La veillée pascale est la célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques durant laquelle les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ, le passage des ténèbres à la lumière et la victoire du Christ sur la mort. C’est la « mère de toutes les liturgies », le cœur et le sommet de l’année liturgique.
Elle se déroule entre le coucher du soleil du Samedi saint et le lever du soleil de Pâques, généralement à l’extérieur de l’église avant de se poursuivre à l’intérieur. Quand c’est possible, elle débute vers 21 ou 22 heures, souvent par un grand feu, lumière du Ressuscité partagée entre tous. Dans certaines paroisses, elle est célébrée au petit matin du dimanche de Pâques.
Un dialogue pour comprendre la veillée pascale
Question : Quand la veillée pascale est-elle célébrée ? Réponse : La veillée pascale, moment majeur de l’année liturgique, se déroule dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques.
Question : Que célèbrent les chrétiens pendant cette nuit ? Réponse : Dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.
Question : Pourquoi cette nuit est-elle si importante ? Réponse : Depuis les temps les plus reculés, cette nuit est « une veille en l’honneur du Seigneur » (Exode 12, 42). Cette nuit célèbre la Pâque, littéralement le passage, la victoire du Christ sur la mort.
Question : Quels sont les grands moments de la célébration ? Réponse : La célébration se divise en quatre étapes : le rite du cierge pascal qui utilise les symboles du feu et de la lumière, le rite de la Parole, le rite baptismal et le rite eucharistique.
Question : Que font les fidèles pendant la veillée ? Réponse : Elle est ordonnée de telle sorte que selon la recommandation de l’Evangile, les fidèles, tenant en main leur flambeau allumé, soient semblables à des hommes qui attendent leur maître, afin qu’à son retour il les trouve en train de veiller et les fasse asseoir à sa table.
Le feu nouveau et le cierge pascal
La célébration de la vigile pascale commence par la bénédiction du feu nouveau. Un grand feu est allumé à l'extérieur de l'église. Les fidèles sont invités à se regrouper autour de lui, en formant un large cercle. L’assemblée prend le temps de contempler le feu qui brûle.
Le prêtre allume un grand cierge : le cierge pascal (du mot Pâques), qui représente Jésus ressuscité. Après la salutation à l'assemblée pour rappeler que nous fêtons la résurrection du Seigneur, le célébrant bénit le feu et allume le cierge pascal au feu nouveau.
Comme toutes les lumières étaient éteintes le soir du jeudi saint, une flamme neuve doit s’allumer pour qu’on puisse célébrer dans la nuit du samedi. La plus ancienne bénédiction du feu nouveau que nous connaissons se trouve dans le Pontifical romain du XIIe siècle. On y décrit aussi la procession à l’extérieur jusqu’à l’ambon dans le lieu de célébration.
Sur le cierge pascal on lit en rouge les inscriptions alpha et Oméga et le millésime de l'année. Il représente le Christ, au commencement de tout (alpha) et jusqu'à la fin du monde (Oméga).
Le cierge pascal symbolise le Christ lumière victorieux de la mort. Il signifie la présence vivante du Christ dans l’Église, lui qui est passé de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière.
Les inscriptions gravées sur le cierge expriment aussi un symbolisme du cierge pascal. Sur la cire du cierge il y a une croix rouge. Dans chacun des angles formés par les bras sont inscrits un des quatre chiffres du millésime de l’année. Au-dessus et au-dessous de la croix, la première et la dernière lettre de l’alphabet grec (Alpha et Omega) manifestent que le Christ est commencement et fin de toutes choses.
La transmission de la lumière
Du cierge pascal, la lumière se répand progressivement aux cierges des enfants qui vont porter cette lumière à l'assemblée. Cette procession de la lumière qui pénètre dans l'église obscure, manifeste la sortie des ténèbres à la suite du Christ.
Le cierge est ensuite emporté dans la cathédrale par un diacre qui par trois fois chante « Lumière du Christ », suivi par les fidèles qui portent tous un cierge allumé. Tandis que l'assemblée chante, le prêtre gagne le lieu d’où il présidera l’assemblée, puis place le cierge pascal sur un chandelier, près de l’ambon (c’est-à-dire le lieu de la proclamation de la Parole de Dieu).
