En France, les jours fériés sont des jours de fête légale dont la liste est définie par le Code du travail. Les demandeurs d’asile sont concernés par ces dates comme les autres personnes présentes en France, mais les conséquences pratiques dépendent de leur situation : hébergement, rendez-vous administratifs, emploi autorisé, formation, accès aux soins et fonctionnement des services.
La France métropolitaine compte 11 jours fériés légaux par an. Les jours fériés sont généralement non travaillés, sauf exception, et seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, sous réserve des activités qui ne peuvent pas interrompre leur fonctionnement, comme les hôpitaux ou les transports publics.
Que signifie un jour férié en France ?
Un jour férié, c’est quoi ? En France, les jours fériés constituent des jours de fête légale dont la liste est définie par le Code du travail. Le calendrier français en présente 11 qui correspondent aux fêtes religieuses, civiles, commémoratives ou nationales.
Les jours fériés sont généralement non travaillés, sauf exception. Les autres jours fériés peuvent être travaillés selon la convention collective. Un jour férié peut tomber sur un jour qui n’est habituellement pas travaillé, par exemple un dimanche.
Dans ce cas, le salarié ne peut pas réclamer un jour de repos supplémentaire. Toutefois, des dispositions conventionnelles peuvent prévoir des conditions plus favorables.
Les 11 jours fériés légaux en France métropolitaine
| Jour férié | Date en 2026 | Date en 2027 |
|---|---|---|
| Jour de l’An | Jeudi 1er janvier 2026 | Vendredi 1er janvier 2027 |
| Lundi de Pâques | Lundi 6 avril 2026 | Lundi 29 mars 2027 |
| Fête du Travail | Vendredi 1er mai 2026 | Samedi 1er mai 2027 |
| Victoire de 1945 | Vendredi 8 mai 2026 | Samedi 8 mai 2027 |
| Ascension | Jeudi 14 mai 2026 | Jeudi 6 mai 2027 |
| Lundi de Pentecôte | Lundi 25 mai 2026 | Lundi 17 mai 2027 |
| Fête nationale | Mardi 14 juillet 2026 | Mercredi 14 juillet 2027 |
| Assomption | Samedi 15 août 2026 | Dimanche 15 août 2027 |
| La Toussaint | Dimanche 1er novembre 2026 | Lundi 1er novembre 2027 |
| Armistice de 1918 | Mercredi 11 novembre 2026 | Jeudi 11 novembre 2027 |
| Noël | Vendredi 25 décembre 2026 | Samedi 25 décembre 2027 |
Jours fériés et démarches des demandeurs d’asile
Un jour férié peut modifier les horaires d’ouverture des préfectures, des services sociaux, des associations, des structures d’hébergement et des établissements de santé. Un rendez-vous administratif prévu un jour férié peut être reporté, tandis que les délais de réponse ou d’envoi doivent être vérifiés avec le service concerné.
Les demandeurs d’asile et les réfugiés ne sont ni des sans-papiers, ni des migrants économiques. Un demandeur d’asile est un étranger inscrit dans une procédure visant à obtenir la reconnaissance du statut de réfugié ou de protection subsidiaire.
Un réfugié ou un bénéficiaire de la protection subsidiaire est un étranger qui a obtenu une réponse favorable à sa demande d’asile et qui de ce fait est autorisé à séjourner en France.
Fonctionnement des structures d’hébergement les jours fériés
Les centres d’accueil et d’hébergement peuvent continuer à fonctionner les samedis, les dimanches et les jours fériés, même lorsque les administrations et de nombreux services sont fermés. Les horaires dépendent de chaque établissement.
Cada et centre de transit de Créteil
Le Cada de Créteil et le Centre de Transit ont pour mission de proposer aux demandeurs d’asile un hébergement digne et un accompagnement adapté le temps de leur procédure d’asile. Cette prise en charge globale temporaire est axée autour de la volonté de donner à chacun les chances de voir sa demande de protection examinée de manière juste et équitable, la prise en compte des besoins spécifiques et la recherche de l’autonomie des personnes.
Elle se traduit par un accompagnement social, juridique et administratif ainsi qu’une aide en matière d’insertion et d’accès aux soins. Le Cada de Créteil a été créé en 1991 et propose un hébergement collectif pour les demandeurs d’asile, sur décision de la préfecture.
Le Cada de Créteil dispose de 200 places, dont 80 pour le Centre de Transit. Au cours de l’année 2024, le Cada de Créteil a accueilli 315 personnes et le Centre de transit a accueilli 417 personnes.
Les horaires d’ouverture sont les suivants : du lundi au vendredi, de 9h à 13h15 et de 14h à 20h ; le samedi, le dimanche et les jours fériés, de 10h10 à 18h.
