L’emphysème pulmonaire est une maladie chronique des poumons caractérisée par une destruction irréversible des alvéoles pulmonaires. Cette atteinte perturbe les échanges gazeux, limite l’apport en oxygène et rend l’expiration progressivement plus difficile.
Le tabagisme constitue la principale cause de l’emphysème, mais l’exposition professionnelle ou environnementale à des poussières, fumées, vapeurs chimiques et autres polluants, ainsi que le déficit génétique en alpha-1-antitrypsine, peuvent également être impliqués. Un diagnostic précoce, l’arrêt du tabac et une prise en charge adaptée permettent de ralentir l’évolution de la maladie et d’améliorer la qualité de vie.
Qu’est-ce que l’emphysème pulmonaire ?
L’emphysème est une maladie pulmonaire qui se caractérise par la destruction des alvéoles pulmonaires. Situées dans le poumon profond à l’extrémité des conduits bronchiques, les alvéoles sont les structures au sein desquelles se réalisent les échanges gazeux, c’est-à-dire l’entrée de l’oxygène dans l’organisme et le rejet du gaz carbonique.
En cas d’emphysème pulmonaire, le nombre d’alvéoles étant diminué, il y a moins d’oxygène dans le sang et la respiration devient plus difficile. L’emphysème pulmonaire entraîne une hyperinflation des poumons, ce qui limite les échanges gazeux.
L'emphysème pulmonaire est une maladie chronique qui peut fortement altérer la qualité de vie. La fonction pulmonaire diminue progressivement en cas d'emphysème pulmonaire, car le tissu pulmonaire est endommagé.
L’emphysème pulmonaire est une maladie évolutive caractérisée par la destruction progressive et irréversible des alvéoles pulmonaires. La perte d’élasticité du poumon et la dilatation des espaces aériens entraînent une accumulation d’air dans les poumons, appelée hyperinflation ou distension pulmonaire.
Le rôle des alvéoles et les conséquences de leur destruction
Les parois des alvéoles pulmonaires se dissolvent et de nouvelles cavités plus grandes se forment. La surface permettant le passage de l’oxygène dans le sang diminue ainsi.
En conséquence, la teneur en oxygène du sang diminue et il reste plus d’air dans les poumons. Les poumons continuent de se gonfler et, en raison de leur élasticité réduite, la respiration est rendue difficile.
Les conséquences de l’emphysème compromettent le fonctionnement des poumons : l’oxygénation du sang et la libération de gaz carbonique (CO2) sont plus difficiles, l’expiration de l’air se fait avec peine, phénomène appelé « air trapping ».
La destruction du tissu alvéolaire engendre une diminution des capacités à capter l’oxygène, c’est-à-dire que l’oxygène passe difficilement des alvéoles pulmonaires aux capillaires sanguins. La destruction des alvéoles est à l’origine d’une hyper-inflation car trop d’air est piégé dans les poumons en fin d’expiration.
La quantité de ces gaz résiduels peut être alors multipliée par deux voire trois ou quatre. Cette sur-pression intrapulmonaire constante du fait de ce gaz piégé conduit à une « distension thoracique » d’où une altération des capacités à ventiler, c’est-à-dire à inspirer et à expirer.
La perte d’élasticité du poumon à cause de la destruction pulmonaire engendre de plus une difficulté majeure à expirer. Le phénomène de distension thoracique crée une pression sur le diaphragme.
Aplati, celui-ci ne joue pas pleinement son rôle lors de l’inspiration, compromettant la mécanique ventilatoire. Le surgonflage chronique des poumons peut donner à la cage thoracique une forme dite de « thorax en tonneau ».
Emphysème et BPCO : quelle différence ?
L’emphysème est une des composantes de la BPCO, ou broncho-pneumopathie chronique obstructive. La BPCO est un terme général qui décrit un groupe de pathologies pulmonaires, tandis que l’emphysème correspond principalement à la destruction des alvéoles.
