Pour celui qui se prépare à devenir prêtre, la communion n’est pas un simple rite à accomplir : elle est le centre de la vie chrétienne, la présence réelle de Jésus-Christ reçu sous l’apparence du pain consacré, et une école de communion avec Dieu et avec l’Église. Le séminariste doit donc apprendre à recevoir l’Eucharistie avec foi, dans un cœur préparé, tout en se formant à la célébrer et à y conduire les fidèles.
La préparation au sacerdoce comprend notamment la prière, la liturgie, l’étude de la théologie et de la Bible, l’accompagnement personnel, le discernement vocationnel et l’insertion pastorale. Celui qui n’a pas encore reçu la première communion ou la confirmation peut normalement se préparer à recevoir ces sacrements pendant son année de discernement, car ces sacrements peuvent être reçus à n’importe quel âge.
La communion au cœur de la vocation sacerdotale
« De même que le Père qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.» L’Eucharistie est la présence de Jésus-Christ vivant parmi nous. Il se donne en nourriture lors de la communion pour que nous vivions de sa vie.
Le mot Eucharistie signifie Action de grâce, remerciement pour un don reçu ; Jésus avait rendu grâce sur le pain et le vin au cours de son dernier repas avec ses apôtres, et ce mot en est venu à désigner ce repas lui-même, le « Repas du Seigneur ». On parle aussi de Communion parce que ce sacrement nous unit au Christ pour former un seul corps.
« L'Eucharistie est le sacrifice même du Corps et du sang du Seigneur Jésus, qu'il a instituée pour perpétuer au long des siècles jusqu'à son retour le sacrifice de la croix, confiant ainsi à son Église le mémorial de sa mort et de sa résurrection. l'Eucharistie est le signe de l’unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l’on reçoit le Christ, où l’âme est comblée de grâce et où est donné le gage de la vie éternelle. »
Communier est le fait de recevoir le corps du Christ présent sous l’apparence du pain consacré au cours de l’Eucharistie. Les catholiques professent la présence réelle du Christ, en son corps et son sang, sous les apparences du pain et du vin, consacrés par le prêtre pendant la messe. C’est le mystère de la transsubstantiation.
La vocation sacerdotale, un don reçu de Dieu
« L’histoire de ma vocation sacerdotale ? C’est Dieu surtout qui la connaît. À son niveau le plus profond, toute vocation sacerdotale est un grand mystère, c’est un don qui dépasse l’homme infiniment. Nous tous, prêtres, nous en faisons clairement l’expérience dans toute notre vie. Devant la grandeur de ce don, nous savons combien nous sommes déficients. »
La vocation est le mystère de l’élection divine : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16). « Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron » (He 5, 4).
« Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu ; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré ; comme prophète des nations je t’ai établi » (Jr 1,5). Ces paroles inspirées ne peuvent qu’éveiller une crainte profonde en toute âme sacerdotale.
C’est pourquoi, dans les circonstances les plus diverses - par exemple à l’occasion des jubilés sacerdotaux -, lorsque nous parlons du sacerdoce et que nous en témoignons, nous devons le faire avec une grande humilité, conscients que Dieu « nous a appelés d’un saint appel, non en considération de nos œuvres, mais conformément à son propre dessein et à sa grâce » (2 Tm 1, 9).
Nous nous rendons compte en même temps que les mots humains ne peuvent traduire la grandeur du mystère que porte en soi le sacerdoce.
Peut-on devenir prêtre sans avoir fait sa première communion ?
Votre situation n'est pas si rare. Actuellement, il semble que des jeunes hommes entrant en année de discernement en vue du sacerdoce ont assez souvent " oublié " un ou deux des sacrements de l'initiation.
Pour mémoire, je vous rappelle que les trois sacrements de l'initiation chrétienne sont le baptême, la confirmation et l'eucharistie. Ceux qui envisagent d'être prêtre et ne sont pas confirmés ou n'ont pas fait leur première communion, entrent en préparation de ces deux sacrements pendant leur année de discernement.
