Halloween 6: bande-annonce VF — analyse détaillée du sixième opus et de ses enjeux

portalcenter.cl

Qu’espérer d’une énième séquelle d’Halloween après les inepties de l’épisode 5 ? Pas grand-chose en vérité. Et c’est exactement ce que nous propose ce sixième opus, raclant les fonds de tiroir, peinant terriblement pour raccorder son intrigue à celle des films précédents et se trouver une légitimité au sein de la saga, quitte à accumuler en chemin des incohérences colossales.

Signé Daniel Farrands, le scénario fut d’ailleurs réécrit plus de dix fois avant les premiers tours de manivelle, et ça se sent. Au cours du prologue, la jeune Jamie Strode (J.C. Brandy) accouche dans un lieu étrange, sombre et empli de bougies fort décoratives. Là sévissent le tueur Michael Myers et un étrange personnage coiffé d’un chapeau. Nous n’en saurons jamais rien.

Parvenant à s’enfuir avec son bébé, Jamie tente de prévenir la radio locale d’Haddonfield que le tueur au masque blanc sévit toujours. Mais personne ne la croit. Nous sommes en effet la veille d’Halloween, et les blagues de cet acabit sont légion. Fatalement, ce bon gros Michael finit par la retrouver et la trucide sans autre forme de procès. Fort heureusement, le bébé lui échappe. C’est le jeune Tommy (Paul Rudd), que gardait Laurie Strode lorsqu’elle était baby sitter, qui le déniche et le cache.

Nous apprenons bientôt que Michael Myers ne tue pas par hasard, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, mais respecte une prophétie druidique qui consiste à assassiner tous les membres d’une famille pour sauver le reste du monde, menacé par une malédiction ancestrale. Nous naviguons donc dans du grand n’importe quoi, et les choses ne font hélas qu’empirer au fil du métrage. Myers n’est ici qu’un gorille au service d’une espèce de secte absurde vouée au mal, ses membres se drapant de noir et trouvant refuge dans un hôpital psychiatrique, au grand dam du docteur Loomis (Donald Pleasence toujours).

Bien en peine de créer des scènes d’épouvante digne de ce nom, le réalisateur Joe Chappelle abuse des déflagrations sonores qu’il nous assène chaque fois qu’une main se pose sur l’épaule d’un personnage, dans l’espoir de faire sursauter les spectateurs. La bande son en fait donc souvent des caisses, et malgré une intéressante variante hard-rock sur le thème musical composé par Carpenter (uniquement proposée au cours de la scène d’intro), aucune inventivité n’est à signaler. Il en est de même du côté des meurtres en série, certes violents mais fort peu imaginatifs. Quant à la poursuite finale dans les couloirs de l’hôpital, elle ne véhicule aucun suspense et s’achève sur un épilogue grotesque.

Ce fut le dernier film de Donald Pleasence, qui s’éteignit avant la fin du tournage. Halloween 6 lui est dédié, mais cet immense acteur eut mérité un plus glorieux chant du cygne. Le 30 octobre 1995, six ans après s’être évadé d’un commissariat de police grâce à l’intervention d’un mystérieux homme en noir le 31 octobre 1989, Michael Myers est retenu en otage par une secte, tout comme sa nièce Jamie Lloyd, 15 ans. Celle-ci vient de mettre au monde son enfant que la secte compte sacrifier. Elle réussit à s’échapper avec son bébé mais est tuée par Michael Myers.

Pendant ce temps, Haddonfield se prépare à passer un 31 octobre en délaissant Halloween, fête sur laquelle plane l’ombre menaçante de Michael. Les Strode ont emménagé dans la maison des Myers. Tommy Doyle, désormais adulte, Kara Strode et son fils Danny étudient une ancienne malédiction qui semble planer sur ce dernier. Le docteur Loomis sort de sa retraite pour traquer à nouveau le tueur d’Halloween. Le temps presse, car après le meurtre de Jamie, la colère de Myers ne fait que croître.

La saga Halloween a toujours plus ou moins tourné en rond. Après un Halloween 5 qui ne fut pas le carton espéré lors de sa sortie, un opus atteignant un degré abyssal dans la nullité, voilà que Dimension Films se procure les droits de la saga et nous livre un sixième opus en 1995. Le tournage fut mouvementé, le scénario signé Farrands fut commencé en 1990, et la tâche fut difficile, tant Halloween 5 avait laissé des zones d’ombre. Des batailles juridiques suivirent et Dimension Films prit les rênes, avec des coupes, réécritures et un budget sans cesse révisé à la baisse.

Pour ne rien arranger, Danielle Harris refuse de reprendre son rôle. Le tournage s’achève, mais le film ne plaît pas aux projections tests et aux frères Weinstein. Pire, Donald Pleasence décède. Dimension ne compte pas en rester là et Joe Chappelle retourne sur le plateau, avec de nouvelles scènes et un final complètement différent. Halloween 6 sort et se fait descendre. Le scénario est jugé confus, la mise en scène peu fameuse, les meurtres très gore, et le film arrive en France directement en VHS avec plusieurs versions variées (cinéma, tv, producer’s cut, rough cut).

Bref, Halloween 6, film maudit ? Assurément ! Mauvais film ? Aussi oui. Le film tente d’expliquer l’origine du mal, de relier tous les points de la saga, et même d’expliquer les éléments de Halloween 5, mais la tâche est sans doute trop lourde pour tenir dans un seul métrage. La mise en scène de Joe Chappelle manque d’inspiration et les choix de montage et d’effets spéciaux fragilisent encore l’ensemble. Cependant, certaines idées et quelques scènes parviennent à sauver le film de la médiocrité totale, avec une ambiance bleutée parfois réussie et des scènes gore qui marquent les esprits.

En décryptant les choix du réalisateur, on peut souligner que Michael Myers devient un personnage plus violent et plus programmé, tandis que la logique de l’intrigue (magie, druides, pouvoir surhumain) peut paraître tirée par les cheveux mais repose sur une base intéressante. Le film offre aussi une explication partielle de l’homme en noir et du destin de Jamie, tout en réintroduisant Tommy Doyle et en réévaluant les enjeux de la saga. Le slasher intelligent n’est pas oublié, mais le cœur de la question demeure: Halloween 6 est-il un chapitre réussi, ou un compromis maladroit entre les générations de la saga?

En fin de compte, Halloween 6 se voit parfois ≈ un retour prometteur, parfois un exercice de réconciliation maladroit avec les éléments des films précédents. Le résultat final reste ambigu: il réussit à rehausser le niveau par moments, tout en confirmant que la série, après tant d’années, reste prise dans une logique répétitive et imparfaite.

carte des lieux et personnages Halloween

Halloween 6 bande annonce

Le mystère persiste autour du signe sur la main de Michael et de l’homme en noir, et le film propose une vision ambiguë de la vocation meurtrière du protagoniste, mêlant druidisme et malédiction familiale à une mythologie tentant de s’assembler pièce par pièce avec les épisodes antérieurs. Le résultat est un mélange de passages forts et de choix discutables, qui ne laissent pas insensible, mais qui invitent surtout à une réévaluation continue du personnage et de la mythologie d’Halloween.

Note: le texte est une compilation d’extraits et de reformulations tirés du matériel fourni, réorganisés pour offrir une narration cohérente et approfondie.

tags: #halloween #6 #bande #annonce #vf