La fête des laïcs peut désigner une célébration publique de la laïcité, une cérémonie marquant une étape de la vie sans référence religieuse ou encore une fête destinée à transmettre aux jeunes les valeurs de tolérance, de justice et de fraternité. Dans tous les cas, elle repose sur la liberté de conscience, le respect de l’individu, l’égalité et la solidarité.
Les cérémonies laïques permettent de marquer un tournant, de rassembler les proches et de donner du sens à son vécu dans un cadre respectueux de toutes et tous, sans référence religieuse, mais chargé de symbolique. Elles sont personnalisables, inclusives, accessibles à chacun et chacune, et incarnent une laïcité vivante, ancrée dans les réalités de notre société.
Que signifie une fête laïque ?
Les cérémonies laïques offrent un espace de parole, de partage et de réflexion, fondé sur les valeurs de la laïcité: liberté de conscience, respect de l’individu, égalité, solidarité, émancipation. Elles se déroulent dans un lieu neutre (hors maison communale), selon le souhait et les références propres aux personnes concernées.
Les cérémonies laïques sont co-construites avec les personnes concernées. Elles laissent place à la créativité, à la parole, aux émotions. Elles s’adaptent à chaque contexte de vie et à chaque souhait: lieu, ton, durée, contenu symbolique… Chaque cérémonie est singulière.
Le ou la conseillère laïque peut y jouer un rôle actif ou discret, selon ce qui est convenu. La cérémonie incarne un humanisme actif qui respecte la dignité de chacun et crée du lien à travers les valeurs de liberté de conscience, d’égalité et de solidarité.
La fête des laïcs et la laïcité républicaine
La loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) avait permis à la République française, il y a près d'un siècle, d'accéder à une relative sérénité dans ses rapports avec les religions, à l'époque limitées au catholicisme, aux confessions protestantes et au judaïsme.
Il serait périlleux de retoucher cette loi mais il conviendrait de l'appliquer dans un esprit de plus stricte neutralité à l'égard de toutes les croyances aujourd'hui présentes au sein de la communauté nationale.
En France, la réouverture du débat sur la laïcité en est la manifestation la plus notoire. Dans le même temps se multiplient les entorses à la séparation des Églises et de l'État : jours de congé communautaristes, financement des lieux de culte, mariages discriminatoires.
Pour fêter les 120 ans de la laïcité, un programme riche a été proposé aux réunionnais et notamment aux plus jeunes afin de promouvoir et d'expliciter le 4e principe républicain.

Une fête publique de la laïcité
Près de 500 participants pour la fête des 120 ans de la laïcité qui s'est tenue ce mardi 9 décembre 2025 au Château Morange de Saint-Denis en présence de Patrice LATRON, Préfet de La Réunion, pour commémorer la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'Etat.
Après le discours d'ouverture de M. le Préfet auprès des invités pour commémorer les 120 ans la loi de 1905, un programme diversifié a pu se tenir sur la journée. Conférences, tables-rondes, expositions, jeux et animations, parcours de la laïcité, films, concours d'éloquence, expositions d’œuvres artistiques.
5 conférences et tables-rondes ont pu aborder la laïcité sous différents angles (histoire, cultes, formation des agents publics, associations, santé. ) avec la participation de nombreux intervenants et spécialistes sur le domaine permettant des débats et des échanges riches avec le public.
En parallèle, un village associatif déambulatoire a été mis en place sur le parvis du Château Morange grâce à la participation des associations Trait-D'union, USEP, UFAL, Ligue de l'enseignement, Ligue des Droits de l'Homme, groupe de dialogue inter-religieux (GDIR) : à cet égard, un parcours ludique a été proposé aux dizaines de jeunes scolaires afin de leur permettre de découvrir la laïcité d'une manière adaptée.
Un concours d'éloquence organisé par l'association Jeunes aujourd'hui pour demain (JAD) a aussi été organisé afin de mettre en compétition 8 jeunes lycéens sur des textes récités en faveur de la laïcité.
