La pétition « Sauvons les deux coqs de Saint-Sylvestre » défend deux coqs dont le chant est au centre d’un conflit de voisinage dans une commune rurale de Haute-Savoie. Daniel Bauquis a été condamné à la suite de plaintes de voisins qui estimaient que le chant de ses coqs constituait une nuisance sonore excessive.
Cette affaire dépasse le seul destin de deux animaux : elle oppose la tranquillité recherchée par certains habitants au maintien des bruits, des odeurs et des pratiques traditionnellement associés à la campagne. Le chant du coq, les cloches, les animaux de la ferme et les autres sons ruraux sont présentés comme des éléments du patrimoine sensoriel des campagnes françaises.
La pétition « Sauvons les deux coqs de Saint-Sylvestre »
Une pétition de soutien «Sauvons les deux coqs de Saint-Sylvestre », qui enregistrait près de 8.000 signatures mercredi après-midi.
La très médiatique affaire du coq Maurice lui a donné des ailes. Daniel Banquis a décidé de faire appel mercredi de sa condamnation.
Ce fils d’agriculteur, qui réside sur la commune de Saint-Sylvestre en Haute-Savoie, a été reconnu coupable l’été dernier de « troubles du voisinage ».
Le conflit autour du chant des coqs
Daniel Bauquis a été condamné par le tribunal d’instance d’Annecy en septembre 2019 à verser 3 000 euros de dommages et intérêts et à payer une amende de 1 200 euros.
En cause, les nuisances sonores créées par ses deux coqs qui empêchaient ses plus proches voisins de dormir, un couple installé en 1996 dans le petit village de Saint-Sylvestre (Haute-Savoie).
Le 15 juillet, le tribunal d’instance d’Annecy l’avait condamné pour cela à 3.000 euros de dommages et intérêts et 1.200 euros de frais de justice.
Avec l’obligation de faire taire ses coqs, responsables de « nuisances sonores excessives »
Son procès en appel a eu lieu, le mardi 28 septembre, au tribunal judiciaire de Chambéry.
Une basse-cour présente depuis plusieurs décennies
« Il y a une basse-cour chez Monsieur Bauquis depuis 1956, elle a toujours accueilli des dindes, des poules ou des coqs.
Lorsqu’ils s’installent en 1996, les voisins ne sont pas pris en défaut.
J’ai des factures d’achat de coqs sur des marchés qui.
C’est un couple de voisins, gêné par le chant émanant de son poulailler ayant compté jusqu’à une vingtaine de coqs, qui a porté l’affaire en justice.
Deux coqs conservés, les autres supprimés
Daniel Bauquis a, depuis cette affaire, conservé uniquement deux coqs, qui contrairement au fameux gallinacé Maurice de l’île d’Oléron, n’ont pas de nom.
Il a mangé quelques autres, élevés pour une consommation domestique, et pratiqué le « roulement » habituel dans son élevage.
Deux coqs conservés, les autres sont passés à la casserole
Le monde rural face aux nouveaux habitants
« Les néo-ruraux se multiplient et les problèmes se sont multipliés aussi.
La sociologie des villages a profondément changé, notamment en Haute-Savoie où le foncier est rare et cher », a souligné Marie-Noëlle Provent, l’avocate de l’éleveur
« et les ruraux se sentent agressés dans leurs pratiques quasi ancestrales ».
« Aujourd’hui, on marche sur la tête. Tout le monde vient à la campagne pour être tranquille et on nous emmerde », déplore Daniel Bauquis, qui « ne se plaint pas d’avoir du mal à se garer quand il va en ville ».
Il fait toutefois remarquer que cette « histoire de chant du coq, c’est la continuité des embrouilles » que le couple de plaignants « nous a fait depuis son installation » en 1996.
L’exposé du litige relève que les plaignants entretiennent « des relations exécrables avec l’ensemble de leur voisinage », en multipliant les tracasseries.
L’épouse avait d’ailleurs été condamnée pénalement en 2006, sanction confirmée en appel en 2017.
Le patrimoine sensoriel des campagnes
Protéger le patrimoine sensoriel des campagnes
Las de voir ce genre de situations se répéter partout en France, des députés de tous bords, emmenés par Pierre Morel-à-l'Huissier (Lozère), ont déposé le 11 septembre une proposition de loi visant à « définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises ».
Le texte évoque le « chant du coq, le tintement des cloches, le braiment de l’âne, l’odeur du fumier ou des poulaillers, les coassements de batraciens », une liste non exhaustive, qui pourrait être protégée par le code du patrimoine.

Un écho dans les Granges-Narboz
Popey, notre coq de race Leghorn, est menacé d'être abattu à cause de voisins intolérants aux bruits de la campagne.
Nous habitons aux Granges-Narboz dans le Doubs, en campagne, hors lotissement.
Le chant de Popey se mêle quotidiennement aux autres coqs du village, aux cloches des Montbéliardes et de notre église.
Les bruits de la nature et des animaux de la ferme font partie intégrante de notre patrimoine rural et de notre cadre de vie.
Aidez-nous à sauver Popey ! Signez et partagez cette pétition pour défendre la vie de notre coq et le respect de l’identité de nos campagnes.
Les deux coqs dans les fables
Deux Coqs se battirent à outrance, et cela pour l’amour d’une Poule qui les avait rendus rivaux.
Le vaincu prit la fuite, et se retira dans un coin de la basse-cour, pendant que le vainqueur montait sur le haut du poulailler, pour y chanter sa victoire.
