Jour du Seigneur et Paquée: la Resurrection comme center du temps et de la vie des croyants

portalcenter.cl

Première lecture (Ac 10, 34a). Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !

Alleluia ! Il est bon ! Alleluia ! Alleluia ! Alleluia ! Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Alleluia ! Alleluia !

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé ». Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

image: tombeau vide et linges posés

Hosanna, Hosanna, in excelcis Deo ! Il est vivant, comme il l’a promis ! Il est vivant, comme il l’a promis ! Il est vivant, comme il l’a promis ! Il est vivant, comme il l’a promis !

Scénario d’Apocalypse et fin des temps: l’ébranlement du cosmos appelant une nouvelle création

Dissolution, résorption, de toutes choses dans le chaos primordial, le tohu-bohu des origines, quand les ténèbres couvraient encore la face de l’abîme (Gn 1, 2). Ainsi, annonce Jésus, «le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière; […] et les puissances des cieux seront ébranlées» (Mc 13, 24-25). Quand? A quel moment? A la fin de ce monde, certes, lors de la grande et définitive Pâque de l’Univers, quand le Christ en gloire viendra renouveler et transfigurer le cosmos pour y établir son règne.

Et, de fait, quelques mois plus tard, ce Vendredi-là, «quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure» (Mc 15, 33) et la création elle-même chancela sur ses bases: «La terre trembla, dit saint Matthieu, et les rochers se fendirent» ( Mt 27, 51). Oui, ce Vendredi-là le cosmos a reflué vers la confusion originelle dont Dieu l’avait tiré pour en faire une terre habitable (Is 45, 18).

Dies irae, dies illa. Jour de colère ce jour-là, «jour d’obscurité et de sombres nuages, prophétise Joël, jour de nuées et de ténèbres!» (Jl 2, 2). Car c’est l’«heure et le pouvoir des ténèbres» (Lc 22, 53), l’heure de l’épiphanie - noire - du péché. L’heure où Dieu, dans sa colère, retire sa main et laisse le péché déployer et exhiber sans pudeur son effrayante capacité à détruire, à défaire ce que Dieu avait fait. Ténèbres, sang, cris de haine, confusion, voilà le monde lorsqu’il refuse Dieu! Jour de colère que le Jour du Seigneur. Mais aussi - nous le croyons et nous l’espérons - jour de la plus grande miséricorde. C’est au plus noir de la nuit que Dieu fait jaillir la lumière nouvelle. C’est lorsque la désagrégation de la création atteint son paroxysme que Dieu reprend son œuvre en main, qu’il fait toutes choses nouvelles dans le Christ.

Car si Jésus a porté dans sa chair les conséquences terribles de notre péché - jusqu’à la mort qui en est comme le sceau -, il n’a, quant à lui, pris aucune part aux œuvres du péché. Il est l’Innocent. Voilà pourquoi, au matin de Pâque, Dieu fait de Jésus le Soleil levant qui éclaire la création nouvelle, soleil qui ne s’obscurcira jamais plus. Oui, en ces jours de la Résurrection, les disciples ont «vu le Fils de l’homme venir [à eux] avec grande puissance et gloire» (Mc 13, 26). Il s’est manifesté à eux pour ce qu’il est vraiment et depuis toujours : le Fils de l’Homme, celui «qui siège à la droite de la Puissance» ( Mc 15, 62); l’égal du Père; le Seigneur qui a reçu «tout pouvoir au ciel et sur la terre» ( Mt 28, 18).

Jour de la Résurrection où le Fils de l’homme «envoie ses anges pour rassembler ses élus des quatre vents» (Mc 13, 27). Ainsi le Jour du Seigneur - jour de colère et jour de miséricorde, temps pour mourir et temps pour ressusciter - a plus de 24 heures. Il a commencé avec la Pâque de Jésus, il ne s’achèvera qu’avec ce monde, lors de la grande et définitive Pâque de l’Église et de l’Univers. Entre-temps, chaque jour peut être et doit être pour nous le Jour du Seigneur, le temps du passage.

Rôle personnel et liturgique du dimanche pascal

Bien sûr, pour chacun de nous, ce Jour du Seigneur, ce sera par excellence le grand passage de la mort. Quand, comme dit l’Ecclésiaste, «viennent les jours mauvais et qu’arrivent les années dont tu diras : ‘Je ne les aime pas’ ; quand s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie» (Qo 12, 1-2). Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est la fin d’un monde, le mien. Ce sera d’abord la plongée dans les terribles dépendances du grand âge puis la souveraine passivité de la mort, quand il me faudra ouvrir les mains et lâcher prise sur tout.

