Dans Once Upon a Time, les pièces pentecôtistes se manifestent surtout par la mémoire retrouvée, la foi en une réalité invisible, l’espérance d’un monde renouvelé et la restauration des liens familiaux. La série met en scène une communauté prisonnière d’une malédiction, puis engagée dans un processus de réveil spirituel et moral.
La structure de la série rapproche également son récit de celui du salut : une histoire ancienne continue d’agir dans le présent, un personnage est appelé à briser la malédiction, un enfant annonce la vérité oubliée et la communauté doit retrouver son identité avant de pouvoir rentrer chez elle.
Une communauté prisonnière de l’oubli
De nos jours, dans une bourgade du Maine appelée Storybrooke, les contes de fées existent encore. C'est ce que va découvrir Emma, une jeune femme au passé trouble, embarquée dans un merveilleux et tragique voyage par le fils qu'elle a abandonné 10 ans plus tôt.
Le principe de la série est qu’une multitude de personnages de contes de fées ont été condamnés à oublier qui ils sont et transportés dans la ville moderne de Storybrooke, dans le Maine. Le temps ne passe pas pour eux, si bien qu’ils restent figés au même âge pendant 28 ans.
Ils connaissent les récits classiques, mais ils ignorent que ces histoires sont vraies, et encore moins qu’elles les concernent directement. Les personnages de Storybrooke ont oublié leur véritable identité et perdu leurs relations les plus importantes.
Sous la malédiction, les habitants de Storybrooke sont enfermés dans une routine ordinaire et une médiocrité quotidienne. Ils vivent dans une obéissance craintive à Regina, la Méchante Reine devenue maire. Leurs vies semblent dépourvues de sens. Tout le monde se sent seul.
La mémoire comme réveil spirituel
Un thème récurrent dans les livres de la Bible est l’importance du souvenir. Dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu souffre régulièrement parce qu’il ne se souvient pas des grandes œuvres qu’Il a accomplies pour lui dans le passé.
La mémoire - ou plus précisément la perte de mémoire - est également un thème central dans Once Upon a Time. Les personnages ont oublié leur véritable identité et perdu leurs relations les plus importantes.
Je trouve cela comparable à la manière dont de nombreuses personnes connaissent les récits de la Bible, mais ne croient pas que ces événements ont eu lieu ou ne comprennent pas qu’elles font elles-mêmes partie de l’ensemble de cette histoire.
La malédiction noire a également pour effet remarquable de priver les héros, autrefois célèbres pour leur intégrité, d’un sens clair du bien et du mal. Dans cette confusion morale, ils prennent de mauvaises décisions, se blessant eux-mêmes et se faisant du mal les uns aux autres.
Cela ressemble à l’effet du péché originel, qui obscurcit le jugement humain et corrompt les relations. La rupture de la mémoire n’est donc pas seulement un procédé fantastique : elle devient une image de la rupture intérieure, de la perte de sens et de l’éloignement des autres.
Henry, l’enfant qui annonce la vérité
Henry, le fils de dix ans d’Emma, arrive comme un prophète : il dit la vérité à laquelle personne ne croit et rappelle les gens à une relation oubliée.
Élevé à Storybrooke comme le fils adoptif de Regina, il possède un livre contenant les histoires des habitants de la ville. Comme les Écritures, ce livre explique d’où viennent les personnages et vers quoi ils doivent aller.
Henry est le seul à reconnaître la manière dont les anciennes histoires se rattachent aux personnes qu’il connaît. Il essaie de le faire comprendre aux autres, mais ceux-ci rejettent ses affirmations en les considérant comme une imagination enfantine ou une illusion.
Emma est forcée de se confronter à son passé lorsque Henry, qu’elle a fait adopter à sa naissance, la retrouve et la convainc de venir à Storybrooke. À la manière de Jean-Baptiste, Henry prépare un chemin pour la Sauveuse et exhorte les gens à croire en elle.
Emma Swan, figure de la Sauveuse
La protagoniste de la série est Emma Swan, la fille longtemps perdue de Blanche-Neige et du Prince Charmant, dont il est prophétisé qu’elle brisera la malédiction. Cependant, Emma grandit orpheline dans le « pays sans magie » et, pendant longtemps, elle ne croit ni à la réalité de la malédiction ni à ses origines royales.
