Le mariage d’Ascanio de Vogüé au château de Vaux-le-Vicomte

Ascanio de Vogüé, le benjamin des trois frères qui dirigent le château de Vaux-le-Vicomte, est marié et père de quatre enfants âgés de 3 à 20 ans. Avec son épouse, il participe à la vie familiale et à la gestion du domaine, dont il est responsable de la gestion et des finances.

Le mariage d’Ascanio s’inscrit dans l’histoire d’une famille profondément liée à Vaux-le-Vicomte, propriété reçue par son père Patrice de Vogüé en 1967 à l’occasion de son mariage avec Cristina Colonna di Paliano, aristocrate italienne. Le château est ensuite devenu le cadre de mariages fastueux, de réceptions et de nombreux tournages.

Ascanio de Vogüé, le benjamin des « Trois Mousquetaires »

Quand ils étaient petits, on les appelait les Trois Mousquetaires. Alexandre et Jean-Charles, les faux jumeaux, et Ascanio, le benjamin, vivaient avec leurs parents, Patrice et Cristina de Vogüé, dans le plus beau château privé de France.

Et lorsqu’ils allaient se coucher, leur mère, de sa voix chantante aux intonations d’Italienne, leur racontait l’histoire de Fouquet. La comtesse napolitaine a ainsi transmis à ses fils l’amour d’un lieu enchanteur.

Dans une première vie, Alexandre a été guide de haute montagne, Jean-Charles faisait carrière chez Nike et Ascanio s’occupait d’événementiel. De superbes gaillards qui n’ont jamais coupé le lien avec l’univers de leur enfance, d’abord quitté pour « des bahuts de gosses de riches », comme le reconnaît l’un d’eux.

En 2012, ils peuvent passer la main à la cinquième génération. Quelle responsabilité que d’hériter de la plus grande propriété privée classée à l’inventaire des Monuments historiques - le château le plus visité de France après Versailles !

Une famille unie par le mariage et par le château

C’est en 1967, au moment de son mariage avec le comte de Vogüé, que le château entre dans la vie de Cristina Colonna di Paliano, jeune fille bien née de l’aristocratie italienne. Elle unit son destin à Patrice de Vogüé, personnage au caractère affirmé, qui a reçu ce château acquis par son arrière-grand-père, Alfred Sommier, puissant industriel ayant fait fortune dans le sucre.

Ce fut sans doute l’un des cadeaux de mariage les plus incroyables du XXe siècle. En épousant Cristina Colonna Di Paliano en 1967, Patrice de Vogüé reçoit de son père le plus grand château privé de France, Vaux-le-Vicomte, dans la famille depuis 1875.

Un présent somptueux… Et un terrible fardeau. Deux hectares et demi de toitures, 500 hectares de terres dont 33 de jardins à la française, et tout cela clos de murs ! Pas moins de 1 million d’euros par an de frais fixes.

La passion des lambris a un prix… mais rien ne décourage ce seigneur à l’ancienne parfois ombrageux. Surtout que les jeunes mariés se sont promis de rendre à la vaste propriété son lustre d’origine.

Le rôle d’Ascanio dans la gestion de Vaux-le-Vicomte

Jusqu’à sa disparition, en 2020, Patrice de Vogüé, épaulé par son enthousiaste épouse, va donc faire prospérer le domaine, chef-d’œuvre du Grand Siècle. Bien plus qu’un métier, c’est une vocation.

Les Vogüé ont gagné leur pari. Leur premier défi, ils le savent, sera de réussir à diriger « ensemble » le domaine et ses 75 employés. Ils ne veulent surtout pas tomber dans la guerre, inévitable, des deux contre un.

« On a suivi les conseils d’un coach qui nous a appris à bien communiquer », raconte Alexandre. Ils commencent par inscrire dans les statuts de la charte familiale : « Tout doit se décider à l’unanimité. »

Et ils y parviennent, sans doute parce que, comme le souligne Alexandre, ils sont « très différents mais aussi complémentaires » : « Jean-Charles est maintenant le directeur commercial ; Ascanio, responsable de la gestion et des finances ; et moi, je m’occupe du mécénat et des relations extérieures. »

De toute manière, avec quatre enfants du côté de Jean-Charles et le même nombre pour Ascanio, âgés de 3 à 20 ans, les voilà assez occupées…

Le château comme décor de mariages

Le mariage d’Ascanio s’inscrit dans un lieu qui accueille également d’autres célébrations privées. Patrice de Vogüé imagine, ce qui est audacieux à l’époque, de le louer pour des tournages.

