Date envisagée de fin de contrat et jour férié en rupture conventionnelle

La date envisagée de fin du contrat doit être fixée après l’expiration du délai de rétractation et du délai d’homologation, et elle ne peut pas être antérieure au lendemain de l’homologation. Pour calculer cette date, il faut distinguer le délai de rétractation de 15 jours calendaires, qui inclut les jours fériés, du délai d’homologation de 15 jours ouvrables, durant lequel les jours fériés ne sont pas comptés.

La rupture conventionnelle impose donc un calendrier incompressible : après la signature, chaque partie bénéficie de 15 jours calendaires pour se rétracter, puis l’administration dispose de 15 jours ouvrables pour instruire la demande d’homologation. La date de fin du contrat peut être fixée à une date plus tardive, mais jamais avant la fin de ces délais.

Les délais à prendre en compte pour fixer la date de fin du contrat

La rupture conventionnelle obéit à un mécanisme séquentiel prévu par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail. Deux délais successifs s'imposent entre la signature de la convention et la fin effective du contrat : le délai de rétractation, puis le délai d'homologation.

Aucun de ces délais ne peut être raccourci, supprimé ou fusionné. Ces délais protègent les deux parties et garantissent une décision réfléchie, en permettant notamment au salarié de mesurer les conséquences de sa décision.

Type de délaiDuréeUnité de calculImpact des jours fériésPoint de départ
Délai de rétractation15 joursJours calendairesInclus dans le décompteLendemain de la signature
Délai d’homologation15 joursJours ouvrablesExclus du décompteLendemain de la réception par la DREETS

Le premier délai protège le consentement des parties. Pendant 15 jours calendaires après la signature, l'employeur comme le salarié peuvent revenir sur leur accord sans motif ni formalisme particulier, hormis l'envoi d'une lettre recommandée ou sa remise en main propre.

Le second délai correspond à l'instruction de la demande d'homologation par la DREETS. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour vérifier la conformité de la convention.

Jours calendaires et jours ouvrables : quelle différence ?

Pour les délais calendaires, tous les jours comptent, y compris les samedis, dimanches, jours fériés et jours chômés. Le délai de rétractation de 15 jours calendaires inclut donc les jours fériés qui se trouvent pendant la période de décompte.

Pour le délai d'homologation de 15 jours ouvrables, les dimanches et les jours fériés chômés ne sont pas comptés. En pratique, 15 jours ouvrables représentent 3 semaines civiles complètes, soit 21 jours calendaires, en l'absence de jour férié intercalé.

Type de joursDéfinitionConséquence pratique
Jours calendairesTous les jours de l'année, sans exceptionLes samedis, dimanches et jours fériés sont comptés
Jours ouvrablesTous les jours sauf dimanches et jours fériésLes jours fériés prolongent le délai réel

Cette distinction de régime génère régulièrement des erreurs de 2 à 5 jours sur le calendrier prévisionnel. Chaque jour férié tombant un jour de semaine ajoute 1 jour calendaire supplémentaire au délai réel d'homologation.

Calendrier rupture conventionnelle jours fériés

Le délai de rétractation de 15 jours calendaires

À compter du lendemain de la signature de la convention, chacune des parties dispose d’un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter. Tous les jours comptent, y compris les samedis, dimanches, jours fériés et chômés.

Le jour de la signature lui-même n'entre pas dans le décompte. Le calcul commence donc le lendemain de la date de signature de la convention par les deux parties.

Ce droit de rétractation appartient également à l'employeur. Les deux parties peuvent y recourir, indépendamment l'une de l'autre.

Si l'une des parties se rétracte, la procédure s'arrête immédiatement et le contrat se poursuit dans les conditions initiales. La rétractation doit être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge.

La date qui compte est la date d'envoi, et non la date de réception. La rétractation exercée le dernier jour reste valable si la lettre est postée avant minuit, cachet de la poste faisant foi.

Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, le délai est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Cette règle de prorogation s'applique au délai de rétractation.

Exemple avec un jour férié pendant le délai

Une convention signée le lundi 3 juin 2024 fait courir le délai à partir du mardi 4 juin. Le 15e jour calendaire tombe le mardi 18 juin. Aucun report n'est nécessaire : le délai expire le 18 juin à 23h59.

La demande d'homologation peut être envoyée à compter du 19 juin. Le jour férié éventuellement situé pendant cette période aurait été compté, puisqu'il s'agit d'un délai calendaire.

Exemple lorsque le dernier jour tombe un samedi

Si la convention est signée le jeudi 6 juin 2024, le délai court du vendredi 7 juin au samedi 21 juin. Le 21 juin étant un samedi, le délai est reporté au lundi 23 juin.

La demande d'homologation ne peut partir qu'à compter du 24 juin. Le report concerne le dernier jour du délai lorsque celui-ci tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé.

Quand la demande d’homologation peut-elle être envoyée ?

En l’absence de rétractation, un exemplaire signé de la convention est transmis à la direction départementale compétente (DREETS) afin d’obtenir l’homologation. Cette demande peut être réalisée par l’employeur ou par le salarié.

La demande ne peut être envoyée qu’à partir du lendemain de la fin du délai de rétractation, sous peine d’irrégularité. Les deux délais se succèdent sans chevauchement possible.

La demande d'homologation ne peut être envoyée qu'après l'expiration complète du délai de rétractation. Toute demande transmise avant cette échéance entraîne un refus automatique.

Le délai d’homologation de 15 jours ouvrables

L’administration dispose alors d’un délai de 15 jours ouvrables à compter du lendemain de la réception de la demande pour vérifier la validité de la convention. Les dimanches et jours fériés chômés ne sont pas comptés dans ces 15 jours.

Le délai d'homologation de 15 jours ouvrables débute le lendemain de la réception de la demande par la DREETS. La distinction avec le délai de rétractation est essentielle : ici, le décompte exclut les samedis, dimanches et jours fériés.

Si la DREETS ne répond pas dans ce délai, la convention est réputée homologuée. La loi prévoit qu’en l’absence de réponse après 15 jours ouvrables, l’homologation est réputée acquise par accord tacite.

En cas de refus, elle doit motiver sa décision, par exemple en cas de non-respect d’une étape de la procédure ou d’indemnité inférieure au minimum légal ou conventionnel. La convention est alors sans effet et les parties doivent reprendre la procédure depuis le début.

Exemple de calcul du délai d’homologation

La demande est reçue par la DREETS le mercredi 19 juin 2024. Le délai court à partir du jeudi 20 juin.

En comptant uniquement les jours ouvrables, le 15e jour ouvrable tombe le jeudi 10 juillet 2024. L'homologation est acquise tacitement le 11 juillet si aucune décision explicite n'est notifiée.

ÉtapeDateCalcul
Signature de la conventionLundi 3 juin 2024-
Fin du délai de rétractationMardi 18 juin 202415 jours calendaires
Envoi de la demande d'homologationMercredi 19 juin 2024Lendemain de la fin de rétractation
Réception par la DREETSMercredi 19 juin 2024Envoi via TéléRC
Fin du délai d'homologationJeudi 10 juillet 202415 jours ouvrables
Date de rupture au plus tôtVendredi 11 juillet 2024Lendemain de l'homologation

Comment déterminer la date envisagée de fin du contrat ?

La date de rupture conventionnelle effective correspond à la date mentionnée dans la convention, à condition qu'elle soit postérieure à l'homologation.

Cette date doit nécessairement être postérieure à la fin du délai de rétractation et au délai d'homologation. La date effective de rupture du contrat ne peut jamais être antérieure au lendemain du jour de l'homologation, qu'elle soit expresse ou tacite.

