À Pexiora, la fête de la Saint-Raymond honore l’un des deux saints patrons du village, avec saint Blaise. Bien qu’elle ait changé plusieurs fois de période, cette célébration demeure attachée à l’histoire locale et aux traditions communales.
La fête, autrefois organisée à l’automne puis déplacée à la fin août et finalement à la fin juin, a longtemps été l’un des grands rendez-vous populaires de Pexiora. Elle associe la mémoire des saints patrons, les festivités en plein air, les forains et la participation des habitants de toute la région.
Les deux saints patrons de Pexiora
Dans un précédent article nous avons parlé de Saint Raymond de Pexiora qui, avec Saint-Blaise, sont les deux saints patrons du village. Saint-Blaise est fêté le 3 février et figure sur le calendrier.
Quant à Saint Raymond, s’il y a bien une date pour sa fête, il ne s’agit pas de Raymond de Pexiora qui, lui, est fêté début octobre.
Bien qu’ayant changé de date, on célèbre toujours les saints patrons à Pexiora.
Une fête autrefois organisée dans les cafés
Autrefois les fêtes se déroulaient dans les cafés, celui de la place ou au café du commerce, le café Doumenc. Ce dernier, qui n’existe plus de nos jours, se dressait à l’emplacement actuel du parking, près de la place.
Pour la fête de St Raymond, faute de salle assez grande, la municipalité faisait couvrir la place centrale. Les employés municipaux bâtissaient une charpente en bois qu’ils recouvraient de bâches de location, ce qui donnait une grande salle des fêtes à l’abri de la pluie et du vent de l’automne.
Cette installation permettait de maintenir la fête malgré les conditions météorologiques, mais sa mise en place devenait progressivement trop coûteuse. Cette construction éphémère coûtait de plus en plus cher, si bien que le conseil municipal décida de faire la St Raymond fin août et en plein air sur la place.
Le déplacement de la fête à la fin août
Le passage à une fête estivale a profondément modifié son organisation. La célébration n’était plus dépendante d’une grande salle provisoire ni des protections nécessaires contre la pluie et le vent.
En 1968, le comité des fêtes est créé pour organiser les fêtes, qui deviennent les grandes fêtes de l’année, suivies par une foule de gens de toute la région.
La route est barrée et la circulation déviée. Les forains s’installent tout le long de la grand-rue.
Une année, un automobiliste est entré en collision avec les barrières de déviation et la fête fut déplacée rue des Caves.

Les lieux successifs de la fête
Les lieux de célébration ont changé au fil des besoins de la commune. Après les cafés et la couverture provisoire de la place centrale, une autre salle a été utilisée pour la fête d’hiver.
Pour la fête d’hiver, après les cafés, on a bénéficié d’une salle des fêtes située dans l’ancienne distillerie, rue de la Gare face à la rue des Remparts.
De nos jours, le village bénéficie d’une superbe salle des fêtes, rénovée récemment.
Une nouvelle date en raison de la concurrence festive
La fête d’été, fin août, est tombée en concurrence avec la fête du cassoulet lors de la création de celle-ci.
Si bien que le comité des fêtes organise désormais la fête fin juin.
| Période ou étape | Organisation de la fête |
|---|---|
| Autrefois | Fêtes organisées dans les cafés |
| Avant le changement de date | Place centrale couverte par une charpente en bois et des bâches |
| À partir de 1968 | Création du comité des fêtes |
| Fin août | Fête en plein air sur la place |
| Époque actuelle | Fête organisée fin juin |
Le saint Raymond associé au calendrier du 31 août
La date du 31 août correspond à saint Raymond Nonnat, cardinal et religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci.
Lundi 31 Août 2026 : Fête de Saint Raymond Nonnat, Cardinal, Religieux de l'Ordre de Notre-Dame de la Merci (1201-1240).
Raymond Nonnat a été Canonisé par le Pape Alexandre VII en 1657. Sa Fête a été fixée au 31 Août.
Saint Raymond Nonnat est célébré comme une figure liée à la protection des femmes enceintes et des nouveau-nés, ainsi qu’au secours des captifs.
La vie de saint Raymond Nonnat
Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent.
Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents.
Son nom n'est pas celui de sa famille car sa mère est morte à sa naissance et il a dû être mis au monde par césarienne (nonnatus='non né').
Fils d’un seigneur de la Catalogne (France), il voit le jour dans des circonstances tragiques puisque sa mère décède alors qu’elle est enceinte de sept mois et que l’enfant qu’on en extirpe est bien vivant (de là vient son surnom : "non né", "Nonnat").
Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone.
Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale.
Convaincu qu’il s’agit d’un signe du Ciel, son père le fait aussitôt Baptiser puis instruire avant de l’associer à ses affaires.
Pour ne pas déplaire à son père, Raymond se soumet, en dépit de son désir d’entrer en religion.
Il profite de sa situation pour se mêler aux bergers et aux ouvriers, avec qui il passe son temps en Prière.
Raymond et l’Ordre de la Merci
Il entre comme novice chez les Mercédaires de Barcelone.
