1er mai et extrême droite : une journée de lutte sociale face aux tentatives de récupération

Le 1er mai est la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, une journée de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Face à l’extrême droite, cette journée défend la coopération, la paix, les libertés, la justice sociale et les services publics.

Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres : c’est notre journée ! Depuis 140 ans, après le 1er mai 1886 et la répression sanglante des ouvrières de Chicago, partout dans le monde, les travailleurs et les travailleuses se battent ensemble pour leurs droits. C’est grâce à cette lutte que nous avons conquis la journée de 8 heures et fait du 1er mai un jour férié dans 163 pays.

Le 1er mai, une histoire liée au mouvement ouvrier

L’histoire du 1er mai remonte à la fin du 19ᵉ siècle, à l’époque où, en France comme dans d’autres pays, le mouvement ouvrier était violemment réprimé. Cette journée fait partie intégrante du combat pour les droits sociaux et de l’histoire du mouvement syndical et social.

Le 1er mai, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, une journée de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Une journée pour profiter d’un jour de repos avec l’ensemble de ses proches et manifester pour ses droits.

En 1941, Philippe Pétain avait remplacé la fête des travailleurs par la fête du travail, soit la fête de son triptyque « travail, famille, patrie ». En 1946, le 1er mai chômé est réintroduit.

Les conservateurs, néolibéraux et réactionnaires de tout poil n’ont donc jamais aimé ni admis le 1er mai. Après des années durant lesquelles le pouvoir a régulièrement salué cette journée, en 2012, Nicolas Sarkozy a ainsi voulu organiser le rassemblement des « vrais travailleurs », voulant ainsi attaquer le cœur même de la signification historique profonde du 1er mai.

Comment l’extrême droite française s’est approprié le 1er mai

La coutume de l’extrême droite française de se réunir le 1er mai est une pratique récente, elle lui offre un contrepoint médiatique aux traditionnels défilés syndicaux de la Fête des travailleurs, parrainée par la gauche.

En 1920, un député d’extrême droite, Maurice Barrès, également écrivain et idéologue nationaliste, avait fait voter une loi instaurant une « Fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme » devant être célébrée le deuxième dimanche du mois de mai, en référence à l’anniversaire de la libération d’Orléans le 8 mai 1429 par l'armée française, sous le commandement de Jeanne d'Arc.

Cette fête nationale du deuxième dimanche de mai, bien que discrète en raison de son origine politique, a toujours cours aujourd’hui. Une date qui est fêtée chaque année à Orléans.

Plusieurs mouvements d’extrême droite, dont l’Action Française, en firent dès l’origine, dans les années 20, une occasion de rassemblement et de commémoration. Le Front national de Jean-Marie Le Pen, fondé en 1972, s’y associa pour la 1ère fois en 1979.

À partir de 1979, Jean-Marie Le Pen avait fait préemption sur l’évènement en organisant un défilé du Front national ce jour-là. Cette manifestation qui rassemblait chaque année outre le FN, tout ce que la France compte de fascistes, ultranationalistes et catholiques intégristes, tombait en 1988, le jour du second tour des élections présidentielles.

À cette époque, ses adhérents défilent avec toutes les autres formations d’extrême droite, le deuxième dimanche du mois de mai. En 1988, Jean-Marie Le Pen avance d'une semaine l’hommage à Jeanne d’Arc.

Le tournant de 1988 : de Jeanne d’Arc au « travail »

Tout change en 1988. Car c'est une année d’élection présidentielle et que le 8 mai est le jour du second tour qui voit s’affronter Jacques Chirac et François Mitterrand. Jean-Marie Le Pen, lui, est arrivé 4ème à l’issue du 1er tour, le 24 avril, avec un score qui a surpris tout le monde : 14,38% des voix.

D’où l’idée du leader du FN, cette année-là, de la déplacer au 1er mai. Pour célébrer cette performance, il décide d’avancer d’une semaine l’hommage à Jeanne d’Arc. Et par la même occasion de s’afficher comme leader d’un parti populaire concurrent des organisations syndicales dans la mobilisation des classes laborieuses.

