Les santons Colette et Julien Devouassoux correspondent à une production familiale de santons en céramique commencée vers 1945 et poursuivie jusqu’au divorce du couple, dans la seconde moitié des années 1960. Cette période d’environ vingt ans explique la diversité des formes, des finitions et des marquages rencontrés.
Julien Devouassoux et sa jeune épouse Huguette se spécialisent dans le santon en céramique. Leur production peut être peinte, habillée ou laissée sans peinture ni vêtement, et certains moulages semblent reprendre des modèles créés par Rodolphe Devouassoux, le père de Julien.
Une famille profondément liée à l’art santonnier
L’histoire des santons DEVOUASSOUX commence avec Rodolphe né en 1898.Il est issu d’une famille Savoyarde arrivée en Provence dans les années 1920. Rodolphe est un grand amoureux du petit santon d’argile, si cher à cette Provence qui l’accueilli.
Dans son travail il bénéficie de beaucoup de temps Libre et s’essaye donc, dans les années 1930, au modelage de petites figurines. Pris par la passion de l’argile il prend une retraite proportionnelle et devient artisan santonnier en créant une petite entreprise avec son épouse.
Il crée une série de santons d’argile ainsi que de santons habillés tout en continuant à loisir l’art de la peinture. Rodolphe a été un des rares à suivre la voie tracée par les Gastine.
Les santons sont assez remarquables par leur mouvement. Il a réalisé aussi bon nombre de crèches d’une seule pièce.
Julien et Huguette Devouassoux
Ainsi en 1945, à la fin de la guerre, son fils aîné Julien (06/04/23) avec sa jeune épouse Huguette (23/02/25) créent à leur tour leur propre artisanat avec quelques ouvrières. Ils se spécialisent dans le santon en céramique et reprennent ainsi une très ancienne tradition santonnière.
Leurs enfants, Christiane (23/02/43) et Gérard (20/08/45), sont élevés parmi l’argile la peinture et la foire aux santons de Marseille. Julien avant de créer les magnifiques santons habillés avec sa seconde épouse a suivi dans un premier temps cette voie paternelle en y multipliant les arlésiennes et des scènes de la vie camargaise.
Les moules en 8 cm pour la première série et en 12 cm pour les 2 dernières photos ont été repris pour les santons peints par sa fille Christiane. Comme les Pagano ou les Gaubert, les moules ont circulé et il est difficile de distinguer le travail du père de celui du fils.
La production en céramique
Cette production en céramique débute vers 1945 et se poursuit jusqu'à son divorce dans la seconde moitié des année '60. Difficile d'en dire plus, la production s'étend sur une vingtaine d'année.
Le moulage ressemble à un sujet de son père Rodolphe. Cette caractéristique est importante pour l’identification, car un même modèle ou un moule apparenté peut avoir été utilisé à différentes étapes de l’histoire familiale.
Le fait qu’un santon soit en céramique, sans peinture et sans vêtements, n’exclut donc pas son rattachement à l’atelier de Julien Devouassoux. Ceux qui découvrent ce type de pièce peuvent être surpris, car les représentations les plus visibles sont souvent celles de santons peints ou de santons habillés.
Quelques santonniers ont innové, les sœurs Gastine en premier dans les années '20 et ont crée des santons de faïence. On peut citer aussi Simone Garnier, Simone Jouglas et quelques autres.
Des modèles peints, habillés et camarguais
La production familiale ne se limite pas à une seule catégorie de personnages. Elle comprend des arlésiennes, des scènes de la vie camargaise et des personnages dont la conception privilégie le mouvement.
Les petits-enfants ont fait des santons habillés de série aisément reconnaisables et qui sont d'un niveau fort honorable. Les santons habillés constituent ainsi une autre branche importante de la production Devouassoux.
Julien avec sa jeune épouse Huguette se spécialisent dans le santon en céramique. Cette orientation s’inscrit dans une famille qui travaille à la fois l’argile, la peinture, les vêtements et les accessoires liés aux scènes de crèche.
Dimensions et exemples de modèles
| Élément | Information |
|---|---|
| Santon en céramique identifié par un tampon | Hauteur 13 cm |
| Première série de moules | 8 cm |
| Autres moules repris par Christiane | 12 cm |
| Gardian et Arlésienne à cheval | 8 cm |
| Marchande d’ails | 7 cm |
| Sujets Colette et Julien | 33 cm années 80 |
Gardian et Arlésienne à cheval en 8 cm. Une Marchande D'ails en 7 Cm.
colette et julien devouassoux 33 cm années 80 dans cette taille les sujets étaient des pièces uniques sans moule pour les mains et le visage,
Comment interpréter un tampon Devouassoux Julien
Un santon portant un tampon Devouassoux Julien peut être rapproché de la production en céramique commencée vers 1945. Le marquage ne suffit toutefois pas toujours à déterminer une date précise, car la production s’étend sur une vingtaine d’années et les formes ont pu être reprises.
Sur la toile je trouve plein de santons peint de julien et Colette mais rien sur le mien avec ce tampon si vous avez des infos
La comparaison avec une signature ou un tampon différent doit être menée avec prudence. vu aussi , mais la signature correspond pas.
moi je ne vois pas de signature pour comparer ?
entre mon tampon et cette signature "Colette et Julien " , tu ma foutu le doute Canard
La diversité des inscriptions peut expliquer les hésitations entre un tampon portant le nom de Julien et une mention « Colette et Julien ». Il est également difficile de distinguer le travail du père de celui du fils lorsque les moules ont circulé.
