Les drag kings sont des artistes qui construisent une identité masculine le temps d’un spectacle ou d’un jeu de rôle, en s’appropriant les codes du genre pour les transformer. Leur art ne consiste pas seulement à se grimer en homme : il explore les archétypes de la masculinité, interroge la binarité et mêle divertissement, critique sociale et réflexion politique.
Moins connus et visibles que les drag queens, les drag kings ont pourtant une histoire ancienne et une scène internationale en développement. Aujourd’hui, celle-ci réunit des femmes lesbiennes, des hommes trans, des personnes non binaires et des artistes de genres variés, qui utilisent la scène pour déstructurer les normes apprises depuis l’enfance.
Qu’est-ce qu’un drag king ?
Le Drag King, à l’inverse des Drag Queens, construit une identité masculine basé sur des archétypes le temps d’un spectacle ou d’un jeu de rôle. Pour l’invitée, le Drag, c’est trouver un alter ego avec qui on peut faire ce qu’on veut et avec qui on peut dire ce qu’on veut.
Principalement, c’est monter sur scène, amuser la galerie, faire du fun, donner du divertissement, mais aussi faire réfléchir les gens sur le genre, déstructurer les codes qu’on nous a enseignés depuis qu’on est tout petits. Loin d’être binaire, le drag-king se joue des codes que revêt la masculinité ou la féminité.
Il proclame qu’ils sont artificiels, et que, de fait, tout le monde peut se les approprier et les transformer à sa guise. Il serait d’ailleurs réducteur de décrire le drag-king comme une simple caricature des hommes.
Une histoire plus ancienne qu’on ne le croit
Mouvement qui puise ses origines au début du XXe siècle, le Drag King réapparait depuis quelques années tout autour du monde. Même si les Drag Kings sont moins médiatisés que les Drag Queens, ils ont pourtant une vieille histoire.
En Asie, notamment en Chine par exemple, entre 618 et 907, des femmes s’habillent en hommes pour des représentations scéniques. Puis, plus tard, c’est au Japon, où le théâtre kabuki permet aux femmes d’interpréter des rôles d’hommes.
Dès le XVIIe siècle, le théâtre japonais kabuki permettait aux femmes d’interpréter des rôles d’hommes. Le théâtre et l’opéra occidentaux ont également vu plusieurs comédiennes jouer des personnages masculins.
À l’opéra, cette fois-ci, en Occident, plusieurs comédiennes prennent des rôles de personnages masculins, et cela s’appelle du Male Impersonator. On les appelait male impersonators, plus ou moins les ancêtres des drag kings.
Et parmi eux, il y a une Américaine, Annie Hindle. Elle est la première femme à imiter des hommes, à véritablement se travestir, en 1867. Quelques années plus tard, la comédienne française Sarah Bernhardt interprète aussi des rôles masculins.
« C’était déjà politique de se travestir en homme, car elles le faisaient pour accéder à des rôles et des droits », dit Mélodie. À partir des émeutes de Stonewall, en 1969, on a commencé à voir des drags, soit des personnes qui faisaient des spectacles et qui étaient plus directement reliées à la culture queer.
C’est l’aspect performatif sur scène et la queerness qui créent une distinction avec la personnification masculine. L’expression « drag king » est apparue en 1972 et les artistes qui pratiquaient cette discipline ont vite été associées au féminisme radical, en raison du refus de certaines femmes d’être écrasées par les stéréotypes de genre.
Du théâtre aux scènes queer
Le nom de Danny La Rue revient souvent quand il est question de cet univers. Son nom de naissance est Daniel Patrick Carroll mais ce qui est étrange, c’est que Daniel est un homme.
Or, habituellement, un homme fait du Drag Queen et non pas du Drag King. Et pourtant, La Rue fait souvent office de référence puisqu’on le qualifie comme le premier King à apparaître à la Royal Variety Performance, spectacle dans lequel il est apparu en 1969.
Le Drag King est né dans les milieux lesbiens, tout comme le Drag Queen est né dans les milieux gays. C’est un art lié à l’orientation sexuelle, selon Juda la Vidange, même s’il y a des exceptions.
Il s’agit surtout d’un mouvement féministe, né dans les milieux lesbiens et trans. « En tant que femme, lesbienne, choisir de performer un autre genre que celui qu’on m’a assigné à la naissance, c’est politique », confirme Salvador Dalby.
