Le 1er mai 1931 s’inscrit dans une histoire ouvrière marquée par la conquête de la journée de huit heures, les divisions syndicales de l’après-guerre et la montée du chômage. Dans la Loire, cette histoire se rattache à une tradition de luttes métallurgiques, minières et industrielles, ainsi qu’à l’activité de la CGT et de la CGTU.
En 1931, la CGTU est engagée dans une période de recomposition, tandis que la CGT demeure une organisation distincte issue de la scission de 1921. Benoît Frachon entre au bureau confédéral de la CGTU. Il remplace Gaston Monmousseau et devient secrétaire général de la CGTU, deux ans plus tard. Progression du chômage, qui atteint déjà 450 000 personnes en 1931, et s'élèvera à 860 000 en 1936.

Le 1er mai, une journée née de la revendication des huit heures
Au IVème congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient, ce jour-là, leur année comptable.
Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur (près de 200 000 travailleurs). Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.
C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).
Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : « le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui ».
La décision internationale du 1er mai 1890
Trois ans après le drame de Chicago, la IIème Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.
Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé), sachant que jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).
Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès.
Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation ».
Fourmies et l’enracinement de la journée internationale
Dans cette petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers.
Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.
Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.
1891 : La première journée d'action pour la journée de 8 heures le 1er mai s'achève dans le sang à Fourmies ; elle se prolonge par des grèves tout au long du mois ; la revendication n'est pas satisfaite, mais cette première action concertée au niveau national a un grand écho.
Des symboles ouvriers au muguet
En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
Le triangle est quelques années plus tard, remplacé par la fleur d'églantine. En 1907 à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière.
Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge. Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.
La formation de la CGT et la tradition revendicative
1864 : Le 25 mai, suppression du délit de coalition et de grève (Loi Ollivier). Cette loi met un terme à la Loi Le Chapelier. Création de l'Association Internationale des Travailleurs dite Ire Internationale à Londres.
14 novembre 1869 : fondation par Eugène Varlin, délégué de l'AIT et président, avec Nathalie Lemel, d'une Société d'Epargne de Crédit Mutuel des Relieurs, de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières autour d'une Société de Solidarité des Ouvriers Relieurs de Paris préexistante. C'est le noyau parisien de la future CGT nationale.
1871 : La Commune de Paris : Les Parisiens se révoltent contre le pouvoir et élisent une assemblée qui prend le nom de Commune. La répression du gouvernement fait près de trente mille morts.
Œuvre sociale de la Commune de Paris : abolition du travail de nuit dans les boulangeries, gestion démocratique des entreprises fermées par le patronat ou travaillant pour la Commune. Apparition du premier mouvement féminin de masse. Instauration de l'école gratuite et laïque.
1871 - 1883 : Malgré l'hécatombe militante de 1871, la décennie voit éclater de nombreuses grèves. Un rapport de police dénombre 182 syndicats rassemblant 31 700 adhérents en 1876. Quatre ans plus tard, les chiffres sont respectivement de 478 et 64 000.
1884 : Le 21 mars, vote de la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux à l'initiative de Waldeck-Rousseau.
1886 : Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS), d'inspiration guesdiste. Jules Guesde, l'un des socialistes les plus connus et les plus actifs, contribue à la diffusion des idées de Karl Marx en France.
1887 : Création de la Bourse du Travail de Paris.
1892 : Création de la Fédération des Bourses du travail, marquée par le syndicalisme révolutionnaire de Fernand Pelloutier. Grève des mineurs de Carmaux.
1895 : Congrès constitutif de la confédération générale du travail CGT à Limoges du 23 au 28 septembre. Les principaux piliers en sont la fédération du livre et celle des cheminots, mais de nombreux métiers restent hors de la CGT. Jusqu'en 1902, l'échelon confédéral reste mal organisé.
1900 : Création du journal La Voix du peuple, organe de la CGT.
1902 : L'année marque l'ouverture d'une nouvelle période dans la vie de la CGT. Au congrès de Montpellier elle parachève son unité. La Fédération des Bourses du travail s'efface en tant que centrale et ses organisations s'intègrent dans la CGT.
Cette unité réalisée constitue un pôle d'attraction pour beaucoup d'organisations restées jusque-là dans l'expectative. Le syndicat se structure avec l'action d'hommes comme Victor Griffuelhes et Émile Pouget. La CGT compte alors 100 000 adhérents.