Il dit à l'époque vouloir célébrer à la fois « Jeanne d’Arc et le travail ». L’opération est un succès. Entre 25 et 30 000 personnes se réunissent autour de Jean-Marie Le Pen, place de l’Opéra, à Paris.

Il décide alors d’en faire un rendez-vous annuel et réunit ses troupes qui défilent en cortège de la place de l’Opéra jusqu’à la place des Pyramides où une statue rend hommage à la pucelle d'Orléans. C’est là qu’il faut chercher l’origine cette tradition inventée.

Le rituel va se répéter 27 années durant jusqu’en 2015. Il s’est poursuivi jusqu’en 2015. Il a donné quelques débordements et même un drame, la mort d’un jeune marocain noyé dans la Seine par un skinhead à l’issue de la manifestation, le 1er mai 1995.

En 2002, choquées par les résultats électoraux du 21 avril, Le Pen au second tour de la présidentielle, plus d’un million de personnes était dans la rue.

De Marine Le Pen au Rassemblement national

Cette année-là, ce n’est plus Jean-Marie Le Pen qui dirige le Front national. C’est sa fille Marine et elle prépare la présidentielle de 2017. La dédiabolisation est un concept théorisé et mis en œuvre depuis quelques temps déjà.

Mais son père n’en veut rien savoir et à quelques semaines du 1er mai, il réitère ses propos sur « les chambres à gaz, point de détail de l’histoire » qui lui avait valu condamnation à la fin des années 1980. Le jour de l’hommage à Jeanne d’Arc, sa fille lui interdit de prendre parole mais celui-ci monte sur scène.

Et dans une parka rouge, il lève les bras au ciel et il crie : « Jeanne, au secours ». Une prise de distance avec un rituel qui associe le Rassemblement national à l'extrême droite nationaliste.

Le divorce politique entre le père et sa fille est alors consommé. À partir de l’année 2016, il n’y a plus de rassemblement organisé place de l’Opéra, à Paris. Plus de défilé en direction de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides.

Le défilé des extrêmes droites du 1er mai a été supprimé en 2016 par Marine Le Pen qui voulait donner une image moins extrémiste au parti qu’elle dirige désormais, pour le remplacer par une réunion de militants du FN à Villepinte.

Marine Le Pen organise un « banquet patriotique », porte de la Villette, suivi d’un discours devant 2000 participants. L’année suivante, en 2017, le 1er mai tombe une nouvelle fois entre les deux tours de la présidentielle.

Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour face à Emmanuel Macron. Et elle organise une réunion publique pour la fête du Travail à Villepinte, en dehors de Paris. Dans son discours, il n’est pas question de Jeanne d’Arc, à aucun moment.

Dans une volonté, sans doute, de rompre avec le passé incarné par son père. Les années suivantes, les hommages à Jeanne d’Arc à l’occasion du 1er mai reprennent. Elle reste une figure de premier plan du panthéon nationaliste.

Mais ils reprennent de façon plus discrète, moins ostentatoire. Ils se font en marge des rassemblements, rebaptisés aujourd'hui « fête de la nation » et organisés désormais systématiquement en dehors de Paris, comme c’est le cas aujourd’hui à Mâcon.

Depuis les années 1980, le Front national, devenu aujourd'hui Rassemblement national, a instauré, à l'occasion du 1er mai, un hommage à Jeanne d'Arc qui se fait de plus en plus discret à mesure que les années passent.

Le rituel perdure mais il ne s’organise plus autour de la figure de Jeanne d’Arc qui véhicule sans doute, dans la perspective revendiquée de conquête du pouvoir, une image trop conservatrice, trop catholique et vraisemblablement trop identifiée à l’extrême droite nationaliste.

Et depuis 2024, c'est Marion Maréchal qui a récupéré le rituel inventé par son grand père et qui préside, aujourd'hui 1er mai, pour la troisième année consécutive, une cérémonie d'hommage à Jeanne d'Arc dans son village natal, à Domrémy, dans les Vosges.

