Dans l’Église catholique, le baptême in extremis peut être administré à un bébé en danger de mort imminente. Il peut être célébré à la maternité, sans prêtre et sans cérémonie dans une église, lorsque l’état de santé du nouveau-né ne permet pas d’attendre.
En versant de l’eau sur la tête du nourrisson l’un des parents ou une personne de leur choix prononce la formule valide « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Si l’enfant survit, les parents doivent se rapprocher de leur paroisse pour célébrer le rite complémentaire du baptême.
Dans quelles situations demander un baptême urgent à la maternité ?
Lorsque les parents craignent que leur bébé ne survive pas assez longtemps après sa naissance - comme dans le cas d’un bébé gravement malade ou prématuré -, ils peuvent procéder à un baptême in extremis ou « baptismus in periculo mortis » (baptême en danger de mort).
Le baptême est une étape importante dans la vie spirituelle d’une personne. Toute personne désirant entrer dans la famille de Dieu peut recevoir le baptême. Il donne l’accès aux autres sacrements. Le baptême marque le début d’une vie nouvelle.
On peut être baptisé à tout âge : dès la naissance, en âge scolaire ou adulte. Dans l’Église catholique, le baptême in extremis concerne toutefois une situation particulière : celle d’un enfant exposé à un danger de mort imminent.
Qui peut administrer le baptême in extremis ?
Ce baptême in extremis est valable même s’il a lieu en dehors des conditions habituelles (absence de prêtre, pas de cérémonie dans une église, etc.) et il garantit à l’enfant l’accès à la grâce du baptême en cas de décès imminent, permettant ainsi son salut selon l’enseignement de l’Église catholique.
En cas d’urgence, l’un des parents ou une personne de leur choix peut verser de l’eau sur la tête de l’enfant et prononcer la formule baptismale. La présence d’un prêtre n’est donc pas indispensable lorsque le danger de mort ne permet pas d’attendre.
La formule à prononcer
Le prêtre ou le diacre prononce les paroles de baptême, qui sont : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
Pour un baptême urgent à la maternité, l’un des parents ou une personne de leur choix prononce la formule valide « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
L’eau utilisée
En versant de l’eau sur la tête du nourrisson l’un des parents ou une personne de leur choix prononce la formule valide « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
L’enfant est plongé dans l’eau ou aspergé d’eau bénite, symbolisant sa mort au péché et sa résurrection à une vie nouvelle en Christ.
Dans une situation d’urgence à la maternité, l’eau est versée sur la tête du nourrisson. Le geste doit être accompagné de la formule baptismale.

Le baptême in extremis est-il vraiment valable ?
« Cela ne veut pas dire pour autant que le baptême in extremis n’est pas valable », prévient le père Cédric Burgun, docteur en droit canonique et vice-doyen de la Faculté de Droit canonique de Paris.
Le baptême in extremis est valable même s’il est administré sans prêtre, en dehors d’une église et sans la célébration habituelle. Il ne s’agit donc pas d’un simple geste symbolique ou d’une prière faite auprès du bébé, mais bien d’un baptême reconnu par l’Église lorsque les conditions de l’urgence sont réunies.
Que faire si le bébé survit ?
Si l’enfant survit, un rite complémentaire doit être célébré à l’église afin qu’il soit accueilli dans la communauté chrétienne et qu’une attestation de baptême soit délivrée aux parents.
Le rite complémentaire est donc nécessaire pour l’entrée dans la communauté chrétienne. Il permet également de recevoir des grâces supplémentaires pour permettre à l’enfant de grandir dans la foi chrétienne.
Comme pour un baptême classique, il n’y a pas de jour obligatoire pour la célébration de ce rite, mais cela se passe en général le samedi après-midi ou le dimanche, pas nécessairement au cours de la messe. « L’important est de le faire dès que possible, comme le précise l’introduction au livre Le Rituel du baptême des petits enfants », note le père Cédric Burgun.
Le déroulement du rite complémentaire
Appelé aussi rite secondaire dans le langage courant, ce complément de baptême commence par le dialogue initial et l’entrée de l’enfant en l’église. Comme dans la cérémonie traditionnelle de baptême, l’enfant est accueilli dans la communauté chrétienne et reçoit son prénom.
« En revanche, à la question “que demandez-vous pour votre enfant ?”, posée à ce moment de la cérémonie, les parents ayant déjà baptisé in extremis leur bébé répondent non pas “qu’il soit baptisé” mais “qu’il soit reconnu comme faisant partie de l’Église” », précise le père Cédric Burgun.