1904 : Le Congrès de Bourges adopte la revendication de la journée de 8 heures.
La Charte d’Amiens et l’antimilitarisme
1906 : Charte d'Amiens : cette charte adoptée en congrès, fixe les critères du syndicalisme cgt : la cgt syndicat de masse et de classe, la lutte des classes, la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat, ainsi que son indépendance vis-à-vis des organisations politiques.
Lors du congrès, les guesdistes sont mis en minorité par les révolutionnaires et les réformistes. Le congrès rompt également avec la Fédération syndicale internationale.
1907 : Adhésion de la Fédération Nationale des Syndicats d'Instituteurs.
1908 : La fédération des Mineurs rallie la CGT peu de temps après la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges au cours de laquelle de nombreux cadres de la CGT sont arrêtés.
Le Congrès de Marseille se tient en octobre 1908, alors qu'un grand nombre de dirigeants cégétistes sont en prison. Une motion vigoureusement antimilitariste est adoptée.
1909 : Victor Griffuelhes démissionne. Durant son court intérim, Louis Niel renoue les liens avec la Fédération syndicale internationale, mais il doit démissionner sous la pression des révolutionnaires.
Cette orientation ne sera pas remise en cause par son successeur, Léon Jouhaux, proche des dits révolutionnaires, mais qui saura tracer progressivement sa propre voie.
Le 5 octobre, paraît le premier numéro de la Vie ouvrière, qui se définit comme « syndicaliste Révolutionnaire, antiparlementaire ». La revue est dirigée par Pierre Monatte. C'est l'ancêtre de La Nouvelle Vie ouvrière (NVO) qui est toujours la revue de la CGT.
1910 : Bien que demandée au congrès de 1895, la CGT s'oppose à la loi sur les retraites ouvrières et paysannes à son congrès de 1910 par 1049 voix contre 251.
Les révolutionnaires veulent abattre l'État, non qu'il soit social. L'âge de la retraite étant fixé à 65 ans quand l'espérance de vie est de 50 ans, la CGT parle de la "retraite des morts". On critique également sa gestion par capitalisation.
La CGT face à la guerre
1912 : La CGT est la seule confédération syndicale existante en France, elle compte 700 000 adhérents sur un total de 7 millions de salariés. Le 24 novembre, elle tient un congrès extraordinaire sur le thème de l'action préventive contre la guerre.
1913 : Constitution du Secrétariat syndical international auquel participe la CGT. Le 25 février, la CGT publie un manifeste anti-militariste.
1914 : La CGT compte environ 300 000 adhérents. La CGT organise des manifestations syndicales contre la guerre le 27 juillet. Le 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné.
Le 1er août c'est la mobilisation générale et le début de la guerre 14/18. Le 3 août, c'est la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France. Le 4 août, la CGT rallie l'Union sacrée.
Lors du CCN de la CGT, tenu du 26 novembre au 5 décembre, seule une minorité se prononce contre la guerre. Pendant les 4 ans de guerre, quelques militants CGT furent fusillés pour l'exemple après avoir été désignés pour motif d'appartenance à la CGT.
Du fait de la guerre, des femmes prennent des responsabilités au sein de l'organisation. 1915 : La guerre fait chuter les effectifs à 50 000 adhérents.
1917 : Dans l'année, on compte 696 grèves et 293 810 grévistes en France. Parallèlement, les effectifs remontent à 300 000. Les 6 et 7 novembre c'est la rupture de l'Union sacrée.
Au même moment a lieu la Révolution d'Octobre en Russie.
La Loire ouvrière pendant la Première Guerre mondiale
En 1918, Frans Masereel, précurseur du roman graphique, fait paraître La passion d’un homme. Dans ce chemin de croix laïque en 25 gravures, où le blanc s’arrache au noir, nous suivons la vie d’un ouvrier, sa contestation de l’injustice et de la guerre, de sa naissance à sa mort.
Masereel s’inspira pour cela d’un événement contemporain, la grève générale de décembre 1917 dans la Loire et de la figure d’un métallurgiste, Clovis Andrieu.