Le directeur juridique dispose d'une marge de manœuvre sur un seul paramètre : fixer dans la convention une date de rupture postérieure au minimum légal. Cette latitude permet d'organiser une passation, de caler le départ sur une fin de mois ou de tenir compte d'un projet de recrutement.

En revanche, avancer la date en deçà du plancher légal est impossible. Si la date prévue dans la convention est antérieure à la fin du délai d'homologation, c'est le lendemain de l'homologation qui s'applique automatiquement.

La date de fin de contrat est librement déterminée par les parties, dans le respect des délais légaux. La rupture conventionnelle ne prévoit pas de préavis au sens classique.

Le contrat continue-t-il jusqu’à la date de fin prévue ?

Le contrat de travail se poursuit intégralement jusqu'à la date de rupture. Le salarié reste tenu d'exécuter ses fonctions, sauf dispense expresse de l'employeur.

Le salarié continue de travailler normalement jusqu'à cette date, sauf accord contraire sur une dispense d'activité. La rémunération, les cotisations sociales et la couverture prévoyance courent jusqu'à cette date.

Pendant toute la durée de l'instruction, le contrat se poursuit normalement. La suspension temporaire du contrat, comme les congés payés ou un arrêt maladie, n’a pas pour effet de décaler automatiquement la date de rupture prévue.

Calendrier type avec une convention signée le 10 mai

Imaginons une convention signée le 10 mai : du 11 au 25 mai : délai de rétractation de 15 jours calendaires ; à partir du 26 mai : envoi possible de la demande d'homologation.

Si la demande est reçue par l'administration le 27 mai, le délai de 15 jours ouvrables commence le 28 mai. En fonction des jours fériés et des dimanches, l'homologation tacite interviendra autour de la mi-juin.

La date de rupture du contrat pourra ensuite être fixée au lendemain de ce délai, ou à une date plus tardive décidée par les parties. Pendant toute la durée de l'instruction, le contrat se poursuit normalement.

La durée minimale entre la signature et le départ

Le délai minimum entre la signature et la rupture effective du contrat est d'environ 33 à 40 jours calendaires. Il se décompose en 15 jours calendaires de rétractation, puis 15 jours ouvrables d'homologation, soit environ 21 jours calendaires.

La procédure prend en pratique d'un mois à un mois et demi minimum à compter de la signature. Du premier entretien à la rupture effective du contrat, la durée minimale est d'environ 45 jours, car les délais de convocation aux entretiens et d'envoi des documents allongent généralement ce calendrier.

La procédure de rupture conventionnelle s’étale sur 6 à 8 semaines en moyenne. Les délais peuvent varier, mais une procédure classique s'étale souvent sur un à deux mois entre le premier entretien et la rupture effective du contrat.

Les erreurs fréquentes liées aux jours fériés et aux dates

Envoyer la demande d’homologation trop tôt

Envoyer la demande d'homologation avant l'expiration du délai de rétractation est la cause de refus la plus courante. La DREETS vérifie systématiquement la cohérence entre la date de signature et la date de réception de la demande.

Un envoi prématuré, même d'un seul jour, entraîne un rejet. Cette erreur oblige les parties à reprendre l’ensemble de la procédure depuis le début.

Confondre jours calendaires et jours ouvrables

Le délai de rétractation se compte en jours calendaires, donc tous les jours sont pris en compte. Le délai d'homologation se compte en jours ouvrables, hors dimanches et jours fériés.

Cette différence de régime est une source fréquente d’erreurs dans le calcul de la date de fin du contrat. Il faut vérifier séparément chaque période et ne pas appliquer le même mode de décompte aux deux délais.

Oublier le report du dernier jour

Lorsque le dernier jour du délai de rétractation tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Omettre ce report décale l'ensemble du calendrier et peut invalider la demande d'homologation.

Fixer une date de rupture trop précoce

Fixer une date de rupture antérieure au lendemain de l'homologation constitue une irrégularité. La DREETS refuse l'homologation si la date de rupture inscrite dans la convention ne respecte pas le plancher légal.

