La Drag Queen de la danse, également connu sous le titre original Dancing Queens, est un film suédois sorti le 3 juin 2021 sur Netflix. Cette comédie dramatique raconte l’histoire de Dylan Pettersson, une jeune femme de 23 ans qui rêve de devenir danseuse et découvre l’univers d’un club de drag-queens en difficulté.
La distribution réunit Molly Nutley, Fredrik Quiñones, Marie Göranzon et Claes Malmberg, sous la direction d’Helena Bergström. Le film associe danse, spectacle, humour décalé, émotion et bienveillance autour d’une héroïne qui tente de trouver sa place sur une scène où une femme n’est pas censée se produire dans un spectacle de drag-queens.
Fiche du film
| Élément | Information |
|---|---|
| Titre original | Dancing Queens |
| Sortie | 3 juin 2021, sur Netflix |
| Genre | Comédie, drame, émotion |
| Durée | 111 minutes |
| Pays d’origine | Suède |
| Création | Helena Bergström |
| Acteurs principaux | Molly Nutley, Fredrik Quiñones, Marie Göranzon, Claes Malmberg |
| Année de production | 2021 |
| Type de film | Long métrage |
| Format | Couleur |
| Langue | Suédois |

Molly Nutley dans le rôle de Dylan Pettersson
Le film raconte l'histoire de Dylan Pettersson, une jeune femme de 23 ans venue d'une petite île de l'archipel du Bohuslän qui rêve de devenir danseuse. Quand elle accepte à contrecœur un poste de femme de ménage au Queens, un club de drag queens sur le déclin, le danseur vedette et chorégraphe du club découvre par accident le talent de Dylan.
Si celle-ci meurt d'envie de se produire dans l'établissement, une femme n'a guère sa place dans un spectacle de drag queens. Mais ne dit-on pas que quand on veut, on peut ?
Brisé depuis un deuil, son rêve de danseuse renaît quand elle prend un petit job dans un club de drag-queens au bord de la faillite, et attire l’attention du chorégraphe.
Fredrik Quiñones, danseur vedette et chorégraphe du Queens
Le personnage interprété par Fredrik Quiñones appartient au cœur artistique du Queens. Danseur vedette et chorégraphe du club, il découvre par accident le talent de Dylan et devient l’un des éléments qui permettent à la jeune femme d’envisager autrement son rêve de danseuse.
Le Queens est un club de drag queens sur le déclin, mais il demeure un espace de spectacle, de créativité et de solidarité. La présence de Dylan bouleverse les habitudes de l’établissement et pose la question de la place d’une femme dans un spectacle de drag queens.
Marie Göranzon et Claes Malmberg au sein de la distribution
Marie Göranzon et Claes Malmberg complètent la distribution principale de ce long métrage suédois. Le film s’appuie sur un ensemble de personnages qui accompagnent le parcours de Dylan et donnent au Queens son identité de lieu artistique menacé mais encore animé par l’envie de créer.
Le casting est impeccable, les acteurs sont excellents et attachants, une caméra abrupte qui contraste avec des sentiments subtils : une vraie réussite.
Helena Bergström à la réalisation
Dancing Queens est une création d’Helena Bergström. Le film est présenté comme un film musical dramatique mais néanmoins « feel-good » venu tout droit de Suède.
Humour décalé, bienveillance et énergie ressortent de cette comédie signée Netflix. À l’occasion du mois des fiertés, Netflix dévoile « Danse avec les Queens », un film avec une belle histoire qui fait du bien !
Une histoire de danse, de deuil et de renaissance
Le parcours de Dylan commence dans une petite île de l’archipel du Bohuslän. Elle rêve de devenir danseuse, mais son quotidien est marqué par le deuil et par une situation qui l’éloigne temporairement de son ambition.
Son emploi de femme de ménage au Queens lui permet pourtant de se rapprocher de la scène. Le club devient progressivement le lieu où son rêve renaît, grâce à la découverte de son talent par le danseur vedette et chorégraphe de l’établissement.
La tension dramatique repose sur l’écart entre le désir de Dylan de se produire et les règles implicites du spectacle de drag-queens. Cette situation nourrit à la fois le conflit, l’humour et l’émotion du récit.
La danse dans l’univers du drag
Dans l’art transdisciplinaire du drag, qui mêle maquillage, coiffure, comédie, mode, création textile ou encore chant, la danse occupe une place d’honneur.
À l’écran, un lipsync endiablé ponctué de figures acrobatiques ou une chorégraphie de postures parodiques suscitent toujours l’éblouissement. Le concours télévisé Drag Race lancé en 2009 par l’influente drag queen américaine RuPaul Charles l’a prouvé au grand public : dans l’art du drag, la danse a toute sa place.