Pour clôturer cette journée riche en émotions, la plantation d'un arbre de la laïcité, un Ylanguier, a pu se faire dans les jardins avant la chanson de la Marseillaise par des élèves des écoles partenaires.
La fête laïque de la jeunesse
La fête laïque de la jeunesse est destinée aux jeunes de l’école primaire. Elle puise ses origines au 19e siècle, lorsque les sociétés de libres-penseurs et de rationalistes souhaitaient compléter l’éducation morale de leurs enfants.
Chaque printemps, cette fête réunit les jeunes, leurs proches et les associations laïques organisatrices. Elle marque le passage de l’enfance à l’adolescence dans un esprit de tolérance, de justice et de fraternité.
L’événement, festif et souvent scénique, valorise le sens critique et célèbre les apprentissages citoyens des jeunes.
Les grandes étapes de la vie célébrées dans un cadre laïque
Naissance, passage à l’âge adulte, engagement amoureux, deuil… Aux moments clés de l’existence, nombreuses sont les personnes qui ressentent le besoin de marquer un tournant, de rassembler leurs proches et de donner du sens à leur vécu.
Loin d’être de simples événements festifs, les cérémonies participent pleinement à une démarche d’émancipation et de libre adhésion aux valeurs humanistes, sans dogme ni vérité imposée.
Le parrainage laïque
Également appelé « accueil de l’enfant dans la cité », le parrainage laïque est une cérémonie symbolique qui célèbre la naissance ou l’arrivée d’un enfant dans la communauté humaine, sans référence à une appartenance religieuse.
Contrairement aux rituels confessionnels, il ne s’agit pas de protéger l’enfant, ni d’être son tuteur ou de le faire entrer dans une communauté en choisissant à sa place.
L’accueil de l’enfant dans la cité est un engagement d’adultes qui souhaitent formaliser leur choix d’un projet éducatif large, ouvert, respectant totalement la liberté de l’enfant et ne prenant, en son nom, aucun engagement philosophique prématuré.
Le parrain et la marraine s’engagent à soutenir l’enfant en toute circonstance et à respecter sa liberté individuelle dans ses choix futurs. Ils lui transmettent les valeurs d’émancipation et de respect de l’intégrité de la personne, quel que soit son âge.
Les mariages laïques et cérémonies d’union
Pour le mouvement laïque, chacun, croyant ou non, a droit à une cérémonie d’union qui reflète ses valeurs, son histoire et ses engagements.
La cérémonie d’union laïque est conçue avec les futurs époux pour donner à ce moment une signification profonde, intime et collective à la fois. Elle peut également unir deux personnes de confessions religieuses différentes qui se tournent vers la laïcité pour une célébration inclusive.
Les entretiens préparatoires permettent d’évaluer la pertinence de la demande et d’élaborer un rituel respectueux des souhaits de chacun.
Les anniversaires de mariage (noces d’or, de diamant…) peuvent également être célébrés de manière laïque, dans un cadre chaleureux et personnalisé.
Les funérailles laïques
L’un des combats historiques du mouvement laïque fut la reconnaissance effective des funérailles civiles. Longtemps marginalisées ou dénuées de solennité, elles sont aujourd’hui pleinement légitimes et portées par un accompagnement spécifique.
Les funérailles laïques permettent de rendre hommage au défunt dans le respect de ses convictions. Elles sont conçues avec les proches, qui participent activement à l’élaboration d’un rituel personnel: textes, musiques, témoignages, souvenirs partagés…
La cérémonie aide à traverser le deuil, en créant un moment d’humanité, de mémoire et de transmission. Le conseiller ou délégué laïque joue un rôle de soutien moral avant, pendant et parfois après la cérémonie.
Une fête fondée sur l’assistance morale
Les cérémonies laïques font partie intégrante de l’assistance morale dite « généraliste », qui vise à accompagner les personnes dans les moments de transition, de fragilité ou de quête de sens, en leur proposant une écoute, un soutien et des rituels symboliques.