Un santon non peint et non habillé
ceux qui m'interpelle c'est qu'il soit pas peint ni habillé .
Quelques santonniers ont innové, les sœurs Gastine en premier dans les années '20 et ont crée des santons de faïence. On peut citer aussi Simone Garnier, Simone Jouglas et quelques autres.
Le caractère non peint et non habillé constitue donc une particularité de finition, mais il ne suffit pas à écarter l’attribution à Julien Devouassoux. La matière, le moulage, le tampon et la ressemblance avec les modèles familiaux doivent être considérés ensemble.
La transmission à Christiane et Gérard
Christiane reprend la fabrication de son père des santons d’argile peints dans les années 80. Les moules en 8 cm pour la première série et en 12 cm pour les 2 dernières photos ont été repris pour les santons peints par sa fille Christiane.
J'ai quelques santons de Christiane Devouassoux. Je regrette beaucoup de l'avoir connue trop tard. Elle a pris sa retraite il y a deux ans et lors de mon passage chez elle, les étagères étaient bien dépeuplées.
Gérard veut faire du santon habillé. Gérard lui de tout petit est un passionné, il apprend le métier en regardant ses parents, pour lui c’est évident lorsqu’il sera grand il sera non pas pompier ou coureur automobile il sera santonnier.
Il commence en1968 à créer sa série de santons avec les personnages principaux. Avec sa mère Huguette il crée en1973 la SARL Provence Santons.
Le père d’Huguette avant la guerre possédait un atelier de confection, elle met donc en pratique l’enseignement reçu au profit du santon habillé. A l’époque on trouve sur le marché du santon essentiellement des modèles de 32, 30,18cm.
Gérard voulant imposer sa production crée donc sa série en 25 cm plus adapté à l’intérieur de nos maisons. En 1995 la foire aux santons de Marseille est dissociée du syndicat des Santonniers et Gérard devient président de l’association de la foire aux santons de Marseille.
Les générations suivantes
Sandrine rentre dans l’entreprise en 1988. Les enfants de Gérard : Sandrine (06/04/68) et Luc (29/12/69) ne sont pas devenus santonniers ils sont nés santonniers.
Polyvalente, elle excelle aussi bien dans le maniement du pinceau que dans l’élaboration des petits accessoires. Luc a intégré l’entreprise en 1998, pour petit à petit succéder à sa grandmère Huguette.
Et reprendre la gestion de l’entreprise, qui reste avant tout une entreprise familiale. En juin 2006 Gérard prend sa retraite et la SARL Provence Santons cesse sont activité.
Luc s’installe en micro entreprise en octobre 2007, il continue la production des santons habillés en y ajoutant sa touche personnelle. Réalise des pièces uniques de 14 et 20 cm, et qui sait demain peut être, remettra-il au goût du jour la série de son grand père.
Les Devouassoux du 84 ne produisent malheureusement plus de santons. Julien est décédé au début du XXIème siècle.
Pourquoi ces santons sont difficiles à identifier
Ce n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Les moules ont circulé et il est difficile de distinguer le travail du père de celui du fils.
La difficulté vient également de la coexistence de plusieurs techniques : santons d’argile, santons en céramique, santons peints et santons habillés. Une même famille a pu produire ou reprendre des modèles différents au fil des décennies.
Les variations de taille compliquent encore la comparaison. Les exemples mentionnés vont de 7 cm pour une marchande d’ails à 33 cm pour des pièces uniques des années 80.
Repères pour examiner une pièce
- Relever précisément le marquage présent sous le santon.
- Mesurer la hauteur du sujet.
- Observer si le modèle est en céramique, en argile, peint, non peint ou habillé.
- Comparer le moulage avec les sujets attribués à Rodolphe, Julien ou Christiane.
- Tenir compte de la période de production en céramique, qui débute vers 1945 et se poursuit jusqu’à la seconde moitié des années 60.
- Ne pas conclure à partir de la seule ressemblance d’une signature, puisque les inscriptions et les moules peuvent différer.
La comparaison doit donc porter sur l’ensemble de la pièce plutôt que sur un seul indice. Un tampon, une hauteur d’environ 13 cm, une finition sans peinture ni vêtement et un moulage proche d’un sujet de Rodolphe constituent des éléments à examiner conjointement.
Une place reconnue dans l’histoire des santons de Provence
Mes Maîtres sont les santonniers ont donné et donnent encore leurs lettres de noblesse aux santons de Provence: Lise Berger, Liliane Guiomar, Simone Jouglas, Colette et Julien Devouassoux, Daniel Scaturro, René Pesante, Thierry Deynier, Elise Fontanille, Paul Fouque, Roger Jouve, Sauveur Ascia et bien sûr Jean-Louis Lagnel…
je suis tombée amoureuse de ces santons en visitant le musée de Fontaine-de-Vaucluse. Quant à en avoir un, ils ne sont pas faciles à dénicher.

La production de Colette et Julien Devouassoux demeure ainsi intéressante à la fois par son rattachement à une lignée familiale, par son usage de la céramique et par la variété de ses modèles. La présence d’un tampon différent des signatures plus connues ne suffit pas à exclure cette attribution, surtout lorsque le moulage et la période correspondent.