14 juillet 2004 : la Garde républicaine au défilé

Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine est une unité emblématique de la Gendarmerie nationale, alliant tradition et missions contemporaines. Il est la dernière unité montée opérationnelle de France et incarne une synthèse rare entre héritage historique et missions contemporaines.

Le régiment de cavalerie participe aux services protocolaires au profit des plus hautes autorités de l’État et des hôtes étrangers. Il assure également des missions de sécurité publique générale, grâce à 13 postes à cheval permanents, 2 groupes de cavalerie, 1 détachement au peloton de surveillance et d’intervention à cheval en Nouvelle-Calédonie, et, en moyenne 15 postes à cheval saisonniers agissant en appui des unités de Gendarmerie départementale.

Une unité créée au début du XIXe siècle

Lieu d’implantation de l’unité : Paris et Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Date de création de l’unité : 1802.

Les dragons de la garde municipale de Paris sont les ancêtres du régiment de cavalerie. Cette unité, créée par le décret du 4 octobre 1802, était chargée de missions de police et de garde d’honneur.

Cette force comprend des dragons à cheval, parmi lesquelles figurent des trompettes (début de la fanfare de cavalerie). Après de nombreuses suppressions et créations d’unités semblables, apparaît en 1848 la Garde républicaine avec un régiment d’infanterie et un régiment de cavalerie.

Elle sera intégrée à la Gendarmerie nationale l’année suivante. Ce n’est qu’en 1978, qu’elle deviendra véritablement l’institution que nous connaissons aujourd’hui, avec deux régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie.

La répétition nocturne du défilé du 14-Juillet

Deux-cents cavaliers de la Garde républicaine ont répété pour le défilé du 14-Juillet, dans la nuit de samedi à dimanche. Pour cela, ils ont traversé Paris en convoi, au milieu de la circulation et des fêtards.

Certains clients du quartier animé des Grands boulevards ont peut-être cru avoir abusé de la boisson, dans la nuit de samedi à dimanche. Ils ont eu la surprise de voir passer, au cœur de la circulation parisienne, 200 chevaux de la Garde républicaine, sabre au flanc, montés par des cavaliers en tenue.

"J'ai pensé qu'on était revenu à l'époque de la Révolution", sourit l'un d'eux, qui a décidé de suivre le convoi à trottinette, tandis qu'un marchand ambulant n'en revient toujours pas : "J'ai vu passer une centaine de canassons avec des épées, on aurait dit qu'on était dans un film !". Avant de se souvenir que le défilé du 14-Juillet approchait à grand-pas.

Garde républicaine à cheval dans Paris

Le départ depuis la caserne des Célestins

Une partie de ce cortège a démarré son périple à la caserne des Célestins, située quelques dizaines de mètres de la place de la Bastille. Derrière ses hauts murs discrets se trouve le siège de l'état-major de la Garde républicaine, et une partie des chevaux de cette branche de la gendarmerie.

Les premiers préparatifs ont démarré vers 2 heures dans une ambiance détendue. Beaucoup ont déjà défilé. Seule inquiétude, l'attitude de certains fêtards.

Le maréchal des logis chef Christian Martinez, trompettiste dans la fanfare de la cavalerie, vérifie que les fers sont bien accrochés, et que le cheval qui est le sien depuis six ans, 'Un espoir', ne s'est pas blessé pendant la nuit, avant de l'équiper de sa tenue de course : "Un étui à manteau à l'arrière, le sabre, et, pour le reste, rien ne change plus que d'habitude".

"Il est très calme, très serein, n'a pas peur des avions lorsqu'ils passent au-dessus de nous ou des drapeaux", se félicite le cavalier, qui précise que, outre le fait de repérer le parcours, cette unique répétition sur les Champs Elysée permet également de "canaliser les chevaux" un peu plus sensibles. "Et surtout à répéter, comme tout métier d'art".

La fanfare et la maîtrise de la cadence

"Pour jouer, ça ne change pas forcément plus qu'à pieds, je trouve même cela plus facile, parce que nous sommes assis, même si on joue au trot lors du défilé", précise le musicien, qui adapte son souffle à la "cadence régulière" de l'animal.

Les gendarmes, dotés de leur casque à crinière (rouge pour la fanfare, noire pour l’escorte) quittent la caserne à 3h tapante, pour rejoindre, place de la Bastille, leurs collègues venus de Vincennes, avant de s’engager dans la circulation des boulevards parisiens, direction la place de l’Etoile et son Arc de Triomphe.