Le prêtre allume un petit cierge au cierge pascal et le donne à son voisin, qui lui aussi transmet la lumière. Petit à petit, toute l’église s’éclaire, à partir du cierge pascal. C’est bien Jésus notre lumière à tous !
L’Exultet, qui est chanté ensuite, évoque la traversée de la mer Rouge lors de l’Exode et célèbre la Pâque du Christ. Il proclame la victoire de la lumière sur les ténèbres et annonce la Résurrection du Christ.

Le dialogue familial autour de la lumière
La Pâque juive se vivait et se vit encore dans un cadre domestique, autour d’une table dressée pour l’occasion. C’est dans cet esprit que nous vous proposons de célébrer la Pâque en famille.
On veillera à dresser une belle table comme un jour de fête, avec une nappe blanche si possible pour donner à ce temps un caractère important, quasi liturgique. En plus des couverts et des mets préparés pour l’occasion, on placera au centre de la table soit une grosse bougie, soit cinq bougies (qu’on disposera en croix) en référence aux cinq plaies du Christ. On pourra tamiser la lumière.
Quand tout le monde est assis à table, le plus jeune commence en posant la question à un adulte : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »
L’adulte répond : En cette nuit, notre Seigneur Jésus Christ est passé de la mort à la vie. L’Eglise invite tous ses enfants de par le monde à se réunir pour veiller et prier. Nous allons commémorer ensemble la Pâque du Seigneur en écoutant sa parole, dans l’espérance d’avoir part à sa victoire sur la mort et de vivre avec lui pour toujours en Dieu.
Un autre adulte commence à allumer la ou les bougies disposées sur la table : S’il y a une bougie, un autre adulte dit au moment de l’allumage : « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. »
S’il y a cinq bougies, un autre adulte dit au fur et à mesure de l’allumage :
- 1ère bougie : « Le Christ hier et aujourd’hui »
- 2ème bougie : « commencement et fin de toutes choses »
- 3ème bougie : « Alpha et Oméga »
- 4ème bougie : « A lui le temps et l’éternité »
- 5ème bougie : « A lui la gloire et la puissance »
Puis il conclut : « pour les siècles des siècles » Tous répondent : « Amen » Puis il dit : « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. »
L’annonce de la Pâque est traditionnellement chantée. On peut aussi l’écouter ou chanter un autre chant évoquant la lumière : ♪ Aujourd’hui s’est levée la lumière ou ♪ Joyeuse lumière
La liturgie de la Parole
La Parole de Dieu constitue un élément fondamental de la veillée dans la nuit de Pâques. Traditionnellement pour cette veillée, l’Eglise propose neuf lectures à savoir sept de l’Ancien Testament et deux du Nouveau Testament (l’épître et l’Evangile).
Pendant la Veillée pascale, la liturgie, depuis 1952, propose sept lectures de l’Ancien Testament dans la nuit. Chaque lecture est suivie d’un psaume, qui guide notre prière, et d’une oraison qui exprime le sens chrétien de cette lecture.
Par une série de sept lectures (que l'on peut réduire) empruntées à l'Ancien Testament (de la Genèse jusqu'aux prophètes), la liturgie fait revivre aux fidèles l'histoire du peuple juif qui est aussi son histoire sainte. Chaque lecture est suivie d'un refrain chanté qui souligne cet évènement.
Ces sept lectures forment donc un bel ensemble de figures du Christ et du mystère de Pâques que L’Eglise nous propose pour bien célébrer notre Pâque et notre vie de baptisés. Ces sept lectures ne sont pas toutes obligatoires. On peut se limiter à deux. Mais il faut toujours lire le passage de la mer rouge.
Pour des raisons pastorales et familiales, nous vous proposons au moins trois lectures de l’Ancien Testament et les deux du Nouveau Testament. Chaque foyer avisera du nombre de lectures qu’il voudra prendre.
Un adulte dit : Nous voici entrés dans la nuit de Pâques : écoutons maintenant d’un coeur paisible la Parole de Dieu. Voyons comment dans les temps passés, Dieu notre créateur a sauvé son peuple, et comment dans ces temps qui sont les derniers, Il nous a envoyé son Fils comme Sauveur.
