Quelle fête célèbre-t-on le 20 août ?

Le 20 août, l’Église célèbre principalement la fête de saint Bernard de Clairvaux, abbé, réformateur monastique et docteur de l’Église. Les personnes prénommées Bernard sont donc à l’honneur ce jour-là.

Jeune aristocrate bourguignon en quête d’absolu, Saint Bernard de Clairvaux choisit à 22 ans (en 1112) d’entrer à l’abbaye de Cîteaux. Puis, il fut envoyé fonder un nouveau monastère en Champagne, à Clairvaux. Depuis ce lieu perdu, 700 moines rayonnèrent dans toute l’Europe, où 68 fondations seront créées.

Saint Bernard de Clairvaux, saint du 20 août

Bernard naquit à Fontaine, en Bourgogne, d’une noble famille. Dans sa jeunesse, il fut, à cause de sa grande beauté, vivement sollicité par des femmes, mais aucune ne réussit à ébranler sa résolution de garder la Chasteté. Pour fuir ces tentations du Diable, il prit, à l’âge de vingt-deux ans, le parti d’entrer à Cîteaux, berceau de l’Ordre de ce nom, qui florissait alors par une grande Sainteté.

A quoi pouvait rêver dans l’éclat de sa jeunesse Bernard, fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne ? De chasses ou de tournois ? de chants de guerre ou de galantes conquêtes ? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l’âge de vingt-trois ans. D’autant qu’il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d’absolu…

Ayant ou connaissance du projet de Bernard, ses frères mirent tous leurs efforts à l’en détourner ; mais, dans cette lutte, il fut le plus éloquent et le plus heureux ; car il les amena si bien, eux et d’autres, à sa manière de voir, que trente jeunes gens reçurent avec lui l’habit religieux.

Il ne part pas seul : une trentaine de proches et amis l’accompagnent dans cette aventure de prière et d’ascèse. Jeune aristocrate bourguignon assoiffé d’absolu, il choisit à 22 ans, en 1112, de rejoindre l’abbaye de Cîteaux, récemment fondée par Robert de Molesme.

De Cîteaux à Clairvaux

Devenu Moine, il s’adonna tellement au jeûne, que chaque fois qu’il prenait son repas, il semblait endurer un supplice. Merveilleusement appliqué aux veilles et aux oraisons prolongées, voué à la pratique de la pauvreté Chrétienne, il menait sur terre une vie presque céleste, étrangère aux sollicitudes et aux désirs des choses périssables.

Dès 1115, après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l’abbaye dont il restera père-abbé jusqu’à sa mort. Dès la fin de son noviciat, Bernard est envoyé fonder un monastère à Clairvaux, dans un vallon sauvage de Champagne.

En 1115, à Clairvaux, en Bourgogne, il fonde lui-même un nouveau monastère selon la règle cistercienne et en devient l’abbé, d’où le nom sous lequel il va se rendre célèbre : saint Bernard de Clairvaux. Élu Abbé de Clairvaux, il construisit en beaucoup de lieux des Monastères où se maintinrent longtemps la règle et la discipline du fondateur.

Clairvaux devient vite un foyer majeur de rayonnement spirituel : sous sa direction, 700 moines rejoignent l’aventure et 68 fondations voient le jour partout en Europe. A sa mort, en 1153, ce sont trois cent quarante-trois abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.

Abbaye de Clairvaux et ordre cistercien

Une réforme de la vie monastique

Sa réforme monastique opposa saint Bernard à l’ordre de Cluny. Sa réforme s’oppose à celle de Cluny, qu’il juge trop laxiste sur la règle de saint Benoît.

Malgré une santé fragile, Bernard parcourt le continent sur une simple mule, fondant de nouveaux monastères cisterciens - appelés "moines blancs" - et œuvrant pour la paix et l’unité. Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d’Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel.

Mais loin de rester cloîtré il parcourt les routes d’Europe devenant, comme on a pu l’écrire, « la conscience de l’Église de son temps ». Sa correspondance abondante avec des princes, des frères moines ou des jeunes gens qui requièrent son conseil ne l’empêche pas de se consacrer à la contemplation tout autant qu’à l’action directe dans la société de son temps.