Cette place peut prendre des formes très différentes : figures techniques, déplacements, postures, jeu avec le rythme, interprétation musicale, expression du visage ou improvisation. La danse ne constitue toutefois qu’un des outils mobilisés par les artistes drag, au même titre que le maquillage, la couture, la coiffure ou la comédie.
Le drag entre performance et expression corporelle
Qu’empruntent ces artistes à la danse ? Peut-on y reconnaître un style caractéristique ? Quelles porosités existent entre les pratiques du drag et de la chorégraphie ?
Si certaines queens et certains kings ont suivi un cursus académique, la plupart ont une approche beaucoup plus DIY de la discipline. « Il y a bizarrement peu de danseuses et danseurs de formation qui font du drag, observe Matthieu Barbin. Certaines personnes sont incapables d’exécuter une chorégraphie correctement mais ont une conscience de leur corps en mouvement assez bluffante. Ils s’emparent de la danse de manière instinctive. »
Soa de Muse, finaliste de Drag Race France saison 1 et co-fondatrice du cabaret La Bouche à Paris, abonde : « Le drag est forcément connecté à une corporalité, on a une démarche, une posture… Porter des talons pendant douze heures d’affilée, c’est déjà une forme de danse ! »
Des artistes formés de manière académique ou autodidacte
Si certaines queens et certains kings ont suivi un cursus académique (L’Opéra de Paris pour Perseo et le conservatoire d’Avignon pour Misty Phoenix), la plupart ont une approche beaucoup plus DIY de la discipline.
Beaucoup de drags apprennent donc à danser « sur le tas », à l’aide de quelques tutos YouTube, ou, comme Lee alias Levo Evolove, au contact de leurs pairs dans les loges.
Cette diversité des parcours permet au drag de réunir des artistes aux compétences très différentes. La précision technique peut coexister avec l’instinct, l’expressionnisme, l’humour, la parodie ou une forte capacité à improviser.
Le lipsync, les figures et l’importance de l’interprétation
Les fans de la franchise se souviennent notamment des grands écarts virtuoses de Laganja Estranja (RuPaul’s Drag Race US saison 5), des prouesses d’Alyssa Edwards (saison 5), du déhanché voguing de Keiona (Drag Race France saison 2) ou des tours fouettés sur pointe de Misty Phoenix devant l’étoile Guillaume Diop en juré bienveillant (saison 3).
À travers le lipsync, les artistes drag utilisent le mouvement pour interpréter une chanson, incarner une personnalité et construire une relation directe avec le public. Le geste peut être virtuose, théâtral, sensuel, parodique ou volontairement excessif.
Le spectacle ne dépend donc pas uniquement de la capacité à reproduire une chorégraphie. La présence scénique, la maîtrise du regard, la posture et l’interprétation jouent également un rôle central.
La spontanéité et l’improvisation sur scène
Pour ce franco-vietnamien de 27 ans, tout a commencé à la Keeng Party, une soirée organisée régulièrement au Cabaret des Merveilles, lieu queer et féministe parisien. La découverte de l’art drag king qui, à l’inverse des queens, consiste à incarner et détourner les codes de la masculinité, a été pour lui une libération.
« J’ai été assigné femme à la naissance, mais ça a toujours été beaucoup plus facile d’incarner un genre masculin. Si monter sur scène me fait encore très peur, quand la musique est lancée je fais exploser tout ce que j’ai gardé en moi. Comme sous ma douche ! » rigole-t-il.
Depuis un an et demi, il fait un carton grâce à son regard perçant, sa classe et une gestuelle sensuelle ponctuée de grands écarts. Malgré son apparente aisance, tant dans l’interprétation que les figures techniques, il déclare : « Je ne me considère pas comme danseur, je fais plutôt de l’expressionnisme. »
Ses numéros de lipsync inspirés des mimiques de son père et de Jim Carrey n’ont en effet rien à envier à la danse du visage de la cabarettiste allemande du XXe siècle Valeska Gert. Malgré la finesse de son interprétation, les numéros de Levo Evolove flirtent toujours avec l’improvisation : « Je m’entraîne très rapidement, sans aller dans le détail. J’ai vraiment envie d’être dans le moment et de me laisser surprendre. D’ailleurs, il est rare que je fasse plusieurs fois le même show. »
✨ Drag Race France - Le Tube de l'été : Secouer secouer
L’impact immédiat plutôt que le développement chorégraphique
C’est précisément cette spontanéité qui a séduit Matthieu Barbin à son arrivée sur la scène drag, peu après sa création scénique Les Cent Mille Derniers Quarts d’heure (2020) dans laquelle il apparaissait déjà avec une perruque et un maquillage extravagant.
« À mes débuts, j’avais tendance à faire des numéros très longs, comme en danse contemporaine, où on s’intéresse beaucoup au processus. Mais dans le drag, ça ne fonctionne pas : c’est la volonté d’impact qui prédomine sur tout le reste. On n’a pas d’autre choix que de se saisir du regard porté sur soi… »
Cette logique de l’impact correspond à la nature spectaculaire du drag. Le numéro doit immédiatement attirer l’attention, créer une image forte et établir une relation directe avec le public.