Ces sacrements, comme tous les sacrements, peuvent être reçus à n'importe quel age. Qu'on envisage la prêtrise, ou le mariage, peu importe l'âge. Ces sacrements sont pour tous, il n'y a pas d'âge limite.
Quelque soit votre vocation, aller donc parler de tout cela au prêtre de votre paroisse. C' est la première démarche indispensable. N'ayez pas peur de cette démarche.
La paroisse n'est pas une prison, on vous y accueillera dans le respect de vos aspirations spirituelles et en respectant votre temps de maturation. L'Eglise est une mère, attentive et patiente. Nous pouvons lui faire confiance.
Les sacrements de l’initiation chrétienne
La communion et la confirmation font partie des 7 sacrements de l’Église catholique. Le baptême, l’Eucharistie et la confirmation sont les trois sacrements de l’initiation chrétienne, c’est-à-dire des sacrements qui, ensemble, permettent de devenir un chrétien à part entière.
- Le baptême ;
- La confirmation ;
- L’Eucharistie, reçue dans la communion.
Effectivement. Les sacrements sont des dons de Dieu, accueillis librement par la personne qui les reçoit. Il y a donc un dialogue dans chaque sacrement.
- Premièrement, Dieu appelle l'homme au salut et lui donne le salut par le sacrement,
- Deuxièmement, l'homme répond en acceptant le sacrement.
Quand on est baptisé bébé, on a été incapable de faire l'acte de foi indispensable à la validité du sacrement. Ce sont alors vos parents et parrain-marraine qui l'ont fait à votre place.
Le sacrement donné aux bébé est donc valide, puisqu'il a été fait avec l'accord libre de ceux qui vous représentaient légitimement. Cependant, quand vous faites votre profession de foi adolescent ou adulte, vous assumez, vous acceptez librement, vous dites solennellement en votre nom propre la foi dont avaient jadis témoignée vos parents et parrain-marraine.
La profession de foi est la conclusion de votre baptème reçu dans l’inconscience de la petite enfance. Ce n'est donc pas un sacrement, mais la manifestation publique que vous avez accepté pleinement la grâce qui vous avait été faite bébé.
Les conditions pour communier
Quelles sont les conditions pour communier ?
- Avoir fait sa première communion ;
- Savoir qu’on va recevoir le Christ et désirer le recevoir ;
- Être à jeun depuis une heure au moins ;
- Ne pas avoir commis consciemment et librement un péché portant sur une matière grave ;
- Avoir une vie cohérente du point de vue des autres sacrements.
La préparation spirituelle
Savoir qu’on va recevoir le Christ et désirer le recevoir est une condition essentielle de la communion. La communion ne peut pas devenir un automatisme, ni une routine.
Mais cela doit être cohérent avec la vie de foi et de prière ainsi qu’avec la vie morale. Et il est toujours nécessaire d’être dans les dispositions requises (préparation spirituelle, jeûne, confession si nécessaire).
La confession avant la communion
Il est nécessaire de se confesser avant de communier si on a commis librement et consciemment un péché portant sur une matière grave. Sinon, il n’est pas indispensable de se confesser avant de communier, même si cela reste toujours bon en soi.
Avant de communier pour la première fois, il est nécessaire de se confesser pour recevoir le Christ dans un cœur purifié et réconcilié avec Dieu.
La première communion non reçue
Que faire si on n’a pas fait sa « première communion » ? Si on n’a pas fait sa première communion, il convient de suivre une préparation pour recevoir dignement le Christ avec une conscience éclairée, dans un cœur bien disposé et réconcilié avec Dieu.
La durée de la préparation dépend de l’itinéraire et de la formation chrétienne initiale de chacun. Elle est différente selon qu’on a été ou non catéchisé.
La communion et la célébration eucharistique
Le rôle du prêtre dans la préparation à la Communion est aussi important que complexe dans la répétition des gestes, des mots et des symboles définis depuis les origines de l’Église, puis intégrés dans un rituel précis et récurrent.
Le but de ce rituel est principalement celui de préparer l’Assemblée des fidèles au moment où, en consommant le Pain et le Vin, on renouvelle une fois de plus le sacrifice d’amour de Jésus Christ et sa promesse d’espoir pour tous les hommes de bonne volonté.