Le rassemblement du RN en 2026

Le Rassemblement national célèbre aujourd’hui le 1er mai à Mâcon, en Saône-et-Loire. Plusieurs milliers de militants sont attendus pour écouter, cet après-midi, les discours des deux chefs de file, Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Ils devraient évoquer la perspective de la présidentielle de 2027 et leur aspiration à conquérir le pouvoir même si on ne sait pas encore lequel des deux sera désigné candidat. Depuis quelques années maintenant, le RN organise, à l’occasion de la fête du Travail, un rassemblement des principales figures du parti en dehors de Paris.

L’an dernier, c’était à Narbonne, l’année précédente à Perpignan et l’année d’avant encore, au Havre. L’objectif étant de labourer des terres de potentielles conquêtes électorales loin de la capitale et d’opposer une concurrence médiatique aux traditionnels défilés des organisations syndicales.

Pourtant, c’est bien à Paris qu’est né le rituel nationaliste du 1er mai. Il a pour origine la fête nationale consacrée à Jeanne d’Arc, instaurée par une loi de 1920, qu’a fait voter à l'époque le député Maurice Barrès, figure du nationalisme français.

Pourquoi l’extrême droite est accusée de détourner le sens du 1er mai

Le FN devenu RN a toujours organisé son rassemblement de son côté sur la base de positions à l’opposé du sens même du 1er mai. Le 1er mai est une journée construite autour de la solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, alors que le rituel nationaliste met en avant une mémoire patriotique et une logique de concurrence politique avec les syndicats.

Cette opposition est également présentée comme une stratégie de division. Contre la division qui affaiblit les travailleurs et détourne la légitime colère, nous refusons la banalisation du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme et des LGBTphobies.

Face à l’extrême droite qui se nourrit des crises qu’elle provoque, nous appelons à un 1er mai populaire et unitaire ! Le 1er mai prend une signification particulière cette année face à la montée de l’extrême droite à l’échelle mondiale, incarnée par des dirigeants comme Trump, Poutine ou Meloni.

Ces forces menacent le droit international, les droits sociaux, environnementaux, et les libertés fondamentales, tout en favorisant les inégalités et les discriminations. Les travailleuses et travailleurs sont appelés à se mobiliser pour défendre la solidarité internationale, la paix, la justice sociale et les services publics.

Extrême droite, droits sociaux et libertés

Depuis l’élection de Donald Trump aux États-Unis, l’extrême droite se sent pousser des ailes. Trump, Poutine, Netanyahou, Milei, Meloni, soutenus par les plus grands milliardaires, veulent remplacer le droit international construit après 1945 par la loi du plus fort, ou plutôt du plus riche.

Les conséquences pour les travailleuses et les travailleurs sont déjà bien visibles. L’extrême droite s’en prend frontalement à l’État de droit, elle attaque le droit à l’avortement, à l’éducation, ou encore les droits des immigré·es ou des personnes LGBTQIA+.

La lutte contre le changement climatique est enterrée et les chercheurs sont muselés pour permettre aux multinationales de faire toujours plus de profits. La remise en cause de l’aide au développement par les États-Unis mais aussi l’Europe va pénaliser des centaines de millions de personnes, à commencer par les femmes en Afghanistan, au Yemen, ou encore dans des dizaines de pays africains.

Racisme, antisémitisme, islamophobie, discriminations : partout le poison de la division progresse, instrumentalisé, voire organisé par l’extrême droite et les médias des milliardaires.

Au lieu d’une surenchère guerrière, c’est notre démocratie qu’il faut renforcer face aux ingérences étrangères et aux tentatives de déstabilisation des milliardaires. Il faut protéger les contre-pouvoirs toujours ciblés par l’extrême droite, protéger l’indépendance de la justice, garantir la liberté de la presse, la liberté de la recherche, et les libertés publiques et syndicales !

La remise en cause du caractère chômé du 1er mai

Récemment, la proposition de loi visant à permettre aux salariées de certains établissements et services de travailler le 1er mai a relancé le débat sur le caractère chômé du 1er mai.

Nul ne doit être dupe. Sous couvert d’autoriser certaines professions à travailler ce jour-là, c’est en réalité la perspective d’en finir avec le caractère férié qui est voulu.