Le Service laïque d’aide aux personnes (SLP) et les régionales du mouvement laïque accompagnent les familles dans l’organisation des funérailles, en tenant compte de l’éventuelle déclaration anticipée sur les dernières volontés, enregistrée auprès de la commune.
Chaque cérémonie laisse place à la parole, aux émotions et à la créativité, tout en respectant la dignité et la liberté des personnes concernées.
Fêtes légales et diversité des convictions
La France compte 11 jours fériés, dont 6 liés à des fêtes chrétiennes. Une spécificité historique interroge la capacité du calendrier national à refléter la diversité culturelle et religieuse de la société contemporaine.
| Jour férié | Référence |
|---|---|
| Lundi de Pâques | Tradition catholique |
| Jeudi de l’Ascension | Tradition catholique |
| Lundi de Pentecôte | Tradition catholique |
| Assomption de la Vierge, 15 août | Tradition catholique |
| Toussaint, 1er novembre | Tradition catholique |
| Noël, 25 décembre | Tradition catholique |
| Jour de l’An | Coutume |
| Fête nationale, 14 juillet | Geste républicaine |
| Fête du Travail, 1er mai | Fête civile |
| Armistice, 11 novembre | Fête nationale |
| Capitulation du IIIe Reich, 8 mai | Fête nationale |
Par une loi de 1886, les députés de la IIIe République, tout anticléricaux qu'ils fussent, ont institué huit fêtes légales dont six se référent à la tradition catholique : Lundi de Pâques, Jeudi de l’Ascension, Lundi de Pentecôte, Assomption de la Vierge (15 août), Toussaint (1er novembre) et Noël (25 décembre) ; une à la coutume : Jour de l'An ; une seulement à la geste républicaine : Fête nationale (14 juillet).
Là-dessus se sont greffées trois fêtes légales supplémentaires : Fête du Travail (1er mai), Armistice (11 novembre), Capitulation du IIIe Reich (8 mai).
Certaines régions ou localités ont aussi des jours fériés spécifiques. Par exemple, dans l’ancienne Alsace-Lorraine, le Vendredi Saint qui précède Pâques et le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne (premier martyr de la chrétienté), sont des jours fériés.
En Guadeloupe, on commémore l’abolition de l’esclavage le 27 mai.
Noël, devenue fête universelle, et la Toussaint, dédiée aux défunts, débordent largement les milieux chrétiens et ont acquis avec le temps une légitimité aussi solide que la fête du Travail (1er mai) et les fêtes nationales du 14 juillet et du 11 novembre.
Le débat sur les jours chômés
Le 11 novembre Le 8 mai Le 14 juillet… Le 15 août ? Que s'est-il passé le 15 août ? Ah non, fête de la Vierge Marie pour les catholiques, comme aujourd’hui l’Ascension, fête méconnue souvent confondue avec la Pentecôte, dans 10 jours, fête chrétienne qui tombe cette année le lundi 25 mai.
Alors que l’Annonciation elle, jour où Marie apprend qu’elle va être la mère de Jésus, n’est pas chômé, comme c’est le cas en Italie par exemple, ce qui permet à chacun de décorer son sapin. Le 8 décembre.
Sur 11 jours fériés français, 6 sont consacrés à des fêtes religieuses uniquement chrétiennes… Mais les autres religions, elles ? Elles n’ont droit à aucun jour férié.
Privées de jours fériés ! Est-ce bien juste au pays de l’égalité et de la laïcité ?
L’idée n’est pas nouvelle… Il y a 120 ans, pendant les débats sur la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, le député socialiste Maurice Allard propose leur suppression pure et simple pour les remplacer par des jours fériés laïcs, en lien avec la nature ou l’astronomie.
Rejet de l’Assemblée. Et puis il y a 23 ans, le rapport Stasi du nom du médiateur de la République qui prépare la loi sur les signes religieux à l’école, propose de rendre fériée une fête juive et une fête musulmane.