Ordonné Prêtre en 1222, à l'âge de 18 ans, le jeune Raymond entra dans l'Ordre de la Merci, dits Ordre des Mercédaires, qui venait en aide aux Chrétiens prisonniers des Musulmans en Afrique du Nord et réduits en esclavage.
Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage.
La règle de l'Ordre voulait que les Moines Mercédaires prennent librement et volontairement la place des esclaves Chrétiens et tiennent lieu d'otages, tant que l'argent de la rançon ne pouvait pas être rassemblé.
Dès lors, il se consacre au rachat des prisonniers captifs des barbares en Afrique du Nord et lorsque les moyens lui manquent, il s’offre lui-même en otage à leur place.
Après un noviciat plein de ferveur, il fut envoyé en Afrique, où, n'ayant pas assez d'argent pour racheter tous les prisonniers, il se donna lui-même en otage, afin de les mettre tous en liberté, et ne fut délivré que quand le surplus du payement fut arrivé.
C'est ainsi que Saint Raymond se livra lui-même aux Musulmans pour obtenir la libération de plusieurs captifs esclaves.

La captivité et l’évangélisation
Il se consacra à l’évangélisation de ses compagnons d’infortune.
Il fut libéré grâce à une rançon, et revint à Rome comme procureur de son Ordre.
D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.
Devant ces actes, ses geôliers le fouettèrent au sang, lui percèrent les lèvres au fer rouge et y mirent un cadenas qui n'était ôté de ses lèvres que quand on voulait bien lui donner à manger.
La bouche cadenassée, il chantait encore les louanges Divines, ce qui fut attribué à des enchantements et donna lieu à une persécution nouvelle.
Il souffrit avec joie tous les outrages de la captivité en union avec le Rédempteur des âmes outragé pour les péchés du monde.
Le retour et le cardinalat
Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne.
Quelques années plus tard, il est nommé Cardinal par le Pape Grégoire IX.
Peu après, le Pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa Cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre.
C'est alors que le Pape Grégoire IX l'appela pour qu'il aille rencontrer Saint Louis et qu'il l'encourage à partir en croisade.
Il rencontra saint Louis, envoyé par le Pape pour décider le roi de France à partir en croisade.
Mais Raymond, épuisé de tant de peines et d'épreuves, mourut en 1240, à 36 ans, près de Barcelone, avant d'avoir pu arriver à Rome pour recevoir le chapeau cardinalice.
La mort de saint Raymond Nonnat
Convoqué à Rome par ce dernier, il ne réussit malheureusement pas à s’y rendre puisqu’il décède d’une forte fièvre en cours de route.
Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife.
Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine.
Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles.
Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements.
Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne.
Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels.
Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la Croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »
Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu.
Le culte et le patronage de saint Raymond
St Raymond Nonnat est le patron des gynécologues- obstétriciens et le protecteur des femmes enceintes et des nouveau-nés.
Il est invoqué pour guérir la fièvre.
Saint Raymond Nonnat a été Canonisé par le Pape Alexandre VII en 1657.
À Cardona près de Barcelone, vers 1240, Saint Raymond Nonnat, qui fut un des premiers compagnons de Saint Pierre Nolasque dans l’Ordre de Notre-Dame de la Merci et souffrit beaucoup, rapporte-t-on, au Nom du Christ pour le rachat des captifs.
Son culte fut approuvé en 1719.
À ne pas confondre avec saint Raymond de Pényafort
Raymond est un prénom d'origine germanique, qui signifie "conseil" et "protection".
Parmi les différents saints qui l'ont porté, on trouve deux espagnols, dont saint Raymond Nonnat, célébré le 31 août, et saint Raymond de Pényafort, que nous fêtons aujourd'hui.
Saint Raymond de Penyafort est fêté le 07 janvier.
Il naquit en Espagne en 1175 ; c'était un maître éminent en théologie morale et en droit canonique.
Entré dans l'Ordre de saint Dominique, Frère Raymond sera l'auteur des "Décrétales", toute une "somme" rassemblant en cinq tomes les décrets des Papes et des Conciles.
Devenu maître général des Dominicains, il eut le singulier mérite d'introduire dans les couvents de son Ordre l'étude de l'Arabe et de l'Hébreu.
Saint Raymond fut un Juriste complet, compétent et très humain.
Saint Raymond meurt à Barcelone le 6 janvier 1275.
La distinction entre ces figures explique pourquoi la fête de saint Raymond de Pexiora ne doit pas être automatiquement associée à la fête liturgique de Raymond Nonnat ou à celle de Raymond de Pényafort.
La mémoire de la fête à Pexiora
La Saint-Raymond reste liée à plusieurs générations de fêtes populaires, à l’évolution des lieux de rassemblement et aux transformations de la vie communale.
Des cafés à la place couverte, de l’ancienne distillerie à la salle des fêtes rénovée, chaque période a laissé une trace dans l’organisation de la célébration.
La création du comité des fêtes en 1968 a donné à ces rendez-vous une organisation durable et une ampleur régionale.
La fête est désormais organisée fin juin, mais son nom conserve le souvenir du saint patron et de l’histoire de Pexiora.