Cela dit, cette grande Pâque de la mort est précédée dans notre vie par toutes sortes de petites Pâques qui nous y préparent. Que surviennent, dans le cours bien huilé de nos existences, l’échec ou la maladie, les conflits et les trahisons, et voilà que nos équilibres précaires sont ébranlés, nos cadres familiers volent en éclat. Bref, notre monde vacille. Plus d’appui, plus de repère. J’ai l’impression pénible de ne plus rien maîtriser dans ma vie. Et c’est très bien ainsi. C’est très bien, car c’est alors l’heure de la visite de Dieu. L’heure où le Fils de l’homme peut vraiment entrer dans ma vie «avec grande puissance et gloire».

Car il n’y a pas alors d’autre solution pour moi que de mettre enfin en pratique ce que depuis si longtemps je proclame de ma bouche: Que Jésus est mon Seigneur. Car s’il est le Seigneur et le Maître de ma vie, il ne s’agit plus tant pour moi de lui confier la réussite de tel ou tel projet personnel ou familial. Il s’agit de m’abandonner et d’entrer résolument dans son projet à lui. C’est alors que le Seigneur envoie ses anges; ils «rassemblent mon cœur pour qu’il craigne son Nom» (Ps 86, 11).

Ils l’unifient autour de l’unique Nécessaire, la simple adhésion à la volonté du Père, source de toute stabilité. Cf. Avez-vous déjà remarqué que la plupart des clochers des églises du Moyen Âge sont octogonaux ? Les baptistères également ? Pourquoi le vendredi est-il musulman, le samedi juif et le dimanche chrétien ? La semaine commence-t-elle le lundi ou le dimanche ? Ces questions peuvent paraître anodines, ou au contraire trop philosophiques. Pourtant elles dépendent de notre réponse à la question : crois-tu au Ressuscité ?

Car notre représentation du temps est liée à Pâque plus que nous n’en en avons conscience. « Le premier jour de la semaine » : ainsi commence notre évangile de ce dimanche de Pâques (Jn 20, 1-9). Évidemment, ce n’est pas seulement une indication journalistique factuelle : c’est également un témoin symbolique de l’exceptionnelle importance de l’événement de ce jour. Dire que Pâques est le premier jour de la semaine renvoient bien sûr au premier jour de l’univers connu : le début de la création du monde.

C’est une manière de dire que la résurrection de Jésus était déjà présente en filigrane dès l’origine, que l’événement pascal est déjà là, en puissance, dès le surgissement de quelque chose émergeant du néant. Impossible de confiner le Christ dans la période de son existence terrestre ou même de l’ère chrétienne. Car en commençant une nouvelle semaine, le premier jour est en même temps le huitième jour (7 + 1 !), C’est-à-dire le commencement d’une création nouvelle. Dans la Genèse, après les six premiers jours symboliques de sa création, Dieu s’est reposé le septième jour. Le début de la nouvelle semaine est donc un nouveau travail pour une nouvelle création. Cet achèvement du temps était attendu par l’espérance juive pour qui 8 est le chiffre du Messie à cause de cela.

» L’Église célèbre le mystère pascal, en vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le Jour du Seigneur, ou dimanche » (SC 106). Le jour de la Résurrection du Christ est à la fois le » premier jour de la semaine « , mémorial du premier jour de la création, et le » huitième jour » où le Christ, après son « repos » du grand Sabbat, inaugure le Jour » que fait le Seigneur « , le » jour qui ne connaît pas de soir « . Le » repas du Seigneur » est son centre, car c’est ici que toute la communauté des fidèles rencontre le Seigneur ressuscité qui les invite à son banquet.

Le jour saint du dimanche est donc celui où l’on fait mémoire du Seigneur. C’est pourquoi on l’a appelé « le jour du Seigneur ». Et il est comme le seigneur des jours. En effet, avant la Passion du Seigneur, il n’était pas appelé « jour du Seigneur » mais « premier jour ». En ce jour, le Seigneur a établi le fondement de la résurrection, c’est-à-dire qu’il a entrepris la création ; en ce jour, il a donné au monde les prémices de la résurrection ; en ce jour, comme nous l’avons dit, il a ordonné de célébrer les saints mystères. Ce jour a donc été pour nous le commencement de toute grâce: commencement de la création du monde, commencement de la résurrection, commencement de la semaine.

Le jour du Seigneur - ainsi que fut désigné le dimanche dès les temps apostoliques - a toujours été particulièrement honoré dans l’histoire de l’Église, à cause de son lien étroit avec le cœur même du mystère chrétien. En effet, dans le rythme hebdomadaire, le dimanche rappelle le jour de la résurrection du Christ. C’est la Pâque de la semaine, jour où l’on célèbre la victoire du Christ sur le péché et sur la mort, l’accomplissement de la première création en sa personne et le début de la « création nouvelle » (cf. 2 Co 5,17).