L'emphysème pulmonaire est une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Souvent, ce tableau clinique s'accompagne d'une bronchite chronique ou d'une bronchite obstructive chronique.
Comme il s'agit de deux types de BPCO, l’emphysème et la bronchite chronique ont beaucoup en commun en ce qui concerne les symptômes et le traitement. La principale différence est que la bronchite chronique implique la destruction des cils des voies respiratoires plutôt que des alvéoles.
Plus de la moitié des patients BPCO a un emphysème associé. L’emphysème apparaît souvent au terme d’un processus long et graduel au cours duquel l’inflammation rétrécit progressivement le calibre des bronches, entrave le passage de l’air et favorise la destruction alvéolaire.
Les principaux types d’emphysème
On distingue plusieurs types d’emphysème pulmonaire en fonction de la distribution des lésions au sein du poumon : l’emphysème centro-lobulaire, l’emphysème pan-lobulaire et l’emphysème para-septal. Ces distinctions peuvent être faites à partir du scanner thoracique.
- L’emphysème centrolobulaire ou centro-acinaire concerne principalement le centre du lobule pulmonaire et se situe généralement dans les parties supérieures du poumon.
- L’emphysème panlobulaire ou panacinaire touche l’intégralité du lobule pulmonaire et affecte principalement les parties inférieures du poumon.
- L’emphysème paraseptal atteint les zones situées près des cloisons pulmonaires et peut survenir lorsque les voies respiratoires et les sacs aériens sont endommagés.
- L’emphysème bulleux se développe lorsqu’une poche d’air prend de l’espace dans la poitrine et perturbe le fonctionnement normal des poumons.
- L’emphysème cicatriciel apparaît dans la zone de cicatrices du tissu pulmonaire, notamment après des opérations ou des processus inflammatoires cicatrisés.
Dans plus de 90% des cas, l’emphysème est dit « centrolobulaire » : seul le centre du lobule pulmonaire est détruit. Le deuxième type d’emphysème est dit « panlobulaire » et touche l’intégralité du lobule pulmonaire.

Les causes et facteurs de risque
Le tabagisme en est la principale cause. Le tabac, du fait des substances irritantes contenues dans sa fumée, active les protéases.
La cause d'un déséquilibre des protéases et des inhibiteurs de protéase dans les poumons est l'inactivation des inhibiteurs de protéase par une exposition continue aux polluants, comme la fumée de tabac ou l'exposition à la poussière sur le lieu de travail.
L’exposition à d’autres particules ou gaz toxiques telles que la pollution, les fumées de combustion, la poussière, les vapeurs chimiques peuvent parfois entraîner un emphysème. Certaines expositions professionnelles peuvent également être impliquées.
Le tabagisme et les inflammations persistantes, telles qu’une bronchite virale sévère, comptent parmi les causes principales de l’emphysème pulmonaire. Une bronchite chronique se développe au fil des années chez les fumeurs de longue date et peut à son tour accélérer le gonflement des poumons.
Les fumeurs de tabac et, dans une moindre mesure, de cannabis s’exposent à l’emphysème centrolobulaire. La pollution de l’environnement ou du lieu de travail favorise également le développement d’un emphysème.
Le déficit en alpha-1-antitrypsine
Rarement, l’emphysème pulmonaire peut être d’origine génétique. Les porteurs d'une anomalie génétique spécifique appelée déficit en alpha-1-antitrypsine sont en effet davantage susceptibles de développer un emphysème pulmonaire.
L’alpha-1-antitrypsine est une protéine produite par le foie, qui transite par le sang. Elle agit, dans les poumons, comme un inhibiteur de protéase.
Les protéases jouent un rôle de protection des poumons, mais elles ont aussi tendance, si elles ne rencontrent pas d’obstacles, à endommager les structures constitutives de la paroi des alvéoles pulmonaires. Ainsi l’alpha-1-antitrypsine, lorsqu’elle est en quantité normale et de bonne qualité, limite l’action des protéases.
