Boire au carnaval: règles et traditions des Enfants de Jean Bart et du Dunkerque festif

Pour les préserver, notre Carnaval a des règles sacrées. La Charte des Enfants de Jean Bart est là pour ça !

Langage et identité du carnaval

SURPRISE N°1Le carnavaleux s’exprime de manière curieuse. Voici quelques mots qui vous sauveront de toutes situations… On ne dit pas « bonjour, madame, je suis ravi de vous rencontrer aujourd’hui dans ces circonstances joyeuses… » mais Qu’est-ce ça dit ? On ne dit pas Madame mais Matante, de même Monsieur devient Mononcle (mais aussi Matante parfois, après tout on ne sait pas toujours qui se cache derrière un déguisement).

L’Oncle Cô, par ailleurs, est devenu un nom générique de l’ancêtre pêcheur à Islande. Le « parler dunkerquois » est issu en grande partie de mots d’origine flamande ou parfois anglo-saxonne, un peu dévoyés dans leur prononciation. Il était d’usage chez les dockers du port notamment. C’est un « langage de la rue ». Il est bon de savoir qu’une association dunkerquoise « Les Pénélectres » s’attache à le faire vivre au‑delà des chansons du carnaval.

Mais ne venez pas exprès pour ça, ou alors plusieurs fois, car il faut se reconnaître pour avoir son petit bisou. Soucieux d’optimiser chaque seconde de son carnaval, le masquelour, à peine sorti de chapelle, veut se jeter dans le prochain chahut… alors il cherche la musique et les carnavaleux. C’est un sport national et cela se traduit par une question : « Est-ce que t’as pas vu la bande ? » (En général, la réponse est : « elle est chez Stanche »).

Vie dans la bande et espaces publics

Les carnavaleux pourront également s’y approvisionner en eau, via le bar à eau de l’Eau du Dunkerquois, tout en découvrant l’info mobile et une exposition sur les traditions du carnaval. Cri de la mouette: un événement « off », le matin de la bande de Dunkerque, où les carnavaleux de tous âges et de tous horizons essaient d’imiter le cri de la mouette dans un challenge festif, décalé, bon enfant… donne lieu chaque année à la désignation d’un champion, d’une championne !

Friteries en exterieur, soupe à l’oignon dans les cafés, pot’je vleesch et carbonade flamande dans les brasseries… Circulent ! Les jours de Carnaval, les voitures restent au garage. La circulation et le stationnement sont interdits sur l’itinéraire de la bande.

Ici les bus sont gratuits… et pas qu’en période de carnaval !

Le vocabulaire et les personnages du Dunkerquois

Parlez dunkerquois. Bande: il ne s'agit pas d'un groupe de carnavaleux mais du défilé lui‑même. Beurt’che : c’est un petit tour avec une fille et, par extension, un petit tour dans la bande. Bucke : ventre. Chapelle : lieu mythique du carnaval qui n’a rien de religieux. Clet’che : costume du carnavaleux. Figueman : personnage de la bande pratiquant l’intrigue. Intrigue : certains carnavaleux se travestissent jusqu’à être méconnaissables et taquinent les spectateurs en déguisant leur voix. Masquelour : carnavaleux qui fait la bande. Reuze Papa : dans la tradition du Nord, c’est le géant de la Ville. Rigodon : final de la bande où s’enchaînent les chahuts une heure durant.

Traditions et costumes

Le carnaval est l’occasion de se défouler et de laisser libre cours à son imagination. C’est pourquoi les carnavaleux rivalisent d’ingéniosité pour la confection de leur clet’che, autrement dit de leur déguisement. Beaucoup d’hommes se déguisent en femmes et pour cela adoptent perruques, jupes bas-résilles, bijoux, faux-cils, maquillage, chapeaux à fleurs. Certains enfilent même des sous-vêtements féminins au-dessus de leur robe. D’autres choisissent le pagne de paille, le sous-pull noir et se noircissent le visage afin de ressembler aux « zoulous ». Cette pratique, qui rappelle celle du blackface, est cependant sujette à controverse. Le tablier d’écolier à carreaux rouge et blanc, très à la mode autrefois, se fait plus discret. Les déguisements s’assemblent souvent à l’aide de vieux vêtements retrouvés dans le grenier ou offerts par une tante ou une grand-mère. Les carnavaleux sont les rois de la récupération. Le marché de Dunkerque a même son « coin carnaval », appelé « Cafougnette » où l’on achète de vieux vêtements pour le carnaval (fourrures, chapeaux, vêtements…).

