Ce « jour de bonheur » ne peut faire oublier à l'ancien combattant, revenu à la vie civile, l'expérience tragique et le message dont il est porteur. Le 14 juillet 1919, on a fêté la Victoire et la Paix dans le faste et dans la liesse. Un hommage a été rendu à tous les combattants, aux vivants comme aux morts. Clemenceau a voulu que ce soit « leur » jour. À Paris, mille mutilés ont précédé le défilé victorieux des armées alliées qui sont passées sous l'Arc de Triomphe, devant une foule innombrable.
Le 2 novembre 1919, premier Jour des morts depuis le retour de la paix, de nombreuses cérémonies symboliques ont été organisées. Le Parlement a voulu que les morts fussent glorifiés dans toutes les communes de France, le même jour à la même heure. Évoquée en 1916, l'idée d'honorer un soldat inconnu fut adoptée en 1918. Le 12 novembre 1919, on décida du Panthéon comme lieu de sépulture. Le Parlement vote alors à l'unanimité la loi suivante :« Article 1er : les honneurs du Panthéon seront rendus aux restes d'un des soldats non identifiés morts au Champ d'Honneur au cours de la guerre 1914-1918.
Le 10 novembre, le soldat Auguste Thin désigne à Verdun le Soldat inconnu. Le cercueil arrive à Paris et rejoint, pour la cérémonie du 11 novembre, la châsse renfermant le cœur de Gambetta qui doit être transférée dans la crypte du Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège au Panthéon puis à l'Arc de Triomphe. Le 11 novembre 1923, en présence de nombreuses associations d'anciens combattants, André Maginot, ministre de la guerre et des pensions, allume pour la première fois une flamme du souvenir. Au fil des années, la Flamme est ravivée par les associations d'anciens combattants et le Livre d'or du Souvenir est signé par de nombreux hôtes de la France.
Le recteur de l'académie de Paris juge nécessaire d'envoyer une circulaire aux proviseurs des lycées pour qu'ils empêchent leurs élèves d'aller manifester. Depuis la rentrée scolaire, en effet, tracts appelant à la lutte et inscriptions sur les murs de slogans anti-allemands sont apparus dans les facultés et les lycées parisiens. Le 8 novembre, une première manifestation est organisée et même si elle ne revêt pas la dimension escomptée, l'idée d'une manifestation de plus grande ampleur s'y fait jour. Ce jour-là, plusieurs cortèges rassemblant 3 000 à 5 000 étudiants et lycéens, convergent vers les Champs-Élysées. Pour la première fois depuis juin 1940, des Français se sont heurtés aux forces d'occupation.
Le défilé se déroule dans la plus parfaite tradition militaire jusqu’au monument aux morts où une gerbe de fleurs en forme de croix de Lorraine portant la mention « Les vainqueurs de demain à ceux de 14/18 », est déposée. En 1944, la majorité du territoire est libérée. Le 11 novembre est commémoré à Paris en présence d'une délégation britannique menée par le Premier ministre Winston Churchill et du général de Gaulle, chef du Gouvernement Provisoire français. Le Gouvernement Provisoire présente cette invitation comme une sacralisation de la grande alliance de la guerre.
L'année suivante, les cérémonies du 11 novembre 1945 reflètent la volonté du général de Gaulle de faire du Mont Valérien, théâtre du martyre de nombreux résistants, un haut lieu de mémoire pour les combattants et les victimes du nazisme. Le 10 novembre, les corps de quinze Français morts pour la patrie sont amenés en trois cortèges, des portes de Paris aux Invalides : combattants des trois armes, prisonniers, déportés, hommes et femmes, ils symbolisent à la fois l'unité nationale et les différents théâtres d'opération et lieux de souffrance. Le 11 novembre, un cortège unique accompagne ces quinze cercueils sous l'Arc de Triomphe, où le général de Gaulle les accueille. Dans la journée, la foule leur rend hommage. Désormais, ce jour de mémoire permet d'évoquer régulièrement un épisode particulier de la Grande Guerre, éventuellement associé, en fonction des anniversaires, à une thématique plus large : en 1989, la Grande Guerre et la mémoire de la Révolution française; en 1992, les troupes coloniales dans la Première Guerre mondiale; en 1998, la contribution des Alliés à la Première Guerre mondiale; en 2003, le 85e anniversaire de l'Armistice de 1918 et le 80e anniversaire du premier allumage de la Flamme du souvenir par André Maginot; en 2004, le début de la guerre et la victoire de la Marne; en 2006, Verdun. Cette cérémonie garde aujourd'hui tout son sens car elle est l'occasion de rendre hommage aux combattants pour que ne sombrent pas dans l'oubli les sacrifices et les souffrances de toute une génération.
