, longtemps associé aux Mopar, court toujours notamment sur Corvette à Clastres avec le Moparnault-Team.

Les courses de 400 mètres entre voitures de série et supercars

Une course de drag sur 400 mètres peut également opposer des voitures de série très performantes et des supercars, dans une comparaison directe de leurs capacités d’accélération en ligne droite.

Motor Trend a emmené 12 voitures sur une piste militaire pour une drag race de 400 mètres. L’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, l’Aston Martin DB11, la Chevrolet Camaro ZL1 1LE, la Chevrolet Corvette Grand Sport, la Ferrari 488 GTB, la Lexus LC500, la McLaren 570GT, la Mercedes-Benz AMG GTR, la Nissan GT-R Nismo, la Porsche 718 Cayman S, la Porsche 911 Turbo S et la Tesla Model S P100D se sont affrontées dans un exercice d’accélération en ligne droite.

Le plateau ne comprenait pas de Lamborghini, de BMW, d’Audi, de Jaguar, de Lotus, de Bentley, de Bugatti ou de Koenigsegg, mais les véhicules réunis offraient déjà une comparaison particulièrement variée.

La voiture qui démarre le plus vite doit ensuite réussir à conserver son avantage jusqu’à l’arrivée. Le résultat dépend donc de l’accélération initiale, mais aussi de la capacité à maintenir le rythme sur la totalité des 400 mètres.

Supercars drag race

Informations nécessaires pour enregistrer une performance

Pour ajouter un record à une liste de performances, les informations essentielles sont le nom et le prénom du pilote, la date et le lieu de la course, le véhicule utilisé, le temps réalisé au 400 mètres et la vitesse enregistrée au 400 mètres.

InformationExemple de valeur
NomLajoux
PrénomSébastien
Date25 juin 2023
LieuClastres Dragway
VéhiculeDragster rail
Temps au 400 m6,647 secondes
Vitesse au 400 m333,62 km/h

tags: #course #drag #sur #200 #ou #400m