Chaque famille a son histoire. Dans une fête de famille, on raconte souvent des souvenirs communs importants pour tout le monde. Ce soir, pour fêter la résurrection de Jésus, nous écoutons des épisodes importants de l’histoire du peuple de Dieu racontés dans la Bible. C’est plus long que d’habitude, mais cela vaut la peine car c’est l’histoire de notre famille.
Les lectures de l’Ancien Testament
La première lecture est la Lecture du livre de la Genèse 1, 1-2, 2.
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.
Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux. » Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.
Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi. Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi. La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.
Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour commander au jour, le plus petit pour commander à la nuit ; il fit aussi les étoiles.
Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour.
Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. » Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour.
Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.
Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.
Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.
♪ La miséricorde du Seigneur à jamais je la chanterai.
Prière : Père, toi qui veux la vie de tes enfants, révèle-nous dans ton Fils ressuscité la beauté de ta Création et celle de chacune de nos vies.
La troisième lecture est la Lecture du livre de l’Exode Ex 14, 15 - 15, 1.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.
Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent : ils y entreront derrière eux ; je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. »
L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël, se déplaça et marcha à l’arrière. La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde et vint se tenir à l’arrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent ; tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer. Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l’armée des Égyptiens, et il la frappa de panique.
Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s’écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c’est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras sur la mer.
Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul.
Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer.
Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse. Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent un cantique au Seigneur.
♪ La miséricorde du Seigneur à jamais je la chanterai.
Prière : Père, tu as manifesté ton amour en délivrant autrefois les hébreux de l’esclavage. Aujourd’hui encore tu veux sauver tous les hommes en les faisant renaître par les eaux du baptême. Fais que nous soyons témoins de la puissance de ton amour pour t’aimer et te faire aimer.
La quatrième lecture est le texte d’Isaïe 54, 5-14.
♪ La miséricorde du Seigneur à jamais je la chanterai.
Prière : Père, toi qui fais alliance avec notre humanité, donne-nous d’accueillir en ton Fils ton immense tendresse pour nous. Nous te confions toutes nos familles et les jeunes qui s’apprêtent à fonder leur foyer. Que l’exemple de ton amour éternel les encourage et les garde unis.
La cinquième lecture est la Lecture du livre d’Isaïe Is 55, 1-11.
L’Évangile et l’annonce de la résurrection
L'Évangile marque le sommet de la liturgie de la Parole. Il rapporte qu'au matin de Pâques, les femmes ont trouvé le tombeau vide et qu'un ange leur a annoncé la résurrection de Jésus.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.
Au temps pascal, les catholiques orientaux se saluent en disant : « Christ est ressuscité ! ». À ce salut on répond : « Il est vraiment ressuscité ! »
Christ est ressuscité ! Qu'elle explose la joie du monde qui connaît enfin la Vie ! Qu'elle éclate la joie des hommes enfin libérés ! Seigneur, la Pâque est une fête en nos cœurs ! Gloire à toi Seigneur ressuscité pour les siècles des siècles.
Le rite baptismal
Le rite baptismal se déroule autour du baptistère. Le prêtre bénit l'eau puis invite le peuple a renouveler sa profession de foi baptismale, le cierge de nouveau allumé.
Puis, il se tourne vers les fidèles pour les asperger abondamment avec une branche de buis. En recevant cette eau bénite, nous nous rappelons notre baptême et demandons à Dieu de nous pardonner nos péchés.
C'est le moment du baptême des catéchumènes, s'il y a lieu. Durant cette veillée ou Vigile pascale, des baptêmes d’adultes sont célébrés. A cette occasion, les personnes déjà baptisées renouvèlent les promesses de leur baptême.
Les adultes demandant le baptême, appelés les catéchumènes, sont baptisés dans leurs paroisses pendant la veillée pascale. À l’issue de leur chemin de catéchuménat, vécu depuis plusieurs années, cette nuit pascale constitue un sommet pour leur initiation chrétienne.
Au cœur de la vigile, les rites spécifiques aux sacrements d’initiation sont parlants : la plongée dans l’eau, symbole de mort et de vie, passage à la résurrection dans le Christ.
On est baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Au sortir de l’eau, les nouveaux baptisés seront revêtus du vêtement blanc. Ils le porteront au cours de certaines célébrations du temps pascal.
S’ils sont confirmés ce soir-là, il y aura le rite avec le saint chrême, la marque de l’Esprit Saint. Avec toute l’assemblée, ils recevront le cierge allumé.