Certaines personnes présentent un déficit en alpha-1-antitrypsine : une mutation génétique héréditaire qui entraîne une diminution de la production ou une modification de la structure de ces enzymes entraînant un défaut de libération et/ou de fonctionnement dans le sang.
Quel que soit le sous-type de déficit en alpha-1-antitrypsine, il engendre chez les patients un risque accru de développer une BPCO plus précoce, évoluant, si elle n’est pas diagnostiquée à temps, vers un emphysème.
Ce risque est accru par le tabagisme, même modéré, bien que la maladie puisse survenir en l’absence de tabagisme. Une anomalie génétique provoquant un déficit de la protéine alpha-1-antitrypsine décuple le risque de présenter un emphysème.
À quel âge l’emphysème peut-il apparaître ?
Certaines formes d’emphysème peuvent survenir précocement après une dizaine d’années ou moins de tabagisme. Parfois, le stade d’emphysème sévère est atteint après plusieurs décennies.
Les symptômes se développent lentement et de manière insidieuse, de sorte que le patient ne les remarque souvent pas au début. L’effort physique entraîne généralement une augmentation des problèmes respiratoires, ce qui est souvent interprété à tort par les patients comme un signe de vieillissement.
Un emphysème peut être suspecté chez les fumeurs qui développent un emphysème avant 45 ans, chez les non-fumeurs qui développent un emphysème à tout âge, chez les personnes ayant des antécédents familiaux d’emphysème et chez celles ayant des antécédents familiaux de déficit en alpha-1-antitrypsine.
Quels sont les symptômes de l’emphysème ?
Le maître symptôme de l’emphysème pulmonaire est l’essoufflement, ou dyspnée, survenant pour des efforts de plus en plus faibles. C’est le premier signe de la maladie.
La respiration est particulièrement difficile lors d'une activité physique, car les poumons fonctionnent moins efficacement. Au début, l’essoufflement survient seulement à l’effort puis, lorsque l’emphysème s’aggrave, pour des efforts minimes et même au repos.
D’autres symptômes tels qu’une toux ou une sensation d’oppression thoracique peuvent être associés. En cas de bronchite chronique, une toux et des expectorations viennent s’ajouter à ces symptômes.
Les symptômes les plus courants sont l'essoufflement, la sensation de ne pas pouvoir respirer suffisamment, une respiration sifflante, une toux persistante et une fatigue permanente. Certains patients souffrent également de troubles du sommeil accompagnés d'une fatigue diurne accrue et d'une perte de poids.
- essoufflement à l’effort puis au repos ;
- toux persistante, parfois accompagnée d’expectorations ;
- respiration sifflante ;
- oppression thoracique ;
- fatigue et diminution de la capacité physique ;
- perte de poids dans les formes évoluées ;
- coloration bleuâtre des lèvres et du lit des ongles en cas de manque d’oxygène.
La diminution de la teneur en oxygène et l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone dans le sang entraînent un essoufflement lors d'un effort physique, parfois aussi une coloration bleuâtre des lèvres et du lit des ongles.
À mesure que les lésions pulmonaires s'aggravent, une détresse respiratoire et un essoufflement apparaissent même au repos. En raison de l'effort accru et constant des muscles respiratoires contre la résistance des poumons, la faiblesse et l'amaigrissement du corps augmentent.
Complications possibles
La principale complication de l’emphysème pulmonaire est la survenue d’une insuffisance respiratoire chronique grave avec nécessité d’administrer de l’oxygène au long cours pour maintenir une oxygénation satisfaisante de l’organisme.
Au fil du temps, l’insuffisance respiratoire devient chronique : le patient ne peut plus respirer sans être mis sous oxygène, son appareil respiratoire devenant incapable d’assurer sa fonction.
