La Guirlande est une gravure de mode originale coloriée à la main, réalisée en 1869 par Adèle-Anaïs Toudouze pour La Mode illustrée, à Paris. L’œuvre appartient à la grande période des planches de mode parisiennes du XIXe siècle, lorsque les journaux consacrés à l’habillement diffusaient auprès d’un public élargi les silhouettes, les toilettes et les accessoires associés à la haute mode.
Adèle-Anaïs Toudouze, née Adèle-Anaïs Colin, compte parmi les artistes majeures de La Mode illustrée. La planche est une gravure originale coloriée à la main, imprimée sur papier vergé du milieu du XIXe siècle, avec ses marges complètes telles qu’elles avaient été publiées en 1869.

Identification de l’œuvre
| Élément | Description |
|---|---|
| Titre | La Guirlande |
| Artiste | Adèle-Anaïs Toudouze, née Adèle-Anaïs Colin |
| Date | 1869 |
| Technique | Gravure originale coloriée à la main |
| Publication | La Mode illustrée, Paris |
| Imprimeur | Gilquin Fils, Imp., Paris |
| Dimensions approximatives | 12 × 8 1/2 pouces |
| Support | Papier vergé du milieu du XIXe siècle |
Adèle-Anaïs Toudouze, une artiste au sein d’une famille de créateurs
Adèle-Anaïs Toudouze, née Adèle-Anaïs Colin, fut une illustratrice française de planches de mode, née en Ukraine. Elle était la fille du peintre et lithographe Alexandre-Marie Colin et d’une mère qui était également peintre.
Anaïs était la deuxième sœur aînée de la famille Colin. Elle avait une sœur aînée, Héloïse, et deux sœurs cadettes, Laure et Isabelle. Tous les enfants étaient artistes, et Héloïse et Anaïs travaillèrent étroitement sur de nombreux projets d’illustrations de planches de mode, avec des styles similaires.
Elles descendaient d’une longue lignée d’ancêtres également artistes, parmi lesquels Jean-Baptiste Greuze. Les filles apprirent leur métier auprès de leur père au lieu de fréquenter une académie.
Son père était un défenseur du mouvement romantique et un proche d’Eugène Delacroix, de Théodore Géricault et de Paul Gavarni. Cette influence éveilla également chez Anaïs un intérêt pour le mouvement romantique, et elle adopta cette orientation dans son œuvre.
Son père possédait un atelier appelé Père, situé au « centre de l’activité artistique à Paris ». Cette situation maintenait les jeunes filles profondément impliquées dans le monde de l’art et leur permettait d’y être constamment immergées.
Chacune des sœurs remporta des récompenses et des médailles au Salon entre quatorze et vingt ans. Leurs peintures et leurs illustrations étaient admirées par le public.
À la différence d’autres artistes femmes de cette époque, les sœurs Colin ne se limitaient pas aux thèmes historiques ou religieux considérés comme relevant du grand art. Leur père les encourageait à apprendre les techniques artistiques, bien qu’elles n’aient pas reçu de formation académique officielle.
Vie familiale et carrière professionnelle
En 1845, Anaïs épousa l’architecte et aquafortiste Gabriel Toudouze. Ils ne furent mariés que neuf ans avant sa mort, en 1854, laissant Anaïs s’occuper de leurs trois jeunes enfants.
Afin de subvenir aux besoins de sa famille, Anaïs travailla et produisit de nombreuses planches d’illustration de mode pour des magazines, des journaux et des livres consacrés à l’habillement.
Sa fille Isabelle suivit les traces de sa mère et devint illustratrice de mode et peintre. Son fils aîné Gustave devint romancier, et son fils Georges-Gustave écrivit un ouvrage consacré à l’histoire de l’illustration de mode et de la famille artistique, intitulé Le Costume françois. Son second fils, Édouard, devint également peintre.
Adèle-Anaïs Toudouze mourut en 1899. Elle est aussi mentionnée sous les noms de Mademoiselle Anaïs Colin, Adèle-Anaïs Colin et Adèle-Anaïs Colin-Toudouze.
