La présente étude explore, à partir d’un corpus riche de textes liturgiques et de réflexions catéchétiques, la relation entre le credo, la liturgie baptismale et les symboles du baptême dans l’expérience chrétienne, en mettant en lumière le sens profond de la profession de foi et de la célébration baptismale.
La profession de foi comme synthèse personnelle et ecclésiale
On appelle ces synthèses de la foi « professions de foi » puisqu’elles résument la foi que professent les chrétiens. La particularité de la profession de foi baptismale est d’être composée de trois questions appelant à chaque fois la réponse : « je crois ». Nous sommes là sous une forme dialogale. Les mots de la foi sont formulés par un autre que le catéchumène qui les reçoit, il est sollicité et une réponse est attendue de sa part. Cette dialogue rappelle que nous sommes précédés par l’appel de Dieu et que nous avons besoin de l’Église pour connaître les mots de la foi et y répondre. Car croire est certes un acte personnel mais il est aussi ecclésial et communautaire car on ne peut croire seul. Professer sa foi est un acte d’affirmation publique de cette foi.
La foi est exprimée régulièrement lors des célébrations pascales et dominicales: « Tous les dimanches et aux messes des solennités, nous renouvelons cette profession de foi par l’acclamation du Credo. » La profession de foi baptismale est une démarche qui unit les fidèles autour d’un texte fondamental et renforce le sens de l’unité des croyants entre eux et leur relation à Dieu. Connaître son identité de croyant est essentiel pour pouvoir dire « je crois » haut et fort lors de la célébration du baptême.
Deux versions du Credo existent : le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée- Constantinople. Étymologiquement, le terme « symbole » vient du grec sumbolon, signifiant « mettre ensemble ». Il s’agit ainsi de « mettre ensemble » les vérités centrales de la foi et de les présenter comme base commune du corps ecclésial.
Le Credo de Nicée-Constantinople et le Credo des Apôtres: contenu et signification
Le Credo de Nicée-Constantinople affirme, entre autres, « Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… Je crois en l’Esprit Saint… Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. » Il rappelle l’unité du Dieu trinitaire et la mission de l’Eglise dans le monde. La profession de foi poursuit en décrivant le rôle du Fils, sa naissance, sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension, ainsi que l’action du Saint-Esprit et la fécondité missionnaire de l’Eglise.
Le texte poursuit avec l’espoir eschatologique: « J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen. » Cette dimension eschatologique confère au baptême et à la foi une orientation vers l’éternité et la justice divine, fondant le lien entre l’histoire humaine et le salut final.
La liturgie baptismale: rites, symboles et engagements
La messe de baptême à l’église est très importante pour les chrétiens mais elle peut parfois être impressionnante. C’est pourquoi, avant de baptiser son bébé, il est courant d’avoir des réunions préparatoires au baptême, afin de pouvoir lire les textes et de s’en imprégner mais aussi pour comprendre les nombreux symboles du baptême religieux. Les parents s’approchent de la cuve baptismale où l’enfant va être baptisé. Le célébrant interroge le parrain et la marraine qui doivent affirmer qu’ils renoncent au mal et à Satan. Le célébrant demande au parrain et à la marraine d’affirmer qu’ils font leur foi à l’église. Le célébrant demande une nouvelle fois si les parents souhaitent le baptême de leur enfant. Après l’acquiescement il verse, par trois fois, en forme de croix, l’eau sur le front de l’enfant. Il prononce la formule millénaire : « Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ». Le parrain et la marraine remettent à l’enfant le vêtement blanc. Le célébrant allume le cierge et le donne au parrain. Récitation du Notre Père. La signature du registre officialise le baptême religieux.
La liturgie décrit ensuite le déroulement dynamique de l’initiation chrétienne: exorcisme et délivrance, signe de la croix sur le front, imposer la main, bénédiction de l’eau, renonciation au péché et profession de foi des parents et du parrain/marraine. Le prêtre bénit l’eau et rappelle les réminiscences scripturaires de l’eau comme source de vie et de purification, puis demande aux parents et aux parrains de proclamer leur foi en Jésus-Christ et en l’Église. Cette renonciation et profession de foi se font dans un dialogue: le prêtre et les familles échangent des réponses qui témoignent de leur adhésion commune à la foi. Le baptême est ensuite prononcé par l’invocation: « Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ». Le rituel se poursuit par la remise du vêtement blanc et l’allumage du cierge, symboles de lumière et de nouvelle vie en Christ.
Le prêtre remet un cierge aux parents et les exhorte à garder la lumière du Christ dans la vie de l’enfant, afin que celui-ci avance en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi du baptême. Le chant d’action de grâce accompagne la fin de la célébration et l’assemblée est invitée à une prière finale qui clôt le rite avec l’espoir de la rencontre avec le Seigneur dans le Royaume des saints.
La formation et le rôle de la communauté dans le cheminement de foi
La formation des catéchumènes et l’accompagnement des familles autour du Credo renforcent l’unité et la continuité entre l’enseignement, la liturgie et la vie chrétienne. En amont, un parcours du Credo à travers les œuvres d’art peut être intéressant à leur proposer. Mais il faut être attentif à ce qu’ils puissent redire leur foi avec leurs propres expressions et ceci permettra à l’accompagnateur de voir ce qu’ils ont compris et de répondre à leurs questions.
La liturgie baptismale est donc un espace où la foi échangée devient action communautaire: le Credo ou Symbole des Apôtres et le Credo de Nicée-Constantinople servent de fondation pour le catéchumène et pour l’assemblée qui renouvelle sa profession de foi à chaque célébration. Le dialogue, dans le cadre du baptême, rappelle que croire est à la fois acte personnel et engagement communautaire, ancré dans l’histoire du salut et dans la communion des saints.
Aspects pratiques et réflexions théologiques
Cette approche insiste sur le fait que la foi ne peut être réduite à une simple répétition, mais doit être vécue et expliquée par chacun selon son incarnation et son vécu. Le Credo est ainsi une « profession de foi » qui appelle chacun à une fidélité vivante, à une conversion personnelle et à une mobilisation communautaire autour des valeurs de l’Église universelle quelques soient les lieux et les cultures dans lesquelles les fidèles vivent leur foi.

Commentaire du Credo 24, Le baptême
La liturgie baptismale, en incluant les textes de l’Exode, d’Isaïe, de Paul et des Évangiles, offre aux baptisés une dynamique de vie nouvelle en Christ et une vocation à témoigner dans le monde, à travers l’Exemple d’un Dieu Créateur qui appelle à continuer à créer, aimer et pardonner chaque jour.