L’argument est le même : la « liberté » de travailler, mais sans jamais préciser que, pour l’immense majorité des travailleuses et travailleurs, remettre en cause le 1er mai se traduirait de fait par une obligation de travailler.

Surtout, cela briserait un symbole du combat pour les droits sociaux et la fraternité des travailleuses et travailleurs de tous les pays. C’est bien le but de l’offensive actuelle.

Ce 1er mai 2026 est éminemment symbolique. Rarement, en effet, cette fête des travailleuses et des travailleurs aura été aussi remise en cause et salie par des responsables de mouvements néolibéraux et d’extrême droite, tous unis dans le recul des droits sociaux.

La proposition de loi sur le travail du 1er mai

Travailler plus, travailler plus, travailler plus encore. Ce mot d’ordre martelé par les macronistes depuis 2017 - et par la droite depuis plus longtemps encore - s’apprête à faire une nouvelle victime : la journée internationale de lutte des travailleurs du 1er mai.

Le groupe Renaissance à l’Assemblée nationale compte profiter de sa niche parlementaire pour faire adopter une proposition de loi, initiée par la droite sénatoriale et votée par la chambre haute le 3 juillet 2025.

Celle-ci est présentée par ses défenseurs comme un simple outil de sécurisation juridique pour des boulangers et des fleuristes qui ouvriraient leurs portes avec des salariés volontaires le 1er mai.

Dans un premier temps, le groupe Les Républicains avait tenté, en vain, de la faire voter lors de sa niche parlementaire le 22 janvier 2026. Mais les débats s’étaient éternisés sur plusieurs autres de ses propositions de loi et ce texte-ci n’avait pas pu être abordé avant la fin de la journée.

La volonté de déroger au seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré aurait pu en rester là. Mais c’était sans compter sur la volonté du camp présidentiel - qui avait déjà engagé une procédure accélérée sur ce texte - de grignoter quelques droits sociaux supplémentaires.

Dès le 29 janvier, Gabriel Attal, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, faisait savoir qu’il reprendrait cette proposition de loi à son compte.

Les secteurs concernés

Mais que prévoit précisément la proposition de loi « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai » ? Elle modifie le Code du travail afin de permettre l’emploi de salariés ce jour-là dans plusieurs secteurs d’activité.

Jusqu’ici, les exceptions ne concernaient que les établissements et services qui, « en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail », comme une partie des transports, le secteur de la santé, les hôtels, certains lieux culturels et quelques rares industries.

Le texte issu du Sénat qui sera proposé au vote le 10 avril ajoute « les établissements assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate », ainsi que « les autres établissements dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail ».

Tous les commerces dits de bouche sont concernés : boucheries et poissonneries, par exemple, de même que les épiceries et l’ensemble de la restauration. Le législateur a également prévu une exception pour « les établissements exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles » et ceux « exerçant, à titre principal, une activité culturelle ».

En tout, selon les calculs du quotidien L’Humanité ce seraient 1,5 million de salariés qui seraient concernés.

L’illusion du volontariat et de la surrémunération

« On nous parle du petit boulanger du coin et du fleuriste, mais ils peuvent déjà ouvrir le 1er mai. En réalité, cette loi est faite pour profiter aux grandes enseignes : Interflora, Carrefour, la Fnac, Marie Blachère », explique la numéro un de la CGT, Sophie Binet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux du syndicat.

Il s’agit « d’une loi Carrefour-Interflora », dénonçait déjà Thomas Vacheron, auprès de Basta! au moment de la niche parlementaire des Républicains en janvier.

Donner une dérogation « aux magasins à prédominance alimentaire permettrait aux moyennes surfaces d’ouvrir, comme cela avait été le cas sur le travail du dimanche, où une partie des rayons étaient obstrués pour qu’il n’y ait que la partie alimentaire d’ouverte », alerte le secrétaire confédéral de la CGT.

De leur côté, les partisans de la proposition de loi assurent donner des garanties aux salariés. Le travail le 1er-Mai dans ces secteurs d’activité sera conditionné à un accord écrit du salarié et ouvrira droit à une majoration salariale.