Tout au long de la série, elle lutte pour accepter sa famille, son identité et son destin. Son parcours repose donc sur une conversion progressive : elle doit passer du refus de croire à l’acceptation d’une vérité qui transforme son existence.
Dès le premier épisode, Emma est présentée comme une figure christique. Avant même sa naissance, il est annoncé qu’elle restaurera le bonheur que Regina, la Méchante Reine, cherche à détruire.
Dans les flashbacks de la série, plusieurs personnages affirment qu’Emma doit retrouver ses parents et briser la malédiction au moment voulu - dans son cas, lorsqu’elle atteint l’âge de 28 ans - ce qui rappelle la manière dont Jésus s’est incarné et a accompli son sacrifice pascal « à la plénitude des temps ».
Exil, sacrifice et protection
Emma ressemble à Moïse et à Jésus par la manière dont elle échappe à un souverain tyrannique qui veut la tuer alors qu’elle est encore un bébé.
Ses parents la placent dans une armoire faite d’un arbre magique qui la transporte dans un autre monde, peut-être en hommage à l’armoire qui mène à Narnia. En discutant de ce projet, l’un des nains demande même : « Notre destin repose sur un arbre ? », ce qui évoque la croix.
Blanche-Neige et le Prince Charmant renoncent à des années de vie avec leur fille afin de la sauver. Cela rappelle Jésus quittant l’unité de la Trinité au ciel pour s’incarner sur la Terre.
La douleur de Blanche-Neige lorsqu’elle abandonne son enfant ressemble au chagrin de la Sainte Vierge remettant son Fils au plan de Dieu pour le salut. Comme saint Joseph protégeant Jésus des soldats du roi Hérode, le Prince Charmant protège Emma des chevaliers de la Méchante Reine et veille à ce qu’elle grandisse en sécurité.
Foi, espérance, amour et pardon
Cette série est merveilleuse. Un très bel univers, des personnages crédibles et très bien développés. Dans cette série, les personnages ont une histoire, tout n'est pas tout noir ou tout blanc.
La Méchante Reine n’est pas si méchante que cela et il y a une raison à son comportement. Cette approche nuancée permet de représenter le mal non comme une réalité abstraite, mais comme une trajectoire liée aux blessures, aux choix et aux relations.
Les critiques de la série soulignent également une nouvelle approche des contes de fées, magnifiquement réalisée et sympathique à suivre malgré quelques longueurs. La série propose une bonne dose de magie et de fantastique et réinvente tous les contes de fées de l’enfance.
Les scénaristes y sont allés à cœur joie avec les personnages et les histoires. Les acteurs sont excellents et les décors sont superbes.
La série ne promeut pas ces valeurs de manière simple ou parfaite, mais elle met en avant la foi, l’espérance, l’amour et le pardon. Les personnages doivent apprendre que leur avenir dépend moins de leur passé que de la manière dont ils choisissent de répondre à ce passé.
La rupture de la malédiction
Sans révéler les détails, la conclusion de la première saison est remplie d’images bibliques et rappelle la descente aux enfers ainsi que le combat entre le Christ et Satan.
Finalement, Emma brise la malédiction, ce qui rend leurs souvenirs aux habitants. Pourtant, ils restent à Storybrooke, loin de leur patrie, la Forêt enchantée.
Ils se demandent les uns aux autres : « Si la malédiction est brisée, alors pourquoi sommes-nous encore ici ? » Cette question peut évoquer ce que les premiers chrétiens ont pu ressentir et rejoindre l’expérience de ceux qui vivent entre la Résurrection et la Seconde Venue.
Le Christ a vaincu la mort et nous a ouvert les portes du ciel, mais nous vivons encore sur la Terre sous les effets du péché originel. Nous devons continuer à vivre ici, en conservant la mémoire du passé et l’espérance de l’avenir, jusqu’à atteindre notre véritable demeure au ciel, à notre mort ou à la fin des temps.
Le retour à la maison
Même après avoir commencé à croire à la vérité des histoires, Emma met du temps à ouvrir son cœur à ses parents et à accepter leur histoire comme la sienne.
Nous sommes confrontés à une décision comparable concernant notre relation avec Dieu et notre place dans la communion des saints. Croire intellectuellement en Dieu est une chose, mais L’aimer et Lui faire confiance en est une autre.