En préparant les fidèles à la Communion, le prêtre assume le rôle d’intermédiaire et de guide dans le but d’accueillir non seulement l’Eucharistie, mais Jésus en personne, représenté par l’hostie.
Réciter les prières communes, le Notre Père en particulier, les réciter debout en signe de respect et de solennité, symbolise le chemin de foi qu’il faut parcourir en soi-même, mais aussi en communion avec les autres fidèles.
En effet, l’Eucharistie est aussi et surtout un moment de dévotion communautaire et, en tant que tel, elle demande à être célébrée.
Les gestes qui précèdent la communion
Après les prières et l’échange du signe de paix, geste qui cimente la volonté de communion et d’unité de l’assemblée, le prêtre rompt le pain, symbolisé par la grande Hostie, en mange un morceau et la trempe dans le calice en disant : « Que le Corps et le Sang de Jésus Christ réunis dans cette coupe nourrissent en nous la vie éternelle ».
L’hostie et le calice, à partir de ce moment-là, sont en tout et pour tout le corps et le sang du Christ, investis de sa bénédiction et de sa Grâce.
L’Agnus Dei est également un moment de réflexion personnelle et de prière communautaire en même temps avec lequel les fidèles se préparent à accueillir la Communion.
Le prêtre prie aussi, en silence, afin d’être purifié de tout péché à travers le Corps et le Sang du Christ, qui deviennent pour lui et pour tous une protection et un baume pour leurs âmes.
Le silence et la prière après la communion
La Communion est suivie par un moment de silence. C’est l’immensité du mystère auquel on est en train de prendre part et le fait d’avoir accueilli en soi le corps et le sang du Christ qui l’exige, même dans le cadre d’un moment de dévotion communautaire.
La prière après la Communion et l’Amen avec lequel les fidèles répondent ramènent le rituel de la Communion à un niveau communautaire et en souligne la conclusion.
La communion sous les deux espèces
La communion au sang du Christ est-elle réservée aux prêtres ? Le prêtre communie au nom de toute l’Église sous les deux espèces pour garantir l’intégrité du sacrement.
Les membres de l’assemblée, eux, communient au Corps du Christ uniquement : la communion au calice serait difficile à mettre en œuvre, alors même que la communion au Corps du Christ suffit aux fidèles pour recevoir toute la grâce du sacrement
La communion sous les deux espèces a cependant lieu dans certaines circonstances, comme le Jeudi saint, ou pour les mariés le jour de la célébration de leur union.
La formation de ceux qui vont devenir prêtres
De la formation des prêtres, nous avons une image assez fixe. Nous savons qu’ils doivent se rendre dans des séminaires ; qu’ils doivent y étudier la philosophie, la théologie, mais aussi la liturgie ou encore l’histoire de l’Église.
Cette image d’un séminaire et donc d’un lieu de formation est une réalité qui, au regard de la très longue histoire de l’église, n’est que moderne et contemporaine, puisque cette institution n’est apparue qu’au milieu du XVIe siècle.
Mais alors, comment les prêtres étaient-ils formés jusque-là ? Ce nouveau numéro d’Au Risque de l’Histoire propose une plongée dans l’histoire de la formation des prêtres, du Moyen Âge à l’époque moderne.
"Ce qu’il faut préciser ce que lorsqu’on parle de réforme grégorienne, et même d’autres réformes dans l’Église, celles-ci s’inscrivent sur un temps long et sont par conséquent évolutive. Souvent, une décision prise par un pape ou par un concile peut prendre des décennies voir des siècles avant de s’imposer dans les faits." réagit Julien Léonard, Maître de conférences à l’Université de Lorraine.
"Souvent réformer l’Église revient d’abord à réformer les prêtres et en particulier à améliorer leur formation. Assez rapidement au Moyen Âge la question de la formation se fait de plus en plus pressante. L’enjeu pour l’Église, c’est d’avoir des prêtres à la hauteur de leur mission." analyse de son côté Stefano Simiz, Professeur à l’Université de Lorraine.