Le 28 février 2012, le Parlement a fait du 11 novembre une journée d'hommage à tous les Morts pour la France (loi n° 2012-273). Samedi dernier, le LFCG s'est joint aux commémorations de l'Armistice de 1918 qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. Une délégation d'élèves et de personnels et membres de la Direction du Lycée participait à une cérémonie officielle au Carré français du Cimetière de Brookwood. Mme l'Ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Treheux-Duchêne, a ouvert la cérémonie par un discours, en présence de M. Holroyd, député pour les Français établis hors de France, M. Olivier Cadic, sénateur représentant les Français établis hors de France, M. Melki, Consul général de France à Londres, d'anciens combattants, des représentants des corps armés, d'élèves des écoles St Cyr, Polytechnique et de l'Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, des représentants de la Fondation de la France Libre, de l'Association des mutilés, anciens combattants et victimes de guerre, du Souvenir Français, de l'Association de l'Ordre National du Mérite. Après un dépôt de gerbes, et une lecture de texte par les élèves de la classe défense (4°5), les élèves de la chorale du Lycée ont chanté « Les Épis mûrs ». La Sonnerie aux Morts a invité l'assistance à observer une minute de silence, suivie d'une Marseillaise menée par les élèves de la chorale du LFCG. Au Royaume-Uni ce dimanche était célébré Remembrance Day, afin de rendre hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale. Samedi dernier, le LFCG s'est joint aux commémorations de l'Armistice de 1918 qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. Une délégation d'élèves et de personnels et membres de la Direction du Lycée participait à une cérémonie officielle au Carré français du Cimetière de Brookwood. Mme l'Ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Treheux-Duchêne, a ouvert la cérémonie par un discours, en présence de M. Holroyd, député pour les Français établis hors de France, M. Olivier Cadic, sénateur représentant les Français établis hors de France, M. Melki, Consul général de France à Londres, d'anciens combattants, des représentants des corps armés, d'élèves des écoles St Cyr, Polytechnique et de l'Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, des représentants de la Fondation de la France Libre, de l'Association des mutilés, anciens combattants et victimes de guerre, du Souvenir Français, de l'Association de l'Ordre National du Mérite. Après un dépôt de gerbes, et une lecture de texte par les élèves de la classe défense (4°5), les élèves de la chorale du Lycée ont chanté « Les Épis mûrs ». La Sonnerie aux Morts a invité l'assistance à observer une minute de silence, suivie d'une Marseillaise menée par les élèves de la chorale du LFCG. La même journée, Remembrance Day salue aussi le souvenir des combats de 1914-1918 dans le cadre du Commonwealth.
Ce direct consacré aux commémorations de l’Armistice de 1918 est désormais terminé. Le président de la République se rend au Palais de l’Elysée après avoir ravivé la «flamme du Souvenir» devant le tombeau du «Soldat Inconnu». Chaque année, à l’approche du 11 novembre, jour où la France commémore l’armistice de 1918 et rend hommage à tous ses soldats morts pour la Patrie, je ressens une émotion particulière, mélange de fierté et de gravité. Cette date n’est pas qu’un anniversaire. C’est un moment où la Nation se rassemble pour se souvenir, pour honorer ceux qui ont donné leur vie, et pour réaffirmer ce qui nous unit. Pour moi, ce 11 novembre a une résonance plus profonde encore, car il me rappelle le parcours exceptionnel de mon grand-oncle, Lazare Ponticelli, dernier survivant des Poilus de la Grande Guerre.