Huda de Créteil
L’Huda de Créteil est un dispositif d’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile ouvert en 2004. Il dispose de 238 places et propose un hébergement diffus aux demandeurs d’asile, sur décision de la préfecture.
Sa mission est de mettre à l’abri et de proposer un hébergement aux demandeurs d’asile jusqu’à leur orientation en Cada ou la fin de la procédure d’asile.
Le travail pendant la procédure d’asile
Vous n’avez pas le droit de travailler durant les premiers mois de l’examen de votre demande d’asile en France. Si 6 mois après le dépôt de votre demande d’asile, l’Ofpra n’a pas rendu sa décision sur votre demande, vous pouvez demander une autorisation de travail salarié.
En cas de recours, tant que la CNDA n’a pas statué sur votre demande d’asile, celle-ci est toujours en cours. Mais la loi française n’ouvre un accès au travail salarié que pendant la phase de la procédure Ofpra.
Si vous avez été débouté de votre demande par l’Ofpra moins de 6 mois après le dépôt de votre demande, que vous avez formé un recours à la CNDA et que la cour n’a pas encore statué, vous ne pouvez pas demander une autorisation de travail.
Si votre demande d’asile a été enregistrée depuis plus de 6 mois et que votre dossier est toujours en cours d’instruction à l’Ofpra, l’administration devra examiner votre demande d’autorisation de travail, même si, par la suite, vous êtes débouté de votre demande et que vous déposez un recours devant la CNDA.
La procédure Dublin
La loi française n’autorise les personnes en procédure Dublin à travailler que 6 mois après que leur demande relève de l’Ofpra, c’est-à-dire 15 mois après l’introduction de leur demande.
Un arrêt de la CJUE du 14 janvier 2021 donne tort à la France en affirmant que les personnes en procédure Dublin doivent pouvoir travailler 9 mois après le dépôt de leur demande d’asile. Il ne faut donc pas hésiter à demander une autorisation de travail après ce délai de 9 mois.
Il est possible de se faire aider par une association ou un avocat. Dans certains départements, il semble plus facile d’obtenir des autorisations de travail, surtout dans les régions rurales et les métiers de l’agriculture, tandis que dans d’autres, comme en Île-de-France, peu de personnes obtiennent cette autorisation.
Demander une autorisation de travail
Au préalable, il faut trouver un employeur et obtenir de lui qu’il collecte et dépose en ligne un dossier comprenant les éléments sur le contrat de travail de plus de 3 mois, ainsi que les éléments sur son entreprise et ses recherches d’emploi préalables.
La liste des pièces à fournir à l’appui d’une demande d’autorisation de travail, et à joindre au dossier, est fixée à l’article 7 de l’arrêté du 1er avril 2021.
Le dossier doit être présenté à la préfecture du département dans lequel vous résidez. La préfecture peut accorder ou refuser l’autorisation de travail, par exemple si beaucoup de chômeurs en France peuvent occuper cet emploi.
Depuis le mois d’avril 2021, pour déposer une demande d’autorisation de travail, il faut se connecter sur le site du téléservice dédié. La préfecture a 2 mois pour répondre à une demande d’autorisation de travail.
En cas de non-réponse sous ces 2 mois, son accord sera implicite, l’autorisation étant réputée acquise. En cas de refus, vous pouvez protester devant un tribunal administratif.
Quand vous avez obtenu l’autorisation de travail, vous pouvez commencer à travailler chez cet employeur. La durée de l’autorisation de travail ne peut pas dépasser la durée du récépissé, qui est de 6 mois, mais l’autorisation peut être renouvelée tant que la demande d’asile est en cours.
Il ne faut pas changer d’entreprise : l’autorisation de travail n’est valable que pour le contrat de travail que vous avez présenté à la préfecture.
En cas de perte d’emploi, vous ne pourrez vous inscrire à France-travail, et éventuellement percevoir une prestation chômage, que si le contrat de travail a été rompu avant son terme pour un motif imputable à l’employeur ou pour un cas de force majeure.
Dans ce cas, comme tout demandeur d’emploi, les demandeurs d’asile peuvent en principe bénéficier de plusieurs types de formation professionnelle. Dans la pratique, cet accès à un financement pour une formation professionnelle est difficile à obtenir.
Rémunération des jours fériés pour les personnes autorisées à travailler
L’absence lors d’un jour férié ne peut pas entraîner une perte de salaire pour le salarié ayant au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Les salariés saisonniers qui ont signé plusieurs contrats de travail dans l’entreprise, successifs ou non, sont également intégralement payés si leur ancienneté cumulée atteint au moins 3 mois.