Tels des porteurs de la lumière de foi dans leur vie, ils participent à la liturgie eucharistique et communient pour la première fois.
Ce qui est beau à voir et non moins significatif, c’est la joie rayonnante de ces nouveaux baptisés. Cette émotion profonde et toute simple mais qui en dit long sur la transformation humaine et spirituelle qu’ils sont en train de vivre.
Ils sont les mêmes hommes, les mêmes femmes qu’auparavant mais tout autre quand même puisque résolument disciples de Jésus de Nazareth.
Le rite eucharistique
La célébration de l'eucharistie poursuit la veillée pascale. La messe qui est le mémorial de la passion et de la résurrection du Christ, se poursuit par la prière eucharistique puis la communion.
Les cloches qui étaient restées silencieuses depuis le jeudi saint se mettent à sonner à toute volée la gloire du Christ ressuscité.
Après l’eucharistie, célébrée à la suite des baptêmes, Monseigneur Wintzer a remis aux délégués des différentes communautés de Poitiers les cierges qui seront ensuite disposés dans les différentes églises.
La lumière était bien présente dans cette célébration. Soyons aujourd’hui dans la joie puisque nos visages, illuminés par le Christ et « rayonnants de la joie pascale » continuent de réfléchir cette lumière.
Christ est ressuscité ! Qu'elle explose la joie du monde qui connaît enfin la Vie ! Qu'elle éclate la joie des hommes enfin libérés ! Seigneur, la Pâque est une fête en nos cœurs ! Gloire à toi Seigneur ressuscité pour les siècles des siècles.
Les quatre mouvements de la veillée expliqués aux enfants
1. Nous allumons un grand feu
Il fait nuit. Des personnes se rassemblent devant l’église dans l’obscurité. Le prêtre allume un grand feu et le bénit.
Puis il allume un grand cierge : le cierge pascal (du mot Pâques), qui représente Jésus ressuscité. Ensemble, nous suivons le prêtre portant le cierge pascal et prenons place dans l’église.
Le prêtre allume un petit cierge au cierge pascal et le donne à son voisin, qui lui aussi transmet la lumière. Petit à petit, toute l’église s’éclaire, à partir du cierge pascal. C’est bien Jésus notre lumière à tous !
2. Nous nous redisons notre histoire
Chaque famille a son histoire. Dans une fête de famille, on raconte souvent des souvenirs communs importants pour tout le monde.
Ce soir, pour fêter la résurrection de Jésus, nous écoutons des épisodes importants de l’histoire du peuple de Dieu racontés dans la Bible. C’est plus long que d’habitude, mais cela vaut la peine car c’est l’histoire de notre famille.
3. Nous revenons à la source
Ce soir, il y aura sûrement des enfants ou des adultes qui seront baptisés. Ils ont entendu ce que disait Jésus. Il est devenu comme une source d’eau fraîche pour eux.
Par le baptême, ils sont plongés dans sa mort et sa résurrection, et entrent, à sa suite, dans une vie nouvelle. Nous aussi, nous nous souvenons de notre baptême cette nuit. Il rend notre vie toujours neuve !
4. Nous formons une famille
Nous, les chrétiens, sommes différents les uns des autres : nos pays, nos langues, nos couleurs de peau, nos âges sont variés. Pourtant nous formons une seule famille.
Car nous croyons tous que Jésus est ressuscité et qu’il vient habiter en nous. Nous pouvons tous apprendre à lui ressembler, nous pouvons tous avoir le même air de famille.
Comprendre la Vigile pascale pour les jeunes confinés
Repères essentiels de la veillée pascale
| Moment | Geste ou élément | Signification |
|---|---|---|
| Rite de la lumière | Feu nouveau, cierge pascal, transmission de la flamme | Passage des ténèbres à la lumière à la suite du Christ |
| Liturgie de la Parole | Lectures de l’Ancien et du Nouveau Testament | Histoire du salut et annonce de la résurrection |
| Rite baptismal | Bénédiction de l’eau, baptêmes, aspersion et renouvellement de la profession de foi | Mémoire du baptême et passage à la vie nouvelle |
| Rite eucharistique | Messe, prière eucharistique et communion | Mémorial de la passion et de la résurrection du Christ |