Ce dernier, secrétaire du syndicat CGT des ouvriers charpentiers en fer de la Seine avant-guerre, est mobilisé en 1914, avant d’être affecté spécial dans la Loire.
Refusant l’Union sacrée, ardent partisan de la paix, il prend la tête du syndicat des métaux de Firminy en mars 1917.
Un accord, définissant les postes de travail et les salaires, est obtenu par la lutte en juin de la même année. Mais dans les mois suivants, l’agitation ne cesse pas pour autant dans les usines d’armement.
Ainsi, en août, les salaires sont toujours au cœur des préoccupations chez Leflaive à Saint-Étienne, à l’arsenal de Roanne ou aux Aciéries Verdié à Firminy.
Ces escarmouches dégénèrent fin novembre, lorsque Clovis Andrieu est sanctionné d’un renvoi au front. Le jour-même, le 27 novembre, la grève est votée en solidarité à Firminy, avant de s’étendre au reste du département où plus de 100 000 personnes travaillent pour la défense nationale.
Le mouvement touche notamment les Forges et Aciéries de la Marine à Saint-Chamond, les usines Holtzer à Unieux ou la Manufacture d’armes de Saint-Étienne.
Le gouvernement cède et Clovis Andrieu retrouve Firminy à la mi-décembre. Cette victoire donne des ailes.

La grève pacifiste de 1918 dans la Loire
Le comité intercorporatif de la Loire, qui groupe les douze syndicats CGT des métaux et du bâtiment opposés à l’Union sacrée, prend contact avec le Comité de défense syndicaliste (CDS), la FTM-CGT et la Fédération CGT du Bâtiment pour préparer une grande initiative contre la guerre.
Localement, réunions et actions se multiplient. Semaine après semaine, l’agitation gagne l’ensemble des centres industriels du département, la paix est sur toutes les lèvres.
Mais elle n’a pas le même sens pour tous. Parmi la population, la lassitude motive l’espoir d’une conclusion rapide de la guerre.
Si les débrayages ponctuels sont soutenus, l’hostilité est manifeste contre les actions visant à empêcher le départ des troupes pour le front, d’autant plus après l’armistice germano-russe conclu à Brest-Litovsk en mars 1918 a permis à l’Allemagne de rapatrier ses troupes vers la France.
L’objectif d’une vaste action contre la guerre n’est pas abandonné pour autant et les minoritaires pressent le comité confédéral national d’organiser un congrès confédéral à ce sujet.
Faute de réponse, le CDS se résout à convoquer des assises de la minorité pacifiste les 19-20 mai 1918 à Saint-Étienne.
Dans certains centres industriels, l’ambiance est électrique. Le 1er mai, ils sont 20 000 à débrayer à Bourges aux cris de « À bas la guerre, vive la paix ! », suivis quelques jours plus tard par 100 000 métallurgistes de la région parisienne.
Dans la Loire, la grève est déclenchée le 18 mai, après le licenciement de onze grévistes du 1er mai aux Aciéries Verdié.
La grève totale à Firminy, s’étend au département, mais guère au-delà. Les offensives allemandes du printemps 1918 ne sont pas étrangères à cette situation.
De plus, la direction de la FTM-CGT ne soutient pas son élargissement, car elle ne croit plus en la grève générale.
Son ralliement à la direction confédérale majoritaire, désormais manifeste, est violemment dénoncé lors des congrès fédéraux et confédéraux de juillet 1918.
En attendant, l’isolement a offert au patronat et au gouvernement l’occasion de décapiter le mouvement syndical.
Le 25 mai, cinquante militants, dont Clovis Andrieu, sont arrêtés et traduits devant le conseil de guerre. Le lendemain, une manifestation de solidarité est durement réprimée et le 28, le travail reprend partout, non sans réticences.
La guerre dura de longs mois encore, mais la flamme pacifiste et révolutionnaire n’était pas éteinte…
1919 : la journée de huit heures et le nouveau cycle des luttes
1918 : Dans l'année on recense 499 grèves et 176 187 grévistes en France. La CGT passe à 600 000 adhérents.
L'horizon paraît s'éclaircir après la Première Guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 « l’adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue ».
Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses.
25 mars : loi sur les conventions collectives. 28 mars : loi supprimant le travail de nuit dans les boulangeries. 23 avril : lois sur la journée de 8 heures.
