Mardi gras est à la fois l’héritier de fêtes païennes antiques et une célébration intégrée par la tradition chrétienne comme la veille du mercredi des Cendres, qui marque le début du Carême. Il n’est toutefois pas inscrit dans le calendrier liturgique.
Pour les catholiques, Mardi gras est le dernier jour avant le Carême où l’on fait traditionnellement « gras », en consommant des aliments riches comme la viande, les œufs, le beurre, le sucre, les crêpes et les beignets. Les déguisements, les défilés et l’inversion symbolique des rôles viennent surtout de traditions carnavalesques plus anciennes, tandis que le lien avec le Carême donne à cette journée sa place dans l’année chrétienne.
Une fête aux origines païennes et chrétiennes
L’origine du Mardi gras prend racine à l’époque romaine. Il correspondait alors aux Calendes de mars, une fête païenne où l'on célébrait la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps.
Cette période marquait aussi le début de la nouvelle année, qui commençait en mars (en l'honneur du dieu Mars) pour coïncider avec le renouveau de la nature. À cette occasion, les citoyens se déguisaient et pouvaient transgresser les interdits.
L'ordre social était symboliquement inversé, permettant aux esclaves de festoyer avec leurs maîtres et aux citoyens de s'affranchir temporairement des conventions sociales. Au cours de ces festivités, les Romains dégustaient des spécialités culinaires, comme des "chiacchiere", ancêtres des beignets actuels.
La fête du Mardi gras tire son origine des rites agraires antiques qui avaient pour objectif, vers la nouvelle année, de renverser l’ordre du monde afin de le rééquilibrer. Des Sacées babyloniennes aux Saturnales romaines, pendant quelques jours, l’ordre social était symboliquement inversé.
Les esclaves jouissaient d’une liberté temporaire, étaient servis par leurs maitres, et de grands banquets étaient organisés où l’on festoyait abondamment. Intervenant à la fin de l’hiver alors que les réserves s’amenuisaient, cette fête célébrait l’arrivée du printemps et l’espérance de récoltes fructueuses.
La coutume étant alors à la transgression, de grands banquets déguisés s’organisaient lors de cette journée. Les interdits étaient transgressés et les déguisements autorisés.

Comment le christianisme a intégré Mardi gras
À partir du IVe siècle, les Pères de l’Église commencent à définir un calendrier, ponctué de fêtes liturgiques chrétiennes, comme Noël ou celle de l’Épiphanie. Le Carême est également instauré à cette époque.
La religion chrétienne s’est ensuite emparée de cette fête pour lui donner la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Le Mardi gras fait ainsi référence au jour qui précède le Carême, durant lequel les chrétiens respectent une période de jeûne de 40 jours.
Cette période demande aux baptisés de se priver de certains aliments, comme les œufs et la viande, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. Du latin carne levare (qui donnera carnaval), on leur demande ainsi d’ôter ou de supprimer la viande.
Les chrétiens ont donc poursuivi cette tradition en organisant des grands rassemblements festifs et en cuisinant à partir d’ingrédients qui risquaient de se perdre lors des six semaines de pénitence, comme les œufs et les matières grasses.
Ceci a donné, au fil des siècles, des recettes de beignets, bugnes, crêpes et autres gourmandises. Au Moyen-âge, cette période de jeûne était très strictement observée.
Pourquoi Mardi gras tombe-t-il un mardi ?
La fête du Mardi gras précède toujours le mercredi des Cendres qui marque l’entrée en Carême, période de jeûne, de prières et de partage qui commémore les 40 jours passés au désert par le Christ.
L’entrée en carême débute un mercredi, celui « des Cendres ». C’est donc la veille de ce jour-là que tous font bombance, et donc « gras », avant de se restreindre et de « faire maigre ».
Mardi gras est une fête mobile. Elle se célèbre 47 jours avant le dimanche de Pâques et sa date varie chaque année entre le 3 février et le 9 mars.
La date du Mardi gras est calculée en fonction de Pâques, précisément 47 jours avant. Il tombe toujours le mardi précédant le mercredi des cendres.
| Élément | Explication |
|---|---|
| Mardi gras | Dernier jour avant le mercredi des Cendres |
| Mercredi des Cendres | Début du Carême |
| Carême | Période de jeûne, de prières et de partage |
| Date variable | Entre le 3 février et le 9 mars |
| Mardi gras 2025 | Le mardi 4 mars en 2025 |
| Mardi gras 2026 | En 2026, le mardi gras a lieu le 17 février. |
Mardi gras est célébré cette année, le 4 mars 2025. Il n’est pas considéré comme un jour férié, mais son impact festif est incontestable.