En un demi-siècle, avec son caractère flamboyant, le château va servir de cadre à près de 80 longs-métrages, sans compter les téléfilms et les publicités. Notamment la plupart des productions censées se dérouler à la cour du Roi-Soleil, faut-il le révéler, à commencer par la série « Versailles » diffusée sur Canal+.

Les jardins ou les intérieurs du domaine ont également servi de décor à plus de soixante films et séries, de La folie des grandeurs de Gérard Oury en 1971, à Marie-Antoinette de Sofia Coppola en 2005, en passant par Moonraker, en 1978.

Gérard Depardieu, Roger Moore et des James Bond girls réveillent les fantômes et Dany Boon fait tout exploser - en images virtuelles - dans « Raid dingue ».

Un mariage à la française à Vaux-le-Vicomte

Pour vivre un mariage à la Française, Jen et Simon, ce couple d’Anglais vivant à Dubaï, ont choisi d’organiser leur grand jour au Château de Vaux Le Vicomte, accompagnés par l’agence Sumptuous Events.

Si le couple voulait faire son mariage à l’étranger, la France et Paris se sont imposés face à des destinations comme Marbella, Koh Samui ou le sud de la France. C’est via Internet que Jen est tombée amoureuse du Château de Vaux Le Vicomte.

Avec l’aide de Jean Charles Vaneck et Sumptuous Events, leur mariage de conte de fées a pu voir le jour. Pour vivre leur rêve français, Jen et Simon, aidés par l’agence Sumptuous Events et Jean Charles Vaneck, ont organisé leur mariage au Château de Vaux Le Vicomte.

mariage dans les jardins de Vaux-le-Vicomte

Une réception inspirée par le château

Une robe de mariée Vera Wang inspirée par celle de Kate Hudson dans Meilleures Ennemies, un wedding cake réplique du château réalisé par Bastien Blanc Tailleur, un lieu d’exception décoré pour l’occasion… Revivez en images ce mariage féerique.

Le wedding cake représentant le Château de Vaux Le Vicomte a été créé par Bastien Blanc Tailleur : cette création mesurait plus d’1m50 et a nécessité plus de 400 heures de travail.

Pour jouer le jeu complètement, le gâteau de mariage format XXL était une reproduction du Château de Vaux Le Vicomte. La salle de réception qui a accueilli la soirée de mariage de Jen et Simon était décorée pour prolonger l’atmosphère du domaine.

Du côté des invités, les costumes sombres pour les hommes et les robes colorées pour les femmes étaient de rigueur. Si le marié était en costume Tom Ford, la mariée avait choisi une robe de mariée Vera Wang, non sans rappeler celle portée par Kate Hudson dans le film “Meilleures ennemies”.

Un coup de cœur qu’elle a eu dans la boutique White Gallery à Londres entourée de sa sœur et de sa mère. Pour accompagner sa robe de mariée Vera Wang, Jen avait choisi des escarpins Dior.

gâteau de mariage représentant Vaux-le-Vicomte

Une mise en scène entre patrimoine et conte de fées

Un détail de la décoration de ce mariage. Un détail de la décoration de table de mariage.

Les invités dans les jardins du Château de Vaux le Vicomte le jour du mariage de Jen et Simon. Jen dans sa chambre, quelques minutes avant son mariage.

Simon, le futur marié, enfilant son costume Tom Ford. La robe de mariée Vera Wang en train d’être apportée à Jen.

Jen et Simon après avoir échangé leurs voeux. “She said yes !”

“Les rêves sont faits de gloire, de mode, d’un château et de mon propre prince charmant” a déclaré Jen, la mariée.

Une demeure historique devenue une aventure familiale

Il était une fois le surintendant général des Finances de Louis XIV. Il avait décidé de bâtir la plus grandiose des demeures avec un parc à perte de vue, Vaux-le-Vicomte.

Pour cela, il fit appel aux meilleurs artistes français du XVIIe siècle. L’architecte Le Vau, le peintre Le Brun et Le Nôtre, qui dessina les jardins dotés d’harmonieux bassins.

Il ne comprit pas que tant de faste ne pouvait qu’éveiller la méfiance de Louis XIV et, pire encore, faire de l’ombre au Roi-Soleil. Son ennemi, Colbert, qui caressait comme lui l’ambition de succéder au Premier ministre Mazarin, mort en mars 1661, sut tout faire pour convaincre le roi de punir l’insolent ambitieux.

Ne se doutant de rien, Fouquet invita Louis XIV et sa cour à la fameuse fête inaugurale du 17 août 1661. Il ignorait que son arrestation était déjà décidée. Il sera arrêté le 5 septembre par d’Artagnan, et ne retrouvera jamais la liberté.