Le 1er mai grève générale de 24 heures marquée par 500 000 manifestants à Paris (1 mort). La CGT passe à un effectif de 1 million et demi d'adhérents.
Dans l'année, on compte 2 206 grèves et 1 160 000 grévistes en France. Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
Faut-il rappeler que la manifestation parisienne du 1er mai 1919 se termina par la mort de deux syndicalistes, la fusillade provoquant aussi des centaines de blessés parmi les travailleurs ?
Le patronat proclamait urbi et orbi que la réforme des huit heures serait pour la Nation une "irréparable catastrophe". Il osait même ajouter: "Si quelques modifications doivent être apportées à l'heure actuelle, à la durée du travail en France, ce serait plutôt pour l'augmenter que pour la réduire !!!"
Cette opposition rétrograde du patronat fut balayée puisque la loi instaurant la journée de huit heures fut votée à l'unanimité le 23 avril 1919 et publiée le surlendemain au Journal Officiel.
La scission entre la CGT et la CGTU
Cependant, au sein de la C.G.T., des clivages se creusaient irréductiblement entre les dirigeants réformistes, avec à leur tête le secrétaire général Léon Jouhaux, et les minorités révolutionnaires actives et déterminées qui renforçaient constamment leur audience et leurs positions.
Ainsi, en septembre 1919, au Congrès national de Lyon, on recense déjà 588 syndicats qui blâment la politique de collaboration de classes du Bureau Confédéral et qui proposent de répondre à un appel du Conseil Général des syndicats russes dans les termes suivants: " C'est dans l'épanouissement de la révolution russe et dans son extension à tous les pays que résident les espérances de tout le prolétariat martyrisé par cinq années d'une guerre d'extermination sans précédent."
Deux ans plus tard, au Congrès de Lille, la tendance Jouhaux recueille encore 1556 mandats mais 1348 syndicats, soit plus de 46%, soutiennent les thèses minoritaires.
Dans l'intervalle s'est déroulée une "période douloureuse du mouvement syndical" avec l'échec des puissantes grèves de février-mai 1920.
Les cheminots furent durement frappés par une répression impitoyable puisque 18000 d'entre eux furent révoqués.
Bientôt, dans toutes les corporations, les syndicats qui contestaient la ligne opportuniste du Beau Confédéral furent mis à l'index et pratiquement exclus de la vie syndicale.
Près de 1500 syndicats furent ainsi frappés pour "indiscipline". Léon Jouhaux expliquait gravement qu'un bon divorce valait mieux, après tout, qu'un mauvais mariage, sans s'émouvoir de l'hémorragie, de "l'état d'affaiblissement" qui se traduisaient par la perte de dizaines de milliers d'adhérents.
« Il y avait à la base du différend une incompatibilité profonde entre les programmes et les méthodes, ainsi qu'entre les hommes, leurs interprètes. La scission préméditée était devenue un fait accompli. Placés dans cette situation, les syndicats, à moins de proclamer leur dissolution ou leur autonomie, n'avaient pas d'autre ressource que celle de s'organiser entre eux. »
Suite à l'exclusion de la Fédération des cheminots, les révolutionnaires quittent la CGT, et créent la CGTU (Confédération générale du travail unitaire), proche du PCF.
Le congrès constitutif de la CGTU à Saint-Étienne en 1922
Nombre d'événements majeurs se sont déroulés à la Bourse du Travail de Saint-Etienne. Cependant, l'un d'entre eux mérite une attention particulière.
Il s'agit du Congrès constitutif de la Confédération Générale du Travail Unitaire, du 26 juin au 1er juillet 1922.
Ce événement revêt une grande importance pour trois raisons essentielles:
- Il résulte d'une scission de la C.G.T. qui dominait toute la vie syndicale depuis sa fondation en 1895. Un tel bouleversement ne saurait passer inaperçu.
- Le Congrès de Saint-Etienne marque officiellement la formation d'une nouvelle Confédération qui va se trouver en compétition, en "concurrence" avec la C.G.T. dont elle était issue.
- Durant toute cette semaine de juin 1922, près de 650 délégués, représentant plus de 1000 syndicats, vont débattre passionnément.