Le sens de l’expression « Mardi gras »
Jour précédent le mercredi des Cendres, Mardi gras symbolise alors la dernière journée où il est autorisé de manger gras en abondance. L’expression Mardi gras indique le contraste avec le carême pendant lequel les chrétiens « mangent maigre » en s’abstenant de viande.
Le carnaval a lieu le Mardi gras et célèbre la fin de la semaine des sept jours gras. D'où le nom Mardi gras.
Cette période de jeûne et d’austérité commence avec le mercredi des Cendres, 47 jours avant Pâques, et se termine quelques jours avant ce dimanche Saint. Lors du Carême, les pratiquants sont invités à ne pas manger gras : la viande est souvent remplacée par le poisson, surtout les vendredis.
Mais d’autres graisses comme les œufs et le beurre sont aussi à éviter. Aujourd’hui, la tradition veut que les chrétiens « fassent maigre » principalement les vendredis de Carême en préférant, ce jour-là, le poisson à la viande dans leurs assiettes.
La pratique du jeûne est plutôt observée lors du Vendredi Saint, c’est-à-dire le jour qui précède celui de la veillée pascale, ou fête de la résurrection. Chez les chrétiens orthodoxes le jeûne est pratiqué avec assiduité.
Mardi gras, une tradition d’anti-gaspillage
Lors de cette célébration, la tradition prévoit de terminer les réserves de matières grasses périssables, notamment le beurre et les œufs, pour éviter qu’elles ne soient gaspillées pendant le Carême.
C’est pourquoi les gourmandises telles que les crêpes, les gaufres, et surtout les beignets, sont à l’honneur. Les crêpes ont une longue histoire en tant que repas du mardi gras.
Il s’agit d’un aliment riche, souvent préparé avec des œufs, du beurre et un peu de sucre, ingrédients traditionnellement moins utilisés pendant le carême. Les chrétiens avaient ainsi pris l’habitude de se nourrir en grande quantité pour anticiper la privation à venir.
Il s’agit également d’utiliser les aliments et boissons tentants de la maison avant le début du carême, et de les utiliser avant qu’ils ne se gâtent pendant les 40 jours du carême.
Il arrive même parfois que la semaine entière avant le Carême soit célébrée, notamment le Jeudi gras et le Dimanche gras. Dans certaines cultures, le jeudi gras est le dernier jeudi avant le début du carême, le mercredi des cendres.
Pourquoi mange-t-on des crêpes et des beignets ?
Une particularité française veut que chaque région ait son type de beignet à savourer à Mardi gras, avec des appellations variées et parfois excentriques. Dans la région Lyonnaise, ils sont nommés "bugnes" alors que l’on parle de "ganses" à Nice.
Dans le Sud-Ouest, on déguste les "merveilles" et dans le Sud-l'Est, des "oreillettes". À Nantes, il s’agit de "bottereaux", et en Corse, de "frappes".
Enfin, symbole ultime de l’abondance culinaire chez les catholiques en ce jour, les "pets-de-nonnes" sont traditionnels en Champagne. Dans les autres villes de France, cette journée est marquée par des défilés, des costumes et déguisements sans oublier la dégustation de crêpes, gaufres et beignets (aussi appelés merveilles, beugnots, rissoles ou bugnes selon les régions).
Traditionnellement, les enfants vont demander du sucre, des œufs, de la farine et du lait à leurs voisins pour préparer des crêpes qu’ils mangeront dans l’après-midi.
Pourquoi se déguise-t-on à Mardi gras ?
Mardi gras est un jour de fête, associé à Carnaval, et qui s’inscrit dans une tradition ancienne d’inversion de l’ordre du monde. Avant d’entrer en Carême et de « faire maigre » pendant les quarante jours suivants, il est donc coutume de se déguiser et de festoyer en mangeant, notamment, des mets sucrés et gras.
Mardi gras est souvent associé au Carnaval, sorte de fête jumelle si l’on peut dire. Les enfants s’y déguisent et les adultes s’y travestissent car, ce jour-là, « tout est permis ».
Le port de masques et de costumes lors du Mardi gras trouve ses origines au Moyen Âge. Les masques permettaient aux individus de dissimuler leur identité, offrant une liberté d'expression et la possibilité de transgresser les normes sociales sans crainte de répercussions.
Cette tradition a perduré, faisant du déguisement un élément central des festivités du Mardi gras. Les déguisements effacent les différences de classes sociales et de genres.
Au IVe siècle, les calendes de janvier - dernier îlot païen dans l’Empire chrétien - sont des fêtes publiques et très populaires. Il est fréquent de voir des maîtres jouer aux dés avec leurs esclaves mais, surtout, d’observer des parades où défilent des personnes portant des masques d’animaux.
