Dans Ici tout commence, Sarah-Cheyenne Santoni incarne Élodie Larroudé, une jeune élève malvoyante de l’Institut Auguste Armand. Un rôle qui lui tient à cœur et dans lequel elle s’est beaucoup investie pour rendre son personnage crédible, nuancé et indépendant.
À 24 ans, l’actrice campe avec beaucoup de talent et un naturel confondant cette jeune femme qui ne laisse pas son handicap la définir et qui semble attirée par Louis, interprété par Fabien Wolfrom. Connue des fans de Tandem pour incarner la fille d’Astrid Veillon et de Stéphane Blancafort, Sarah-Cheyenne Santoni s’est confiée sur sa préparation, les difficultés du tournage et les réactions du public.
Qui est Sarah-Cheyenne Santoni, l’interprète d’Élodie ?
Née à Nîmes, l’actrice Sarah-Cheyenne Santoni suit tout d’abord des cours au théâtre Télémac de Nîmes. Puis après avoir obtenu son bac littéraire, elle s’inscrit en fac où elle obtient une licence Art du Spectacle - Cinéma et audiovisuel.
En parallèle à ses études, elle s’inscrit au Cours Florent de Montpellier. Depuis toujours, la jeune fille danse et rêve d’en faire son métier, malheureusement elle est victime d’un accident de ski qui met un frein à son envie.
Pendant ses années de lycée, elle tourne dans quelques publicités et des vidéos sur YouTube. L’apprentie comédienne va faire ses premiers pas à la télévision, en 2013, au sein du téléfilm Dans la tête des gens.
Quelques années plus tard, elle obtient l’un des rôles-titres dans la série Tandem, où elle interprète la fille d’Astrid Veillon et de Stéphane Blancafort. En 2019, elle fait une incursion au théâtre dans la pièce Demain je me marie.
En 2018, elle obtient un master humanité et industries créatives. À l’hiver 2020, elle rejoint la série de TF1 Ici tout commence, où elle interprète Élodie Larroudé, une élève malvoyante.
Élodie Larroudé dans Ici tout commence
Élodie est une jeune élève malvoyante de l’Institut Auguste Armand. Son handicap ne la définit pas et la jeune femme est présentée comme une personne déterminée, capable de poursuivre ses projets et de construire ses relations sans être réduite à sa déficience visuelle.
Le personnage semble notamment attiré par Louis, interprété par Fabien Wolfrom. L’histoire d’Élodie permet ainsi d’aborder son quotidien, ses aspirations et ses émotions tout en montrant les obstacles auxquels les personnes malvoyantes peuvent être confrontées.
Le rôle d’Élodie tient à cœur à Sarah-Cheyenne Santoni, qui a beaucoup travaillé pour rendre crédible son personnage. L’actrice s’est également interrogée sur sa responsabilité et sur la manière de faire exister cette jeune femme à l’écran sans parler à la place des personnes malvoyantes.
Une préparation auprès de l’association Valentin Haüy
Pour préparer son rôle, Sarah-Cheyenne Santoni s’est rapprochée de l’association Valentin Haüy de Montpellier. Ils ont été d’une bienveillance et d’une gentillesse incroyables et j’ai pu leur poser beaucoup de questions pour préparer mon rôle.
En fait, ils étaient ravis de savoir qu’il allait y avoir un personnage malvoyant à la télé. Cette rencontre lui a permis de mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées et d’éviter une interprétation superficielle du handicap.
Des exercices concrets pour comprendre la malvoyance
J’ai profité du confinement de mars pour m’entraîner à cuisiner et à marcher avec un sens en moins. J’ai mis un bandeau sur les yeux, et j’ai cuisiné à l’aveugle.
Je me suis aperçue que je ne connaissais pas ma cuisine. Et qu’Élodie est vraiment très organisée. Ces exercices ont confronté l’actrice à des difficultés simples du quotidien, notamment la préparation d’un repas et les déplacements dans un environnement familier.

Le travail du regard face à la caméra
Pour interpréter une personne malvoyante, Sarah-Cheyenne Santoni devait aussi contrôler précisément son regard. Garder les yeux fixes alors qu’il y a du mouvement sur le plateau représente un exercice particulièrement exigeant pour une actrice voyante.
Et d’ailleurs, je sors parfois de tournage avec un mal de crâne énorme. C’est un exercice particulier : on n’est pas loin de loucher mais sans le faire vraiment.
Un réalisateur m’a donné comme conseil de me concentrer sur mes doigts. Je me concentre aussi sur la voix de ma partenaire. Mes yeux se posent quelque part et je les laisse là.
Mais par rapport à la caméra, il ne faut pas que je baisse trop les yeux, ou que je les hausse trop. Bref, je dois jongler. Le placement du regard doit donc rester cohérent avec la malvoyance du personnage tout en répondant aux contraintes du tournage.
