Actualité du week-end du 1er mai dans Libération

Le week-end du 1er mai est marqué par une forte mobilisation sociale, un débat politique sur le travail des salariés pendant la fête du Travail et une controverse autour de l’ouverture de certains commerces. Les manifestations ont réuni 158 000 personnes en France selon la police, plus de 300 000 selon la CGT.

À Paris, 24 000 personnes étaient réunies, selon le ministère de l'Intérieur, tandis qu'elles étaient 100 000 selon le syndicat. La question de l’augmentation des salaires est revenue dans tous les cortèges, vendredi 1er mai.

Manifestation syndicale du 1er mai à Paris

Une journée de revendications en France et dans le monde

Depuis 1947, le calendrier français consacre le 1er Mai comme la journée officielle de la fête du Travail. Cette journée chômée et payée, avec une interdiction légale du travail sans réduction de salaire, se consacre ainsi aux défilés des syndicats dans les principales villes de France, mais également à la fête du muguet.

Il n'y a pas qu'en France que le 1er-Mai est une date importante. Les travailleurs du monde entier sont descendus dans la rue pour clamer leurs droits, de la Turquie à Cuba en passant par la Côte d'Ivoire.

La question de l’augmentation des salaires est revenue dans tous les cortèges, vendredi 1er mai. « Aujourd'hui, on travaille pour survivre » : le pouvoir d’achat au cœur des revendications dans les cortèges du 1er-Mai.

Le cortège parisien opposé au travail le 1er Mai

Le cortège parisien vent debout contre le travail le 1er-Mai. Entre 158 000 personnes selon la police et 300 000 selon la CGT se sont élancées dans les rues de France, durant le traditionnel défilé du 1er-Mai.

Une manifestation marquée cette année par la proposition de loi du gouvernement visant à faciliter le travail durant ce jour chômé. Reportage dans les rues de Paris.

Alors que l’exécutif s’est saisi, ces dernières semaines, de la question du travail le 1er-Mai, les manifestants interrogés par franceinfo à Paris s’opposent à tout changement législatif. « J'ai travaillé les jours fériés toute ma vie, j'en ai perdu ma famille » : dans le cortège parisien, la défense d'un 1er-Mai chômé.

Le 1er mai, ce qui reste en travers de la gorge de la classe dominante, c’est qu’en réalité, on se mobilise », affirme Olivier Besancenot, cofondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

Invité de La Matinale ce 1er mai, Olivier Besancenot, co-fondateur et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), réagit à la polémique autour des dérogations permettant à certains commerces de travailler lors de la fête des travailleurs. Il dénonce une « offensive idéologique » contre le 1er mai et alerte sur une remise en cause plus large du Code du travail et des droits sociaux.

Le débat sur l’ouverture des commerces

Le débat fait rage ces dernières semaines : fallait-il ouvrir ou non les boulangers et les fleuristes, et leur permettre de faire travailler leurs employés ce 1er mai ? Le gouvernement avait dû reculer sur la question, face à l'opposition. Certains commerçants ont tout de même décidé d’ouvrir.

Boulangers, fleuristes… De nombreux artisans dénoncent le grand flou autour de l’ouverture des commerces les 1er-Mai. Les contours de la loi sur le 1er mai sont encore bien compliqués en matière d'ouverture de commerces.

Le gouvernement avait dit vouloir autoriser les boulangers et les fleuristes à ouvrir leurs boutiques et à employer leurs salariés sous conditions. Mais le projet de loi a finalement été abandonné. De nombreux artisans dénoncent le grand flou.

« Pourquoi on n'aurait pas le droit d'ouvrir ? » : à Paris, des commerçants passent outre le 1er-Mai chômé. Cette année, le gouvernement permet aux boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes de faire travailler des salariés volontaires le 1er-Mai, avec une rémunération doublée.

Mais dans le 17e arrondissement de la capitale, d'autres commerçants ont pris la liberté d'en faire de même. « C'est vital pour moi » : dans une boulangerie des Bouches-du-Rhône, les clients et les salariés défendent la liberté de choisir de travailler ou non le 1er-Mai.

Dans le centre-ville d'Auriol, malgré la polémique autour de la fête du Travail, la boulangerie était bien ouverte dès 6 heures du matin.