Bernard, conseiller des princes et des papes

En lui brillaient l’humilité, la miséricorde, la douceur ; il était si attaché à la contemplation, qu’il semblait ne se servir de ses sens que pour les devoirs de la piété, en quoi cependant il se comportait avec la plus louable prudence.

Pendant qu’il s’appliquait à ces exercices, il refusa successivement les évêchés de Gênes, de Milan, et plusieurs autres qui lui furent offerts, se déclarant indigne de l’honneur d’une telle dignité.

Sa grande réputation de vertu le fit appeler par les plus grands princes pour trancher leurs différends ; il dut aussi aller souvent en Italie pour régler les affaires de l’Église. Le souverain Pontife Innocent II eut en lui un aide précieux, tant pour mettre un terme au schisme suscité par Pierre de Léon, que dans ses légations près de l’empereur d’Allemagne, d’Henri, roi d’Angleterre, et du concile de Pisé.

Conseiller très écouté des princes et des papes, il prêcha à Vézelay la deuxième croisade. Conseiller écouté des princes et des papes, il prêche la deuxième croisade à Vézelay en 1146.

Il vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris.

Les écrits et la spiritualité de saint Bernard

Bernard a écrit beaucoup d’autres ouvrages, dans lesquels se montre une doctrine inspirée par la Grâce divine plutôt qu’acquise par l’étude. Surnommé le "docteur Savoureux" pour ses écrits, il est aussi un grand dévot de Marie et compose la prière "Souvenez-vous" (Memorare), restée un pilier de la piété mariale.

Si vous êtes sage, vous serez une vasque plutôt qu’un tuyau. Ne point aspirer à monter, c’est descendre

Aussitôt qu’il est venu à moi, il a éveillé mon âme qui dormait. Il s’est mis à arracher, à détruire et à plante, à arroser ce qui était sec, à éclairer ce qui était ténébreux, à ouvrir ce qui était fermé, à enflammer ce qui était froid et a redresser ce qui était tortueux, si bien que mon âme bénissait le Seigneur et que tout en moi glorifiait son nom.

La dévotion mariale

La spiritualité de saint Bernard est particulièrement associée à la dévotion envers la Vierge Marie. Parmi les prières qui lui sont attribuées figurent « Souvenez-vous, ô Très Miséricordieuse Vierge Marie », « Regardez l’étoile, invoquez Marie » et « Ô toi, qui que tu sois, appelle Marie ».

De nombreuses autres prières mariales lui sont associées, notamment « Le nom de la Vierge était Marie », « Mère de miséricorde », « Ô Marie, Vous éclairez nos ténèbres de la splendeur de Vos vertus », « Ô Marie Reine des Anges, daignez nous faire part de Vos grâces » et « Ô Marie, Vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Église ».

On lui attribue également « Par Toi, notre Dame, que Dieu nous reçoive ! », « Parlez à votre Fils pour nous, ô notre Sainte Dame », « Ô notre Médiatrice, recommandez-nous à votre Fils » et « Nous élevons les yeux vers Vous, ô Reine du monde ».

Prières au Christ

Les textes spirituels associés à saint Bernard comprennent aussi des prières adressées au Christ, telles que « Mon Dieu, je T'aimerai autant que Tu m'en donneras le pouvoir », « Ô mon Dieu et mon Amour, que Vous m'aimez ! », « Ô mon aimable Jésus, attirez-moi dans votre Sacré Cœur » et « Que votre Cœur, ô aimable Jésus, est un riche Trésor ! ».

Parmi ces textes figurent encore la prière au Sacré Cœur de Jésus « Comment avez-Vous pu m'aimer ainsi, ô mon Dieu ! », la prière du Matin « Ô Jésus, sois notre Lumière en ce jour », ainsi que la prière sur la Croix Glorieuse « Seigneur Jésus-Christ, ceux qui portent ta Croix, portent ta Gloire ».

La prière du Christ qui parle à l’homme du haut de sa Croix commence par ces mots : « Homme, vois ce que je souffre pour toi ». La prière pour suivre Jésus partout où Il ira commence ainsi : « Ô Chef glorieux, Tu passes le premier à travers l'ouverture étroite de la Passion ».