Durant treize ans, de 1922 à 1935 (la réunification intervint lors du congrès de Toulouse en 1936, ndFI), privilégiant par principe l'action syndicale de proximité, les rapports unitaires à la base, elle se tiendra aux premiers rangs des luttes revendicatives, de l'opposition à la guerre impérialiste et aux aventures coloniales (Maroc, Syrie) et fera courageusement face, dès le début des années trente, à la montée des ligues fascistes.
La C.G.T.U. va rapidement devenir une "école d'apprentissage" pour nombre de militants qui étaient trop jeunes pour participer au Congrès de Saint-Etienne.
Dans ses organisations se formeront des syndicalistes de grande envergure comme Ambroise Croizat, Marcel Paul, André Tollet, Jean-Pierre Timbaud, Lucien Montjauvis, sans oublier un certain Henri Tanguy, le futur colonel Rol, et, dans la Loire, Marcel Thibaud, secrétaire général de l'U.D.-C.G.T. de 1935 à 1956.
Benoît Frachon, qui n'avait que 29 ans à l'époque, était délégué au Congrès par le syndicat des Métaux du Chambon-Feugerolles, sa ville natale.
Les discussions dépasseront vite le cadre national avec la présence de Lozowsky, secrétaire de L'Internationale syndicale rouge (appelée parfois Profintern) venu de Moscou dans les conditions périlleuses de la clandestinité, mais aussi des représentants de confédérations italiennes ou espagnoles.
Lozowsky, c'est à dire Salomon Dridzo (son vrai nom), était né en 1878. Militant socialiste dès 1901, exilé en Suisse puis en France, ami de Pierre Monatte, il devint le secrétaire du syndicat français des chapeliers.
De retour en Russie en 1917, il fut l'un des fondateurs de L'Internationale syndicale rouge. Il resta son dirigeant principal jusqu'à la dissolution, fin 1937.
Ce militant très expérimenté fut exécuté lors des purges staliniennes de 1952.
Les courants du mouvement ouvrier unitaire
À l'évidence, ces militants ne formaient pas un bloc homogène. En schématisant, on pouvait observer deux courants principaux:
- Le premier, constitué de communistes, comme le cheminot Pierre Sémard, et de syndicalistes révolutionnaires (souvent venus de l'anarcho-syndicalisme) comme Gaston Monmousseau.
- Le deuxième courant était donné par des militants anarchistes ou anarchisants.
Ce qui avait rapproché ces deux courants, c'était la conviction que l'action syndicale ne leur était plus possible à l'intérieur de la "vieille C.G.T.".
C'était aussi la référence fréquente à la célèbre charte d'Amiens (1906) sur l'indépendance du syndicalisme, chacun des deux courants donnant souvent une interprétation différente de ce texte.
Par contre, ce qui les opposait, c'était leurs conceptions de la démocratie syndicale, mais surtout la Révolution d'Octobre 1917 et ses développements.
Communistes et syndicalistes révolutionnaires se déclaraient solidaires du jeune pouvoir des Soviets, soutenant par exemple les marins français de l'escadre de la Mer Noire qui s'étaient opposés à l'intervention militaire.
Les anarchistes, au contraire, reprochaient à Lénine et à ses compagnons d'avoir reconstruit un Etat sur les ruines de l'ancien pouvoir tsariste et même d'avoir fondé l'Armée Rouge.
Le Congrès de Saint-Etienne mettra rapidement en relief l'opposition de ces deux courants.
Ainsi, le jeudi 28 juin 1922, lorsque Lozowsky, secrétaire de l'Internationale Syndicale Rouge, apparaît à la tribune, communistes et syndicalistes-révolutionnaires se lèvent pour chanter "l'Internationale".
Aussitôt après les Anarchistes entonnent "Révolution", hymne qui symbolise leur idéal libertaire.
Avec intelligence, Lozowsky saluera les deux chants qui reflètent la combativité du syndicalisme français.
Les votes du congrès de Saint-Étienne
Des votes importants auront lieu durant le Congrès. Sur l'orientation internationale (adhésion avec réserve à l'Internationale Syndicale Rouge), le partage des votes sera de 741 contre 406.
L'adoption des nouveaux statuts confédéraux sera ratifiée par 743 voix contre 336.
Le vote concernant l'adhésion à l'I.S.R., revêt une signification particulière. La majorité du Congrès s'y est prononcé favorablement mais en émettant une réserve.