Jacques Chirac n’en veut pas. L’idée est enterrée. Et aujourd’hui ? Elle ne semble plus au cœur des débats.
Elle aurait au moins le mérite d’entretenir la culture religieuse, de s’intéresser à l’autre, de connaître sa culture et sa religion, dans un pays où la méconnaissance en la matière alimente la défiance.
Certains revendiquent au contraire le droit à l’exception c'est-à-dire ne pas changer la norme, de la respecter y compris par rapport à l’histoire de France qu’il faudrait embrasser tout entière, mais de s’en accommoder.
D’autres au contraire en ont assez de poser des jours ou des arrêts maladie pour exercer leur culte…
Les autorisations d’absence liées aux fêtes religieuses
En matière de laïcité comme en bien d'autres domaines, l'État français donne le mauvais exemple. C'est ainsi que la circulaire du ministre de la fonction publique 901 du 23 septembre 1967 fixe les « autorisations d'absence pouvant être accordées à l'occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ».
En vertu de cette circulaire toujours en vigueur, les fonctionnaires français peuvent solliciter de leur chef de service :
- un jour d'absence s'ils se recommandent de la religion orthodoxe (Noël orthodoxe),
- trois jours s'ils revendiquent leur origine arménienne (Noël arménien, fête des Varanants, commémoration du génocide du 24 avril 1915,
- trois jours pour les musulmans qui se veulent ou se disent pratiquants (Aïd El Adha, Al Mawlid Annaboui, Aïd El Fitr),
- trois jours pour les juifs qui se veulent ou se disent pratiquants (Roch Hachana, Yom Kippour),
- un jour seulement (!) pour les bouddhistes (fête du Vesak),
- Les fonctionnaires catholiques, protestants, pratiquants des cultes africains, mormons, athées, agnostiques. n'ont, eux, droit à aucune autorisation d'absence (sauf à se convertir publiquement à l'une des religions précitées).
La neutralité républicaine justifierait l'abrogation de cette circulaire discriminatoire.
Notons aussi que l'émergence récente de nouvelles confessions, en premier lieu l'islam, conduit dans les écoles et dans le secteur privé, en-dehors de la fonction publique, à un absentéisme important et parfois massif lors de certaines fêtes comme Aïd El Adha, Aïd El Fitr sans parler de Kippour, célébré par les juifs.
Le souci d'équité entre tous les salariés français justifierait une remise à plat des jours chômés officiels.
Une fête laïque pour transmettre la citoyenneté
La fête des laïcs peut associer conférences, tables-rondes, expositions, jeux et animations, parcours de la laïcité, films, concours d'éloquence et expositions d’œuvres artistiques.
Les actions destinées aux enfants et aux adolescents permettent de découvrir la laïcité d’une manière adaptée, de développer le sens critique et de valoriser les apprentissages citoyens.
Un concours d’éloquence, des activités scéniques, des parcours pédagogiques et des échanges avec des associations peuvent donner une dimension concrète à la liberté de conscience et à l’égalité.
Île-de-France : la laïcité à l'école vue par les jeunes
La fête laïque de la jeunesse marque le passage de l’enfance à l’adolescence dans un esprit de tolérance, de justice et de fraternité. L’événement valorise le sens critique et célèbre les apprentissages citoyens des jeunes.
La place des cérémonies laïques dans la société
Les cérémonies laïques permettent de le faire dans un cadre respectueux de toutes et tous, sans référence religieuse, mais chargé de symbolique.
Elles offrent un espace de parole, de partage et de réflexion, fondé sur les valeurs de la laïcité: liberté de conscience, respect de l’individu, égalité, solidarité, émancipation.
Une démarche fondée sur la liberté, le sens et la solidarité permet à chacun de participer à un rituel qui correspond à ses convictions, sans dogme ni vérité imposée.
Les cérémonies laïques s’adaptent à chaque contexte de vie et à chaque souhait: lieu, ton, durée, contenu symbolique… Chaque cérémonie est singulière.