La vocation sacerdotale et la mission du prêtre
La formation se déroule le plus souvent dans un séminaire et dure un minimum de six années. La France compte actuellement 24 séminaires et maisons de formation implantés en France (13 diocésains et interdiocésains, 9 rattachés à une communauté), plus le séminaire français de Rome.
Prêtre n’est pas un métier ni une fonction, c’est une vocation et un état de vie consacrée. Sa mission première est d’enseigner, d’annoncer l’Évangile, d’aider les fidèles à nourrir leur foi, à prier et à suivre le Christ.
Le prêtre a aussi pour mission de sanctifier le peuple de Dieu par la célébration des sacrements. Seul un prêtre peut célébrer l’Eucharistie, par laquelle le Christ réellement présent se donne en nourriture aux fidèles.
Seul un prêtre peut célébrer le sacrement de la réconciliation (ou confession), par lequel il pardonne les péchés au nom de Dieu. La troisième mission du prêtre consiste à gouverner, c’est-à-dire à guider les fidèles, conduire la communauté dont il a la charge.
Les quatre dimensions de la formation sacerdotale
La formation spirituelle
La formation spirituelle : prière communautaire et personnelle, liturgie et célébration de l’Eucharistie, accompagnement personnel,…
La formation intellectuelle
La formation intellectuelle : étude de sciences religieuses (théologie, Écriture sainte, histoire de l’Église, etc.) ainsi que philosophie et sciences humaines.
La formation humaine
La formation humaine : dans la communauté au séminaire et en lien avec des paroisses.
La formation apostolique et pastorale
La formation apostolique et pastorale : participation à ce qui fait la vie du prêtre dans des lieux où l’Église est présente (aumôneries de jeunes, hôpitaux,…)
Les conciles de Trente et Vatican II, ainsi que les papes successifs jusqu’à aujourd’hui, notamment Paul VI, Jean-Paul II et François, ont précisé ces modalités et les ont adaptées aux caractéristiques de leur temps.
La formation des séminaristes a notamment été complétée par des cours de psychologie, pour que chaque candidat au sacerdoce puisse s’interroger sur la vie affective, sur la façon de discerner ses faiblesses et les faiblesses des personnes rencontrées au cours de la vie sacerdotale, afin de garantir des relations ajustées.
Les étapes de la formation des séminaristes
La formation des séminaristes est généralement dispensée en plusieurs étapes. Appelés à devenir prêtres à la fin de leurs études, les séminaristes suivent une formation élaborée en quatre grandes étapes.
Elles ont été définies par la ratio nationalis, dont la dernière mise à jour date de février 2022.
Une année de propédeutique
Une année de « propédeutique » : « Propédeutique » vient du grec ancien et signifie « enseigner auparavant »
C’est une année de fondation spirituelle, obligatoire en vue d’une entrée au séminaire. Elle est avant tout axée sur le discernement, et structurée autour de la prière, de l’Eucharistie et de la lecture de la Bible.
Elle répond à l’invitation du concile Vatican II : « Pour fonder de manière plus solide la formation spirituelle et pour que les séminaristes puissent ratifier leur vocation par une option mûrement délibérée, il appartiendra aux évêques d’instituer, pour une durée convenable, un entraînement spirituel plus poussé », Concile Vatican II, Optatam Totius, 1965, au n°62.
Il existe en France 18 lieux proposants des années de propédeutique.
Le premier cycle : le disciple-missionnaire
Le premier cycle, cycle de formation du disciple-missionnaire : d’une durée de deux ans, il est lui aussi essentiellement axé sur le discernement vocationnel, avec pour objectif de déterminer si le séminariste a bien les aptitudes et les motivations nécessaires pour devenir prêtre.
Les étudiants y débutent l’apprentissage de la philosophie, de la théologie, et apprennent les fondamentaux sur la Bible, la liturgie et la pastorale.
Un stage (coopération, études spécifiques, engagement associatif, etc.) peut parfois suivre ce premier cycle.
Le second cycle : la configuration au Christ
Le second cycle, cycle de configuration au Christ, dure trois ou quatre ans et oriente la formation plus spécifiquement vers le ministère presbytéral.