Les scènes underground et l’essor du mouvement
Si les pratiques des drag kings se sont raffinées dans les bars underground de New York, Londres et San Francisco au début des années 1990, Montréal a également vu apparaître les Mambo Kings à la même époque.
« C’est un collectif de lesbiennes du Plateau Mont-Royal qui performaient durant les soirées Meow Mix, explique Geneviève. Il y avait beaucoup de groupes de kings. Comme si l’aspect communautaire était plus important que d’être la star du show. »
Quelques drag kings, comme Nat King Pole, ont ensuite émergé en solo, mais sans atteindre le statut de vedette. Au cours des dix dernières années, les queens se sont vraiment développées et ça nous a élevés d’une certaine matière.
On veut suivre la vague. Même si on est loin du tsunami des queens, les kings attirent de plus en plus l’attention. En 2017, Will Charmer a été le premier drag king à prendre part au concours Drag-Moi.
L’année suivante, deux kings ont participé au concours remporté par Rock Bière. Un an plus tard, RV Métal s’imposait à son tour. « En 2020, plusieurs drag kings ont auditionné et notre fils, Walter Ego, a gagné la couronne », s’enthousiasme Mélodie.
Trois drag kings nantais
Sur la petite scène illuminée d’un bar nantais, Chéri·e Bibi fait son entrée. Ce soir, il incarne un cowboy, symbole masculin s’il en est.
Les cris d’une foule électrisée l’accueillent et accompagnent ses déhanchés et coups d’épaule, sur l’air de la chanson I am too sexy de Right Said Fred. La performance termine en apothéose lorsque l’artiste défait sa veste en daim marron pour montrer une poitrine barrée de caches-tétons rouges.
Derrière ce drag-king flamboyant se trouve Lara, nantaise de 31 ans. Elle a commencé le drag-king il y a un an, après avoir longtemps hésité à se lancer, par timidité.
Sur les scènes nantaises, Chéri·e Bibi joue souvent le crooner, sûr de lui, et incarne un art de la séduction un peu désuet, comme dans sa deuxième performance, où il lipsync une chanson de Mike Brant.
« J’ai toujours aimé jouer avec la masculinité. En soirée déguisée, les fois où je m’amusais le plus, c’était quand je me déguisais en homme. Aujourd’hui, le drag me permet de découvrir d’autres facettes de mon genre, notamment quand j’ai eu des interrogations par rapport à celui-ci. »

Chéri·e Bibi : le cowboy et le crooner
Sur scène, Chéri·e Bibi s’amuse aussi à cultiver le flou entre les genres. « Cela me plaît de réussir à performer la masculinité alors que je suis visiblement une femme. En incarnant ces codes, je veux que le public s’amuse avec moi et se questionne ».
Son personnage joue avec les signes immédiatement associés à la virilité : le cowboy, les épaules, les déhanchés, les coups d’épaule, l’assurance et la séduction. Ces éléments deviennent des accessoires théâtraux que l’artiste peut exagérer, déplacer et rendre visibles.
Salvador Dalby : une masculinité sensible
Coralie, elle, fait du drag-king depuis trois ans. Tout commence quand elle assiste à un show de drag-queens à Rennes. C’est un choc : « Je me suis dit qu’il y avait là quelque chose pour moi. Mais je savais que je ne voulais pas performer la féminité, et plutôt explorer le côté masculin. »
Quelques mois plus tard naît Salvador Dalby, du prénom du peintre espagnol et du quartier nantais que Coralie a habité. Blazer sombre aux épaules larges, visage au teint entièrement blanc, air de Pierrot lunaire et nuances de bleu pour faire ressortir la mâchoire, cet alter ego drag, qu’elle voit comme une extension d’elle-même, lui permet de s’emparer de la scène.
« Depuis toute petite, même inconsciemment, je cassais déjà les codes. Je joue toujours au foot, je fais aussi du street art. Ce qui m’anime c’est le mouvement. C’est central dans ma vie. Et dans mon art ! »
Dans ses performances, il explore une masculinité sensible et poétique à rebours des stéréotypes. « Salvador Dalby est mélancolique. Il aime parler d’amour, de sentiments et des émotions qui le traversent.