À sa une, Le Figaro du 12 novembre 1918 entonne la Marseillaise. «Le jour de gloire est arrivé», sous-titre le quotidien. «L’Allemagne a capitulé», «joie nationale». Le 11 novembre à l’aube, l’armistice a été signé entre les plénipotentiaires alliés et allemands dans un train stationné en forêt de Compiègne. À 11 heures, le clairon a sonné sur le champ de bataille pendant que canons et cloches annonçaient à toute la France la fin des combats. Mais à cette allégresse se mêle une profonde gravité. Comment en serait-il autrement alors que le bilan humain de la Grande Guerre dépasse tout ce qui a été connu jusqu’ici. Dix millions de combattants tués, 1,4 million pour la France, autant d’orphelins, de parents ou d’épouses endeuillés.
«Le carnage finit par l’éclatante victoire de nos armes et la défaite irrémédiable de ceux qui l’avaient prémédité, organisé, voulu, assène le rédacteur en chef du Figaro dans son éditorial. Les morts vengés par la victoire, voilà ce qui est digne d’être appelé la justice. Ce sentiment a cela de beau et de fort qu’il n’empêche pas les cœurs de bondir d’allégresse, mais qu’il laisse à l’esprit la gravité que tant de deuils et de ruines n’effaceront pas de longtemps. Ce beau mélange de gravité et d’allégresse, ç’a été le spectacle unique dans l’histoire qu’ont donné le Parlement français et la foule parisienne en cette journée du 11 novembre 1918. Qui, de ceux qui y assistèrent, pourra oublier l’arrivée de Clemenceau dans l’hémicycle et les larmes qu’on vit tomber de ses yeux? Puis la montée à la tribune, au milieu des ovations et des cris patriotiques, et la lecture des conditions de l’armistice que scandait l’éclat des canons !
Le président de la République se rend devant l’Arc de Triomphe, érigé par Napoléon pour célébrer ses victoires. Il passera les troupes en revue vers 11h15 et entendra la sonnerie militaire du «cessez-le-feu». Une urne surmontée d’un bleuet de France, nommé d’après l’association venant en aide aux anciens combattants, contenant de la terre prélevée dans 16 sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale «sera symboliquement déposée sur la tombe du soldat inconnu». Une minute de silence sera observée avant qu’une Marseillaise ne soit entonnée. La fin de la Grande Guerre commence au large de Moudros, sur le cuirassé britannique Agamemnon. C’est à son bord que se rencontrent les plénipotentiaires ottomans et britanniques pour mettre fin aux combats sur le front d’Orient.
Malgré les protestations de Georges Clemenceau, les Français ont été soigneusement écartés des discussions, preuve évidente de la volonté britannique d’exercer un monopole sur le Proche-Orient dans les années d’après-guerre. Le 30 octobre, à 23 heures, l’armistice est signé. Dans les jours qui suivent, les troupes turques capitulent. Les répercussions sont considérables: le 3 novembre, les Austro-Hongrois signent à leur tour un armistice avec les Italiens… que ces derniers s’empressent de ne pas appliquer en s’emparant de Trente et d’Udine. Comment réagissent les pouvoirs allemands à ces évolutions? Le général Ludendorff démissionne le 22 octobre 1918. Il ne veut pas que les militaires allemands soient obligés d’assumer la défaite. En même temps, selon lui, le front occidental n’est pas enfoncé, même s’il craint une évolution rapide et défavorable.
Le général Groener succède à Ludendorff au moment où les premières mutineries éclatent dans la flotte de haute mer de Kiel. Les marins apprécient peu l’idée d’une sortie sacrificielle qui tienne lieu de baroud d’honneur. Le 1er novembre, Guillaume II refuse toujours l’idée d’une abdication. Il faut attendre encore une semaine pour qu’il y soit contraint. Le Kronprinz ayant renoncé au trône, c’est un gouvernement provisoire qui se met en place, dirigé par le socialiste modéré Friedrich Ebert. La délégation allemande chargée de discuter les conditions de l’armistice est présente depuis le 8 novembre à Rethondes, dans l’ancienne voiture-restaurant de la Compagnie des wagons-lits, qui tient lieu de poste de commandement au général Foch.