La formation en théologie alterne avec des temps d’insertion pastorale pour apprendre à connaître son diocèse, découvrir et comprendre les réalités humaines d’une paroisse.
Ce second cycle se solde par l’obtention d’un diplôme : le baccalauréat canonique, équivalent à une licence dans le système européen.
L’ordination diaconale et l’année de synthèse
L’ordination diaconale est reçue au terme de la 6ème année de formation. La dernière année, précédant l’ordination presbytérale, appelée année de synthèse vocationnelle, oriente davantage la formation vers la pratique pastorale et permet une synthèse de l’ensemble du parcours de formation.
La prière, l’Eucharistie et le discernement
Le terme qui vient immédiatement à mon esprit pour donner un sens à la mission pastorale est la communion. Vous avez appris sans doute que le prologue de la Constitution dogmatique Dei Verbum a été conçu par les Pères de Vatican II comme un prologue général pour tous les textes du Concile.
Or la note centrale de ce prologue est la communion dans l’amour avec le Père et son Fils Jésus-Christ, communion rendue possible dans la communion avec l’Eglise fondée sur les Apôtres.
Voilà le but de notre activité pastorale : créer, favoriser, faire grandir la communion dans la charité. Le prêtre est l’homme de la communion.
La communion avec Dieu
Bien sûr, cette communion est d’abord en Dieu. C’est la prière de Jésus : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi » (Jean 17, 21).
L’activité pastorale trouve son sens profond et son but ultime dans la communion avec Dieu, de chacun et de tous les fidèles ensemble. Il appartient donc au pasteur d’organiser son ministère autour de ce centre.
La première mission du prêtre est l’annonce de la Parole. Que nous dit la Parole de Dieu ? Depuis le début de la création, Dieu s’est révélé pour que nous entrions dans son dessein d’amour qui consiste à tout récapituler dans son Christ, pour que Dieu soit tout en tous.
Nous sommes là dans une dynamique de communion. La communauté chrétienne se construit sur la Parole de Dieu. Le pasteur est pénétré, façonné, modelé par la Parole de Dieu, écrite et transmise.
La catéchèse et l’homélie
Son ministère pastoral est au service de la Parole pour que chaque fidèle puisse se mettre à l’écoute attentive de ce que Dieu dit au monde.
Le lieu premier de l’annonce de la Parole dans la communauté est la catéchèse, qui s’adresse à tous, adultes et enfants. Ce n’est pas pour rien que le curé est le premier responsable de la catéchèse.
Celle-ci est la première expression de son « munus praedicandi ». Le deuxième lieu de l’annonce de la Parole dans la communauté est l’homélie.
Chaque jour, chaque semaine, l’homélie est le moyen de commenter la Parole qui est proclamée durant l’action liturgique, en particulier l’Eucharistie. La qualité de l’homélie est une condition de base de la formation des fidèles et de la communauté elle-même.
Par l’homélie vous expliquez la Parole que Dieu adresse à son peuple, avec des termes simples et appropriés, avec les mots d’aujourd’hui. Dans l’homélie, vous êtes les intermédiaires entre le Seigneur et son peuple, et c’est pourquoi l’homélie liturgique est réservée au ministre ordonné, car vous recevez la grâce de l’homélie au moment de votre ordination.
La grâce de la prédication vous est donnée, mais l’homélie demande aussi une préparation soignée.
Le ministère sacramentel
Il existe un lien intrinsèque entre la Parole de Dieu et les sacrements. On le voit déjà à la structure des sacrements eux-mêmes.
La communion avec Dieu se réalise dans les sacrements qui offrent la vie divine à travers des signes. Le pasteur donne la vie de Dieu ; c’est sa joie, il est fait pour cela.
La préparation des sacrements, la fatigue qu’ils peuvent occasionner par l’organisation et l’animation des célébrations, les longues heures passées à confesser, la multiplicité des Eucharisties dominicales en des moments rapprochés et en des lieux parfois distants, si tout cela est vécu dans la foi et offert avec amour, cela participe à la fécondité inépuisable de la vie de Dieu qui est répandue à travers ces signes et ces célébrations voulues par le Christ.