Il faut plus d'une heure et demie aux 200 cavaliers pour rallier les abords de la place de l'Etoile, et se mettre en place pour descendre les 1,9km des Champs-Elysées, au rythme du Lieutenant Olivier Garnier, trompette major, qui se trouve, chose étonnante dans ce milieu très hiérarchisé, devant le colonel Cortès, commandant de la cavalerie.

Et pour cause : c'est la fanfare qui est chargée de donner le rythme au défilé. Viennent ensuite l'étendard, le commandant, puis les trois escadrons de la Garde républicaine.

"Une responsabilité qui m'est dévolue est la régularité de la cadence. Pour éviter les effets-ressorts qui peuvent être dangereux en créant des accélérations et des ralentissements, nous veillons à un tempo régulier depuis le début jusqu'en bas", détaille le Lieutenant Garnier.

Le parcours à travers Paris

Les gendarmes s’engagent dans la circulation des boulevards parisiens, direction la place de l’Etoile et son Arc de Triomphe. Place de la République, Grands Boulevards, Saint Augustin… Les spectateurs se font de plus en plus nombreux au fil de la progression.

"C'est un spectacle surprenant, à trois heures du matin", s'étonne une jeune femme, alors qu'un touriste anglo-saxon lance un "vive la France" à l'accent prononcé.

Alors que les gendarmes préparent leur monture en tenue, de nombreux civils font des allers et venues entre les chevaux. C'est désormais une tradition, beaucoup de proches des cavaliers ont interrompu leur nuit pour suivre à vélo ce convoi exceptionnel entre les monuments parisiens.

D'autres curieux ou amis attendent dehors, devant le grand portail de la caserne. Emmanuel et Edgar, père et fils, avertis par un ami, ont loué des vélos en libre-service pour l'occasion : "On suit jusqu'au bout, pour le côté exceptionnel de l'événement, on est au plus près des chevaux, du prestige, on savoure notre chance".

La descente des Champs-Élysées

Principale crainte : les glissades, telles que celles survenues l'an dernier, sans gravité. Mais, constate le gendarme, "il n'y a pas deux défilés qui sont identiques".

Les dernières consignées données - "Veillez à l'alignement, et, surtout, profitez" - la Garde républicaine s'élance vers la place de la Concorde.

Certains reviendront vite en haut des Champs Elysées, puisqu'une partie des cavaliers fait le trajet deux fois : une première afin d'escorter le véhicule présidentiel, et une seconde au sein du défilé.

Organisation du régiment de cavalerie

Effectif défilant : 193 chevaux. Articulation : la fanfare de cavalerie en tête (28 cavaliers, selon le type d’escorte, remontés en chevaux alezans dont 2 chevaux timbaliers gris et le trompette-major), le commandant du régiment de cavalerie, le commandant en second, le commandant de régiment adjoint, l’étendard et sa garde (3 cavaliers remontés en chevaux gris) et les 3 escadrons à 54 cavaliers.

Autorité défilant en tête : le colonel Marie-Audrey Leheup, commandant le régiment de cavalerie de la Garde républicaine.

ÉlémentComposition
Fanfare de cavalerie28 cavaliers
Étendard et sa garde3 cavaliers remontés en chevaux gris
Escadrons3 escadrons à 54 cavaliers
Effectif défilant193 chevaux

Des missions protocolaires et opérationnelles

Des renforts à l’occasion d’événements majeurs sont également effectués. Le régiment de cavalerie participe au maintien et au rayonnement de l’équitation militaire et à la préservation des savoir-faire ancestraux par les artisans de la Garde.

Les cavaliers sont employés pour des missions diverses : contrôle de zone, recherche de personnes, surveillance de secteurs et services d'ordre à l'occasion d'événements majeurs. Ils effectuent plus de 15 000 patrouilles par an.

Gendarmes à part entière, les personnels de la fanfare peuvent être ponctuellement engagés pour des missions de sécurité publique.

Une répétition essentielle pour les cavaliers et les chevaux

Si les cavaliers s'entraînent régulièrement sur leurs propres terrains, cette unique répétition reste cependant majeure, et pas uniquement pour son aspect pratique. "Dès que l'on passe les portes des Célestins, c'est magique. On est toujours bien accueillis avec les chevaux", constate le trompettiste Christian Martinez.

La répétition permet de repérer le parcours, de canaliser les chevaux un peu plus sensibles et de travailler la régularité de la cadence. Elle associe ainsi la préparation des montures, la coordination de la formation, l’accompagnement musical et l’exécution des missions d’escorte.

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