J’ai envie de montrer que cela peut aussi faire partie de la masculinité. Ce qui m’intéresse c’est la fluidité. »

Il Mortadella : corps trans et masculinité
Chez certain·es performeureuses, le drag incarne aussi un outil intime pour explorer toutes les facettes de son genre. C’est le cas de Lucil, un homme trans non binaire, pour qui la création de son personnage drag Il Mortadella est venue croiser une transition de genre.
« J’avais un intérêt personnel à jouer avec des outils qui ne m’étaient pas destinés : prendre des postures masculines, se positionner dans l’espace, porter des vêtements masculins. J’ai pris beaucoup de plaisir à explorer cette aire de jeu du masculin. »
Il Mortadella, qui se décrit comme « piquant et nerveux comme un salami fourré à la pistache, avec ses strings aussi tendus que ses muscles », se situe à l’intersection de plusieurs champs artistiques : le burlesque, le strip, la danse, et le drag bien sûr.
Il vient bousculer la vision binaire et biologique de ce que serait un homme et interroge : « C’est quoi un corps masculin ? Des organes génitaux ? »
Dans son drag, l’artiste mise moins sur les costumes et le maquillage que les postures et le mouvement. En travaillant son personnage, il se rend compte que l’on considère des postures comme masculines parce qu’on les a dépouillées de tout ce qu’on attend de la façon dont une femme doit se présenter sur scène.
Arrogance, coups de bassin, regards percutants droit dans les yeux, Il Mortadella met en scène son agentivité. « C’est très important pour moi de donner à voir d’autres types de corps masculins, en l’occurrence mon corps d’homme trans avec une poitrine et une vulve.
En incarnant un masculin crédible avec ce corps-là, je viens pirater les images qu’on a toustes en nous et proposer d’autres imaginaires ».
Les corps, les postures et les imaginaires
Le drag king ne repose donc pas nécessairement sur la transformation du visage ou sur l’ajout de prothèses. Les costumes, le maquillage, la gestuelle, la voix, les déplacements et les rapports avec le public peuvent tous participer à la construction d’un personnage masculin.
Il Mortadella mise moins sur les costumes et le maquillage que les postures et le mouvement. Chéri·e Bibi, de son côté, assume une masculinité spectaculaire, tandis que Salvador Dalby en propose une version mélancolique, sensible et poétique.
Ces approches montrent que la masculinité n’est pas un modèle unique. Elle peut être arrogante, tendre, séduisante, nerveuse, mélancolique, drôle, politique ou vulnérable, selon l’artiste et le récit qu’il souhaite porter sur scène.
Une pratique politique et féministe
Les artistes drag kings ne se contentent pas de reproduire des signes masculins : ils les rendent visibles en tant que constructions sociales. En exagérant les postures, les vêtements et les comportements associés aux hommes, ils révèlent leur caractère appris et performatif.
Le drag king est encore moins connu que le Drag Queen. « On est vraiment à une ère où la pop culture a un girlpower en force. On peut le voir avec les Grammy's récemment, c'est vraiment que de la nana sur scène ! »
« Et c'est vrai qu'aujourd'hui, vu que le drag fait partie entièrerement de cette pop culture, j'ai du mal à trouver l'équivalent à une Britney, à une Rihanna ou à une Beyoncé. J'ai envie de citer Michael Jackson, Prince et David Bowie, mais ils sont morts, ils ne sont pas là.
Donc je pense aujourd'hui qu'il y a une identification pour une nana sur scène qui se défonce, très forte. Mais en ce qui concerne les hommes, j'ai du mal à trouver l'équivalent et on manque de modèles. »
Pourquoi les drag kings restent-ils moins visibles ?
Les drag kings sont beaucoup moins visibles que leurs consœurs drag queens, comme Mado Lamothe, Rita Baga, Barbada, Gisèle Lullaby et Mona de Grenoble. « Les kings sont invisibilisés dans la communauté drag et dans les médias, peut-être parce qu’ils créent encore un malaise », suggère Geneviève Labelle, alias RV Métal.