Ils promettent aussi de l’éduquer dans la foi catholique. Les parrains et marraines s’engagent également à soutenir l’enfant dans la foi chrétienne, ce qui inclut de l’éduquer et de l’accompagner dans sa vie chrétienne.
Le signe de la croix et l’accueil dans l’Église
Le signe de la croix au seuil de la célébration « marque l’empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquis par sa croix » (CEC 1235).
S’ensuit alors l’entrée de l’enfant en l’église, la lecture biblique, la proclamation de foi ainsi que la litanie des saints.
La prière d’action de grâce
« Juste après, il y a la prière commune. Une action de grâce pour la vie sauvegardée peut alors tout à fait trouver sa place afin que les parents puissent remercier le Seigneur pour la vie sauvée de leur enfant », souligne le père Cédric Burgun.
L’onction avec le Saint-Chrême
Intervient ensuite l’onction avec le Saint-Chrême (huile consacrée par l’évêque). « Ce rite est au cœur du baptême car il marque la force du Christ et les saints dons du Saint-Esprit que reçoit le nouveau baptisé », détaille encore le père Cédric Burgun.
Le vêtement blanc et la lumière du cierge pascal
Les derniers temps forts de la cérémonie sont la remise du vêtement blanc et la remise de la bougie allumée à partir du cierge pascal (symbole du Christ lumière du monde).
« Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a “revêtu le Christ” (Ga 3, 27) : est ressuscité avec le Christ. Le cierge signifie que le Christ a illuminé le néophyte. Dans le Christ, les baptisés sont “la lumière du monde” » (CEC 1243).

Que devient le baptême si l’enfant décède ?
À l’issue de ce rite, les parents reçoivent une attestation de baptême qui servira à l’enfant toute sa vie pour les différents sacrements comme le mariage ou l’ordination par exemple.
« Les parents ayant malheureusement perdu leur bébé baptisé in extremis à la naissance peuvent aussi demander une attestation à leur paroisse, précise le père Cédric Burgun. Si elle ne servira pas l’enfant, elle sera aux yeux des parents une forme de reconnaissance ecclésiale de ce qui a été fait. Cela semble important surtout dans ce genre de situation dramatique ».
Comment contacter la paroisse après un baptême à la maternité ?
Si l’enfant survit, les parents doivent se rapprocher de leur paroisse pour célébrer le rite complémentaire du baptême. Il est important de faire cette démarche dès que possible afin d’organiser l’accueil liturgique de l’enfant dans la communauté chrétienne et d’obtenir une attestation de baptême.
Pour contacter les responsables des préparations :
- Enfants de moins de 3 ans : les parents doivent prendre rendez-vous au moins 3 mois avant le baptême.
- Enfants de 3 à 7 ans : prendre contact avec le responsable de la préparation correspondante.
- Enfants de primaire de plus de 7 ans : prendre contact avec le responsable de la préparation correspondante.
- Collégiens et lycéens : prendre contact avec l’aumônerie de l’établissement scolaire ou demander à un prêtre.
Les modalités concrètes peuvent dépendre de la paroisse. Les parents peuvent demander à un prêtre de les accompagner dans les démarches et de leur indiquer la préparation adaptée à l’âge de l’enfant.
Le baptême d’un bébé en dehors d’une situation d’urgence
Il n’y a pas de moment précis pour faire baptiser son enfant. Cependant le baptême de l’enfant se fait généralement peu de temps après sa naissance.
Le droit canonique, sans ambiguïté, dit : « Les parents sont tenus par l’obligation de faire baptiser leurs enfants dans les premières semaines ; ils iront trouver leur curé au plus tôt après la naissance et même avant, afin de demander le sacrement pour leur enfant et d’y être dûment préparés » (can 867).
On peut conclure à une nette préférence de l’Église pour les baptêmes des bébés sans attendre. Les parents peuvent donc prendre contact avec leur paroisse avant la naissance ou dès les premières semaines de l’enfant afin de demander le sacrement et de se préparer.
Pourquoi préparer le baptême ?
« Cet appel à demander le sacrement avant la naissance laisse percevoir qu’un temps suffisamment long est nécessaire pour assurer la préparation du baptême ».
La préparation au baptême n’est pas un à-côté du sacrement. Comme pour l’initiation d’un adulte, la préparation est « catéchuménat » c’est donc de l’ordre de la sacramentalité ; il s’y joue la rencontre de Dieu qui se révèle tout particulièrement par sa Parole, la réponse de foi et de conversion des acteurs, la dimension ecclésiale et donc communautaire ainsi manifestée : réalités que le sacrement vient consacrer.
