Typiques du Midi de la France, ces festivités locales s'étalent tout au long de l'été et incarnent un folklore vivant dans les villages. Le nom vient du latin Votum, qui signifie "promesse solennelle faite aux dieux", et les fêtes votives, parfois appelées fête patronale, restent aujourd'hui une tradition profondément ancrée dans les socialisations estivales.
Origine et signification
À l’origine, la fête votive était une célébration religieuse où les habitants rendaient hommage au saint patron de leur paroisse. Car si aujourd’hui, la fête votive relèvent davantage du folklore, elle trouvait ses racines dans un culte et des promesses faites aux dieux. Des festivités qui s'étalent tout au long de l'été, marquant des trêves dans les travaux des champs et les récoltes, selon les périodes et les villages.
Évolution historique et durabilité
Historiquement, les premières fêtes votives sont apparues au XIXe siècle, en Provence et dans le Languedoc, lorsque les villages vivaient principalement de l'agriculture et de la viticulture. À l’époque, l’activité était réduite pendant l’été, et ces célébrations offraient un moment de rassemblement et de répit. Comme aujourd'hui, ces festivités s’étalaient tout au long de l’été et, selon leur date, elles marquaient soit une trêve dans les gros travaux des champs, soit la joie des premières récoltes rentrées. Des distractions estivales qui perdurent dans le temps, tout comme la tradition.
Aujourd’hui, je vais vous conter un de mes moments préférés de l’année. L’été en Camargue rime avec soleil, bien sûr, plage, aussi, mais festivités, surtout ! Les “votes” ou fêtes votives se succèdent du printemps à l’automne et durent de 2 à 10 jours. Beaucoup de jeunes, comme moi, les attendent impatiemment !
Une journée-type et des activités emblématiques
Les roues de mon vélo filent sur l’asphalte brûlant de juillet. Ce matin, comme beaucoup de villageois, d’habitués et de vacanciers, je rejoins famille et amis au prés. Dans mon sac, grillades, charcuterie et fougasse d’Aigues-Mortes, que nous partagerons ensemble. Pendant ce temps, les gardians trient quatre taureaux du troupeau. Une fois le bétail rassemblé dans le bouvaou, les gardians se mettent en place pour amener les taureaux depuis les prés jusqu’aux arènes. L’abrivado. On vous embarque pour une journée de fête !
Le déjeuner terminé et les taureaux triés, l'abrivado s’élance en direction du village dans un cortège bouillonnant. Calèches, coureurs, cyclistes, mobylettes, ou autres engins motorisés accompagnent gardians et taureaux. Les chevaux, tout en puissance, corps contre corps, dans un vif ballet de sabots et de poussière, encadrent les taureaux. « Ah ! Course camarguaise à Gallician » éclaire l’ambiance.
Explosions de couleurs et ambiance brûlante près des arènes que le grand soleil de l’après-midi inonde. Si certains se sentent l’âme de boulistes, d’autres profitent d’une sieste au frais, pendant que nous rejoignons l’arène pour assister à la course camarguaise. La course est un sport où les raseteurs, hommes vêtus de blanc, sont munis d’un crochet et doivent essayer d’enlever sur les cornes et le frontal du taureau des attributs primés : la ficelle, deux glands et une cocarde. Six taureaux participent et courent chacun 15 minutes. Grand-père Jean est là, assis sur son éternel coussin. Il sourit en me voyant, faisant danser les rides de ses yeux creusées par les rayons du soleil de Camargue. Soudain, la trompette retentit. L’atmosphère change, comme impatiente. Le taureau qui rentre en piste a pour nom « Zacarìo ». La présidence annonce ensuite la mise des attributs. C’est le début de la course. Les chevaux laissent, modestement, la vedette aux taureaux. La foule applaudit. Carmen résonne dans l’arène comme récompense à l’action du raseteur : il a brillamment attrapé une cocarde !
Moi, je repère vite le monsieur avec sa grosse glacière qui s’agite dans les allées. Il fait chaud, un rafraîchissement ne serait pas de refus. A la sortie des arènes tout le monde se retrouve dans les rues du village afin d’assister à la bandido. Les gardians à cheval amènent les taureaux un par un des arènes jusqu’au camion. L’air est doux.
- Dragées d’ambiance et échanges entre habitants autour de la fête.
- Rassemblements, repas en plein air et bal final sur la place du village.
La fête votive est ainsi un moment d’échange et de retrouvailles que les habitants attendent avec impatience, mêlant traditions religieuses et plaisir collectif.

Éléments culturels et pratiques typiques
Les attractions foraines, la tombola et le concours de pétanque, puis le banquet sur la place du village avec de l’aïoli, et enfin un bal dansant, constituent le cœur des célébrations. Le vocabulaire local et les rituels, comme l’abrivado et la course camarguaise, ajoutent une richesse culturelle spécifique à la région et renforcent le lien communautaire.
VALLABREGUES-Abrivado-Bandido-Taureaux Neufs-Lescot-Gillet-L'Amista-Fete Votive-2016/06/20-VC
| Élément | Description |
|---|---|
| Épreuve principale | Course camarguaise avec raseteurs et taureaux |
| Activités | Foires, tombola, pétanque, banquet, bal |
| Moment fort | Abri de taureaux et bandido |
Les fêtes votives, en évoluant avec le temps, restent un pilier du folklore provençal et languedocien, réunissant villages et estivants autour de rituels festifs et de moments de partage inoubliables.