La Mode illustrée et l’essor des planches de mode
Au milieu de l’époque victorienne, deux facteurs contribuèrent directement au développement de la gravure de mode originale. La machine à coudre se généralisa à la fin des années 1850 et, dans les années 1860, des patrons en papier furent introduits pour son utilisation.
La haute mode devint ainsi accessible pour la première fois à la plupart des femmes. Parallèlement, une nouvelle force économique en pleine croissance se faisait sentir, et le secteur de l’édition commença à s’adresser directement aux femmes des classes supérieure et moyenne.
Le marché de la mode connut une très forte expansion avec des éditeurs tels que Peterson’s et Godey’s, en Amérique, ainsi que l’Englishwoman’s Domestic Magazine, en Grande-Bretagne, qui publièrent de nombreuses gravures et de nombreux patrons de mode.
Paris demeurait toutefois le centre de cette évolution, et La Mode illustrée en fut le leader incontesté dans le domaine de la gravure de mode.

La période artistique de 1860 à 1872
De 1860 à 1872, La Mode illustrée produisit certaines des plus belles planches de mode de l’époque. Ses gravures étaient plus grandes, plus détaillées et coloriées à la main avec davantage de qualités artistiques que celles de ses concurrentes en Angleterre, en France ou en Amérique.
La Guirlande, datée de 1869, appartient donc à cette période particulièrement importante de la publication. Elle témoigne d’un moment où la planche de mode n’était pas seulement un support pratique pour présenter des vêtements, mais aussi une œuvre graphique élaborée, destinée à être regardée, conservée et parfois encadrée.
En 1872, cependant, le coût élevé de la publication de ces œuvres originales, comme cet exemplaire, devint trop important, et La Mode illustrée fut contrainte de céder le terrain à des concurrentes moins coûteuses.
Technique, impression et présentation
L’œuvre est une gravure originale imprimée par Gilquin Fils à Paris et publiée par La Mode illustrée. La mise en couleur a été réalisée à la main, ce qui distingue cette planche des reproductions mécanisées et des impressions simplement monochromes.
La feuille mesure approximativement 12 × 8 1/2 pouces, la hauteur précédant la largeur de la cuvette ou de l’image. Un autre exemplaire décrit comme une gravure de mode d’Adèle-Anaïs Toudouze présente des dimensions de 21 × 25 cm sur un support de 26,7 × 37 cm.
L’exemplaire imprimé sur papier vergé du milieu du XIXe siècle possède ses marges complètes, conformément à la publication de La Mode illustrée en 1869. Il comporte une légère déchirure dans la marge inférieure, bien éloignée de la gravure proprement dite, mais l’impression et la mise en couleur sont décrites comme brillantes, l’ensemble étant en très bon état.
Une autre description signale une pliure centrale et quelques légères traces, avec un bon état général. Ces différences correspondent à des exemplaires décrits séparément et ne modifient pas l’identification de l’œuvre datée de 1869.

Intérêt historique et artistique
Les planches de mode du XIXe siècle constituent des documents visuels particulièrement importants pour l’histoire du vêtement, de l’édition et de la représentation des femmes. Elles enregistrent les formes des robes, les proportions des silhouettes, les ornements, les coiffures et les accessoires tels qu’ils étaient présentés au public contemporain.
Ces images témoignent également de la transformation du rapport entre la mode et la presse. Le développement des magazines féminins, la diffusion des patrons et l’usage croissant de la machine à coudre rapprochèrent les tendances parisiennes d’un public beaucoup plus large.
La planche de mode associait ainsi plusieurs fonctions : elle présentait une silhouette, diffusait un idéal vestimentaire, suggérait des associations de matières et de couleurs et participait à la circulation internationale des modèles parisiens.
Le travail d’Adèle-Anaïs Toudouze s’inscrit dans cette rencontre entre illustration, art graphique et culture de la mode. Sa formation familiale, son immersion dans le milieu artistique parisien et son expérience de graveuse lui permirent de participer à la production d’images destinées à un lectorat féminin en expansion.