Une illusion de garanties, estiment huit syndicats qui, dans un courrier commun destiné à l’ensemble des députés, expliquent que le volontariat « n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail ».

Pour eux, « comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salariées à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouvelles et nouveaux salariées ».

Quant à l’avantage d’être payé double le 1er-Mai, avancé par les promoteurs du projet, il n’y croient pas plus. « À chaque fois qu’un principe est entamé, les dérogations s’étendent progressivement jusqu’à devenir la règle […], une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être », préviennent les syndicats.

Un soutien allant du camp présidentiel à l’extrême droite

Des salariés supplémentaires devront-ils travailler le 1er mai prochain ? Ce n’est pas exclu. Avec la procédure accélérée choisie par le gouvernement pour ce texte, une seule lecture par chambre suffit à l’adoption de la proposition de loi.

Ainsi, si elle est adoptée le 10 avril par l’Assemblée nationale sans amendements, elle pourrait techniquement bénéficier d’une promulgation et d’un décret d’application avant le 1er mai 2026.

À l’inverse, si des amendements sont intégrés, les textes issus des deux chambres du Parlement nécessiteront une commission mixte paritaire qui renverrait la validation d’un texte harmonisé à après le 1er mai 2026.

Reste à savoir si les députés l’entérineront. Et, sur ce point, les débats en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale en janvier dernier laissent entrevoir une adoption très probable.

En plus du soutien des groupes Les Républicains et Renaissance, qui ont inscrit ce texte dans leur niche parlementaire, le gouvernement pourra compter sur ses alliés du groupe Horizons, ainsi que le MoDem qui déclarait « saluer cette initiative » et qu’il « voterait cette proposition de loi de bon sens » lors de la séance en commission.

De plus, le Rassemblement national et son allié de l’UDR n’ont pas fait mystère de leur soutien à l’initiative. L’extrême droite soutiendra également la proposition de loi dans la niche parlementaire macronistes.

Le député ciottiste Éric Michoux y voyait même, pendant la séance en commission, une occasion de revanche sur les « gauchos » accusés de « détruire la valeur travail » et de « n’aimer ni le travail ni les travailleurs ».

Quant au Rassemblement national, il a affirmé plus sobrement ce jour-là qu’il voterait la proposition de loi en l’état.

Les mobilisations syndicales

Malgré le consensus du camp présidentiel à l’extrême droite, les syndicats ne veulent pas s’avouer vaincus d’avance. En plus du courrier à l’ensemble des députés dont ils se sont fendus pour les exhorter à ne pas « remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives », ils font la promotion du site Alloparlement auprès des salariés afin qu’ils interpellent leur député pour qu’il ne valide pas le texte.

De plus, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à un rassemblement devant l’Assemblée nationale le 10 avril à partir de 8 h 30.

À côté des actions en direction des parlementaires, plusieurs mobilisations ont été lancées. En Côte-d’Or, la CGT a organisé un rassemblement vendredi dernier à Beaune devant la permanence du député Rassemblement national, favorable à l’extension du travail le 1er mai.

À Saint-Étienne, les syndicats CFDT, CGT, FO, FSU, CFE-CGC, Unsa, Solidaires, et CNT appellent à un rassemblement le 10 avril à midi sur la place Jean-Jaurès.

La CGT a fait de même dans l’Aveyron, à Rodez et Millau le mardi 7 avril. À Amiens, ce sont une cinquantaine de salariés de l’équipementier automobile Valeo qui ont débrayé mercredi dernier pour protester contre l’organisation du travail des équipes de nuit, à l’occasion du 1er mai.

Une illustration grandeur nature de l’intérêt du patronat pour une multiplication des exceptions au 1er mai obligatoirement chômé.

Les revendications portées le 1er mai

Salaires, niveau de vie et droits au travail

Nous voulons des mesures d’urgence contre la vie chère pour pouvoir vivre de notre travail : plutôt que des primes non cotisées, des augmentations générales de salaire pour toutes et tous, y compris Smic, point d’indice et pensions pour améliorer nos quotidiens et nos lendemains.