Des commerçants dans l’incertitude juridique

1er-Mai : après avoir ouvert leur boutique avec des salariés, des commerçants sont dans « le flou » sur les risques de sanctions. Si la loi autorise les fleuristes et les boulangers à ouvrir en ce jour férié, avec derrière le comptoir seulement le patron, l'absence de nouvelle loi sur l'emploi des salariés entretient une incertitude pour les commerçants sur la possibilité d'être verbalisés.

Des enseignes ouvrent ce 1er-Mai, sans salariés, mais grâce à des vigiles de sociétés de sous-traitance. Ces agents sont rapidement débordés, comme franceinfo a pu le constater dans des magasins franciliens.

« On voit qu'ils sont stressés » : des vigiles se retrouvent seuls aux manettes dans des supermarchés ouverts le 1er-Mai.

Un boulanger isérois, contrôlé vendredi pour avoir ouvert sa boutique, a été appelé par le Premier ministre alors que le gouvernement souhaite autoriser les boulangers et fleuristes à travailler à l'occasion du 1er-Mai.

1er-Mai : Sébastien Lecornu appelle un boulanger isérois verbalisé pour avoir ouvert sa boutique. Ce contrôle des inspecteurs du travail intervient alors que le gouvernement souhaite autoriser les boulangers et les fleuristes à travailler le 1er-Mai.

1er-Mai : le syndicat CGT Travail d'Isère dénonce une « pression indue » après le coup de téléphone de Sébastien Lecornu à un boulanger contrôlé.

Le projet de loi transmis au Parlement

1er-Mai : les règles concernant le travail seront-elles assouplies ? Comme chaque années, les débats sur l'ouverture ou non de certains commerce durant la fête du Travail animent ce vendredi 1er mai.

La veille, le gouvernement a déposé un projet de loi pour une application en 2027 autorisant les fleuristes et les boulangers à faire travailler leurs salariés.

Le Sénat adopte le projet de loi autorisant le travail de salariés volontaires des boulangers et fleuristes le 1er-Mai. Le texte est désormais transmis à l'Assemblée nationale, où son examen s'annonce plus mouvementé.

Loi sur le travail le 1er-Mai : « Un scandale » et « une brèche ouverte » dans le droit du travail, alertent les syndicats. Le projet de loi du gouvernement pour autoriser boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er-Mai revient devant le Sénat mardi 16 juin.

Les syndicats sont vent debout contre le texte. « On a agi collectivement pour le 1er mai, pour le conserver férié et chômé », se félicite Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière.

La Direction générale du Travail suggère aux agents, dans une note, de prendre en compte le « dialogue social » dans les contrôles des boulangers et fleuristes en ce 1er-Mai. En attendant que le cadre légal soit clarifié, les inspecteurs du travail devront faire au cas par cas.

1er-Mai : « C'est stupéfiant que le gouvernement donne à demi-mot des consignes visant à désobéir à la loi », estime Manuel Bompard.

Les arguments des syndicats et des commerçants

Le président de la CPME Paris réclame le droit de travailler, le 1er-Mai, pour « l'ensemble des entreprises de proximité ». Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris, était l'invité de franceinfo, vendredi 1er mai 2026.

« Ce n'est pas normal que les syndicats refusent de discuter avec nous », estime Edwige Diaz, députée RN de Gironde. Invitée politique de « La Matinale » samedi 2 mai, Edwige Diaz, députée RN de Gironde, est revenue sur les relations entre son parti et les syndicats, alors que de nombreux travailleurs remettent en cause des échanges trop étroits des élus avec le patronat.

Commerces ouverts le 1er-Mai, hausse du prix des carburants. L'interview de Manon Aubry. L'eurodéputée La France insoumise était l'invitée du « 8h30 franceinfo », samedi 2 mai 2026.

Le pouvoir d’achat au centre des manifestations

« Aujourd'hui, on travaille pour survivre » : le pouvoir d’achat au cœur des revendications dans les cortèges du 1er-Mai. La question de l’augmentation des salaires est revenue dans tous les cortèges, vendredi 1er mai.

Les manifestations ont réuni 158 000 personnes à travers tout le pays d’après la police, plus de 300 000 selon la CGT. Les revendications salariales se sont ajoutées à la défense du caractère férié et chômé du 1er-Mai.

Frédéric Souillot, secrétaire général de l’organisation syndicale Force Ouvrière, était l’invité des 4 V sur France 2 ce mercredi, pour un entretien consacré notamment au 1er mai, au pouvoir d’achat et à la question du prix des carburants.