Le paiement des jours fériés n’est pas dû au salarié travaillant à domicile, au salarié intermittent ou au salarié temporaire, sauf lorsque le jour férié est compris dans sa mission. Des dispositions conventionnelles ou des usages dans l’entreprise peuvent toutefois prévoir des conditions plus favorables.
Le 1er mai
Le 1er mai est un jour férié et un jour non travaillé. Il ne peut pas être une cause de réduction du salaire.
Les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu en raison de ce chômage, et cette indemnité est payée par l’employeur.
Le salarié qui travaille le 1er mai bénéficie du doublement de sa rémunération. Par exception, il peut travailler dans une entreprise qui, en raison de la nature de son activité, ne peut pas interrompre le travail.
Les autres jours fériés
Les autres jours fériés sont non travaillés si cela est prévu par la convention collective, un accord de branche, un accord d’entreprise ou d’établissement. En l’absence d’accord, le jour férié non travaillé peut être décidé par l’employeur.
Le salarié n’est pas obligé de récupérer les heures de travail non effectuées pendant un jour férié non travaillé. Les règles applicables peuvent cependant dépendre du contrat de travail, de la convention collective et de l’organisation de l’entreprise.
Les ponts et les congés
Un pont est un jour ouvré situé entre un jour férié et le week-end. Par exemple, si le jeudi est férié, le vendredi peut être un jour de pont.
L’employeur peut accorder le pont, mais ce n’est pas une obligation légale. Il peut aussi imposer la prise d’un jour de congé ou de RTT.
Les heures non travaillées en raison du pont peuvent être travaillées à un autre moment pour compenser. Ces heures peuvent être récupérées dans les 12 mois précédant ou suivant le pont, sans majoration de salaire.
La prise d’un congé autour d’un jour férié doit être organisée en tenant compte des horaires de l’entreprise, des règles de l’employeur et des éventuels rendez-vous liés à la procédure d’asile.
Le lundi de Pentecôte et la journée de solidarité
Depuis la loi du 30 juin 2004, le lundi de Pentecôte peut être désigné comme journée de solidarité au profit des personnes âgées et handicapées. En pratique, la majorité des entreprises le maintiennent chômé et reportent la journée de solidarité sur un autre jour ou la fractionnent.
La journée de solidarité consiste en un jour de travail supplémentaire. Elle prend la forme d’une journée de travail supplémentaire par an sans rémunération.
Elle peut correspondre au travail d’un jour férié auparavant non travaillé, autre que le 1er mai, au travail d’un jour de RTT prévu dans le cadre d’un accord sur l’organisation du temps de travail, ou à tout autre mode d’organisation permettant de travailler 7 heures auparavant non travaillées.
Les conditions d’accomplissement de cette journée sont fixées par une convention collective, un accord de branche, un accord d’entreprise ou d’établissement. En l’absence d’accord, elles sont fixées par l’employeur après consultation du comité social et économique.
Les heures travaillées pendant la journée de solidarité ne sont pas rémunérées, dans la limite de 7 heures non rémunérées pour les salariés mensualisés, réduites en proportion de la durée contractuelle pour les salariés à temps partiel.
Les heures travaillées pendant la journée de solidarité ne sont pas considérées comme des heures supplémentaires. En Alsace-Moselle, la journée de solidarité ne peut pas être accomplie les 25 et 26 décembre ni le Vendredi saint.
Les jours fériés en Alsace-Moselle
Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient de 2 jours fériés supplémentaires : le Vendredi saint et la Saint-Étienne, le 26 décembre.
| Jour férié supplémentaire | Date en 2026 | Date en 2027 |
|---|---|---|
| Vendredi saint, dans les communes possédant un temple protestant ou une église mixte | Vendredi 3 avril 2026 | Vendredi 26 mars 2027 |
| Deuxième jour de Noël, ou Saint-Étienne | Samedi 26 décembre 2026 | Dimanche 26 décembre 2027 |
Ces jours sont issus du droit local alsacien-mosellan maintenu après 1918. Les règles d’ouverture des services, des établissements d’hébergement et des associations peuvent varier selon les communes et les organismes.
Les jours fériés dans les territoires ultramarins
En plus des jours fériés légaux nationaux, la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage est un jour férié dans les départements et régions d’outre-mer, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.
| Territoire | Date de commémoration |
|---|---|
| Guadeloupe | 27 mai |
| Guyane française | 10 juin |
| Martinique | 22 mai |
| Mayotte | 27 avril |
| La Réunion | 20 décembre |
| Saint-Barthélemy | 9 octobre |
| Saint-Martin | 27 mai |
Certains territoires bénéficient également de jours chômés locaux, notamment le Mardi gras et le Mercredi des Cendres en Martinique et en Guadeloupe, ainsi que la Mi-Carême en Guadeloupe.