Le rôle des parents, du parrain et de la marraine
Ils sont baptisés dans la foi de l’Église proclamée par les parents, les parrains et les autres assistants. Ceux-ci représentent l’Église locale et la communion universelle des saints et des fidèles, « l’Église Mère qui tout entière enfante tous et chacun » (S. Augustin, lettre 98).
Le parrain et la marraine sont des personnes importantes dans la vie de l’enfant et de sa famille. Il est donc important de choisir des personnes avec lesquelles vous avez une relation forte et durable.
Le parrain et la marraine doivent être des chrétiens baptisés et pratiquants, qui sont capables de guider et de soutenir l’enfant dans sa vie spirituelle. Ils doivent être disponibles pour suivre l’enfant dans sa vie et lui apporter leur soutien.
Les parrains et marraines s’engagent également à soutenir l’enfant dans la foi chrétienne, ce qui inclut de l’éduquer et de l’accompagner dans sa vie chrétienne.
Préparer le rite complémentaire après un baptême urgent
Avant la cérémonie, les parents de l’enfant doivent se renseigner sur les pratiques de leur paroisse et s’assurer que l’enfant remplit les conditions nécessaires. Ils doivent également choisir des parrains et marraines pour l’enfant et s’assurer qu’ils remplissent aussi certaines conditions, comme par exemple, être catholiques et baptisés.
Une fois que la date est bouclée, notez sur votre agenda les réunions préparatoires au baptême. Un rite complémentaire peut réunir plusieurs familles, selon l’organisation de la paroisse.
Sachez aussi qu’il se peut que ce ne soit pas un baptême unique mais un baptême multiple (d’autres enfants seront baptisés avec le vôtre).
La tenue de l’enfant pour le rite à l’église
Il n’y a pas de règles strictes quant à la tenue de l’enfant pour son baptême. Cela dépend de vos préférences personnelles et de l’ambiance de la cérémonie.
Robe, combinaison ou petit costume, l’essentiel est de choisir une tenue confortable pour l’enfant, qui lui permettra de se sentir à l’aise pendant la cérémonie.
Choisissez ce qui vous plaît, à condition que la tenue soit blanche. Préférez une tenue simple et jolie.
Le blanc est symbole de la pureté, de l’innocence et marque l’entrée dans sa vie de baptisé.
Les principales étapes de la célébration baptismale
La cérémonie a lieu en présence d’un prêtre ou d’un diacre et de témoins (les parrains et marraines de l’enfant, ainsi que d’autres personnes de la famille et des amis). Elle commence par une bénédiction de l’eau, qui est considérée comme un signe de la présence de Dieu et de sa grâce.
L’enfant est plongé dans l’eau ou aspergé d’eau bénite, symbolisant sa mort au péché et sa résurrection à une vie nouvelle en Christ.
Après le baptême, le prêtre ou le diacre verse de l’huile sur la tête de l’enfant, symbolisant l’Esprit Saint qui habite en lui.
Le prêtre ou le diacre remet également une croix à l’enfant ou à ses parents, symbolisant l’appartenance de l’enfant à la communauté chrétienne.
La cérémonie se termine par une prière de bénédiction.
Dans le cas d’un baptême in extremis, certaines de ces étapes sont reportées au rite complémentaire célébré après la survie de l’enfant.
Certificat et attestation de baptême
À l’issue de ce rite, les parents reçoivent une attestation de baptême qui servira à l’enfant toute sa vie pour les différents sacrements comme le mariage ou l’ordination par exemple.
Si vous avez été baptisé à la paroisse Notre-Dame de Versailles et que vous avez besoin d’un certificat de baptême, vous pouvez remplir le formulaire ci-dessous. L’acte de baptême ne peut être envoyé que par courrier, il est donc impératif de donner son adresse postale.
Si vous avez été baptisé ailleurs, adressez-vous à la paroisse de votre baptême ou à l’évêché de la commune du baptême.
Baptême religieux et baptême civil
Le baptême civil est une cérémonie organisée par l’état civil pour enregistrer la naissance de l’enfant et lui donner un nom. Il n’est pas lié à une religion et n’a pas de signification spirituelle.
Le baptême civil n’est prévu par aucun texte et ne crée aucune obligation. Il s’agit d’un engagement moral d’ordre purement privé.
Il se pratique dans certaines mairies, mais elles ne sont pas obligées de le célébrer, il n’est pas inscrit sur les registres de l’état civil et les justificatifs éventuellement délivrés n’ont pas de valeur au regard de la loi.