1er mai : des journalistes tabassés et entravés dans leur travail

Au moins trois journalistes ont été agressés par les forces de l’ordre, et cinq journalistes ont été intimidés et ont vu leur matériel confisqué arbitrairement, sans avoir pu le récupérer après la manifestation du 1er-mail qui a réuni des milliers de personnes dans les rues de la capitale française.

Ces atteintes à la liberté de la presse vont à l’encontre du Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO) adopté par le ministère de l’Intérieur, qui garantit le droit des journalistes de couvrir les opérations de forces de l’ordre, d’être protégés par celles-ci ainsi que de porter des équipements de protection lors des manifestations.

Des journalistes clairement identifiés pris à partie

Les journalistes qui ont été pris à partie alors qu’ils couvraient le rassemblement étaient clairement identifiés, selon les informations recueillies par RSF : le photojournaliste de l’agence de presse Dyf Axel Gras a été matraqué sévèrement en tête de cortège malgré son brassard “Presse”. Pris en charge médicalement, il souffre d’une commotion cérébrale légère.

Le reporter du média en ligne AB7 Média Laurent Bigot a, quant à lui, été violemment projeté au sol lors d’une charge policière, avant d’être matraqué. Un dernier journaliste indépendant, qui souhaite également garder l’anonymat, a été poussé, frappé, et matraqué à plusieurs reprises par des policiers, dont un commissaire de police, alors qu’il portait un casque et un brassard estampillé “Presse”.

Journalistes avec brassards presse manifestation

Interpellée par RSF sur ces faits, la préfecture a reconnu avoir “repoussé fermement” médias et manifestants pour procéder à des interpellations.

Du matériel de protection confisqué à cinq journalistes

Aussi, cinq journalistes espagnols indépendants - Miquel Muñoz, Joan Gálvez, Adria Tur, Axel Miranda, et Marti Segura - se sont présentés à la police pour s’identifier en début de manifestation.

Un membre de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) leur a confisqué leurs masques de protection et les a menacés, selon les informations recueillies par RSF, de 24 heures de garde à vue lorsqu'ils en ont demandé le retour, arguant que le port de masque est illégal dans la loi française.

Pourtant, selon le SNMO, les forces de l’ordre ne sont pas en mesure de confisquer l’équipement de protection des journalistes. Sollicitée par RSF, la préfecture de police avait indiqué que les masques pourraient être récupérés après la manifestation.

Quand les journalistes se sont rendus au commissariat à cet effet, il leur a été répondu qu’aucun masque n’y avait été déposé.

Les garanties prévues par le Schéma national de maintien de l’ordre

Ces atteintes à la liberté de la presse vont à l’encontre du Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO) adopté par le ministère de l’Intérieur, qui garantit le droit des journalistes de couvrir les opérations de forces de l’ordre, d’être protégés par celles-ci ainsi que de porter des équipements de protection lors des manifestations.

Pourtant, selon le SNMO, les forces de l’ordre ne sont pas en mesure de confisquer l’équipement de protection des journalistes.

“La brutalité des forces de l’ordre à l’égard des journalistes lors de la manifestation du 1er mai ne doit pas être le signe d’une recrudescence de l’endémie des violences policières envers les journalistes en France. Ces abus, manifestement contraires au SNMO, ne sauraient rester sans réponse de l’institution. RSF appelle à ce que l’IGPN identifie et sanctionne les coupables. Pavol Szalai Responsable du bureau Union européenne Balkans de RSF .

Des sociétés de journalistes apportent leur soutien aux victimes

Plusieurs sociétés de journalistes ont publiquement apporté leur soutien aux deux journalistes, qui ont déposé plainte.

Nous, sociétés de rédacteurs et de journalistes, apportons tout notre soutien à nos confrères Rémy Buisine, journaliste à « Brut », et Marc Chaumeil, photojournaliste (qui a longtemps collaboré au « Monde »). Tous deux ont porté plainte.

Alors qu’ils exerçaient leur métier et couvraient la manifestation du 1er mai à Paris, et alors qu’ils étaient clairement identifiables en tant que journalistes, nos confrères ont été frappés à plusieurs reprises par les forces de l’ordre.