D’autres complications telles qu'un pneumothorax, une hypertension artérielle pulmonaire et un cancer broncho-pulmonaire peuvent aussi survenir. Le poumon associé à un emphysème s’infecte plus facilement.
La résistance élevée des poumons due à l'air retenu, difficile à expirer, entraîne également un travail accru pour le cœur. Il doit pomper le sang dans les poumons contre l'augmentation de la pression qui y règne.
À long terme, le cœur ne peut pas faire cela et une décompensation du cœur droit se produit. Le muscle cardiaque s'affaiblit et ne transporte plus suffisamment bien le sang.
Les signes en sont la congestion des veines du cou, la rétention d'eau dans les jambes, appelée œdème périphérique, et un pouls rapide au repos, appelé tachycardie au repos.
Comment diagnostiquer l’emphysème pulmonaire ?
Le diagnostic d’emphysème pulmonaire se base tout d’abord sur un interrogatoire du médecin qui recherche notamment les symptômes et les facteurs de risque de la maladie. Le processus de diagnostic commence par une anamnèse détaillée, c’est-à-dire un entretien avec le patient sur ses symptômes et ses antécédents médicaux.
Il est suivi d'un examen physique. Cela peut déjà fournir des premiers indices d'un emphysème pulmonaire.
Lors de l’auscultation des poumons, les médecins recherchent des bruits respiratoires typiques. Un bruit de respiration réduit peut être entendu lorsque les poumons sont écoutés.
Si la BPCO, c’est-à-dire un rétrécissement des voies respiratoires, est présente en même temps, l’examinateur peut entendre un sifflement et un bourdonnement lors de l’expiration.
Les examens respiratoires
Les examens complémentaires de première intention nécessaires pour établir le diagnostic d’emphysème pulmonaire sont des épreuves fonctionnelles respiratoires, qui évaluent les volumes pulmonaires, anormalement modifiés dans cette pathologie.
La spirométrie consiste à souffler le plus intensément et le plus durablement dans un tube connecté à un appareil. Ce dernier mesure l’état des voies aériennes, en fonction du temps que le patient met à vider ses poumons et du volume d’air expiré par seconde.
Une pléthysmographie peut être utilisée en complément afin d’évaluer l’atteinte des petites bronches, et donc la gravité de l’emphysème. Le retentissement de l’emphysème sur les capacités respiratoires est évalué par la mesure du souffle.
Cette mesure permet de constater la sévérité de l’obstruction bronchique et de la distension thoracique, notamment via les mesures du VEMS, ou volume expiré maximal à la première seconde, et du volume résiduel, c’est-à-dire la quantité d’air restant au niveau des poumons en fin d’expiration maximale.
Les changements suivants se produisent pendant l’emphysème : le volume total pouvant être inhalé et exhalé diminue, tandis que le volume restant inutilisé dans le corps augmente.
L’imagerie thoracique
Un scanner thoracique permet d’évaluer anatomiquement et de quantifier l’importance des lésions emphysémateuses. Sur le plan morphologique, l’imagerie thoracique, en particulier le scanner thoracique, précise la sévérité et la topographie de l’emphysème.
La méthode diagnostique numéro 1 est la tomographie informatisée à haute résolution, appelée HRCT. Les zones remplies d'air et sur-gonflées, ou bulles d'emphysème, y sont clairement visibles.
La radiographie montre un abaissement du diaphragme, celui-ci étant nettement déplacé vers le bas. Les clichés permettent également de rechercher une distension du thorax et la présence de lésions évoquant une anomalie cardiaque, pulmonaire ou pleurale, ou un cancer du poumon.
En fonction de la localisation des lésions, il est également possible de distinguer entre la BPCO et le déficit en inhibiteurs de protéase. Le premier est généralement situé dans les parties supérieures des poumons, le second est limité aux zones inférieures.
L’évaluation de l’oxygénation et des maladies associées
Les mesures du taux d’oxygène sanguin au repos et à l’effort permettent d’apprécier le degré d’insuffisance respiratoire. Le test de stress physique montre une chute rapide de la concentration d’oxygène dans le sang, même à un faible niveau de stress.