Michel Dreyfus, dans son ouvrage Histoire de la C.G.T. remarque que " le premier Congrès de la C.G.T.U. est très important, tant pour cette organisation que pour l'I.S.R. puisque c'est alors que se règle la question de l'affiliation internationale".
L'I.S.R. ou Profintern existait en fait depuis 1921. Son Congrès constitutif s'était déroulé à Moscou du 3 au 19 juillet, précédé d'ailleurs par le IIIe Congrès de l'Internationale Communiste qui "s'était penché sur la question syndicale".
« [Elle] répudie de la façon la plus catégorique l'idée selon laquelle le prolétariat peut accomplir sa révolution sans avoir un parti politique. Il doit être l'âme des syndicats et des Soviets ainsi que toutes les autres formes d'organisation prolétarienne. »
De tels points de vue, considérant en tous lieux le Parti Communiste comme la forme supérieure d'organisation, devaient forcément se traduire par des statuts et des conditions d'adhésions rigoureux et contraignants.
La résolution du Ier Congrès de l'I.S.R. contient en effet les deux paragraphes suivants:
- « Des liens aussi étroits que possible doivent être établis avec la IIIe Internationale Communiste, avant-garde du mouvement ouvrier révolutionnaire dans le monde entier, basés sur la représentation réciproque au sein des deux organes exécutifs de libération communistes. »
- « Cette organisation doit avoir un caractère organique et technique. Elle devrait se manifester dans la préparation conjointe et la réalisation des actes révolutionnaires, sur une échelle nationale aussi bien qu’internationale. »
La CGT et la CGTU dans les années 1920
1922 : Lors de son premier congrès, du 25 juin au 1er juillet à Saint-Étienne, la CGTU décide de rallier l’Internationale syndicale rouge. Elle combat le taylorisme, alors en plein essor. La CGTU compte alors environ 250 000 membres, nettement moins que l'autre CGT.
1925 : La CGTU revendique deux semaines de congés payés à son congrès de 1925. Pierre Monatte fonde La Révolution prolétarienne, où il appelle à la réunification de la CGT.
1927 : Départ de la Fédération des employés de l'État, qui avait adhéré en mai 1920.
1930 : Vote définitif de la loi sur les assurances sociales le 30 avril, qui entre en application le 30 juin, après dix années de débats, durant lesquels la CGTU les a dénoncées (assurance privées: pas de répartition, pas d'universalisme, pas d'assurance pour tous, pas de paritarisme, pas de justice) alors que la CGT les a soutenues.
Une double cotisation, patronale et salariale, abondée par l'État, obligatoire pour les salariés gagnant plus de 15 000 francs par an, finance ces assurances.
Au-delà de la maladie, les assurances sociales couvrent aussi les champs de la vieillesse, de l'invalidité prématurée et du chômage involontaire.
Le 30 novembre, mise en place de la « commission des 22 » en vue de la réunification de la CGT : l'échec est patent fin 1932.
1932 : après une progression à la fin des années 1920 à 300 000 adhérents, la CGTU retombe à 258 000 en 1932.
La CGT connaît une évolution parallèle ; elle compte 490 000 adhérents en 1921 comme en 1933, après avoir eu également une progression éphémère à la fin des années 1920.
Dans la période peu revendicative entre 1924 et 1934, environ 50 % des conflits se terminent de manière infructueuse.
Le contexte social et syndical du 1er mai 1931
Le 1er mai 1931 intervient donc dans une période où les deux confédérations issues de la scission se trouvent face à une situation sociale difficile.
La progression du chômage, les effets de la crise économique et la faiblesse relative des mobilisations entre 1924 et 1934 pèsent sur les travailleurs. En 1931, le chômage atteint déjà 450 000 personnes.
Dans la Loire, cette conjoncture se superpose à une tradition syndicale ancienne, particulièrement forte dans les métaux, les mines, le bâtiment et les industries liées à la défense nationale.
Le département conserve la mémoire des conflits de Firminy, Saint-Étienne, Saint-Chamond, Unieux, Roanne et du Chambon-Feugerolles. Cette mémoire associe revendications salariales, action contre la guerre, défense des libertés syndicales et aspiration à l’unité ouvrière.