Celui-ci ne s’en réjouit pas longtemps ; car tandis qu’en battant des ailes, il ne pensait qu’à y faire éclater sa joie, le Faucon, qui l’avait aisément découvert sur le haut de ce toit, vint fondre sur lui et le mit en pièces.
Autre version « Les deux Coqs et l’Aigle »
Deux coqs se battaient pour des poules; l’un mit l’autre en fuite.
Alors le vaincu se retira dans un fourré où il se cacha, et le vainqueur s’élevant en l’air se percha sur un mur élevé et se mit à chanter à plein gosier.
Aussitôt un aigle fondant sur lui l’enleva ; et le coq caché dans l’ombre couvrit dès lors les poules tout à son aise.
Cette fable montre que le Seigneur se range contre les orgueilleux et donne la grâce aux humbles.
La version grecque
Ἀλέκτορες δύο καὶ ἀετός
Ἀλεκτόρων δύο μαχομένων περὶ θηλειῶν ὀρνίθων, ὁ εἷς τὸν ἕτερον κατετροπώσατο.
Καὶ ὁ μὲν ἡττηθεὶς εἰς τόπον κατάσκιον ἀπιὼν ἐκρύβη· ὁ δὲ νικήσας εἰς ὕψος ἀρθεὶς καὶ ἐφ’ ὑψηλοῦ τοίχου στὰς μεγαλοφώνως ἐβόησε.
Καὶ παρευθὺς ἀετὸς καταπτὰς ἥρπασεν αὐτόν.
Ὁ δ’ ἐν σκότῳ κεκρυμμένος ἀδεῶς ἔκτοτε ταῖς θηλείαις ἐπέβαινε.
Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι Κύριος ὑπερηφάνοις ἀντιτάσσεται, ταπεινοῖς δὲ δίδωσι χάριν
Ésope : « Les deux Coqs »
Deux coqs se battaient pour une poule : celui des deux qui fut vaincu s’enfuit et alla se cacher dans quelque retraite.
Le vainqueur, au contraire, monta sur un toit élevé, se mit à battre des ailes et à chanter sa victoire avec orgueil.
Mais un oiseau de proie le vit, fondit sur lui et l’enleva à l’instant même.
Cette fable signifie que l’homme ne doit pas s’enorgueillir de ses avantages.
Luqman : « Les Coqs »
Il y eut un combat entre deux Coqs de Tanagre, race qui passe pour avoir le courage des hommes.
Celui des deux qui eut le dessous, couvert de blessures, alla se cacher dans un coin de la maison pour se dérober à la honte.
L’autre, s’envolant aussitôt sur le toit et agitant ses ailes, remplit l’air de ses cris.
Or, un Aigle le saisit et remporta.
L’autre revint faire le coquet autour des Poules, et eut ainsi un meilleur sort (pie le vainqueur.
Homme, ne t’enorgueillis pas si la Fortune t’élève au-dessus des autres.
Souvent un revers fait notre salut.
La fable de La Fontaine
Deux coqs vivaient en paix: une poule survint, Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troie;et c’est de toi que vint Cette querelle envenimée Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos coqs le combat se maintint;) Le bruit s’en répandit par tout le voisinage: La gent qui porte crête au spectacle accourut.
Plus d’une Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur.
Le vaincu disparut: Il alla se cacher au fond de sa retraite, Pleura sa gloire et ses amours, Ses amours qu’un rival, tout fier de sa défaite, Possédait à ses yeux.
Il voyait tous les jours Cet objet rallumer sa haine et son courage; Il aiguisait son bec, battait l’air et ses flancs, Et, s’exerçant contre les vents, S’armait d’une jalouse rage.
Il n’en eut pas besoin.
Son vainqueur sur les toits S’alla percher, et chanter sa victoire.
Un vautour entendit sa voix; Adieu les amours et la gloire; Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour
Enfin, par un fatal retour Son rival autour de la poule S’en revint faire le coquet: Je laisse à penser quel caquet; Car il eut des femmes en foule.
La fortune se plaît à faire de ces coups; Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Défions-nous du Sort, et prenons garde à nous Après le gain d’une bataille.
Jean de La Fontaine - (1621 - 1695) “Des deux Coqs et du Faucon”
Une autre fable sur les apparences et la bravoure
Deux Coqs, l'un brave et l'autre fanfaron, Se prirent, un jour, de querelle.
Les torts venaient du forfante : un poltron, Que pour un oui, que pour un non, Fait tout d'abord grand bruit ; mais, qu'à l'œuvre on l'appelle : Ce n'est plus que le chien de feu Jean de Nivelle.
Tel notre Coq, après maints beaux coquericos, Dès qu'il vit son rival prêt à livrer bataille, Ne sentant plus son cœur au niveau de sa taille, Voulut jouer de l'aile et tourner les ergots ;
Mais, il ne sut s'y prendre avec tant de vitesse, Que l'autre Coq n'eût le temps et l'adresse D'arrêter le fuyard, de lui saisir rez front, Et de lui trancher net, irréparable affront !
Cet insigne qui fait qu'un coq est coq, la crête, Son joyau de Sultan, la gloire de sa tête !
Le brave ainsi vengé : Va, dit-il, ce m'est hoc, Qu'en te créant, Jupin s'était trompé de moule ; Il te donna le front d'un coq, Je te rends celui d'une poule !
A vous voir, si souvent, Messieurs les beaux Seigneurs, Porter si mal le faix de tous vos grands honneurs : « Méprise de Jupin ! pourrait crier la foule : Crête de coq sur front de poule ! »
Livre I, fable 17