Mes santons de Provence sont créés en petite série, dans la plus pure tradition artisanale, par une seule santonnière, passionnée à la fois par l’argile et par les traditions provençales. Je crée, moule et décore mes sujets avec les matériaux et les techniques héritées du XIX siècle. La gamme aux lignes épurées reprend les couleurs typiques des costumes de l’époque. Les « petits métiers » traditionnels sont souvent transposés en costume d’Arles, avec une minutie et une précision rares pour des santons de crèche de cette taille. Tout un univers à découvrir, issu du mariage de la terre, du travail, de l’amour et de la passion de leur créatrice pour les traditions de notre région. Ces petits saints de terre représentent les personnages bibliques de la nativité, et reprennent les petits métiers du XIX, les « figures » de la vie quotidienne.
De l’esprit du santonnier sort le premier modèle. Sculpté entièrement à la main dans l’argile, il va ensuite être moulé dans un moule en plâtre constitué de deux parties, appelé moule mère. A la révolution française les marseillais, très pieux, souffrent de la fermeture des églises et de la suppression de la messe de minuit. Ne pouvant plus voir leur crèche en se rendant à la messe, ils commencent à la représenter chez eux avec de petits personnages appelés les petits saints ou santoun. C’est ainsi qu’en Provence est né dans l’intimité du foyer de chaque famille provençale, une crèche de noël avec des petits personnages. Les santons sont naïfs car tout le monde n’a pas des talents de sculpteurs. Tout d’abord fabriqués en mie de pain, les santons sont ensuite modelés en argile crue puis avec Jean Louis Lagnel arrivent les premiers santons cuits. Qui est Jean-Louis Lagnel ? Lagnel, qui est le premier à sculpter ces petits sujets d’argile et crée le métier de santonnier, a l’idée de réaliser des moules. Il représente ses voisins qui exercent différents métiers. Ces santons sont traditionnellement vêtus de la mode populaire de l’époque. Représentation religieuse à part entière, la crèche de Noël orne le foyer familial. Bien plus qu’une simple décoration de noël, ces jolis petits personnages ont une réelle signification chez les catholiques.
Depuis la première inauguration de la foire du santon à Marseille, en haut de la Canebière, en 1803, chaque année est une nouvelle occasion pour les passionnés et amateurs d’en découvrir davantage sur cette traditionnelle représentation religieuse. Depuis on compte de nombreuses foires aux santons dans nos villes de la région. La tradition ne cesse de se perpétuer. Les santons et les décors changent. L’âne et le boeuf sont de loin les 2 sujets incontournables de la crèche provençale. En effet, dans l’étable, ils sont disposés de façon à regarder le nouveau né. Avec leur souffle chaud et la température de leurs corps, ils le réchauffent. Les moutons sont également présents avec le berger qui vient offrir un agneau. Cette cérémonie de l’offrande est toujours d’actualité. L’ange est un incontournable de la crèche, il est le messager de la naissance de Jésus. C’est l’ange Boufarèu qui avec sa trompette guide les bergers vers la crèche. dans la composition de la crèche, on le retrouve bien souvent au-dessus de celle-ci. C’est un des personnages de la Pastorale d’Yvan Audouard. Le pistachié est un valet de ferme. Lui aussi est incontournable des crèches provençales ! Le pistachié est un coureur de jupon, le pistachier, arbuste de la garrigue provençale, donne des fruits qui passent pour être aphrodisiaques. Ce qui justifierait le surnom donné à ce valet. On le représente comme un poltron aimant les joies de l’alcool et un brin fainéant. Le pistachié n’a pas de belles qualités, on dit de lui qu’il est niais et naïf. Un personnage indispensable dans la pastorale. Lou Ravi en provençal est l’idiot du village, il a l’avantage de porter bonheur. ce santon n’a rien à offrir, mais qu’importe, il se réjouit de la naissance de l’enfant roi. Il est toujours représenté les bras levés au ciel en signe de surprise et d’allégresse, d’où son nom. On le reconnait grâce à ses bras en l’air, mais aussi car il est habillé simplement, un bonnet sur la tête. Le tambourinaïre, surnommé Guillaume, est représenté avec son tambourin et son galoubet. Par tradition, c’est lui qui mène la farandole. Chaque santonnier se fait un devoir de représenter l’Arlésienne selon ses goûts, jeune ou vieille, mais toujours revêtue de ses plus beaux atours, le costume d’Arles. J’ai moi-même porté le costume d’Arles et je me fais un devoir d’y apporter toute la rigueur historique de ce costume. Celui-ci, porté indifféremment par les femmes de toutes conditions, a traversé la Révolution, tout en continuant à évoluer d’une façon naturelle. D’Arles, il s’est étendu à l’Est par-delà la Crau, jusqu’à la Durance et le golfe de Fos. Il se distingue d’abord par une coiffe spéciale qui nécessite le port de cheveux longs. Ils s’appellent Grasset et Grassette. Ils sont souvent représentés assis ensemble sur un banc de la place du village ou debout, bras dessus, bras dessous. Toujours représentés avec de riches atours - leurs habits du dimanche - elle est emmitouflée dans son châle richement brodé, lui avec son foulard rouge noué en cravate. Chaque santon peint est réalisé au prix de plusieurs heures de travail, la qualité de sa finition contribue à rendre votre crèche de Noël unique. Apprécié des collectionneurs, le santon en argile (personnages, animaux, accessoires) possède une finition irréprochable, il rend tout son éclat dans votre crèche provençale. Véritable œuvre d’art, ces santons de tradition sont l’aboutissement d’une passion, la réalisation est entièrement confiée à une santonnière. Mais regardez bien : Nourat a les oreilles dans le vent, les anges sont inspirés de Fra Angelico, quant au meunier il est suspendu aux ailes du moulin.