Les partis politiques mobilisés

1er-Mai : les représentants des partis politiques sur le pont. À un an de l'élection présidentielle, vendredi 1er mai, les prétendants à la présidentielle n'ont pas manqué l'occasion de s'afficher, en meeting ou dans les cortèges.

Retour sur les principales images et déclarations. « Nous sommes prêts ! » : dans la manifestation du 1er-Mai, Jean-Luc Mélenchon met le cap sur la présidentielle 2027.

Alors que La France insoumise pourrait officialiser sa candidature dès dimanche, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole vendredi, place de la République à Paris, pour haranguer des militants insoumis, impatients de se lancer dans la campagne présidentielle.

Bruno Retailleau à Cholet pour « célébrer d'abord le travail » et l'ouverture des commerces le 1er-Mai. Dans les halles de Cholet, ouvertes en ce jour férié, le candidat LR à la présidentielle a surfé sur le flou gouvernemental au sujet du 1er-Mai, appelant à faire du travail « une grande priorité nationale ».

Le rassemblement du Rassemblement national

Le Rassemblement national célèbre aujourd’hui le 1er mai à Mâcon, en Saône-et-Loire. Plusieurs milliers de militants sont attendus pour écouter, cet après-midi, les discours des deux chefs de file, Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Ils devraient évoquer la perspective de la présidentielle de 2027 et leur aspiration à conquérir le pouvoir même si on ne sait pas encore lequel des deux sera désigné candidat.

Depuis quelques années maintenant, le RN organise, à l’occasion de la fête du Travail, un rassemblement des principales figures du parti en dehors de Paris. L’an dernier, c’était à Narbonne, l’année précédente à Perpignan et l’année d’avant encore, au Havre.

L’objectif étant de labourer des terres de potentielles conquêtes électorales loin de la capitale et d’opposer une concurrence médiatique aux traditionnels défilés des organisations syndicales.

Rassemblement politique du 1er mai à Mâcon

De Jeanne d’Arc à la « fête de la nation »

Pourtant, c’est bien à Paris qu’est né le rituel nationaliste du 1er mai. Il a pour origine la fête nationale consacrée à Jeanne d’Arc, instaurée par une loi de 1920, qu’a fait voter à l'époque le député Maurice Barrès, figure du nationalisme français.

Elle est traditionnellement célébrée le deuxième dimanche du mois de mai en mémoire de la libération d’Orléans, opérée par l’armée française commandée par Jeanne d’Arc, le 8 mai 1429.

Plusieurs mouvements d’extrême droite, dont l’Action Française, en firent dès l’origine, dans les années 20, une occasion de rassemblement et de commémoration. Et le Front national de Jean-Marie Le Pen, fondé en 1972, s’y associa pour la 1ère fois en 1979.

A cette époque, ses adhérents défilent avec toutes les autres formations d’extrême droite, le deuxième dimanche du mois de mai.

Le changement de date en 1988

En 1988, Jean-Marie Le Pen avance d'une semaine l'hommage à Jeanne d'Arc. tout change en 1988. Car c'est une année d’élection présidentielle et que le 8 mai est le jour du second tour qui voit s’affronter Jacques Chirac et François Mitterrand.

Jean-Marie Le Pen, lui, est arrivé 4ème à l’issue du 1er tour, le 24 avril, avec un score qui a surpris tout le monde : 14,38% des voix.

Pour célébrer cette performance, il décide d’avancer d’une semaine l’hommage à Jeanne d’Arc. Et par la même occasion de s’afficher comme leader d’un parti populaire concurrent des organisations syndicales dans la mobilisation des classes laborieuses.

Il dit à l'époque vouloir célébrer à la fois « Jeanne d’Arc et le travail ». L’opération est un succès.

Entre 25 et 30 000 personnes se réunissent autour de Jean-Marie Le Pen, place de l’Opéra, à Paris. Il décide alors d’en faire un rendez-vous annuel.

et réunit ses troupes qui défilent en cortège de la place de l’Opéra jusqu’à la place des Pyramides où une statue rend hommage à la pucelle d'Orléans. Ce rituel va se répéter 27 années durant jusqu’en 2015.

La rupture entre Marine et Jean-Marie Le Pen

Cette année-là, ce n’est plus Jean-Marie Le Pen qui dirige le Front national. C’est sa fille Marine et elle prépare la présidentielle de 2017.