Un art sans quatrième mur
Pour l’artiste, la pratique fait fi du quatrième mur « qui n’existe tout simplement pas » et va jusqu’à affirmer que « le drag est l’art le plus égalitaire ».
Il explique : « Si la danse en est un ressort central, elle est mise à disposition comme plein d’autres outils sans hiérarchisation, c’est-à-dire que le mouvement s’utilise au même titre que le maquillage ou les compétences en couture. »
Soa de Muse, de son côté, ajoute : « Dans le cabaret comme le drag il n’y a pas de limites, on se donne même la possibilité d’explorer l’impossible. »
Du cabaret aux scènes chorégraphiques institutionnelles
Dans l’art transdisciplinaire du drag, qui mêle maquillage, coiffure, comédie, mode, création textile ou encore chant, la danse occupe une place d’honneur. CN D magazine s’est penché sur les manières qu’ont les artistes drag de s’emparer de la discipline, à l’heure où certains d’entre eux investissent les scènes chorégraphiques institutionnelles.
Le drag semble donc à mille lieux des problématiques de renouveau et de manque d’accessibilité de certaines scènes publiques. C’est peut-être la raison pour laquelle, depuis quelques années, les institutions s’y intéressent sérieusement.
Pour les théâtres, Matthieu Barbin, sous son identité de drag queen Sara Forever, a d’ailleurs créé un nouveau spectacle Dynasties et Soa de Muse est invitée cet automne au CN D à présenter Diaspora.
Un cabaret afro-futuriste qui puise dans son riche parcours allant de l’effeuillage burlesque aux chorégraphies de Nina Santès ou d’Eve Magot.
Sara Forever et Soa de Muse : des trajectoires entre plusieurs espaces
Qu’il performe au cabaret Habibi à la Flèche d’Or ou du côté de Drag Race France saison 2, Matthieu Barbin, alias Sara Forever, semble toujours avoir une longueur d’avance.
« Être danseur m’a beaucoup aidé car j’avais déjà l’habitude d’être sur scène » explique celui qui a collaboré entre autres avec les chorégraphes Boris Charmatz, Marlène Saldana et Jonathan Drillet.
Pour la performeuse, qui navigue avec aisance entre les lieux de cabarets, les tv shows et des théâtres conventionnés, l’espace et le public ont finalement peu d’importance : « C’est comme si on changeait de chaîne, mais que c’était la même émission. L’important pour moi est de ramener ce que je fais dans l’endroit qui m’est proposé et let’s go ! »
Une nouvelle preuve de la charge politique du drag : là où il passe, il transporte ses luttes et sa liberté, sans jamais perdre son éclat.
Les spectacles associés à cet univers
| Spectacle | Chorégraphie et mise en scène | Représentations indiquées |
|---|---|---|
| Dynasties | Sara Forever | du 5 au 9 novembre au Théâtre de la Cité, CDN de Toulouse ; le 16 novembre dans le cadre de Small arts, Ljubljana, Slovénie ; le 30 janvier 2025 à la MC2 à Grenoble ; du 11 au 15 février 2025 à la Maison des Métallos, Paris ; les 3 et 4 avril 2025 au Théâtre Dijon Bourgogne CDN |
| Diaspora | Soa de Muse | le 7 novembre au CN D, Pantin |
Accueil du film par les spectateurs
Le film affiche une note de 3,1 sur 5, établie à partir de 109 notes et 6 critiques.
Je n'ai pas vu passer le temps devant ce film suédois plein de légèreté. Certes ce n'est pas un chef d’œuvre mais il vaut mieux que certaines comédies françaises.
Un petit film moins léger qu'il n'en a l'air. Le casting est impeccable, les acteurs sont excellents et attachants, une caméra abrupte qui contraste avec des sentiments subtils : une vraie réussite.
En ce qui me concerne, c'est une découverte, un coup de coeur, j'adore ! Les acteurs sont étonnants, le cadre magnifique, les danseurs extraordinaires, à voir absolument.
Un film tendre et frais, bien joué. Du bon film suédois. Une immersion sensible dans le monde des drag queens. J'ai passé une adorable soirée.
Pourquoi regarder La Drag Queen de la danse ?
Notre avis : Un film musical dramatique mais néanmoins « feel-good » venu tout droit de Suède. Humour décalé, bienveillance et énergie ressortent de cette comédie signée Netflix.
Le film propose une immersion sensible dans le monde des drag queens tout en racontant la renaissance d’un rêve artistique. La danse, le spectacle et la quête de liberté accompagnent le parcours de Dylan, dont l’arrivée au Queens modifie l’équilibre du club.
Note de la rédaction : 4/5.