Une vidéo montre Rémy Buisine, au sol, au moment où il reçoit une charge violente de la police avec une matraque. Il venait tout juste de recevoir un coup de bouclier.

Nils Wilcke Rémy Buisine, agressé par la police en plein travail lors d'une manif contre la réform

À l’issue de la manifestation, alors qu’il dénonçait le traitement dont il a fait l’objet, notre confrère Rémy Buisine a ensuite été mis en cause publiquement, dans des messages mettant en doute sa qualité de journaliste ou son sens des responsabilités.

Les violences des forces de l’ordre sont inadmissibles dans un État de droit, où la liberté de la presse et la liberté d’informer ne doivent en aucun cas être entravées. Aucun journaliste dans l’exercice de son métier ne doit faire face à de telles pratiques.

Nous appelons les responsables politiques et le gouvernement à dénoncer ces violences afin qu’elles ne se reproduisent plus.

Une profession qui dénonce une dégradation des conditions de travail

Médias, photographes et reporters dénoncent les violences subies par la profession depuis le début du mouvement des gilets jaunes.

En ce 1er mai 2019, et après pratiquement six mois de contestation sociale permanente avec le mouvement des gilets jaunes, la presse est à bout de souffle. C’est le sens de la tribune publiée par Franceinfo au matin d’une nouvelle journée de mobilisation à l’occasion de la fête du Travail.

Signé par plus de 300 journalistes, médias et photographes de presse, le texte fustige “les multiples violences d’État” qu’ils subissent.

“De par notre métier de journalistes, nous sommes souvent en première ligne, au cœur de luttes sociales et parfois des confrontations entre les manifestant·e·s et les forces de l’ordre. Nous sommes exposé·e·s, nous le savons et nous l’acceptons”, expliquent-ils d’abord, avant de regretter en parallèle la dégradation de leurs conditions de travail.

“Nous constatons que ce n’est pas majoritairement du fait des manifestant·e·s, mais bien largement du comportement des forces de l’ordre elles-mêmes. (. ) nous assistons à une volonté délibérée de nous empêcher de travailler, de documenter, de témoigner de ce qu’il se passe pendant les manifestations.”

Et d’accuser les forces de l’ordre de multiplier les menaces et les insultes, mais aussi les “tentatives de destruction ou de saisie du matériel, effacement des cartes mémoires, coups de matraque, gazages volontaires et ciblés, tirs tendus de lacrymogènes, tirs de LBD, jets de grenades de désencerclement, etc.”

Les précédents liés aux manifestations

Cette recrudescence des violences policières intervient après la violente agression du journaliste indépendant Clément Lanot lors d’une manifestation contre le racisme le 22 mars à Paris.

Un constat qui rejoint celui de Reporters sans frontières. Dans son classement mondial de la liberté de la presse, publié le 18 avril dernier, l’ONG notait “un niveau inédit de violences lors des manifestations de gilets jaunes en France, au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps.”

Un baromètre dans lequel la France ne figurait qu’en 32e position.

“Un cap répressif a été franchi”, poursuit donc la tribune, qui accuse les autorités de laisser la presse face à deux options: “venir et subir une répression physique et ou judiciaire” ou “ne plus venir et ainsi renoncer à la liberté d’information”.

Le texte réclame, enfin, que le gouvernement “prenne les mesures nécessaires pour que les forces de l’ordre cessent de nous harceler et nous laissent travailler librement.”

Le bilan de la manifestation du 1er mai

Les chiffres concernant les manifestations du 1er-Mai sont tombés en France : 157.000 personnes ont défilé dont 32.000 à Paris à l'occasion de 230 rassemblements, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Un peu plus tôt, la CGT avait annoncé, elle, avoir comptabilisé près de 300.000 manifestants. Le ministère précise que la participation enregistrée est plus importante qu'en 2024 (121.000 manifestants alors enregistrés), "en particulier à Paris où la participation a presque doublé".