Le formulaire TéléRC signale cette incohérence, mais une saisie manuelle erronée reste possible. La date de rupture doit donc être contrôlée jour par jour.

Les outils de calcul des dates

Le portail TéléRC est le téléservice officiel du ministère du Travail pour la saisie et la transmission dématérialisée des demandes de rupture conventionnelle. TéléRC intègre un simulateur de dates qui calcule automatiquement la date de fin du délai de rétractation, la date à partir de laquelle la demande d'homologation peut être envoyée, la date de fin du délai d'homologation et la date de rupture au plus tôt.

Le site Service-Public.fr propose également un simulateur accessible sans création de compte. Il permet de vérifier les dates obtenues via TéléRC en cas de doute.

Ces outils appliquent les règles légales de manière mécanique. Ils ne prennent pas en compte certaines situations spécifiques, notamment le salarié protégé, une convention collective prévoyant des délais supplémentaires ou une erreur de saisie sur la date de signature.

Le directeur juridique doit donc croiser le résultat du simulateur avec un contrôle manuel du calendrier, en vérifiant notamment les jours fériés locaux et les éventuelles particularités conventionnelles.

Le cas particulier du salarié protégé

Pour un salarié protégé, une procédure spécifique s’applique. La convention de rupture doit être soumise non pas à une simple homologation, mais à l'autorisation de l'inspection du travail.

L'inspecteur du travail vérifie alors, de manière approfondie, la liberté du consentement et l'absence de pression. Le délai d'instruction est de 2 mois au lieu de 15 jours.

Le délai de rétractation de 15 jours calendaires reste identique, mais le calendrier global est sensiblement allongé. En pratique, l'absence de réponse dans le délai légal vaut refus pour ce type de dossier, à la différence du cas général où le silence vaut homologation.

Les conséquences d’un non-respect des délais

Le non-respect des délais peut entraîner l’annulation de la procédure. Un délai de rétractation non respecté, une transmission tardive à l’administration ou des vices de procédure peuvent compromettre la validité de la rupture conventionnelle.

Si l’employeur fait signer la convention avant l’expiration du délai de réflexion de 15 jours, celle-ci est nulle de plein droit. Dans ce cas, le contrat de travail continue normalement comme si aucune démarche n’avait été entreprise.

En cas de refus de rupture conventionnelle par l’administration ou de vice de procédure, le salarié conserve son statut dans l’entreprise. Une erreur de procédure oblige les parties à recommencer l'ensemble du processus depuis le début.

Les indemnités de rupture conventionnelle ne sont versées qu’après homologation définitive par l’administration. Le non-respect des délais peut donc retarder considérablement le versement de ces sommes et compromettre le projet de départ.

Les documents de fin de contrat

Le solde de tout compte, le certificat de travail et l'attestation France Travail doivent être établis à la date effective de rupture, et non à la date de signature ni à la date d'homologation.

À la fin du contrat, l’employeur remet au salarié un certificat de travail, une attestation destinée à France Travail, un reçu pour solde de tout compte, ainsi qu’un état récapitulatif de l’épargne salariale le cas échéant.

Le salarié perçoit son dernier salaire, l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle et, si besoin, une indemnité compensatrice de congés payés.

Contester la rupture conventionnelle

L’employeur comme le salarié peuvent contester la rupture conventionnelle devant le conseil de prud’hommes. Le délai de recours est de 12 mois à compter de la date d'homologation ou du refus d'homologation.

Les principaux motifs de contestation sont l'absence de consentement libre, la fraude, le non-respect des étapes de la procédure ou un montant d'indemnité inférieur au plancher légal ou conventionnel.

En cas d’annulation de la rupture conventionnelle, la situation peut être requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le salarié peut alors obtenir des dommages et intérêts, voire demander, dans certains cas, sa réintégration dans l’entreprise.

Pour sécuriser la procédure, il est donc important de documenter chaque étape, de conserver les convocations, les échanges écrits et le formulaire signé.

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