« Notre drag est très politique. On incarne des hommes parfois toxiques. On rit du patriarcat et des gars qui tripent sur les moteurs et le cuir. Il y a peut-être un aspect critique qui fait en sorte qu’on est moins grand public que certaines queens. »
« On n’a pas évolué au même rythme et on doit encore se faire connaître du grand public », dit Mélodie, alias Rock Bière. Elle entend encore le public affirmer qu’il n’a jamais entendu parler des drag kings ou que les kings sont ennuyants, sauf Rock et RV.
« Il faut donner la chance aux gens, les booker pour qu’ils se bâtissent une garde-robe et qu’ils se fassent les dents, ajoute Mélodie. Plusieurs drag queens ont eu plus d’une chance avant de devenir qui elles sont aujourd’hui. »
Les portes des bars LGBTQ+ ont longtemps été fermées aux kings. Cette difficulté d’accès aux scènes limite les possibilités de construire une carrière, de développer un répertoire et de rencontrer un public plus large.
Rock Bière et RV Métal au Québec
Connaissez-vous les Mambo Kings, Will Charmer et Nat King Pole ? Si la réponse est non, c’est probablement parce que les drag kings sont beaucoup moins visibles que leurs consœurs drag queens.
Afin de remédier à la situation, La Presse a demandé à Rock Bière et RV Métal, les deux kings de l’heure au Québec, de démystifier le mouvement. Pour la deuxième année consécutive, le spectacle d’envergure MajestiX, célébrant le meilleur de la drag locale sous toutes ses formes, sera animé par le tandem Bière et Métal.
Son acolyte Mélodie Noël Rousseau, alias Rock Bière, intervient en disant qu’ils font aussi des numéros hautement divertissants sur de grands classiques rock et que le public cherche une drag de plus en plus diversifiée.
Leurs performances montrent que la dimension politique n’exclut ni l’humour ni le plaisir. Les drag kings peuvent simultanément tourner en dérision les stéréotypes masculins, reprendre les codes du rock et proposer des numéros conçus pour divertir un large public.
Le rapport avec les drag queens
Les Drag Queens et les Drag Kings sont-ils amis ? L’un est-il plus festif et l’autre plus militant ? La distinction entre les deux pratiques ne se résume pas à une opposition entre spectacle et politique.
Les deux disciplines partagent des scènes, des lieux, des communautés et des techniques de performance. La visibilité plus importante des drag queens ne signifie pas que les drag kings seraient moins festifs, moins artistiques ou moins capables de réunir un public.
Au contraire, les drag kings font aussi des numéros hautement divertissants sur de grands classiques rock, tandis que leurs performances peuvent traiter des sujets politiques, sociaux ou intimes. Le drag permet de s’emparer des éléments de la culture dominante et d’en faire autre chose.
Les personnes trans et non binaires dans le drag king
L’invitée explique pourtant que dans la communauté du Drag King aujourd’hui, il y a énormément de genres qui explosent dans tous les sens. On a des personnes non-binaires, on a des hommes trans aussi.
Le drag king n’est donc pas forcément une femme grimée en homme. Il peut être pratiqué par des artistes aux identités et aux parcours différents, pour lesquels la performance constitue un espace de création, d’affirmation ou d’exploration.
Chez Lucil, la création d’Il Mortadella est venue croiser une transition de genre. Le personnage permet d’explorer des outils considérés comme masculins et d’élargir les représentations d’un corps d’homme.
« C’est très important pour moi de donner à voir d’autres types de corps masculins, en l’occurrence mon corps d’homme trans avec une poitrine et une vulve. » Cette présence scénique déplace les images habituelles du masculin et propose d’autres imaginaires.
Drag, humour et critique du patriarcat
Les performances peuvent fonctionner comme des caricatures, mais elles ne s’y réduisent pas. Elles reprennent les gestes, les vêtements et les attitudes attribués aux hommes pour les amplifier, les rendre absurdes ou les confronter à des corps que les normes dominantes ne prévoient pas.
« Notre drag est très politique. On incarne des hommes parfois toxiques. On rit du patriarcat et des gars qui tripent sur les moteurs et le cuir. » L’humour permet ainsi de rendre visibles des comportements ordinaires et de les soumettre au regard critique.
Pour Juda la Vidange, le Drag sert à « amuser la galerie, faire du fun, donner du divertissement, mais aussi faire réfléchir les gens sur le genre ». La performance crée donc un espace où le public peut rire, reconnaître des codes et les regarder autrement.
