Introït du jour de Pâques : « Resurrexi et adhuc tecum sum »

L’introït de la grande fête de Pâques exprime le cri de l’Homme-Dieu sortant du tombeau. Le dimanche de la Résurrection célèbre la « Fête des fêtes », la « Solennité des solennités », qui ouvre ainsi le temps pascal.

Ressuscité, le Christ adresse à son Père l’hommage de sa reconnaissance. Chef de l’humanité rachetée, il n’est plus seul et il offre à son Père tous les membres de son corps mystique : Resurréxi et ádhuc técum sum, allelúia. Posuísti súper me mánum túam, allelúia. Mirábilis fácta est sciéntia túa, allelúia, allelúia.

« Je suis ressuscité et je suis toujours avec vous. Vous avez mis sur moi votre main. Votre sagesse s’est montrée merveilleuse. » L’introït de cette grande fête de Pâques exprime le cri de l’Homme-Dieu sortant du tombeau.

Le texte latin et sa signification

Ce sublime chant constitue sans conteste la quintessence du chant grégorien : rien de flamboyant, une atmosphère de paix inaltérable, de reconnaissance, de joie pleine. Ce sublime chant constitue sans conteste la quintessence de la prière chantée qu’est ce chant grégorien.

Le texte est formé de trois versets du psaume 138, qui ne se suivent pas dans le psaume mais ont été réunis ici. Dans le psaume, il n’est bien sûr pas question de résurrection.

Il chante seulement la présence universelle de Dieu, toujours auprès de nous, qui connaît toutes choses et qui nous guide. C’est tout un ensemble extrêmement agréable.

ÉlémentTexteSens
Premier versetResurréxi et ádhuc técum sum, allelúia.« Je suis ressuscité et je suis toujours avec vous. »
Deuxième versetPosuísti súper me mánum túam, allelúia.« Vous avez mis sur moi votre main. »
Troisième versetMirábilis fácta est sciéntia túa, allelúia, allelúia.« Votre sagesse s’est montrée merveilleuse. »

Le texte s’achève sur deux allelúia, qui prolongent la proclamation pascale et donnent au chant son mouvement de louange.

Une mélodie de paix et de joie intérieure

On s’attendait à des démonstrations de joie ; on eût voulu entendre la harpe, les tambourins, tout ce qui se manifeste dans les fêtes de notre terre, et cette attente disparaît, versée par des sentiments plus élevés.

Même dans le choix des modes grégoriens, on pensait à un VIIIe mode flamboyant, se fixant dans les hauteurs et nécessitant un grand volume de voix pour proclamer la Résurrection du Sauveur. Rien de tout cela, bien au contraire.

Une mélodie indéfinissable

La mélodie est proprement indéfinissable. Le compositeur de cette magnifique pièce grégorienne n’a pas cherché à lui donner de l’éclat sous prétexte que c’est le jour de Pâques : il suffisait de lui donner de la vigueur en pensant à Celui qui parle, et à tout ce qu’il exprime.

C’est comme un récitatif orné qui se déroule dans une atmosphère de paix, d’intimité, de reconnaissance, de joie pleine. « Je suis ressuscité et encore je suis avec Vous » comme l’affirme dom Baron : c’est le mot chargé de tendresse par lequel l’Humanité glorieuse du Christ dit à son Père sa joie de le retrouver.

La mélodie grégorienne nous apprend beaucoup sur le sens à donner à notre joie souvent trop démonstrative et pas suffisamment spirituelle, intérieure, contemplative, ravie d’être tout entière à Dieu.

C’est ce renouvellement de vie qu’il faut chanter aujourd’hui avec tout notre cœur, sans essayer de dénaturer ce bonheur pour le Fils d’être à son Père, de lui montrer cette vie renouvelée, et, pour nous, d’y participer le plus entièrement possible dans le calme, sans aucun éclat.

partition grégorienne de l’introït de Pâques

Interpréter l’introït de Pâques

Chanter sans se presser

Ne pressez surtout pas, mais énoncez cette mélodie comme si vous vouliez donner le temps d’une assez longue méditation. La ligne mélodique demande une interprétation posée, attentive au texte et à la respiration intérieure de la prière.