Pour débuter ce 107ème anniversaire de l’Armistice de 1918, Emmanuel Macron a dévoilé une plaque pour rendre hommage aux soldats alsaciens et mosellans incorporés de force et tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. En ce matin du lundi 11 novembre, le président de la République, Raymond Poincaré, patiente dans son bureau. Dehors, il fait froid, mais un beau soleil inonde les jardins de l’Élysée. Poincaré attend la visite de Georges Clemenceau, qui est en retard. Entre Poincaré et Clemenceau, les relations sont houleuses. Mais, en ce jour particulier, les deux hommes doivent s’entendre pour annoncer la nouvelle aux Français. Depuis l’aube, ils savent tous les deux que, dans un train stationné en forêt de Compiègne, l’armistice vient d’être signé entre les plénipotentiaires alliés et allemands.
Tout s’est précipité à la vitesse de l’éclair. Jusqu’en juillet 1918, les Allemands pensaient pouvoir l’emporter. Avec la révolution bolchevique, le Reich avait pu libérer ses troupes du front russe pour les lancer à l’ouest contre les Alliés. La seconde «bataille de la Marne» a été décisive. Les Français, un temps dépassés, ont résisté. Puis, tout a basculé en août sur les autres fronts. De la fin septembre au début novembre, les Bulgares, puis les Turcs, puis les Autrichiens ont demandé l’armistice. L’Allemagne ne peut continuer seule. Fin septembre, le général en chef des armées du Reich, Ludendorff, avait déjà confié au Kaiser Guillaume II que la situation semblait perdue. Les troupes sont épuisées et démoralisées. Des troubles commencent à éclater à l’arrière.
Emmanuel Macron va quitter les Invalides pour se rendre devant le Grand-Palais, à proximité des Champs-Elysées. Il déposera une gerbe, avant d’entendre la sonnerie aux morts et d’observer une minute de silence. Le «Tigre» vendéen présidait le Conseil des Ministres à partir de 1917 et avait largement contribué au succès militaire. Emmanuel Macron est arrivé aux Invalides. Sous la lumière voilée d’un ciel d’automne, les grilles bleues et or de la Cour des Invalides s’ouvrent à une petite foule parée de bleuets cartonnés. Elle répond à l’invitation de l’Œuvre nationale du Bleuet de France, qui, à l’occasion de son centenaire, a inauguré mercredi 5 novembre un atelier éphémère pour enfants. Là, dans un abri vitré de 25 m², les enfants et les curieux sont invités à confectionner leur propre bleuet. Rare pousse dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, la fleur bleue emblématique et les dons qu’elle charrie adoucissent toujours le quotidien des soldats blessés. Ils fleurissent ces jours-ci aux boutonnières des vestes comme ils surgissaient jadis de la fange des tranchées, fragments de poésie éparpillés dans le chaos de terre et de barbelés des no man’s land de la Grande Guerre.
Comme à chaque commémoration d’armistice, c’est en ce moment la saison des bleuets : l’habitude fut prise, depuis déjà un siècle, de les arborer en hommage aux blessés de guerre, à leurs familles, aux veuves et aux orphelins qui ont payé à la nation le plus lourd des tributs. À l’origine, deux infirmières de l’hôpital militaire des Invalides firent confectionner aux blessés de guerre de petits bleuets en tissu et en papier, dont la vente assurait aux malheureux un revenu : une forme de réinsertion par le travail, en somme. Le port du Bleuet de France s’est ensuite généralisé en hommage aux anciens combattants. À Thézillieu, la mémoire du capitaine Barrucand, héros de la Première Guerre mondiale, fait partie du paysage local. Pourtant, sa sépulture, entretenue depuis plus d’un siècle, a été retrouvée profanée quelques jours avant les commémorations du 11 novembre. Quelques jours plus tôt, le 28 octobre, il s’était encore recueilli devant une tombe intacte. Entre ces deux dates, des individus ont arraché cinq vases en fonte de type Médicis, les sept tronçons de chaînes décoratives et la plaque commémorative en bronze peint, posée en 2018 pour le centenaire de l’Armistice.