  1. À la bande de Dunkerque, les carnavaleux s’arrêtent devant l’hôtel de ville; le maire lance des harengs fumés enveloppés dans un film protecteur, déclenchant une bousculade. Le sommet du jet de harengs voit aussi le maire lancer un homard en plastique comme clin d’œil.
  2. Le lancer du homard est un clin d’œil à l’ancien maire de Dunkerque : Michel Delebarre. Le prédécesseur s’appelait Claude Prouvoyeur et les carnavaleux chantaient « Prouvoyeur, des kippers ! ».
  3. Une fois M. Delebarre élu, les carnavaleux ont chanté « Delebarre, des homards ! », puis échangent le homard contre un vrai.
  4. Le lancer de harengs a débuté après la Seconde Guerre mondiale; le Figueman accompagne la bande et pratique l’intrigue.

Le Figueman est très répandu dans la bande. Il est masqué et grimé, armé d’un bâton avec pendants et objets odorants, jouant l’Intrigue pour taquiner les spectateurs.

Règles et sécurité

Le carnaval n’est pas un concours d’alcoolémie. Tant dans un bal que dans la bande, les bouteilles en verre sont interdites: si elles se cassent, elles risquent de blesser plusieurs personnes. La base de la bande c’est la « ligne »: l’alignement occupe grosso modo la largeur de la chaussée. Les premières lignes retiennent la bande; les autres lignes poussent. Lorsque les fifres jouent, la bande avance tranquillement; lorsque les cuivres et tambours résonnent, c’est le moment du chahut. On ne sort pas de la bande en plein chahut; il faut attendre la fin d’un chahut et crier « sortie », puis sortir du côté le plus court ou du côté extérieur selon le contexte.

Si quelqu’un tombe, les masquelours alentours le retiennent et l’entourent pour éviter de nouvelles chutes; le port de chaussures de sécurité est conseillé. On n’entre dans une chapelle que si on y est invité. Le bal et la bande se terminent par une Cantate à Jean Bart et l’Hymne au Cô Pinard; les carnavaleux se tiennent par la main lors de ces deux chansons.

Organisation et espaces culturels

Les associations carnavalesques jouent un rôle historique et organisent leurs bals. Le tambour-major dirige la musique et choisit le parcours; typiquement, les fifres puis les cuivres et les grosses caisses suivent. Le Kursaal et Malo-les-Bains abritent les moments forts du rigodon et des chants. Le carnaval est divisé entre bars, chapelles, devant et derrière la musique, et chaque espace est régi par des règles de respect et de sécurité.

Le carnaval est l’occasion de se défouler et de laisser libre cours à son imagination. C’est pourquoi les carnavaleux rivalisent d’ingéniosité pour la confection de leur clet’che, autrement dit leur déguisement. Le chapeau constitue un véritable étendard du carnavaleux, décoré selon les années et les idées; d’autres complètent leur tenue avec des accessoires colorés et des motifs audacieux.

La modernité et les enjeux sociaux

Depuis plusieurs années, la popularisation pose des enjeux: l’afflux de spectateurs et de carnavaleux « initiés » augmente les recettes mais peut susciter des tensions. Des débats autour du blackface et des costumes ont émergé, comme lors de l’affiche du bal des noirs en 2017 et les réactions qui ont suivi. Le texte rappelle que le carnaval est une tradition riche, mais que le respect et l’inclusion restent prioritaires.

Le Carnaval de Dunkerque est décrit comme l’un des plus beaux et des plus grands du monde, avec trois mois de festivités et des lieus emblématiques tels que le Kursaal et Malo. Les images et les anecdotes montrent une communauté fière et vivante, prête à partager sa culture tout en préservant sa sécurité et son esprit festif.

illustration du carnaval et des bandes

Vidéo 360° : le carnaval de Dunkerque comme si vous y étiez

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