Deux allelúia terminent cet introït : le premier tourne autour des notes, mi-fa-sol. Le second allelúia doit être bien attaqué, sinon, la note étant la même que précédemment, il donnerait l’impression d’émettre un même mot.

Puis donnez l’ampleur désirable afin de ne point troubler toute cette sérénité qui doit favoriser le caractère de plénitude et de joie parfaite, clôturant, en ce merveilleux quatrième mode, le calme d’une contemplation (Ps. 38, 1-2).

Calme et bien vivant

Le psaume alors monte léger, baigné de joie, lui aussi mais toujours dans la même atmosphère d’inaltérable paix. Que tout soit calme et bien vivant et que les accents marqués apportent à la mélodie cette vie absolument nécessaire pour rendre attachante cette mélodie si belle.

« Seigneur, Vous m’avez éprouvé et Vous me connaissez : Vous avez été témoin de ma mort et de ma résurrection. »

Vous l’aurez compris, cet introït n’a d’autre objectif que de nous élever, de susciter le désir de promouvoir nos efforts dans le bon sens.

De son exécution, pour les chanteurs, doit résulter quelque chose de surnaturel qui favorise en nous un élan nouveau. Songeons enfin qu’un jour nous pourrons le chanter dans l’éternité pour le remercier de tant de résurrections spirituelles.

Vivons dans cette attente et bénissons le Seigneur de nous aider à atteindre le Royaume éternel. Alléluia !

L’introït dans la célébration du dimanche de Pâques

L’introït ouvre la célébration de la Résurrection en orientant immédiatement l’assemblée vers le mystère pascal. Sa sobriété ne diminue pas la joie de Pâques : elle la conduit vers une reconnaissance plus profonde, recueillie et contemplative.

La liturgie du jour déploie ensuite cette annonce à travers les chants, les lectures, la séquence pascale, l’Évangile et les acclamations de l’assemblée.

Chant d’entrée

Christ est ressuscité

Christ est ressuscité, alléluia ! Christ est ressuscité, alléluia ! Christ est ressuscité, alléluia, alléluia !

Je suis le vivant, le Premier-Né ! Je vous donne aujourd’hui la manne de la vie, servie au grand festin de Dieu.

Je suis le Messie, l’Agneau livré ! Je vous donne aujourd’hui l’eau vive qui jaillit au coeur de la cité de Dieu.

Je suis le Premier et le Dernier ! Je vous donne aujourd’hui le nom d’éternité, promis aux bien-aimés de Dieu.

Acte pénitentiel

J’ai vu l’eau vive

J’ai vu l’eau vive jaillissant du coeur du Christ, alléluia ! Tous ceux que lave cette eau seront sauvés et chanteront : Alléluia !

J’ai vu la source devenir un fleuve immense, alléluia ! Les fils de Dieu rassemblés chantaient leur joie d’être sauvés, alléluia !

Gloria

Gloire à Dieu au plus haut des cieux

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions, nous te rendons grâce pour ton immense gloire.

Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu, le Père tout-puissant. Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père ; toi qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous ; toi qui enlèves les péchés du monde, reçois notre prière ; toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.

Car toi seul es saint, toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut : Jésus-Christ, avec le Saint Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Les lectures bibliques du jour de Pâques

Première lecture : Actes 10, 34a.37-43

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.

Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem.

Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.

Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Psaume : « Voici le jour que fit le Seigneur »

Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie, jour de fête et de joie.

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Eternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Eternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. C’est là l’oeuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.

Deuxième lecture : Colossiens 3, 1-4

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.

Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.

Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

La séquence de Pâques

À la Victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange. L’Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

« Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? » « J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée. »

Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends-nous tous en pitié ! Amen. Alléluia.

L’Évangile de la Résurrection

Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.

Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

La prière universelle et l’espérance pascale

La résurrection du Christ porte en elle toute l’espérance du monde. Avec les mots de l’abbé Maurice Zundel, prions pour plus de liberté, plus d’humilité, plus d’émerveillement.

« Être libre ! C’est cela la vocation du chrétien : n’être plus l’esclave de rien, faire de tout son existence un espace de lumière et une respiration d’amour. »

Seigneur, aide les dirigeants de notre monde à ne plus être les esclaves du pouvoir, de l’argent et de la peur, qu’ils puissent trouver la vraie liberté qui place la dignité humaine au-dessus des enjeux géopolitiques, et qui préfère la lumière et la valeur infinie de la vie aux ténèbres de la destruction et de la mort !