Une joie queer partagée avec le public
Et puis dans ce grand jeu, il y a le public. « Il nous porte tellement, c’est un plaisir intense de se produire devant lui, il y a beaucoup de joie », assure Chéri·e Bibi.
Pour Salvador Dalby, ces performances permettent d’offrir une bulle de poésie au monde, et en particulier à la communauté queer. « C’est une libération de se dire que l’on va passer un moment de partage, c’est une forme de lutte contre un climat politique et social qui pèse encore sur toutes les minorités. »
Il Mortadella ajoute : « Je suis bouleversé de ce qu’on s’offre à vivre ensemble. Les sujets traités pendant la performance, drôles ou graves, font écho au public, c’est libérateur. »
« On baigne dans une culture oppressante. Le drag permet de venir s’emparer des éléments de cette culture dominante et d’en faire autre chose, avec nos corps minorisés. Cela change tout. »
« Qu’est-ce qu’on fait de ces œuvres d’art sexistes, incestuelles ? Comment trouve-t-on de la liberté, du jeu et du pouvoir d’autodétermination là-dedans ? » Réponses sur scène.
Drag Kings le docu : quelques images
Drag kings et culture populaire
Phénomène mondial depuis 15 ans, l’émission RuPaul’s Drag Race, et ses nombreuses franchises à travers le monde, a propulsé quantité de drag queens au statut de vedettes internationales.
RuPaul - célèbre Drag Queen américaine - n'a ouvert sa Drag Race qu'à des hommes qui se transforment en femmes, et il n'est pas question pour elle de l'ouvrir aux femmes qui se transforment en hommes, car selon elle, ce ne serait pas assez subversif ni dangereux.
Elle trouve dommage que RuPaul n'ouvre pas son casting au Drag Kings, mais il existe d'autres shows, comme elle l'explique. « Il y a déjà d'autres émissions qui existent, qui sont moins populaires, parce qu'elles sont issues un peu de la culture underground, mais elles ont quand même un impact immense dans la communauté LGBTQIA+. »
« Par exemple, il y a une émission qui s'appelle Dragula qui est vraiment le Drag de l'horreur et c'est vraiment très fun à regarder. Et il y a un Drag King qui a gagné une des saisons. »
Une compétition commune est-elle possible ?
Que se passerait-il si les kings étaient admis dans la compétition ? « Landon Cider, le meilleur drag king de la planète, rappelait qu’on partage les mêmes scènes et qu’on joue dans les mêmes soirées, alors pourquoi les kings ne pourraient pas participer à la même compétition ? demande Geneviève.
Ça prouverait qu’on est au même niveau. » Sa complice est du même avis. « Drag Race crée un lien direct avec le public, dit Mélodie. C’est possible de faire compétitionner des queens et des kings.
On l’a fait avec Drag-Moi. J’imagine qu’il faudrait adapter Drag Race et qu’il y aurait une transition un peu inconfortable au début, mais ce serait intéressant. »
« RuPaul Charles a déjà dit qu’il n’y aurait jamais de drag kings sur son show, parce que faire du drag king, ce n’est pas subversif ni dangereux, dit Geneviève.
Alors, ça se peut que les kings ne veuillent pas participer à quelque chose qui nous dénigre d’emblée. »
Des artistes et des personnages à découvrir
- Chéri·e Bibi explore le cowboy, le crooner, la séduction et le flou entre les genres.
- Salvador Dalby propose une masculinité sensible, mélancolique et poétique.
- Il Mortadella croise burlesque, strip, danse et drag pour représenter un corps masculin trans.
- Juda la Vidange défend un drag conçu pour divertir tout en déstructurant les codes du genre.
- Rock Bière mêle humour, grands classiques rock et volonté de rendre les kings plus visibles.
- RV Métal utilise une drag politique pour rire du patriarcat et des archétypes masculins toxiques.
- Will Charmer a été le premier drag king à prendre part au concours Drag-Moi en 2017.
- Nat King Pole a émergé en solo après l’expérience collective des Mambo Kings.
- Walter Ego a remporté le concours en 2020.
- Landon Cider est présenté comme le meilleur drag king de la planète par Geneviève Labelle.