On le voit en particulier dans l’Eucharistie, mais c’est vrai pour tous les autres sacrements : la foi vivante du pasteur peut faire rejaillir l’effet du sacrement non seulement sur ceux qui sont présents, mais aussi sur ceux qui sont au loin.
Apprendre à prier
Si le pasteur est l’homme de la communion avec Dieu, c’est bien dans la formation à la prière qu’il exerce tout particulièrement son ministère.
Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit que « la prière est chrétienne en tant qu’elle est communion au Christ et se dilate dans l’Eglise qui est son Corps » (n. 2565).
Mettre les fidèles en communion avec le Père, le Fils, l’Esprit Saint. Notre monde actuel est profondément sécularisé, aussi l’attitude théologale n’est pas évidente. Le pasteur d’aujourd’hui est davantage confronté à cette difficulté.
Un enseignement inlassable sur la prière est donc plus que jamais nécessaire. Tant de paroisses aujourd’hui favorisent les groupes de prière et organisent l’adoration eucharistique quotidienne.
Les prêtres qui le font savent par expérience qu’une communauté se renouvelle dans la prière car la relation à Dieu est la raison d’être d’une communauté chrétienne.
Il ne suffit pas d’organiser des moments de prière, il faut aussi apprendre aux fidèles comment prier. C’est ce que Jésus a fait, à la demande des disciples.
La prière est un art. Le Catéchisme ouvre la section sur la prière avec les paroles de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Pour moi, la prière c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie » (n. 2558),
Mais le Catéchisme précise plus loin que « la prière ne se réduit pas au jaillissement spontané d'une impulsion intérieure : ( ) il faut aussi apprendre à prier. Or, c'est par une transmission vivante (la sainte Tradition) que l'Esprit Saint, dans "l'Eglise croyante et priante", apprend à prier aux enfants de Dieu » (n. 2650).
Le pasteur a la mission de faire cette transmission vivante.
On comprend pourquoi Benoît XVI a affirmé plusieurs fois que la prière est une priorité pastorale pour le prêtre : « Le temps pour demeurer en la présence de Dieu dans la prière est une véritable priorité pastorale ; ce n’est pas un à-côté du travail pastoral : demeurer face au Seigneur est une priorité pastorale, en dernière analyse la plus importante » (13 mai 2005, aux prêtres et aux diacres de Rome. Cf. aussi le 31 août 2006 au clergé d’Albano).
Dans le message qu’il vous a adressé, il vous exhorte à prendre, vous aussi, chaque jour, de longs moments de prière pour vous laisser transformer par l’Esprit Saint, à l’image du Christ.
Le prêtre, homme de communion
Le prêtre est un homme de communion. Il cherche à mettre ses contemporains en communion avec Dieu, ou plutôt à leur faire découvrir leur place dans le cœur de Dieu.
La communion avec Dieu et la communion des fidèles entre eux ne sont pas séparées. Homme de la communion avec Dieu, le pasteur est aussi l’homme de la communion des fidèles entre eux, celui qui construit la communauté.
La paroisse est la communauté des baptisés qui vivent ensemble leur communion à Dieu, et personne ne peut vivre du Christ sans être renvoyé à la communion avec son Corps qui est l’Eglise.
L’attention aux pauvres et aux personnes fragiles
Un pasteur selon le cœur de Dieu a des priorités qui sont celles de Dieu. Je pense tout d’abord aux pauvres qui sont les privilégiés de Dieu.
Jésus caractérise les temps messianiques par le fait que « la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7, 22 ; cf. Lc 4, 18). Les pauvres sont les premiers destinataires de l’Evangile de la tendresse de Dieu.
Les pauvres, ce sont ceux qui sont en manque : manque des premières nécessités matérielles, manque de santé (les malades, les personnes âgées), manque d’affection (les personnes seules), tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ploient sous le fardeau d’une vie difficile.
Le cœur du pasteur ressemble à celui du Christ qui est pris de compassion devant les misères du monde. Une paroisse doit se caractériser par un amour préférentiel pour les pauvres qui devienne un engagement concret en leur faveur.