Les archives de l’Union départementale CGT de la Loire montrent la continuité de cette histoire syndicale, depuis les premières organisations professionnelles jusqu’aux luttes industrielles du XXe siècle.
Les archives de l’Union départementale CGT de la Loire
Archives de l’Union départementale CGT de la Loire (AD Loire, 303 J).
Fonds de l’Union départementale CGT de la Loire Archives départementales de la Loire (dépôt) Cote : 303 J.
Articles : 1-417 (susceptible d’accroissement) ; plusieurs articles sont décomposés en différents items : /1, /2, /3, etc.
Dates extrêmes : 1888-2012.
Communicabilité : libre, selon la volonté du déposant, à l’exception des articles concernés par les dispositions en vigueur selon le Code du Patrimoine (25 ans sur le secret des affaires, 50 ans sur la vie privée, 75 ans pour les affaires et décisions de justice, 120 ans après la naissance des intéressés pour le secret médical).
Inventaire et instrument de travail établi par Nadine Saura (AD Loire), après un travail de collecte, conservation et premier classement réalisés par l’Institut d’histoire sociale de la Loire Benoît Frachon.
Une version définitive, avec des descriptions plus précises du contenu et de la chronologie de chaque article, sera produite prochainement.
L’inventaire est susceptible de modification et d’acroissement.
Documents concernant les années 1917-1938
| Cote | Description | Dates |
|---|---|---|
| 303 J 17 | Réunions, lettres, salaires (1917-1918). Recettes. Solidarité (1893-1910). 28e congrès confédéral (1933). Divers (1936-1938). Répression de la grève du 30 novembre 1938. Dossier Chambon-Feugerolles, notamment les usines de la lime. L’Humanité (1931) | 1893-1938 |
| 303 J 18 | Confédération générale du travail : métallurgistes, limes et mineurs | 1921-1925 |
| 303 J 18 bis | CGTU : Congrès (Saint-Étienne, 1922). La Voix du Peuple (1921), CGT ; La Vie syndicale (1922-1924), CGTU ; les débuts de l’Internationale rouge et le mouvement ouvrier français (1920-1923). Mandat de délégué au congrès CGTU (1932). Cahiers IHS congrès (1922) | 1921-1925, 1931 |
| 303 J 40 | Congrès de l’UD | 1913, 1924, 1937-1938 |
| 303 J 43 | Correspondance passive du camarade Jean-Marie Tyr (1907-1909). Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes et similaires du Chambon-Feugerolles : grand-livre, cotisations (1900-1907), adhérents (1889-1902), correspondance passive (1er mars 1901 - 12 mai 1923). Chambre syndicale des ouvriers en limes du Chambon-Feugerolles : assemblée générale : cahiers de délibérations, bureau (23 octobre 1888 - 21 mars 1899), réponses du secrétaire (11 juillet 1899 - février 1909) ; réponses du trésorier (1901-octobre 1908), listes de syndiqués et de mobilisés (classes 1913-1914) ; secours (1875) | 1875-1923 |
| 303 J 44 | Correspondance passive du président de la Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes (1904-1922). Chambre syndicale des métaux (1904-1922). Projet de règlement du dispensaire syndical. Construction du local : livre de prêts (1908). Usines travaillant pour la guerre, conventions, documents d’activités (notes, réunions) (1914-1919). Versements solidarité (1918-1919). Fusion syndicale au Chambon-Feugerolles : notes, états (1933-1935). Syndicats des usines de la lime (1945-1949) | 1904-1949 |
| 303 J 46 | Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes : Syndicat des métaux du Chambon-Feugerolles. Cahier de procès-verbaux (1918 au 12 septembre 1963). | 1918-1963 |
La réunification et l’héritage de 1931
1933 : Accession au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne.
1934-1935 : En riposte à l'émeute du 6 février, un appel à la grève générale « contre le fascisme » à l'initiative de la CGT et de la CGTU pour le 12 février donne lieu à une convergence des deux cortèges place de la Nation.
Le 30 mai, Maurice Thorez donne son aval à un rapprochement des deux CGT. Le 9 octobre débutent des discussions en vue de la réunification, qui aboutiront le 14 juillet 1935 à un programme de Front populaire.
Deux congrès séparés simultanés du 24 octobre au 27 octobre donnent leur aval à la réunification. C'est "la base" des salariés syndiqués qui demande la réunification.