À partir du Xe siècle, la tradition populaire du carnaval s’affirme et s’étend même au clergé, lors de la fête des Fous, dont les membres se déguisent et renversent leurs rôles. Ces jeux et mises en scène théâtrales s’érigent en cortèges dans les villes.
Le caractère transgressif de cette fête est même renforcé par l’adoption des masques au Carnaval de Venise car, en préservant l’anonymat des participants, elle rend plus permissifs les excès.
Cette fête est tolérée par l’Église car celle-ci perçoit le besoin vital de vivre, pour la population, des moments d’exutoire avant de retourner à une spiritualité plus intense. Ces journées de carnaval, qui ont leur apogée à Mardi gras, représentent une période cathartique, favorisant la canalisation de tensions qui règnent dans la société.
D’où vient la tradition du carnaval? - Dessine-moi une actu (13)
Le carnaval est-il une fête catholique ?
Le carnaval, festivité sans viande, est lié à l’entrée en Carême pour les catholiques. En effet, l’origine étymologique du mot "carnaval" n’a rien à voir avec les masques à plumes et autres déguisements.
Le mot vient du latin carne levare qui signifie "enlever la viande". Dans cette définition, la notion de viande incarne en réalité tous les produits gras, notamment issus des animaux.
Cette festivité marque donc, pour les catholiques, le début du Carême. Liés généralement à la fête de Mardi-gras, les carnavals sont un type de fête répandu en Europe et en Amérique du Sud.
Le mardi gras étant le dernier jour du temps ordinaire avant le passage au carême, la manière la plus importante de le célébrer est de s’assurer que l’on est prêt pour le carême. C’est un jour où les gens décident souvent de ce qu’ils vont abandonner pour le carême et où ils se renseignent sur les règles du jeûne de carême ou sur l’endroit où obtenir des cendres.
La célébration de la journée elle-même peut souvent être une expérience communautaire. Ce n’est pas un hasard si le dernier jour avant le carême, période marquée par la solennité et la pénitence, est devenu un jour de fête dans différents pays.
Il était naturel de créer un festival, une « dernière aventure » avant le jeûne et l’abstinence du carême. Bien que le mardi gras ne doive pas être un jour d’excès et de plaisirs débridés, c’est un jour qui peut être célébré par de nombreuses fêtes traditionnelles chères aux catholiques et aux autres chrétiens depuis des siècles.
Mardi gras dans les différentes régions du monde
Aujourd’hui le lien à la tradition chrétienne de Mardi gras n’est pas toujours clairement identifié par ceux et celles qui le célèbrent. On constate néanmoins, que cette fête reste un temps de divertissement et de réjouissance, notamment via les déguisements et les défilés durant la période des carnavals.
Cette tradition païenne romaine reprise par la religion catholique évolue selon les époques et les parties du monde. Au Brésil, c’est le carnaval ; en Italie, c’est le Martedi Grasso.
Dans certaines parties du monde, on l’appelle aussi le jour des crêpes. Le mardi gras est également appelé mardi gras.
La Nouvelle-Orléans
En Amérique, le mardi gras date d’avant la naissance des États-Unis. Une forme ou une autre de célébration du mardi gras a lieu à la Nouvelle-Orléans depuis 1699.
À l’époque, les célébrations s’étendaient de l’Épiphanie (ou jour des 3 Rois), parfois appelée la 12e nuit (en référence aux 12 jours de Noël). Les festivals étaient courants tout au long de l’année à la Nouvelle-Orléans, mais ceux qui avaient lieu pendant le Mardi Gras se distinguaient par des costumes plus élaborés.
« La fin du carnaval et l’arrivée du carême ne signifiaient que la fin des bals masqués ; les bals publics continuaient ». « Ce qui distinguait les bals entre la Douzième Nuit et le Mercredi des Cendres, c’est qu’il s’agissait de bals masqués, c’est-à-dire de bals costumés ».
Parmi les célébrations notables du mardi gras au cours de l’histoire, citons les festivités de 1804, les premières à avoir eu lieu lorsque la Louisiane faisait partie de l’Amérique. Le premier Mardi gras moderne a eu lieu en 1857.
Les célébrations de 1946 ont marqué le premier Mardi Gras depuis quatre ans, après avoir été annulées en 1942 en raison de la Seconde Guerre mondiale. Peu de gens savent que les couleurs des perles lancées lors du Mardi Gras ont une signification religieuse.
Les couleurs officielles sont le violet pour la justice, le vert pour la foi et l’or pour le pouvoir. En dépit de son aspect séculier, le Mardi Gras est en fait « une sorte d’évangélisation ».
Les traditions culinaires internationales
Les communautés polonaises appellent parfois le mardi gras le jour des paczki, en référence à la crème ou au fromage. beignet fourré à la gelée, traditionnellement consommé ce jour-là.