La dédiabolisation est un concept théorisé et mis en œuvre depuis quelques temps déjà. Mais son père n’en veut rien savoir et à quelques semaines du 1er mai, il réitère ses propos sur « les chambres à gaz, point de détail de l’histoire » qui lui avait valu condamnation à la fin des années 1980.

Le jour de l’hommage à Jeanne d’Arc, sa fille lui interdit de prendre parole mais celui-ci monte sur scène. Et dans une parka rouge, il lève les bras au ciel et il crie : « Jeanne, au secours ».

Une prise de distance avec un rituel qui associe le Rassemblement national à l'extrême droite nationaliste. Le divorce politique entre le père et sa fille est alors consommé.

Un rituel maintenu mais transformé

A partir de l’année 2016, il n’y a plus de rassemblement organisé place de l’Opéra, à Paris. Plus de défilé en direction de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides.

Marine Le Pen organise un « banquet patriotique », porte de la Villette, suivi d’un discours devant 2000 participants. L’année suivante, en 2017, le 1er mai tombe une nouvelle fois entre les deux tours de la présidentielle.

Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour face à Emmanuel Macron. Et elle organise une réunion publique pour la fête du Travail à Villepinte, en dehors de Paris.

Dans son discours, il n’est pas question de Jeanne d’Arc, à aucun moment. Dans une volonté, sans doute, de rompre avec le passé incarné par son père.

Les années suivantes, les hommages à Jeanne d’Arc à l’occasion du 1er mai reprennent. Elle reste une figure de premier plan du panthéon nationaliste.

Mais ils reprennent de façon plus discrète, moins ostentatoire. Ils se font en marge des rassemblements, rebaptisés aujourd'hui « fête de la nation » et organisés désormais systématiquement en dehors de Paris, comme c’est le cas aujourd’hui à Mâcon.

Le rituel perdure mais il ne s’organise plus autour de la figure de Jeanne d’Arc qui véhicule sans doute, dans la perspective revendiquée de conquête du pouvoir, une image trop conservatrice, trop catholique et vraisemblablement trop identifiée à l’extrême droite nationaliste.

Et depuis 2024, c'est Marion Maréchal qui a récupéré le rituel inventé par son grand père et qui préside, aujourd'hui 1er mai, pour la troisième année consécutive, une cérémonie d'hommage à Jeanne d'Arc dans son village natal, à Domrémy, dans les Vosges.

Le muguet, une tradition populaire et réglementée

Chaque 1er mai, des millions de brins de muguet sont offerts en France. Une tradition bien ancrée, souvent associée à la fête du Travail, mais dont l’origine est, en réalité, bien plus ancienne et entourée de quelques idées reçues.

1er-mai : le muguet, une tradition encadrée mais toujours populaire. Chaque 1er mai, le muguet envahit trottoirs et places publiques.

Entre tradition populaire, gestes porte-bonheur et réglementation stricte, particuliers et acheteurs perpétuent un rituel bien français, sous l'œil parfois indulgent des autorités.

Fête du Travail, vente libre, plante toxique. Trois idées reçues sur le muguet du 1er mai.

Les cérémonies et les controverses locales

1er-Mai : « Les mineurs doivent se retourner dans leurs tombes », déplore la CGT, alors que le maire RN de Liévin a supprimé la cérémonie. « Quand les mairies deviennent RN, voilà ce qui se passe », estime Éric Goulard, de la CGT Artis, vendredi sur France Inter.

Le maire de Liévin a annulé la cérémonie du 1er-Mai, tout en maintenant un hommage aux mineurs.

« Casse toi, sale traître » : Olivier Faure enfariné dans la manifestation du 1er-Mai à Amiens. Le premier secrétaire du Parti socialiste défilait notamment aux côtés du nouveau maire PS d'Amiens, Frédéric Fauvet.

Les principaux sujets audio du week-end

  • 1er-Mai : l’actualité à écouter
  • Fête du Travail, vente libre, plante toxique. Trois idées reçues sur le muguet du 1er mai
  • Les « boulangers et les fleuristes n'ont-ils pas le droit d'ouvrir » leur boutique le 1er-Mai, jour de la fête du travail ?
  • Travailler le 1er mai, permis suspendu pour téléphone au volant, malaise millenial : ça dit quoi ce 1er mai ?
  • Ouverture des commerces les jours fériés : « Nous sommes face à une crise du temps », analyse Jean Viard

Vrai ou faux audio 2 minutes 23. Vrai ou faux audio 2 minutes 3.

Des scènes tensions lors des manifestations du 1er-Mai

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