Christ ressuscité, exauce-nous !

« La véritable humilité : c’est de s’émerveiller tellement de la beauté de Dieu, de la bonté de Dieu, qu’on ne puisse plus penser à soi.»

Seigneur, enseigne à tous les membres de l’Église l’humilité manifestée par ton Fils lors de son dernier souffle sur la croix. Que notre regard puisse, à son exemple, être tout tourné vers Toi, que notre coeur apprenne à se perdre dans le tien, afin que la grandeur de ton amour apparaisse comme une évidence dans le regard de celles et ceux qui croisent notre route !

Christ ressuscité, exauce-nous !

« Dieu, c’est quand on s’émerveille. Dieu, c’est quand on perçoit une valeur infinie. Dieu, c’est quand résonne la musique de l’éternité. »

Seigneur, viens susurrer ta présence aux oreilles de toutes celles et ceux qui s’émerveillent sans te connaître ! Qu’ils puissent apprendre à entendre la musique de l’éternité et s’orienter librement vers toi !

Christ ressuscité, exauce-nous !

« Nous sommes tous appelés, à être en nous d’abord le créateur de l’humanité, à aider les autres en mettant tout en oeuvre, à devenir avec nous et nous avec eux, un espace de générosité. »

Seigneur, viens à la rencontre des pauvres et des marginaux de ce monde ! Qu’ils puissent trouver cet espace de générosité à travers toutes les personnes qui auront su entendre et répondre à ton appel.

Que notre terre puisse compter sur toujours plus de créateurs de l’humanité afin que l’ordre capitaliste cède la place à la culture du don !

Christ ressuscité, exauce-nous !

Dieu notre Père, celui que ni les femmes, ni Pierre, ni Jean n’ont trouvé au tombeau, il vient à notre rencontre dans la Parole et le Pain. Fais grandir en nous la foi et l’espérance, ici et maintenant, et jusqu’aux siècles des siècles. Amen.

Les chants de la liturgie eucharistique

Sanctus

Saint le Seigneur

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth !

Ciel et terre sont remplis de ta gloire, Hosanna in excelsis Deo.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, Hosanna in excelsis Deo.

Anamnèse

Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi :

Nous rappelons ta mort, Seigneur ressuscité Et nous attendons que tu viennes. Et nous attendons que tu viennes.

Agneau de Dieu

Agneau de Dieu

Agnus Dei, Qui tollis peccata mundi : Miserere nobis, Miserere nobis.

Agnus Dei, Qui tollis peccata mundi : Miserere nobis, Miserere nobis.

Agnus Dei, Qui tollis peccata mundi : Dona nobis pacem, Dona nobis pacem.

Chant de communion

Jésus, mon Roi

Jésus mon Roi, Jésus ma joie Jésus tu es là, viens à moi. Jésus mon Roi, Jésus ma joie, Jésus tu es là, viens à moi.

Coeur plein d’amour et plein de douceur, Coeur plein de paix et plein de tendresse, Coeur se penchant sur notre misère Pour nous offrir sur la croix à notre Père !

Coeur bienveillant et plein de bonté, Coeur pur et fort, plein de charité, Coeur embrassant toutes nos douleurs Pour les offrir sur la croix à notre Père !

Coeur glorieux et coeur plein de feu, Coeur d’où jaillit la source de vie, Coeur amoureux nous ouvrant le ciel Pour nous offrir dans la gloire à notre Père !

Chant final : la victoire sur la mort

Tu as triomphé de la mort

Tu as triomphé de la mort, Jésus ressuscité, Et nous chantons : alléluia, alléluia ! L’univers est transfiguré : Chaque jour le pain devient ton corps Alléluia, alléluia !

Tu as démasqué le péché, Messie libérateur, Et nous chantons : alléluia, alléluia ! Le salut jaillit de ton coeur : Désormais nous sommes pardonnés Alléluia, alléluia !

Tu nous as donné ton Esprit, Seigneur, Maître de tout, Et nous chantons : alléluia, alléluia ! Tu demeures au milieu de nous : L’impossible s’ouvre à tes amis Alléluia, alléluia !

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