D’autres examens de seconde intention pourront vous être demandés afin d’évaluer le retentissement de l’emphysème pulmonaire sur les autres organes et de rechercher des maladies associées, ou comorbidités : bilan biologique sanguin, bilan cardiaque et autres examens ciblés.
La recherche du déficit en alpha-1-antitrypsine
Chez un patient jeune non fumeur, une recherche spécifique génétique de déficit en alpha-1-antitrypsine pourra être demandée. Le diagnostic s'établit après une prise de sang et un test génétique.
Tous les patients souffrant d’emphysème et âgés de moins de 50 ans doivent être examinés au moins une fois. Si le test est positif, un examen de tous les autres membres de la famille est recommandé.
Quel spécialiste consulter ?
L’emphysème pulmonaire est pris en charge par un pneumologue, spécialisé dans l'étude et le traitement des maladies des poumons, des bronches et de la plèvre.
Le pneumologue prend notamment en charge les pathologies dues aux expositions environnementales et notamment au tabac. C’est le cas de l’emphysème.
Un chirurgien thoracique et vasculaire peut plus rarement être impliqué dans la prise en charge dans le cas où une intervention chirurgicale est proposée. Selon la gravité de la maladie, on fait également appel à des chirurgiens thoraciques ou à des médecins spécialisés en transplantation.
Les examens complémentaires, notamment l’IRM et le scanner, sont réalisés par des spécialistes en radiologie ou en médecine nucléaire. Les cliniques spécialisées dans le traitement de l’emphysème pulmonaire sont les cliniques pulmonaires.
Comment soigner l’emphysème pulmonaire ?
Le choix du traitement dépend du stade de la maladie et de son évolution, de la présence ou non d’un déficit en alpha-1-antitrypsine, de l’âge du patient et de ses antécédents familiaux, de son état de santé général et de ses choix de vie.
L’objectif du traitement médical est de ralentir l’évolution de l’emphysème pulmonaire et d’atténuer les symptômes. Il n’existe pas de traitement capable d’entraîner une réparation des alvéoles détruites.
L’emphysème pulmonaire étant incurable, l’objectif du traitement consiste donc à stopper ou à retarder la progression de la maladie et à en soulager les symptômes. Un diagnostic précoce peut aider à ralentir la progression de la maladie.
L’arrêt du tabac et la réduction des expositions
L’arrêt du tabac et l’administration d’oxygène sont les deux seuls traitements susceptibles de ralentir le cours évolutif de la maladie et d’améliorer la survie des patients.
Le sevrage tabagique est essentiel pour le développement positif de la maladie. Les autres polluants présents sur le lieu de travail, par exemple les poussières minières, doivent également être évités.
Le patient doit arrêter de fumer et toute exposition à d'autres substances irritantes doit être évitée. L’arrêt du tabac est la mesure la plus importante pour réduire le risque.
La prise en charge non médicamenteuse
Le traitement non pharmacologique est une priorité : arrêt du tabac et de l’exposition à des irritants bronchiques, équilibre nutritionnel, activité physique régulière, vaccinations contre la grippe et le pneumocoque, kinésithérapie respiratoire et support psychologique.
Cette prise en charge peut s’intégrer dans un programme pluridisciplinaire de réadaptation respiratoire pouvant être mis en œuvre lors d’un stage de réadaptation qui contribue à l’amélioration de la tolérance à l’effort.
Un traitement médicamenteux ainsi qu’une rééducation respiratoire soutiennent les muscles respiratoires et améliorent la qualité de vie. Dans le cadre de formations spécialisées, les patients apprennent des techniques pour faciliter la respiration, des techniques de toux, des exercices de relaxation et la prise correcte des médicaments.