Autre bilan : quatre manifestants et 19 forces de l'ordre ont été légèrement blessés. 72 personnes ont été interpellées, dont 52 à Paris, et 28 personnes ont été placées en garde à vue dont 19 à Paris.

ÉlémentBilan communiqué
Manifestants en France157.000
Manifestants à Paris32.000
Rassemblements230
Manifestants légèrement blessésquatre
Forces de l’ordre légèrement blessées19
Personnes interpellées72
Personnes placées en garde à vue28

Le parquet de Paris confirme à TF1/LCI, que 53 interpellations ont eu lieu en marge des manifestations à Paris, principalement pour des infractions de participation à un attroupement en vue de commettre des violences ou des dégradations lors des manifestations sur la voie publique.

D'autres ont été interpellés pour dissimulation volontaire du visage. Par ailleurs, indique le parquet, une personne a été placée en garde à vue après les faits commis aux abords du stand du parti socialiste (tirs de mortier, dégradations et violences).

Des tensions dans plusieurs cortèges

Des heurts se sont produits dans le centre de Nantes, au cours de la manifestation pour le 1er-Mai, qui a réuni 5.000 personnes, a indiqué la préfecture, précisant qu'il y avait eu quinze interpellations.

Peu après 12h30, aux abords de la préfecture, les forces de l'ordre ont chargé des manifestants et ont fait usage de canons à eau, selon un photographe de l'AFP.

La préfecture de Loire-Atlantique a indiqué sur X que "des manifestants ont dégradé la préfecture et jeté des projectiles ainsi que des mortiers contre les forces de l'ordre". "La police a riposté en utilisant des canons à eau et gaz lacrymogène", a-t-elle ajouté.

Le calme est ensuite revenu jusqu'à la dispersion des manifestants, d'après un photographe de l'AFP.

À Paris, la préfecture de police a indiqué qu'une intervention des forces de l'ordre était en cours boulevard Diderot, dans le 12e arrondissement, en raison d'un "groupe de perturbateurs".

Sur la place de la Nation à Paris, les derniers manifestants ont été évacués. Un seul point de tension perdure : celui de Diderot, dans le 12ᵉ arrondissement.

Le cortège parisien a pris fin et la place de la Nation, où il a terminé son parcours, est en cours d'évacuation dans le calme, constatent les journalistes de TF1/LCI sur place.

Les violences contre le Parti socialiste

Sur X, l'eurodéputée et porte-parole du PS Chloé Ridel dénonce des violences contre son parti à Paris avec son stand "détruit" par des black blocs lors de la manifestation dans la capitale.

"Nous avons été insultés puis attaqués", affirme-t-elle sur la plateforme assurant qu'ils ont "arraché nos drapeaux, nos banderoles, ont donné des coups de pied, coups de poing, lancé des pétards".

L'élue indique également qu'un membre du PS a été "traîné et lynché au sol, un autre élu a été blessé (. ) notre stand a été détruit". "Je n'ai pas de mots assez forts pour condamner la haine et la violence à laquelle nous avons fait face. Honte à ceux qui se réclament du peuple et défilent à la fête du travail pour attaquer d'autres militants", a encore dénoncé la porte-parole du PS avant d'assurer : "Nous ne nous laisserons pas intimider".

Sur X, Boris Vallaud, chahuté lui aussi dans le cortège parisien, dénonce les violences "graves et inacceptables" commises contre le stand du PS.

Le député annonce saisir le procureur de la République concernant ces faits et qualifie ces "perturbateurs" d'"ennemis des travailleurs et de la gauche". Il apporte aussi tout son soutien aux blessés. "Ils ne nous font pas peur, ils ne feront pas taire les socialistes", assure le député.

À son tour sur X, le patron du PS, Olivier Faure, condamne les violences contre des membres de son parti à Paris.

"À Paris, des socialistes ont été physiquement agressés par des black blocs ignorant toute conscience collective en ces temps de bascule historique. Par leurs méthodes, ils discréditent les combats qu’ils prétendent porter. Ils servent d’idiots utiles à tous ceux qui rêvent de transformer la foule des travailleurs en meute violente qu’il faudrait contenir", écrit le responsable politique.