Nous pouvons choisir d’accepter Son invitation à une relation d’alliance ou de la fuir comme le fils prodigue. Le retour à la maison devient ainsi une réalité affective et spirituelle, pas seulement un déplacement vers un lieu d’origine.
Finalement, après des années à fuir les occasions d’avoir un foyer et des relations significatives, Emma accepte Blanche-Neige et le Prince Charmant comme ses parents, Henry comme son fils et les habitants de Storybrooke comme ses amis.
Elle embrasse leurs valeurs de foi, d’espérance et d’amour, se plaçant sur le chemin d’une fin heureuse.
La dimension musicale et féerique de la série
La série Once Upon a Time a également développé une dimension musicale. Les héros de Storybrooke se mettent à chanter dans un épisode musical intégré à la fin de la sixième saison.
Cette orientation s’inscrit dans le retour en force de la comédie musicale, alors que plusieurs séries annoncent elles aussi des épisodes chantés. La série Disney de la chaîne américaine ABC a ainsi consacré un épisode à la musique et aux chansons.
La nouvelle a beaucoup plu au casting, qui avait déjà exprimé son enthousiasme à l’idée d’une parenthèse chantée. En 2011 déjà, Jennifer Morrison déclarait que tous les membres de la distribution chantaient et qu’une partie importante de l’équipe était tournée vers la musique.
Une série entre conte de fées et drame contemporain
De nos jours, dans une bourgade du Maine appelée Storybrooke, les contes de fées existent encore. Elle croisera sur son chemin la Méchante Reine, qui n’est autre que l’impitoyable maire de la ville, Blanche-Neige, devenue la douce sœur Mary Margaret Blanchard, Tracassin, l’effrayant expert en magie noire, ou encore Archie, le sympathique Jiminy Cricket local.
Avec son arrivée, c’est l’espoir de toute une communauté amnésique qui renaît. L’originalité de la série tient à cette coexistence entre l’univers merveilleux des contes et les formes du feuilleton dramatique.
Les personnages ne sont pas uniquement des héros ou des antagonistes : ils possèdent une histoire, des blessures, des contradictions et une capacité de changement. La Méchante Reine n’est pas seulement une méchante, Blanche-Neige n’est pas seulement une princesse et Emma n’est pas immédiatement une sauveuse convaincue de sa mission.
La série propose ainsi une relecture des contes de fées dans laquelle la rédemption, le pardon et la reconstruction des liens occupent une place aussi importante que la magie.
Une œuvre pensée sur le long terme
Les créateurs de Once Upon a Time ont commencé à travailler sur ce projet en 2002, alors que Felicity, la série sur laquelle ils avaient fait leurs débuts en tant que scénaristes, venait de s’achever.
Ils en ont présenté une première ébauche de scénario à différentes chaînes, mais aucune n’a été intéressée, en partie à cause de l’aspect fantastique qui inquiétait à l’époque.
En 2008, avant que Once Upon a Time ne voie le jour, ABC avait acheté les droits d’adaptation de la bande dessinée populaire Fables, dont l’histoire était relativement proche. L’idée a finalement été abandonnée.
Les créateurs de Once Upon a Time, s’ils reconnaissent avoir lu quelques numéros, se défendent d’avoir plagié cette œuvre et soulignent les nombreuses différences entre les deux projets.
Damon Lindelof, l’une des figures intellectuelles de Lost, a conseillé l’équipe pour le pilote, à la demande des créateurs qui avaient travaillé à ses côtés pendant de nombreuses années. Il n’est cependant pas impliqué dans la suite de la série.
La continuité de l’univers féerique
Depuis 2019, Adam Horowitz et Edward Kitsis développent Epic, décrite comme une « anthologie romantique se déroulant dans l’univers féerique de Disney, dans une forêt enchantée plus particulièrement, et se concentrant sur un tout nouvel ensemble de nouveaux héros, méchants, princes, princesses et toutes sortes d’êtres magiques ».
Bien qu’elle rende hommage aux classiques que nous connaissons tous et toutes, elle s’efforce aussi de créer de nouveaux personnages alors qu’ils explorent l’amour sous toutes ses formes.
L’intrigue ne se déroule pas dans l’univers de Once Upon a Time et présente des personnages inédits. Les fans de Disney doivent toutefois y retrouver l’esprit des mondes féeriques et des récits qui ont marqué leur imaginaire.