La gymnastique respiratoire et la thérapie respiratoire sont proposées. Par exemple, un certain type de position des lèvres aide à l’expiration, appelé frein à lèvres, pour éviter l’affaissement des voies respiratoires lors de l’expiration.
Les vaccinations
Il est important de prévenir les processus inflammatoires dans les poumons qui aggraveraient la maladie. Il convient de procéder à des vaccinations contre la grippe et les pneumocoques, agents pathogènes qui provoquent la pneumonie.
Le traitement de base de l’emphysème comprend le sevrage tabagique, les vaccinations antigrippale et antipneumococcique, les traitements bronchodilatateurs, la réhabilitation respiratoire, éventuellement l’oxygénothérapie en cas d’insuffisance respiratoire grave et la ventilation non invasive dans les cas très sévères.
Les traitements médicamenteux
Les autres traitements médicamenteux, les bronchodilatateurs pour l’essentiel, peuvent diminuer l’essoufflement et la fréquence des exacerbations et ainsi améliorer la qualité de vie.
Les bronchodilatateurs agissent en relaxant les muscles autour des voies respiratoires. Ils soulagent la toux et l’essoufflement et existent sous forme d’action rapide ou de longue durée.
Le traitement médicamenteux comprend l’administration de médicaments bronchodilatateurs et anti-inflammatoires ainsi que d’antibiotiques et, en cas de déficit en alpha-1-antitrypsine, la substitution de cette enzyme.
Les stéroïdes inhalés réduisent l’inflammation des voies respiratoires et peuvent faciliter la respiration. Ils sont le plus souvent prescrits aux patients qui souffrent souvent d’exacerbations dues à la BPCO.
Des inhalateurs combinés associent des stéroïdes inhalés et des bronchodilatateurs pour les patients qui ont besoin des deux. Les stéroïdes oraux ne sont généralement utilisés qu'à court terme lors des poussées de BPCO, car leur utilisation à long terme peut entraîner des effets secondaires graves.
Les inhibiteurs de la phosphodiestérase-4 détendent les voies respiratoires et réduisent l'inflammation, ce qui permet aux patients de respirer plus facilement. La théophylline peut prévenir l'aggravation des épisodes de BPCO et faciliter la respiration.
D'autres infections respiratoires peuvent aggraver considérablement les symptômes de la BPCO. La prise d'antibiotiques permet de les prévenir et peut même réduire la gravité des épisodes de BPCO.
L’oxygénothérapie et la ventilation non invasive
La principale complication de l’emphysème pulmonaire est parfois une insuffisance respiratoire chronique grave nécessitant l’administration d’oxygène au long cours pour maintenir une oxygénation satisfaisante de l’organisme.
Dans les stades ultérieurs et en cas d’absorption insuffisante d’oxygène dans les poumons, l’oxygénothérapie est recommandée. Selon la gravité, on utilise des canules nasales de quelques heures à toute la journée, par lesquelles l’air que nous respirons est enrichi en permanence en oxygène.
La ventilation non invasive peut être proposée dans les cas très sévères. La nécessité d’une oxygénothérapie dépend du degré d’insuffisance respiratoire et des résultats des mesures d’oxygène au repos et à l’effort.
Le traitement substitutif en alpha-1-antitrypsine
En cas de déficit grave en alpha-1-antitrypsine, l’enzyme peut être substituée. En raison de la courte demi-vie, des doses hebdomadaires sont nécessaires.
En cas de déficit en alpha-1-antitrypsine, il pourra être proposé au patient l’administration par voie intraveineuse d’un traitement de substitution. Une thérapie causale dans ce cas serait une transplantation de foie si l’enzyme est complètement déficiente, puisque le nouveau foie du donneur peut produire l’enzyme manquante.
Les traitements interventionnels et chirurgicaux
Lorsque les bronchodilatateurs ne suffisent plus, un traitement instrumental peut dans certains cas être proposé. L’objectif de ces techniques est de diminuer le volume pulmonaire en retirant ou en réduisant des zones très distendues du poumon qui gênent la respiration.