De nombreuses églises célèbrent le « Paczki Day » en partageant les pâtisseries après la messe. Dans les villes à forte population polonaise, comme Chicago, les paczki peuvent apparemment unir toute une ville le jour du mardi gras.
Au Texas et dans certaines régions du Sud, le gâteau des rois est un plaisir populaire du mardi gras. D’origine mexicaine, ce gâteau est lié à la « rosca de reyes », un gâteau traditionnellement servi le jour des trois rois.
Il a la forme d’un anneau pour représenter l’amour infini de Dieu et contient une figurine en plastique de Jésus. Celui qui obtient le morceau avec la figure de Jésus reçoit de la chance et doit organiser la prochaine réunion avec ses amis et sa famille.
Le « Pancake Supper » est une autre tradition populaire que certaines paroisses catholiques (ainsi que les églises épiscopales) observent le mardi gras.
Les principaux carnavals associés à Mardi gras
Un peu partout en France et ailleurs dans le monde, de nombreux carnavals se déroulent ainsi à l’occasion du Mardi gras. Sa célébration varie en fonction des régions.
Le carnaval de Dunkerque
Difficile de ne pas évoquer le carnaval de Dunkerque lorsqu’on aborde le sujet des carnavals de Mardi gras. Dans le Nord, le carnaval est une véritable institution, voire un mode de vie.
En effet, dans la cité de Jean Bart (célèbre corsaire dunkerquois), les festivités s’étalent sur trois mois. Cette année, elles ont lieu du 11 janvier au 27 avril.
À Dunkerque, dimanche, lundi et mardi gras sont appelés “Les trois joyeuses” et durant ces trois jours toute la ville se déguise et défile dans les rues.
Le carnaval de Nice
À Nice, le Carnaval de Nice est une des plus grandes célébrations de Mardi gras en France avec celui de Dunkerque. Le carnaval de Nice s’inscrit parmi les plus grands carnavals du monde.
En 2025, il aura lieu du 12 février au 2 mars. De nombreux chars décorés et animés sur le thème de la saison défileront au rythme de la musique, le tout dans une ambiance colorée, festive et familiale.
La tradition veut que les comédiens costumés sur les chars jettent des brassées de fleurs sur les spectateurs.
Le carnaval de Rio de Janeiro
Le carnaval de Rio célèbre pendant plusieurs jours en février la culture brésilienne. Chaque année, les écoles de sambas défilent au sein du Sambadrome de Rio sur des chars flamboyants dans des costumes chatoyants au rythme de la samba.
En 2025, il aura lieu du 28 février au 8 mars.
Le carnaval de Venise
C’est à Venise qu’il faut se rendre pour profiter d’un carnaval exceptionnel. Il a débuté le 22 février et se clôturera le 5 mars.
Au cours de ces 15 jours de célébration, touristes et Vénitiens se parent de leurs plus beaux costumes. En 2025, le carnaval a pour thème "Au temps de Casanova".
Il célèbre ainsi les 300 ans de la naissance de Giacomo Casanova, icône du XVIIIe siècle vénitien, symbole d’amour, de liberté et d’extravagance. Venise va se transformer en véritable théâtre à ciel ouvert, avec des spectacles aquatiques, des soirées somptueuses dans les palais vénitiens et des performances artistiques et théâtrales aux quatre coins de la ville.
Pourquoi n’y a-t-il pas de carnaval à Genève ?
Le Carnaval, très vivant dans la Genève d’autrefois selon plusieurs sources, en a été banni il y a plus de 500 ans. En dépit de plusieurs manifestations organisées à cette occasion, le vrai « carnaval » genevois reste la fête de l’Escalade, en décembre.
Questions fréquentes sur le caractère catholique de Mardi gras
Mardi gras est-il une fête liturgique catholique ?
Il est tout de même bon de rappeler que cette fête n’est pas inscrite dans le calendrier liturgique. Elle appartient cependant à la tradition chrétienne parce qu’elle précède immédiatement le mercredi des Cendres et l’entrée en Carême.
Peut-on manger ce que l’on veut le jour de Mardi gras ?
Le mercredi des Cendres et tout au long du Carême, il existe des règles de jeûne, mais le mardi gras n’est généralement pas soumis à des restrictions alimentaires.
Pourquoi les chrétiens célèbrent-ils Mardi gras ?
Les célébrations du mardi gras sont un moyen pour les gens de se rassembler et de partager une journée de fête avant la période plus sombre et pénitente du carême.
Quelle est la différence entre Mardi gras et Jeudi gras ?
Dans certaines cultures, le jeudi gras est le dernier jeudi avant le début du carême, le mercredi des cendres. Il a lieu plusieurs jours plus tôt que le mardi gras, mais comporte un grand nombre de célébrations identiques.