La place de la gravure originale parmi les publications de mode
Les collectionneurs recherchent depuis longtemps ces gravures originales. L’attrait exercé par ces œuvres a été si important que des reproductions photomécaniques furent réalisées dès le début des années 1920.
Ces reproductions peuvent généralement être distinguées par la qualité médiocre du papier ainsi que par la matité générale de l’image et de la mise en couleur.
Une gravure originale coloriée à la main conserve au contraire les caractéristiques matérielles de son époque : le papier utilisé pour l’impression, les marges de publication, la qualité de l’encrage et les variations de la couleur appliquée manuellement.
Repères dans les gravures de mode du XIXe siècle
| Publication ou série | Exemple | Date | Technique |
|---|---|---|---|
| Costume Parisien, Paris | Chapeau de Crêpe Orné de Rubans de Gaze et de Fleurs de Tulipier | 1827 | Gravure originale coloriée à la main |
| Costume Parisien, Paris | Chapeau de Satin, Robe de Satin à Corsage et Manches Hérissées de Pointes | 1828 | Gravure originale coloriée à la main |
| Costume Parisien, Paris | Coiffure en Gaze Lamée, Camélia et Cheveux par M. Plaisir ; Corsage de Velours, Robe de Crêpe, Pelisse de Satin | 1819 | Gravure originale coloriée à la main |
| Godey’s Lady’s Book, Philadelphie | Godey’s Fashions for October, 1864 | 1864 | Gravure originale coloriée à la main |
| Godey’s Lady’s Book, Philadelphie | Godey’s Fashions for April, 1863 | 1863 | Gravure originale coloriée à la main |
| La Mode illustrée, Paris | La Guirlande, Adèle-Anaïs Toudouze | 1869 | Gravure originale coloriée à la main |
| Le Moniteur de la Mode, Paris | Le Moniteur de la Mode, publié dans Graham’s Magazine | 1850 | Gravure originale coloriée à la main |
| Galerie Royale de Costumes | Femme de l’île de Procida, royaume de Naples | Vers 1870 | Lithographie originale imprimée en couleurs |
Une œuvre au croisement de l’art et de la documentation
Les répertoires consacrés aux œuvres françaises du XIXe siècle classent ce type d’image parmi les productions d’artistes, d’illustrateurs et de graveurs internationaux actifs entre 1800 et 1899.
La gravure relève également des ensembles consacrés aux artistes français et aux œuvres ayant un thème français, ainsi que des catégories réunissant les portraits et études de figures, les métiers et occupations représentés dans l’art et les représentations de femmes.
Ces catégories montrent que la planche de mode peut être étudiée selon plusieurs perspectives : comme œuvre imprimée, comme document sur l’habillement, comme représentation féminine et comme témoignage de l’activité éditoriale parisienne.
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Attribution et appellations de l’artiste
Adèle-Anaïs Toudouze est identifiée comme l’artiste de cette gravure sous son nom marital. Elle est née Adèle-Anaïs Colin, et son parcours explique la coexistence de plusieurs formes de signature ou d’attribution.
Elle est également répertoriée sous les noms de Mademoiselle Anaïs Colin, Adèle-Anaïs Colin et Adèle-Anaïs Colin-Toudouze.
Cette diversité d’appellations est liée à son histoire familiale, à son mariage avec Gabriel Toudouze et aux usages bibliographiques employés pour identifier les artistes dans les publications et les catalogues de gravures de mode.
Caractéristiques essentielles de La Guirlande
- Œuvre attribuée à Adèle-Anaïs Toudouze, née Adèle-Anaïs Colin.
- Date de publication : 1869.
- Publication : La Mode illustrée, Paris.
- Technique : gravure originale coloriée à la main.
- Impression : Gilquin Fils, Paris.
- Support : papier vergé du milieu du XIXe siècle.
- Présence de marges complètes dans l’exemplaire publié.
- Format approximatif : 12 × 8 1/2 pouces.
- Œuvre appartenant à la période la plus remarquable de La Mode illustrée, entre 1860 et 1872.