Les traitements interventionnels chirurgicaux, transplantation pulmonaire et chirurgie de réduction du volume pulmonaire, restent une option d’exception réservée à des formes très sévères et symptomatiques non soulagées par le traitement standard.
La réduction du volume pulmonaire
Dans certains cas, une réduction de volume pulmonaire peut être envisagée. Elle se pratique de deux façons : par voie endobronchique, en passant par l’intérieur des bronches, ou par ablation chirurgicale de la partie malade et distendue du poumon, pour laisser la place au poumon sain.
La chirurgie de réduction du volume pulmonaire consiste à retirer les parties endommagées du poumon, laissant une capacité supplémentaire dans la poitrine pour permettre aux tissus pulmonaires sains de se développer.
Dans certains cas, la chirurgie de réduction du volume pulmonaire, qui consiste à enlever une partie du tissu pulmonaire non fonctionnel et surgonflé, conduit à une amélioration significative de la situation respiratoire.
La chirurgie de réduction de volume sur les zones d’emphysème est actuellement peu pratiquée en France en raison de complications potentielles et de suites opératoires pouvant entraîner une longue durée d’hospitalisation.
Les valves endobronchiques
Le principe des valves endobronchiques est de placer à l’intérieur des bronches d’un lobe pulmonaire plusieurs valves unidirectionnelles qui se ferment lors de l’inspiration et s’ouvrent lors de l’expiration. L’objectif est de réduire le volume du lobe afin d’obtenir une rétractation du lobe traité.
Cette technique réversible a démontré son efficacité chez des patients emphysémateux très sélectionnés, notamment sur les caractéristiques morphologiques et fonctionnelles du lobe pulmonaire cible et sur l’absence de communication entre les lobes, appelée ventilation collatérale.
Les résultats récents dans le cadre d’une sélection très rigoureuse ont démontré une efficacité significative, notamment sur les capacités à l’effort, sur la diminution de la distension thoracique et sur l’amélioration de la qualité de vie.
Le patient doit être rigoureusement surveillé après le geste afin de repérer l’apparition d’un pneumothorax, c’est-à-dire l’introduction d’air ou de gaz dans la cavité pleurale. Les principales autres complications sont les infections dans le territoire pulmonaire valvé et les migrations des valves, qui peuvent nécessiter une réintervention pour repositionnement ou ablation.
Les spirales endobronchiques
Les spirales endobronchiques sont des dispositifs implantables métalliques d’un alliage de nickel et de titane, appelé nitinol, à mémoire de forme. Ces spirales réalisent une compression loco-régionale du tissu pulmonaire, de façon irréversible, redonnant de l’élasticité au poumon et réduisant la distension pulmonaire.
En plus de réduire le volume pulmonaire, elles augmentent mécaniquement le retour élastique dans le poumon atteint. Jusqu’à douze spirales sont posées dans un lobe pulmonaire cible, en 30 à 45 minutes.
Il n’y a pas de contre-indication en cas de ventilation collatérale, mais cette technique ne peut pas être réalisée en cas de destruction trop importante du tissu pulmonaire. Une hospitalisation de 24 heures post-opératoire est nécessaire.
Les complications principales sont à type de pneumonie, pneumothorax et plus rarement d’hémorragie.
Valves ou spirales : comment choisir ?
Les valves et les spirales ne se concurrencent pas. L’élément le plus important est celui d’une évaluation très rigoureuse des caractéristiques de l’emphysème sur le plan morphologique et fonctionnel respiratoire.
Avant d’envisager ce type de traitement interventionnel, il faut vérifier que le traitement sur le plan respiratoire est optimal, incluant notamment la réhabilitation respiratoire.
Enfin, il est primordial de s’assurer du diagnostic précis et de la prise en charge adaptée d’autres pathologies non respiratoires, appelées comorbidités, par exemple cardiovasculaires, qui peuvent compromettre non seulement la sécurité de la réalisation de ces traitements nécessitant une anesthésie générale mais également leur efficacité.