Dans un nouveau message sur X, le secrétaire national du PS annonce que des "dépôts de plainte sont en cours" après l'agression de membres du parti dans la manifestation parisienne.

"Nous ne laisserons rien passer. Nous n'accepterons jamais la violence de fanatiques qui ne servent aucune cause et détruisent les combats collectifs".

Le 1er mai, une journée historiquement marquée par la répression

Non, le 1er mai n’est ni la fête du travail, ni la fête des travailleurs, mais la journée internationale de revendications et de solidarité, marquée par le sang des travailleurs depuis 1886, de Chicago à Istanbul, en passant par Paris et Fourmies.

C’est en 1886 que les syndicalistes américains préparent une grande journée de grève générale interprofessionnelle pour obtenir les 8 heures. Ils choisissent la date du 1er mai.

A Chicago, la grève se poursuit et au troisième jour des manifestations une bombe explose dans les rangs de la police à Haymarket. Huit dirigeants syndicalistes seront arrêtés, 4 pendus, 3 seront condamnés à perpétuité, un se suicidera en prison.

Lors de la révision du procès en 1893, tous seront innocentés. Le mouvement ouvrier international décide alors de faire du 1er mai la journée internationale de revendication lors de son « Congrès International » de Bruxelles.

Le 14 juillet 1889, à Paris, le congrès fondateur de l’Internationale décide de faire du 1er mai 1890, la journée de grève pour les 8 heures. Succès mitigé.

Mais pour le 1er mai suivant, toutes les composantes qui allaient fusionner pour créer la CGT quatre ans plus tard se retrouvent pour un 1er mai grandiose. Elles ne savaient pas qu’il allait devenir tragique.

Le 1er mai 1891 à Paris et à Fourmies

À Paris, au petit matin, le préfet installe la troupe place de la République et autour de la Tour Eiffel.

À 9 heures une manifestation se déroule devant la bourse du travail et deux heures plus tard les postiers rejoignent la grève alors qu’elle est strictement interdite chez les fonctionnaires.

Mais c’est à 15 heures et à Clichy qu’auront lieu de graves échauffourées entre une manifestation d’anarchistes et la police. Des coups de feu sont échangés, un militant anarchiste est blessé et d’autres sérieusement tabassés.

Des manifestations ont lieu dans toutes les villes ouvrières de France, grandes et petites. Le même jour, dans le Nord, c’est le sang qui coulera plus abondamment.

Fourmies, à huit kilomètres de la frontière belge, est une ville ouvrière de 15 000 habitants, comptant 37 filatures de textile. Ce secteur est en crise depuis 1885 et les conditions de travail s’y sont durcies.

Ouvriers et ouvrières triment douze heures par jour dans la poussière. Ce 1er mai 1891, les piquets de grève se mettent en place entre 5 et 8 heures du matin, appelant les équipes du matin à rejoindre le mouvement.

Dès 9 heures, les gendarmes à cheval chargent le piquet de la manufacture « Sans Pareille », arrêtant sans ménagement quatre manifestants.

Outre la maréchaussée, le 84e régiment d’infanterie d’Avesnes est sur place et le sous-préfet apeuré fait venir de Maubeuge la moitié du 145e de ligne.

A 11h30 les délégués des fabriques en grève sont reçus par le maire, Auguste Bernier. Ils lui remettent leurs revendications : libération des arrêtés du matin, les 8 heures, mais aussi la possibilité de créer des bourses du travail et des caisses de retraite, une meilleure hygiène dans les ateliers et l’abrogation des amendes pour retard et malfaçon.

Vers 18 heures, 200 jeunes manifestants, drapeau rouge en tête, se retrouvent place de l’église face à seulement 30 soldats, des jeunes conscrits apeurés, sous les ordres du commandant Chapus, un galonné qui n’aime guère la « racaille socialiste ».

La foule gronde, mais n’est ni violente, ni armée. Elle arrive au contact.

Chapus a peur que ses hommes soient désarmés d’autant qu’ils viennent de toucher le nouveau fusil Lebel, une arme redoutable. En plus, l’officier n’a pas confiance dans ses hommes dont certains sont des appelés originaires de la région.