  • L’indexation automatique de tous les salaires sur les prix pour ne plus perdre en niveau de vie, en rétablissant l’échelle mobile des salaires.
  • Le blocage du prix des carburants pour mettre fin à la spéculation au profit des grands groupes pétroliers.
  • L’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la revalorisation des métiers féminisés et la suppression des temps partiels subis.
  • La défense de nos droits au travail : contre la précarité, les CDD, stages, intérim, bas salaires, chômage…

211 milliards d’aides publiques distribuées chaque année sans contrepartie aux entreprises doivent être conditionnées et réorientées vers le financement de nos services publics et de notre protection sociale.

Paix, désarmement et droit international

Le 1er mai sera aussi une journée de solidarité avec les millions de travailleurs et de travailleuses qui se trouvent sous les bombes, en Ukraine, en Iran, au Liban, en Palestine ou encore au Soudan.

Non pas aux conditions des agresseurs, mais dans le respect du droit international. Il y a urgence à sortir de cette surenchère guerrière.

Trump, Poutine, Netanyahou et leurs alliés d’extrême droite multiplient les guerres et cherchent à remplacer le droit international par la loi du plus fort, ou plutôt du plus riche.

Ces guerres pénalisent l’ensemble des travailleurs et des travailleuses : les prix de l’énergie explosent et nos services publics sont asphyxiés pour augmenter les budgets d’armement.

La France et l’Europe doivent s’affirmer pour imposer un agenda de paix et de désarmement, défendre l’ONU et le droit international.

Nous serons avec les ukrainien.ne.s et palestinien.ne.s qui ne cessent de pleurer leurs morts et exigent une paix juste et durable, sous l’égide de l’ONU.

Nous exigerons avec tous les travailleurs et les travailleuses du monde menacés par la guerre commerciale, la mise en place de règles pour un juste échange, basé sur le respect des droits sociaux et environnementaux.

Égalité, liberté et fraternité

Contre la division qui affaiblit les travailleurs et détourne la légitime colère, nous refusons la banalisation du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme et des LGBTphobies.

Les travailleuses et travailleurs sont appelés à se mobiliser pour défendre la solidarité internationale, la paix, la justice sociale et les services publics. En opposition à l’« économie de guerre » et aux politiques de régression sociale, ce 1er mai sera une journée de lutte pour plus de démocratie, d’égalité, de justice sociale et de droits pour toutes.

Au nom de l’« économie de guerre », on explique aux salarié.e.s français.e.s et européen.ne.s qu’il faut qu’ils fassent des sacrifices, qu’ils renoncent à leurs droits, et aux services publics. À l’opposé, nous voulons réduire le temps de travail.

Nous refusons de travailler jusqu’à 64 ans, nous continuons d’exiger l’abrogation de la réforme des retraites et nous refusons la capitalisation.

Il faut donner à nos services publics, à nos écoles, à nos hôpitaux et nos universités les moyens de fonctionner. Il faut protéger les contre-pouvoirs toujours ciblés par l’extrême droite, protéger l’indépendance de la justice, garantir la liberté de la presse, la liberté de la recherche, et les libertés publiques et syndicales !

Une mobilisation internationale contre l’extrême droite

Le 1er mai, nous manifesterons par millions dans le monde entier pour défendre la coopération et la solidarité entre les travailleureuses du monde entier.

Nous dirons notre solidarité avec tous les travailleurs et travailleuses exilé-es précarisé.es par des politiques toujours plus en plus violentes.

Aux États-Unis, en Argentine, en Turquie, en Serbie, en Israël, en Belgique ou encore en Grèce, partout dans le monde les travailleurs et travailleuses ainsi que les étudiants et étudiantes se mobilisent pour défendre la démocratie et exiger la justice sociale.

Les périls sont immenses, mais notre force l’est encore plus. Rien n’est écrit d’avance et c’est notre mobilisation qui fait la diférence.

Attac se joint aux organisations syndicales pour célébrer les travailleuses et travailleurs, la solidarité internationale, et pour défendre une véritable transformation sociale et écologique.

noimgs

tags: #1er #mai #extreme #droite