Transmettre les émotions autrement
Pour Sarah-Cheyenne Santoni, la principale difficulté consiste à exprimer les émotions lorsque le regard ne peut pas jouer son rôle habituel. C’est d’arriver à transmettre sa peur ou sa joie, toutes ces émotions qui passent souvent par le regard, alors que mes yeux sont souvent dans le vide.
Je dois communiquer autrement, avec d’autres parties de mon corps. Merci la danse ! Le parcours de danseuse de l’actrice l’aide ainsi à mobiliser sa posture, ses mouvements et son expression corporelle pour faire comprendre ce que ressent Élodie.
Ce travail permet de construire une interprétation fondée non seulement sur les dialogues, mais aussi sur la voix, les gestes, la position du corps et les déplacements. Le personnage conserve ainsi une présence forte, même lorsque son regard ne se fixe pas sur les autres acteurs ou sur les éléments du décor.
Ce que l’actrice a découvert en incarnant Élodie
En me privant d’un de mes sens, je me suis rendue compte à quel point la vie des malvoyants est difficile. Pour eux, l’extérieur est plein d’obstacles.
Faire ses courses, marcher même avec une canne dans une rue, c’est compliqué. Étant voyante, je ne peux pas parler à leur place.
Mais j’ai pris conscience de leur difficulté à se sentir libre de sortir de chez eux. Et cela m’a fragilisée… Cette expérience a donc transformé le regard de l’actrice sur les déplacements, l’autonomie et les obstacles du quotidien.
Un accès limité à la culture
Moi qui vais au cinéma deux fois par semaine, je me suis rendue compte qu’il existait très peu de films en audiodescription. Ce sont des gens qu’on isole culturellement.
À travers cette réflexion, Sarah-Cheyenne Santoni souligne que les difficultés liées à la malvoyance ne concernent pas uniquement les déplacements ou les tâches pratiques. Elles touchent aussi l’accès aux œuvres, aux loisirs et à la vie culturelle.

La responsabilité de représenter une personne malvoyante
Vous sentez-vous une responsabilité particulière à incarner une malvoyante ? Totalement ! J’espère que sa détermination montrera à certains malvoyants qu’ils peuvent exercer le métier de leur rêve.
Et surtout, j’ai envie que le public sache qu’ils existent ! Pour l’actrice, la présence d’Élodie dans une série populaire doit contribuer à rendre les personnes malvoyantes plus visibles et à montrer qu’elles peuvent avoir des ambitions, des relations et une vie professionnelle.
Élodie n’est donc pas uniquement définie par sa déficience visuelle. Son parcours, ses choix et sa détermination occupent une place essentielle dans la construction du personnage.
La question de la légitimité
Sarah-Cheyenne Santoni s’est également demandé si elle était légitime pour jouer une personne malvoyante alors qu’elle ne l’est pas. Oui ! Et puis, je me suis rappelée que dans Intouchables, François Cluzet n’est pas handicapé.
Pourtant, il a présenté une très belle interprétation de ce personnage cloué dans un fauteuil roulant. Et peut-être qu’un comédien paraplégique n’aurait pas eu envie de jouer un homme paraplégique.
Il aurait peut-être envie à l’inverse de se sentir complètement valide. Moi, je me suis dit que j’allais raconter l’histoire d’Élodie, afin que les gens se sentent concernés par sa vie et son parcours.
Cette réflexion l’a conduite à se concentrer sur le récit d’Élodie, sur sa personnalité et sur son parcours. L’objectif de l’actrice était de proposer une interprétation crédible tout en donnant au public envie de s’intéresser à la vie du personnage.
Les réactions du public à sa performance
J’ai reçu beaucoup de messages via les réseaux sociaux. On me demande souvent si je suis vraiment malvoyante. C’est le plus beau compliment que l’on peut me faire.
Car cela signifie qu’ils y croient. J’avais envie d’être crédible. Je ne voulais pas que l’on pense : « Elle joue à l’aveugle ». C’est beaucoup plus profond que cela.
Des personnes qui vivent avec des malvoyants ou des malvoyants eux-mêmes m’ont aussi écrit pour me féliciter. C’est ultra motivant et très touchant.
Rien que d’en parler m’émeut. Car on fait ce métier pour divertir, pour faire sourire, réfléchir, mais aussi pour transmettre des messages. Quand on y parvient, c’est formidable !
Les autres informations autour de Sarah-Cheyenne Santoni
À l’hiver 2020, Sarah-Cheyenne Santoni rejoint donc Ici tout commence dans le rôle d’Élodie Larroudé. Son personnage s’inscrit dans l’univers de l’Institut Auguste Armand, où elle évolue aux côtés des autres élèves et des enseignants de la série.
Sarah-Cheyenne Santoni qui va s’absenter plusieurs semaines a également fait l’objet de plusieurs sujets consacrés à son parcours et à son personnage.
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Son entourage comprend notamment Francis Huster, Clément Rémiens, Stéphane Blancafort, Astrid Veillon et Nicolas Anselmo.