Autres jours fériés locaux ou professionnels
Certaines commémorations locales ou professionnelles peuvent également être des jours fériés. Il s’agit notamment de la Saint-Éloi, reconnue comme jour férié par certaines conventions collectives dans la métallurgie, et de la Sainte-Barbe pour les salariés travaillant dans les mines.
Accès aux soins les jours fériés
Les demandeurs d’asile peuvent bénéficier de la Protection universelle maladie et de la Complémentaire santé solidaire sur présentation de l’attestation de demande d’asile remise au guichet unique, accompagnée d’une attestation de domiciliation.
Depuis janvier 2020, un délai de carence de 3 mois s’applique en France concernant l’accès aux soins. Cela signifie qu’il faut attendre 3 mois de présence en France avant de pouvoir bénéficier de la Protection universelle maladie, sauf dans certaines situations.
Il faut impérativement obtenir un document officiel le plus rapidement possible après l’arrivée en France afin de faire courir le délai de 3 mois le plus tôt possible. En cas d’impossibilité de prouver la présence en France, la date retenue est la date de remise de la première attestation de demande d’asile lors du passage au GUDA.
En attendant de bénéficier d’une protection sociale au titre de la Protection universelle maladie, les soins restent accessibles en cas d’urgence. Certains hôpitaux disposent de Permanences d’accès aux soins de santé, où des médecins peuvent prendre en charge les patients et où des médicaments peuvent être délivrés gratuitement.
Certaines associations proposent également des permanences d’accès aux soins dentaires, ophtalmologiques ou psychologiques sans qu’il soit nécessaire d’être assuré social. Les services de protection maternelle et infantile assurent le suivi régulier des enfants de 0 à 6 ans et leur vaccination sans demande de sécurité sociale.
Les services d’urgence hospitaliers et certaines permanences médicales peuvent fonctionner les jours fériés, mais leurs horaires et leurs modalités d’accueil doivent être vérifiés directement auprès de l’établissement concerné.
Alimentation, vêtements et aide sociale pendant les jours fériés
Si vous êtes demandeur d’asile dans la région parisienne, la mairie de Paris met à disposition un guide pour l’accueil des réfugiés à Paris qui donne de nombreuses adresses où vous nourrir et trouver des vêtements gratuitement.
Hors de Paris, rendez-vous dans la mairie de votre lieu de résidence : des adresses et des services appelés « solidarités » à l’intention des personnes ayant besoin de nourriture et de vêtements vous seront indiqués.
De grandes associations nationales comme le Secours populaire, les Restos du cœur ou la Croix-Rouge se trouvent généralement sur tout le territoire français et sont spécialisées dans l’accueil des personnes dans le besoin.
Les jours fériés peuvent modifier les distributions alimentaires, les permanences associatives et les horaires d’accueil. Il est donc préférable de vérifier les horaires avant de se déplacer.
Allocation pour demandeur d’asile
Si vous avez fait une demande d’asile et que vous possédez une attestation de demande d’asile, vous pourrez faire ouvrir vos droits à l’Allocation pour demandeur d’asile lors de votre rendez-vous au Guichet unique.
L’allocation pour demandeur d’asile est versée pendant toute la durée de la procédure de demande d’asile, à condition que vous acceptiez les conditions matérielles d’accueil proposées par l’Ofii, ce qui signifie que vous devez accepter d’intégrer un centre d’accueil pour demandeurs d’asile si une place vous est proposée.
Le montant de votre allocation pour demandeur d’asile dépend de la composition de votre foyer. Pour un adulte seul, il s’élève à 6,80 € par jour.
Si aucune place d’hébergement n’a pu vous être proposée, un montant journalier additionnel de 4,20 € vous est versé.
Mineurs isolés étrangers
Les mineurs isolés étrangers pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance ont droit à une autorisation de travail s’ils présentent un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.
S’ils déposent une demande d’asile, ils doivent être autorisés à poursuivre leur contrat pendant la durée de traitement de cette demande. Les règles relatives aux jours fériés s’appliquent alors en tenant compte de leur âge, de leur contrat et de leur secteur d’activité.
Un salarié ou un apprenti âgé de moins de 18 ans ne peut pas travailler les jours fériés légaux. Des exceptions sont possibles notamment dans l’hôtellerie, la restauration, les cafés, les boulangeries, les boucheries, les poissonneries, les commerces alimentaires, les fleuristes, les entreprises de spectacles et certains secteurs accueillant du public.
Le salarié ou l’apprenti de moins de 18 ans qui travaille un jour férié a droit à une période de repos hebdomadaire d’au moins 36 heures consécutives.