L’appel aux vocations
Une autre priorité consiste dans l’engagement pour le choix concret d’une communion totale, exclusive, consacrée avec Dieu.
Comme lieu de la communion, la paroisse est lieu de sainteté. Le Concile l’a rappelé, tous sont appelés à la sainteté.
Mais quelques-uns sont appelés d’une manière particulière à vivre le prophétisme de la sainteté par une consécration plénière au Christ selon les conseils évangéliques.
Le pasteur a le souci de faire entendre l’appel à qui le Seigneur l’adresse.
Le décret Prebyterorum Ordinis indique le rôle du prêtre dans l’éclosion d’une vocation : « Cette voix du Seigneur qui appelle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle arrive aux oreilles du futur prêtre d'une manière extraordinaire. Il s'agit bien plutôt de la découvrir, de la discerner à travers les signes qui, chaque jour, font connaître la volonté de Dieu aux chrétiens qui savent écouter: c'est à ces signes que les prêtres doivent donner toute leur attention » (PO, n. 11)
Et le décret cite une parole de Paul VI qui explique que la voix intérieure de Dieu trouve une convergence dans celle, extérieure, « du ministre qualifié de la Parole de Dieu, celle de l'apôtre, celle de la hiérarchie, instrument indispensable, institué et voulu par le Christ comme un véhicule permettant de traduire en langage tombant sous l'expérience le message du Verbe » (PO, n. 11, note).
La communion portée aux malades
De nombreuses personnes sont dans l’incapacité de rejoindre notre assemblée. Le Service Évangélique des Malades (SEM) peut leur porter la communion, en semaine ou le dimanche.
Les bénévoles du SEM sont formés et accompagnés pour cette mission de porter la Bonne Nouvelle et la communion à une personne, à domicile ou en EHPAD.
Porter la communion aux malades a été l’un des premiers soucis des chrétiens. Le premier objectif est donc que, grâce à la mise en valeur de ces porteurs de communion, la communauté eucharistique se rende compte qu’elle est plus large qu’elle-même.
Dans beaucoup de paroisses, mais pas encore dans toutes, elles sont appelées devant l’assemblée : on leur remet une custode avec le corps du Christ.
Ainsi tous les participants à la messe se rendront compte qu’ils portent d’autres et sont portés par d’autres, cloués chez eux par la maladie ou la vieillesse.
La préparation de la visite
Il faut cultiver l’habitude d’en parler avant au curé. De plus, il serait bon que les paroisses aient une réserve de custodes à donner pour qu’elles soient dignes.
En outre, il serait pertinent de former ceux qui vont porter la communion pour qu’ils aient quelques gestes liturgiques simples, mais précis.
La personne qui reçoit la communion chez elle a peut-être entendu la messe à la télévision ; mais relire pour elle l’Évangile, c’est le proclamer à ses oreilles, résumer l’homélie paroissiale la relie à l’ensemble de l’assemblée eucharistique, dire le Notre Père avec elle, puis quelques formules comme : « Seigneur je ne suis pas digne… » et l’Agnus Dei, prépare son cœur à la communion.
Il est bon également que les personnes qui portent la communion donnent quelques nouvelles de la paroisse et de la communauté ; et tout autant qu’elles transmettent en retour des nouvelles de la personne qu’elles visitent, pour que celle-ci soit portée dans la prière.
La communion régulière et la vie de foi
L’Église demande aux fidèles de communier au moins une fois par an, si possible à Pâques. Au-delà, il est bien sûr souhaitable de communier plus souvent, voire à chaque messe.
Mais cela doit être cohérent avec la vie de foi et de prière ainsi qu’avec la vie morale. Et il est toujours nécessaire d’être dans les dispositions requises (préparation spirituelle, jeûne, confession si nécessaire).
La communion ne peut pas devenir un automatisme, ni une routine.
Pour celui qui se prépare au sacerdoce, cette exigence prend une importance particulière : l’Eucharistie nourrit sa relation personnelle au Christ et le forme à devenir un serviteur de la communion de toute l’Église.