Le château de Vaux-le-Vicomte, édifié entre 1658 et 1661, reste ainsi le cadre historique dans lequel la famille de Vogüé a construit son propre destin, de la réception de mariage de Patrice et Cristina à la transmission du domaine à leurs fils.

De Patrice et Cristina à la cinquième génération

Dès 1968, le couple décide de l’ouvrir au public. D’abord quelques pièces, puis l’intégralité de l’édifice, voulu par le surintendant des finances Nicolas Fouquet pour impressionner Louis XIV et sa cour.

C’est le début d’une véritable aventure entrepreneuriale dans laquelle s’investit pleinement la comtesse, jamais à court d’idées : ouverture d’une boutique, d’un restaurant, écriture d’un livre de cuisine…

Au début des années 1970, les Vogüé quittent le château pour s’installer dans les communs et misent sur le cinéma. Peu à peu, les visiteurs affluent. Au point de sortir « Vaux » de l’ombre de Versailles.

L’année « bénie » des frères Vogüé, 2018, sera celle des 317 000 visiteurs, parmi lesquels 1 800 Asiatiques le même jour ! Ce record absolu depuis l’ouverture au public, en mars 1968, fait l’objet d’une photo souvenir qui trône dans leur bureau.

ÉlémentDonnée
Mariage de Patrice et Cristina de Vogüé1967
Ouverture du château au public1968
Transmission à la cinquième génération2012
Visiteurs en 2018317 000
Superficie du domaine500 hectares
Jardins à la française33 hectares
Employés du domaine75

La continuité familiale après Patrice de Vogüé

Le comte Patrice de Vogüé, propriétaire du château de Vaux-le-Vicomte, en Seine-et-Marne, s’est éteint jeudi 19 mars. Âgé de 91 ans, il avait, le premier, décidé d’ouvrir le domaine au public et s’était battu sa vie durant pour l’entretenir.

Le comte Patrice de Vogüé est mort le 19 mars à Maincy (Seine-et-Marne), à l’âge de 91 ans. Il avait l’œil malicieux, le verbe haut et du panache, tout simplement.

Grâce à lui, Vaux-le-Vicomte n’est pas seulement l’un des plus beaux châteaux de France, au sein d’un domaine aménagé au XVIIe siècle par Nicolas Fouquet, alors surintendant des finances de Louis XIV.

Il est aussi un joyau patrimonial accessible au grand nombre - plus de 300 000 visiteurs le fréquentent chaque année. Aujourd’hui, le domaine de Vaux-le-Vicomte emploie plus de soixante-dix personnes, hors saisonniers, dont six jardiniers et deux fontainiers.

façade de Vaux-le-Vicomte illuminée

Un domaine vivant malgré les épreuves

Le 17 mars 2020, comme le reste du pays, les châtelains ont découvert le confinement. Adieu visites, reconstitutions historiques, chocolat chaud offert dans les files d’attente, événements, restaurant, cafétéria, boutique…

Bien qu’il n’ait pas encore fait ses comptes, Alexandre estime déjà que, « des 8 millions d’euros les bonnes années, on va plonger en 2020 dans le rouge : peu de billetterie, de rares privatisations et locations d’espace, pas d’opéra en plein air ni de mariage fastueux, même si, cet été, feux d’artifice et soirées aux chandelles ont pu partiellement être maintenus ».

Jean-Charles et son fils Raphaël ont conduit eux-mêmes le tracteur pour tondre les 13 hectares de pelouse. Pour désherber, ils ont appelé des amis à la rescousse.

Dès le samedi 28 novembre, les Vogüé ont pu réveiller leur Belle au bois dormant, rouvrir les imposantes grilles de fer forgé qui s’étaient refermées dans une atmosphère d’anxiété.

Les jardins et les cinquante sapins de la cour d’honneur sont maintenant parés de 4 000 mètres de guirlandes lumineuses, d’un immense ange scintillant et d’un écureuil géant, féerie plongeant le visiteur dans un univers magique.

Une histoire familiale prolongée par Ascanio

Alexandre, Jean-Charles et Ascanio ont su évoluer dans le sens de l’Histoire. Une Histoire qu’ils n’ont pas apprise dans les manuels mais sur le terrain.

Le mariage d’Ascanio de Vogüé prend place dans cette continuité : celle d’une famille qui a reçu une demeure exceptionnelle, l’a ouverte au public, l’a transformée en lieu culturel et événementiel, puis a transmis sa responsabilité à une nouvelle génération.

Alors, par une belle journée d’hiver, pourquoi ne pas aller rêver à Vaux-le-Vicomte et s’arrêter au passage dans la boutique où l’on trouve, entre autres, le miel des cinquante ruches du parc ?

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