La bullectomie
Une bullectomie implique que les médecins retirent les espaces d'air formés en cas d'emphysème bulleux. Cette intervention peut être envisagée lorsque des bulles d’emphysème occupent une place importante et perturbent le fonctionnement du poumon.
La transplantation pulmonaire
Enfin, la transplantation pulmonaire consiste à remplacer un ou les deux poumons par des poumons prélevés sur des donneurs en état de mort cérébrale. Une centaine de patients porteurs d’emphysème pulmonaire bénéficient de cette technique en France chaque année.
La transplantation pulmonaire s’adresse à des patients très sélectionnés sur de stricts critères d’éligibilité et qui souffrent d’une insuffisance respiratoire chronique évoluée très invalidante.
La transplantation pulmonaire s’adresse à des patients jeunes, en général âgés de moins de 65 ans, et sans autre pathologie extra-respiratoire, avec une limitation liée au nombre de greffons disponibles.
Dans les cas les plus graves, une transplantation pulmonaire peut s’avérer nécessaire. Cependant, il s’agit d’une opération compliquée comportant de grands risques et elle n’est utilisée qu’en dernier recours.
Comment évolue l’emphysème et quel est le pronostic ?
L’emphysème pulmonaire est une maladie progressive. La fonction pulmonaire diminue au fil du temps lorsque le tissu pulmonaire est endommagé, mais la vitesse d’évolution varie selon la cause, l’importance des lésions, l’âge au diagnostic, les expositions persistantes et les maladies associées.
L’espérance de vie varie selon l’âge au moment du diagnostic, la gravité de la maladie et d’autres facteurs. Plus la maladie progresse avant le diagnostic et la mise en œuvre du traitement, plus les résultats sont mauvais.
Le facteur de succès le plus important de la thérapie est l’abstinence de fumer. Sans cela, la détérioration de la maladie ne peut être arrêtée.
Il est essentiel de commencer le traitement le plus tôt possible pour éviter une nouvelle destruction des poumons. Les mesures visent à freiner la progression de la maladie et à préserver la capacité d’effort lors d’une activité physique.
Les maladies associées, telles que la bronchite et l’emphysème pulmonaire, aggravent souvent le pronostic. Dans l'ensemble, il apparaît qu'un traitement précoce est déterminant pour soulager les symptômes et préserver le plus longtemps possible la fonction des bronchioles.
Quand demander un deuxième avis médical ?
L’emphysème pulmonaire peut être responsable d’une altération parfois majeure de la qualité de vie et peut parfois conduire à l’isolement. Par ailleurs, de nombreux traitements ont été développés ces dernières années, pouvant parfois entraîner une amélioration conséquente de la qualité de vie des patients.
Dans ce contexte, un deuxième avis est tout indiqué. Il permet de mieux comprendre la maladie et de participer aux choix thérapeutiques de manière éclairée.
Certaines options thérapeutiques ne sont pas anodines et méritent que le patient en saisisse parfaitement les avantages, mais aussi les éventuelles conséquences qu’elles peuvent entraîner ou les risques qu’elles supposent, comme c’est le cas pour une transplantation pulmonaire par exemple.
Questions à poser au spécialiste
- À quel stade se situe ma maladie ?
- Mon emphysème pulmonaire est-il d’origine génétique ?
- Si mon emphysème est d’origine génétique, y a-t-il une indication à un traitement substitutif chez moi ?
- Quels sont les traitements préconisés dans mon cas ?
- Quelles en sont les contraintes ?
- Vais-je devoir vivre avec des bouteilles à oxygène ?
- On me parle d’intervention chirurgicale : comment va-t-elle se passer ?
- Quels en sont les risques ?
- Vais-je pouvoir retrouver une vie normale après le traitement ?
- Une greffe des poumons est-elle une solution dans mon cas ?
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