Lorsque débute l’année 1918, les fronts militaires se sont stabilisés depuis de longs mois. Mais la révolution russe a changé la donne. Lénine et Trotski ayant décidé de sortir la Russie de la guerre, 40 divisions allemandes mobilisées à l’est de l’Europe sont basculées à l’ouest face aux troupes alliées. L’état-major allemand souhaite profiter de cette soudaine et inespérée supériorité numérique pour lancer de grandes offensives qui pousseront les forces de l’Entente à négocier une paix qui lui sera favorable. La résistance admirable des Alliés face aux grands assauts allemands entre mars et août décide du sort de la guerre. « À Port-Vila, Vanuatu, nous honorons la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la France et ses alliés. Mais le 11 Novembre n’est pas seulement un jour de souvenir. »
« Nous honorons la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la France. Jour après jour, la jeunesse reprend le flambeau et se mobilise pour porter les idéaux français de liberté, d’égalité et de fraternité », a publié Fabien Mandon, chef d’État-Major des Armées sur X. Le rituel permet de ne pas oublier. Comme chaque année, le chef de l’État, Emmanuel Macron, présidera les commémorations du 11 Novembre, qui rendent hommage à tous les soldats morts pour la France. Il rallumera la flamme du soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe. Cette année, il dévoilera aussi une plaque, aux Invalides, en mémoire des malgré-nous morts durant la Seconde Guerre mondiale, une « tragédie » qu’il faut « reconnaître et enseigner », avait déclaré en février le président de la République. En assumant l’histoire, Emmanuel Macron voudrait renforcer le ciment national. Le président de la République se rendra à 10h05 à l’Hôtel des Invalides, bâti par Louis XIV. Il y dévoilera une plaque en mémoire des Alsaciens et Mosellans, morts pendant la Seconde Guerre mondiale sous l’uniforme allemand car ils étaient incorporés de force. Ces deux territoires ont été occupés entre 1870 et 1918, puis entre 1940 et 1944.
Les Français continuent de célébrer, chaque 11 novembre, l'armistice de 1918. Ils bénéficient ainsi d'un jour férié supplémentaire. Le roi Charles III et le prince William lors du Remembrance Sunday, le 13 novembre 2022, à Londres. Il y a près de 12 ans, le 4 février 2012, s’éteignait le dernier témoin des combats de premier grand drame du XXe siècle. L’Anglaise Florence Beatrice Green, âgée de presque 111 ans, s'était enrôlée en septembre 1918 dans la Royal Air Force. Elle avait servi durant quelques semaines en tant que steward au mess des officiers de plusieurs aérodromes militaires. Depuis lors, suivant une pieuse habitude, les sujets de Sa Gracieuse Majesté ont continué d’observer le Remembrance Sunday - dimanche du souvenir - chaque deuxième dimanche de novembre, le plus rapproché du 11. Il est également connu sous le nom de "Poppy Day" ou "Jour du Coquelicot", la fleur emblématique des cérémonies, que l'on se doit d'arborer à sa boutonnière. Chaque année, 40 millions de "poppies" artificiels sont fabriqués par des anciens combattants handicapés, à Richmond upon Thames, près de Londres, dans les locaux de la Royal British Legion, l'organisation caritative qui soutient les soldats et leurs familles. Deux minutes de silence observées à 11h11.
Aujourd’hui, la tradition perdure non seulement à travers tout le Royaume-Uni, mais également dans les pays du Commonwealth qui ont pris part à la guerre, comme le Canada, l'Afrique du Sud, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Le 11 novembre proprement dit, deux minutes de silence sont observées à 11h11 du matin, moment précis du cessez-le-feu en 1918. Cet instant de recueillement est précédé de la sonnerie aux morts et suivi du "Réveil". On y recite divers poèmes, dont une strophe de l’Ode du Souvenir, composée par Laurence Binyon "For The Fallen" et publiée dans le Times, dès septembre 1914. "Ils ne vieilliront pas comme nous, / Qui leur avons survécu. / Ils ne connaîtront jamais l'outrage / Ni le poids des années. / Quand viendra l'heure du crépuscule / Et celle de l'aurore, / Nous nous souviendrons d’eux".