C’est le jour où l’on évoque le premier jour du monde dans l’adoration et la reconnaissance, et c’est en même temps, dans l’espérance qui fait agir, la préfiguration du « dernier jour », où le Christ viendra dans la gloire (cf. Ac 1,11; 1 Thess 4,13-17) et qui verra la réalisation de « l’univers nouveau » (cf. La résurrection de Jésus est la donnée première sur laquelle repose la foi chrétienne (cf. 1 Co 15,14): c’est une réalité stupéfiante, perçue en plénitude dans la lumière de la foi, mais attestée historiquement par ceux qui eurent le privilège de voir le Seigneur ressuscité; c’est un événement merveilleux qui ne se détache pas seulement d’une manière absolument unique dans l’histoire des hommes, mais qui se place au centre du mystère du temps.

On raconte qu’un jour, saint Benoît, perdu dans sa solitude d’ermite, reçut la visite d’un prêtre, sans savoir que c’était le jour de Pâques. Le prêtre qui était venu le visiter dit : « Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui ». À quoi l’homme de Dieu répondit : « Je sais que c’est Pâques, puisque tu es venu me voir ». Le reste illustre la continuité joyeuse du récit pascal dans l’expérience des croyants.

image: symbole de Pâques et clochers octogonaux

La Pâque est la Fête du Dieu Ressuscité, qui, après avoir été immolé par Ses fils ingrats, revient à eux pour les nourrir de sa Chair et de son Sang, et qui, oubliant tous leurs crimes, ne songe qu’à leur offrir le Pardon. La Pâque est la Fête de l’Amour! Aimons donc de tout cœur le Seigneur Jésus ! Aimons-Le comme Il nous a aimés, autant qu'il est possible à notre faiblesse.

Tableau des éléments clés

ÉlémentConnexionTexte clé
RésurrectionCentre du temps liturgique« Le premier jour de la semaine »
Jour du SeigneurDimanche comme jour saintdies dominus, jour du Seigneur
Création nouvelleInitié par Pâque« création nouvelle »
Dimension eschatologiqueRassemble les élus« rassembler ses élus des quatre vents »

Les autres jours, je vous invoquerai pour des Grâces personnelles, pour des Faveurs particulières. Aujourd’hui, je ne Vous demanderai qu’une chose ; c’est que Votre règne arrive, et que Votre volonté soit faite en la terre comme au Ciel. C’est pour cela que Vous êtes descendu sur la terre. Faites que notre misère ne rende pas inutile une Œuvre si grande. Tantus labor non sit cassus !

La liturgie chrétienne a gardé la conception juive du jour. Les Romains comptent 24 heures de minuit à minuit, et d’ailleurs le calendrier officiel continue à le faire. Mais dans le temps biblique, le jour commence dès l’obscurité du soir jusqu’au déclin du soleil le lendemain. Le jour romain va de la nuit à la nuit, le jour juif et chrétien va de l’obscurité à la lumière. Voilà pourquoi nous disons que le Christ est ressuscité le troisième jour, alors que selon le calendrier officiel il ne s’est écoulé que deux jours à peine entre sa mort et sa résurrection, du vendredi 15 heures à la nuit du samedi. Voilà pourquoi nous fêtons les saints dès l’office de Vêpres la veille au soir de leur fête, et pourquoi nous célébrons Pâques dans la nuit du samedi. Voilà pourquoi les messes du samedi soir sont réellement celle du dimanche.

La Pâque est la victoire de la lumière sur l’ombre de la mort. Les langues ont gardé cette hésitation entre jour romain et jour liturgique. Les Grecs, français, italiens, espagnols, portugais etc. ont appelé dimanche le jour de Pâques selon l’étymologie latine : dies dominus = jour du Seigneur. Cependant Anglais et Allemands ont conservé l’ancien nom lié au soleil. Le jour saint du dimanche est donc celui où l’on fait mémoire du Seigneur et où l’on célèbre la Résurrection comme cœur du mystère chrétien.

La résurrection est le centre du temps humain; elle récapitule les siècles et pointe vers l’avenir. Le dimanche de Pâques rappelle la victoire du Christ sur le péché et la mort, l’accomplissement de la première création et le début de la création nouvelle. C’est le début d’une semaine pascale qui annonce l’ultime Jour où le Christ reviendra dans la gloire et où l’univers sera renouvelé.

C'EST QUOI PÂQUES ?

Références liturgiques et prières associées

« Ô Mon Dieu, quel grand Jour que le Saint Jour de Pâques ! » est une prière évoquée dans le cadre des temps de Pâques et des dévotions liées à la résurrection.

La Pâque des chrétiens est liée à l’amour divin dévoilé dans l’incarnation et la résurrection du Fils, et elle appelle à une réponse d’amour et de fidélité dans la vie courante et le témoignage missionnaire.

tags: #jour #du #seigneur #jour #du #dieu