1936 : Réunification de la CGT et de la CGTU lors du congrès de Toulouse (2 mars-5 mars) ; les confédérés dominent largement la nouvelle CGT.
L'adhésion à la FSI est votée par 5 500 mandats contre 2 500. Le 26 mai, une vague de grèves marquées par des occupations d'usines démarre au Havre et s'étend comme une traînée de poudre partout en France, contrairement aux mouvements infructueux de 1906 et 1919-1920.
Le 7 juin sont signés les accords de Matignon, entre la CGT et le patronat (CGPF). Les 11 et 12 juin sont votées les lois sociales sur les conventions collectives, l'institution de délégués d'atelier, le relèvement des salaires, l'instauration de quinze jours de congés payés et la semaine légale de 40 heures.
Dans l’histoire du 1er Mai, l’année 1936 est certainement une des plus importantes. Plusieurs événements vont la marquer.
D’abord dès le mois de mars se tient du 2 au 6 le congrès au cours duquel la CGT se réunifie. Ensuite la manifestation du 1er mai tombe deux jours avant les élections législatives qui vont porter au pouvoir les forces politiques du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
Enfin, après un mouvement de grève mémorable, sont signés en juin les accords de Matignon qui légalisent la semaine de quarante heures, les congés payés ainsi que les conventions collectives.

La mémoire de la CGT dans la Loire
La CGT est née de la fusion, lors du congrès de Limoges en 1895, des bourses du travail et des corporations.
Dans la Loire, pendant la première guerre mondiale, le syndicat militera pour la paix à l'image du jeune métallurgiste de Firminy Clovis Andrieu.
Mais c'est surtout après la seconde guerre mondiale que la CGT sera la plus active. A la Libération la CGT de la Loire revendique 90 000 adhérents.
Le syndicat est puissant et revendicatif. A la tête des grandes grèves de mineurs de 1947-1948.
Grèves meurtrières : Antonin Barbier et Marcel Goïo seront tués par les CRS aux abords du puit Cambefort à Firminy.
L'histoire du mouvement social dans la Loire c'est également 1968, puis dans les années 70-80 une mobilisation de défense plus que de conquête : défense de la sidérurgie dans le Gier, de la métallurgie dans l'Ondaine, de Manufrance, de la Manufacture d'armes ou de l'atelier roannais de confection textile.
La CGT dans la Loire ce sont également des figures: Benoit Frachon métallurgiste du Chambon- Feugerolles devenu secrétaire général de la CGT de 1945 à 1967.
Ou encore Joseph Sanguedolce maire de Saint-Étienne jusqu'en 1983. Ancien mineur, déporté à Dachau, il est patron de la CGT de la Loire quand il remporte les élections municipales en 1977 face à Michel Durafour, ministre de l'économie.
La presse avait alors titré "le mineur bat le ministre".
Le 1er mai après 1931
L’année suivante le 1er Mai 1937 aura lieu sans doute la plus grande manifestation jamais organisée en France.
1941 : la fête du Travail. C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé.
Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin.
Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.
1947 : journée chômée. En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec l’accord du ministre du Travail, le communiste Ambroise Croizat, le 1er mai devient dans toutes les entreprises publiques et privées un jour « chômé et payé ».
Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.
1954 : les manifestations sont interdites. Alors que la guerre d’Indochine se termine pour les autorités françaises avec la partition du Vietnam, une autre guerre, une guerre sans nom commence en Algérie.
Dès lors les manifestations seront interdites dans Paris. Celle du 1er mai 1954 se transformera en un rassemblement sur la pelouse de Reuilly.
De 1968 à nos jours. Il faudra attendre quinze années c’est-à-dire 1968 pour qu’à l’initiative de la CGT, à nouveau, le monde du travail se donne rendez-vous dans les rues de Paris pour défiler un 1er mai.
Le cortège partira de la République pour se rendre à la Bastille symbole des libertés recouvrées.
Depuis, les cortèges du 1er mai ont connu des fortunes diverses. La manifestation des plus importantes de l’après mai 1968 fut probablement celle de 1975, qui fut prétexte à fêter la fin de la guerre du Vietnam, et celle de 2002, pour lutter contre les idées racistes et les propositions antisociales du Front National présent au second tour de l’élection.