Il hurle : Feu, feu rapide, visez le porte drapeau.

Neuf manifestants sont fusillés quasiment à bout-portant d’une balle en pleine tête : cinq femmes et quatre hommes de 11 à 30 ans.

Neuf blessés sont arrêtés. Ils seront condamnés de deux à quatre mois pour entrave à la liberté de travail, outrage, violence à agent et rébellion.

Le pouvoir ajoute l’ignominie à la tragédie. Trois jours plus tard, des manufactures, des mines, des ateliers, des boutiques, ils seront plus de 30.000, drapeaux rouges au vent, à accompagner les neufs martyrs jusqu’à leurs dernières demeures.

Le 8 mai, à la chambre, le député socialiste Georges Clemenceau, qui n’est pas encore le « briseur de grèves » dénoncé plus tard par la jeune CGT, rend un vibrant hommage aux victimes de Fourmies.

Mais la « justice de classe » ne s’arrête pas là. Le 5 juillet, elle juge en cour d’assises (aux assises comme des assassins et autres bandits de grand chemin) deux cadres du POF (Parti Ouvrier Français) : Hippolyte Culine, le responsable du POF de la région de Fourmies, qui prend six ans et Paul Lafargue, le gendre de Marx, l’auteur du fameux Droit à la paresse, responsable national du POF, qui prend un an.

Le 1er mai restera une journée de revendications très souvent réprimée. Plus près de nous à Istanbul en 1977 (plusieurs dizaines de morts) et en 1996 (3 morts).

Nous sommes très loin de la fête du travail instaurée par Pétain, anciennement jour de la saint Philippe !

Les débats sur le maintien de l’ordre

Le droit constitutionnel de manifester dans le respect est essentiel dans une démocratie.

Pourtant, il a été bafoué à Paris, le 1er mai. Les victimes des interventions violentes et répétées dues, pour l'essentiel, aux forces de l'ordre furent les dizaines de milliers de manifestants réunis ce jour, et non les Black Blocs, dont nous condamnons tous les actes.

Cette violence fut déclenchée dès le départ de la manifestation, et – fait inédit – les cortèges syndicaux furent la cible de tirs de grenades et se retrouvèrent noyés dans un nuage de gaz lacrymogène.

Trop de blessés, y compris parmi les policiers, trop de violence devraient vous inviter à revoir votre doctrine de maintien de l'ordre, monsieur le Premier ministre.

Vous le savez parfaitement, madame la présidente Assassi, depuis quelques années, viennent se greffer à ces manifestations des femmes et surtout des hommes dont l'objet est non pas du tout de conjuguer leurs efforts pour cette commémoration et pour cette manifestation, mais bien de casser, de provoquer, de profiter de la manifestation pour faire bien autre chose.

Cela s'est traduit, le 1er mai 2017, par des images d'une très grande violence ; j'ai notamment en tête le souvenir de ce CRS en flammes – en flammes ! J'ai aussi en tête le souvenir des très grandes violences qui ont eu lieu le 1er mai 2018, au tout début du cortège syndical.

Je me souviens également de ce que m'ont dit les responsables d'organisation syndicale, qui demandent eux-mêmes que l'on circonvienne ces casseurs, sans quoi c'est la liberté de manifester qui en pâtit.

C'est évidemment un exercice difficile ; tous ceux qui se sont occupés d'ordre public savent que c'est un exercice difficile.

Néanmoins, je veux le dire, et nous avons un point de désaccord à ce sujet, madame la présidente Assassi, je considère que, de ce point de vue, la journée du 1er mai dernier a été remarquablement tenue.

En effet, le ministre de l'intérieur, le préfet de police, l'ensemble de la chaîne de ceux qui sont intervenus en matière d'ordre public ont permis d'éviter les débordements qui étaient pourtant annoncés, prévus et qui allaient faire de Paris, le 1er mai, la capitale de l'émeute.

Eh bien, tel n'a pas été le cas ! Je m'en réjouis, et, au fond, je pense que nous nous en réjouissons tous.

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