La mort et la reconnaissance de l’Église

Enfin, à l’âge de soixante-trois ans, il s’endormit dans le Seigneur. Des Miracles le glorifièrent et Alexandre III le mit au rang des Saints.

Le souverain Pontife Pie VIII, de l’avis de la Congrégation des Rites, déclara Saint Bernard Docteur de l’Église Universelle, et ordonna en même temps qu’on dirait, le jour de sa fête, l’Office et la Messe des Docteurs.

Il concéda aussi à perpétuité des Indulgences plénières annuelles à tous ceux qui visiteraient ce jour-là les églises des Cisterciens.

Les autres saints fêtés le 20 août

Le saint du jour présenté aujourd'hui est l'un des saints choisi parmi ceux proposés par l'Église. Chaque jour, l'Église honore plusieurs saints et bienheureux : ceux du calendrier romain (sanctoral romain), ceux des calendriers diocésains et ceux du calendrier des églises orientales (synaxaire).

  • Saint Amadour, ermite dans le Quercy.
  • Saint Bernard Tolomei, abbé à Sienne et fondateur de la Congrégation de Sainte-Marie du Mont Oliveto de l’Ordre de Saint Benoît.
  • Bienheureux Burchard.
  • Vénérable Celestina Bòttego, fondatrice de la Société Missionnaire de Marie.
  • Saint Dausa, martyr en Perse.
  • Bienheureux Georg Häfner, prêtre et martyr à Dachau.
  • Vénérable Giovanni Bacile, prêtre italien.
  • Saint Gobert d'Aspremont, moine cistercien.
  • Saint Hadouin.
  • Saint Héliodore, martyr en Perse.
  • Bienheureux Ladislas Maczkowski, prêtre polonais mort à Dachau.
  • Saints Léovigild et Christophe, moines.
  • Bienheureux Louis-François Le Brun et Gervais Brunel, prêtres et martyrs à Rochefort.
  • Vénérable Luísa Andaluz, fondatrice de la Congrégation des Servantes de Notre Dame de Fatima.
  • Sainte Maria de Mattias, fondatrice.
  • Bienheureux Matthias Cardona et Marie Clément Mateu, martyrs de la Guerre civile espagnole.
  • Saint Mesme, abbé à Chinon.
  • Saint Oswin, roi de Deira et de Northumbrie.
  • Saint Philibert ou Philbert, abbé à Noirmoutier.
  • Saint Pie X.
  • Saint Ronald, martyr des Orcades.
  • Samuel, prophète d’Israël de l’Ancien Testament.
  • Saint Samuel d’Edesse.
  • Bienheureux Teofilius Matulionis, archevêque lituanien et martyr.
  • Saint Théocharis de Néapolis, martyr.

Les prières liturgiques du 20 août

La collecte

Deus, qui pópulo tuo ætérnæ salútis beátum Bernárdum minístrum tribuísti : præsta, quǽsumus ; ut, quem Doctórem vitæ habúimus in terris, intercessórem habére mereámur in cælis. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Dieu, Vous avez fait à votre peuple la Grâce d’avoir le Bienheureux Bernard, pour Ministre du Salut éternel : faites, nous Vous en prions, que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans les Cieux celui qui nous a donné sur terre la Doctrine de vie Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

La secrète

Sancti Bernárdi Pontíficis tui atque Doctóris nobis, Dómine, pia non desit orátio : quæ et múnera nostra concíliet ; et tuam nobis indulgéntiam semper obtíneat. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Que la pieuse intercession de Saint Bernard, Pontife et Docteur, ne nous fasse point défaut, Seigneur, qu’elle Vous rende nos dons agréables et nous obtienne toujours votre indulgence. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

La postcommunion

Ut nobis, Dómine, tua sacrifícia dent salútem : beátus Bernárdus Conféssor tuus et Doctor egrégius, quǽsumus, precátor accédat. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Afin, Seigneur, que votre Saint Sacrifice nous procure le Salut, que le Bienheureux Bernard, votre Confesseur et votre admirable Docteur intercède pour nous. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Le prénom Bernard

Le 20 août, la fête des Bernard met à l’honneur un prénom d’origine germanique, composé de "bern" (ours) et "hard" (fort), très populaire au début du XXe siècle.

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