Bonne année, Arthur roi : la légende arthurienne raconte l’ascension d’un jeune homme devenu souverain de Bretagne, protecteur de son royaume et maître d’une cour réunissant les plus valeureux chevaliers autour de la Table ronde. Arthur est reconnu roi non par la violence, comme son père, mais par sa générosité.
Il est impossible de savoir si le roi Arthur a réellement existé. Le seul élément historique vraisemblable est qu’au 6e siècle, Arthur aurait été un chef de guerre courageux grâce à qui les envahisseurs de la Bretagne auraient été repoussés.
Aux origines du roi Arthur
Les hypothèses sur le nom d’Arthur
Le nom d’Arthur pourrait provenir du latin Artorius, nom d’un officier romain - Lucius Artorius Castus - qui aurait vécu en Angleterre aux 2e-3e siècles. Ce légionnaire se serait distingué dans la lutte des Romains contre les Pictes, un peuple autochtone d’Écosse. Présumé d’origine dalmate, Artorius aurait rapporté avec lui de Croatie l’emblème du dragon.
On évoque aussi une racine celtique pour le nom d’Arthur : art ou ars signifie « ours », qui est alors le roi des animaux (avant d’être supplanté plus tardivement par le lion). C’est aussi un animal emblématique celte symbolisant la force et la stabilité.

Les premières mentions écrites
Les plus anciennes chroniques qui racontent l’histoire de la Grande-Bretagne, aux 5e-6e siècles, ne le mentionnent pas. C’est dans un poème gallois du 7e siècle, le Goddodin, qu’un personnage nommé Arthur apparaît pour la première fois.
Il y incarne un modèle de bravoure dans une défaite infligée aux Bretons par des Angles qui envahissent la Grande-Bretagne. Est-ce le même personnage cité vers 800 dans l’Historia Brittonum de Nennius ?
Selon ce chroniqueur, un certain Arthur aurait aidé le roi des Bretons à combattre l’invasion des Saxons et aurait remporté une victoire remarquable, tuant neuf cent soixante ennemis. Arthur n’est encore qu’un « chef de guerre » (dux bellorum) breton parmi d’autres, mais il s’impose comme étant chrétien.
Dans la huitième des douze batailles où il triomphe, Arthur porte sur ses épaules l’image de la Vierge Marie, « et les païens furent massacrés en grand nombre grâce à Notre Seigneur Jésus Christ et sainte Marie sa mère ».
Arthur, roi chrétien et héros national
Dans la seconde moitié du 10e siècle, les Annales Cambriæ mentionnent qu’Arthur a battu les Saxons au mont Badon en 516. Au cours de la bataille, il aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la Sainte Croix sur ses épaules ainsi que l’image de la Vierge.
Quand le mythe prend forme au 12e siècle, Guillaume de Malmesbury (vers 1125) revient à l’image de la Vierge qu’Arthur aurait fait coudre sur ses armoiries avant la bataille du mont Badon. C’est également la version de Geoffroy de Monmouth (vers 1155), qui apporte cependant de nouvelles précisions.
L’épée d’Arthur, forgée dans l’île d’Avalon, s’appelle Caliburn, sa lance Ron, son écu porte le nom de Prydwen et l’image de la Vierge se trouve à l’intérieur. De plus, Geoffroy raconte que le couronnement d’Arthur est célébré par l’archevêque Dubrice à Silchester.
Ainsi se constitue une légende qui fait d’Arthur un héros national et chrétien. Ce sont les auteurs bretons du 12e siècle qui ont fait de lui un souverain prestigieux, conquérant et justicier, champion des combats contre les païens ; ce sont eux aussi qui l’inscrivent dans la succession des rois de Bretagne.
L’invention du roi Arthur au 12e siècle
Le personnage du roi Arthur et les principaux éléments qui vont construire la légende arthurienne apparaissent dans les textes à partir du 12e siècle. Conçu alors comme un personnage historique, Arthur incarne un roi puissant et conquérant, symbolisant la légitimité du pouvoir et la grandeur du passé breton.
Les rois de Bretagne, d’abord les rois d’origine normande au début du 12e siècle, puis les Plantagenêts quelques décennies plus tard, ont besoin de justifier leur règne, de légitimer leurs conquêtes et de fortifier leur image en face des souverains de France et des autres pays d’Occident.
Guillaume de Malmesbury, dans les Gesta regum Anglorum vers 1125, puis Geoffroy de Monmouth dans l’Historia Regum Britanniae vers 1138, racontent l’histoire de la Bretagne depuis l’arrivée de Brutus dans l’île d’Albion jusqu’à la mort d‘Arthur et la chute de l’empire breton.
Ces textes remplissent une fonction généalogique indéniable et offrent aux souverains contemporains les ancêtres exceptionnels dont ils rêvaient.
La rivalité entre Capétiens et Plantagenêts
Entre Capétiens et Plantagenêts, il y a en effet une rivalité idéologique. Le rite du sacre et de l’onction qui caractérise la monarchie française, le pouvoir thaumaturgique des rois, l’ascendance exceptionnelle de Charlemagne, empereur d’Occident et lieutenant de Dieu sur la terre, enfin la riche hagiographie et la littérature épique qui existe aux 11e et 12e siècles autour de la « matière de France » donnent à la monarchie française un passé prestigieux.
Les rois de Bretagne, qui tout au long du 12e siècle construisent un état de plus en plus fort en face des autres royaumes d’Occident, ont besoin d’un héros national qui soit l’emblème de la monarchie insulaire.
Geoffroy de Monmouth dédie son œuvre à des bienfaiteurs qui sont tous d’origine normande : Étienne, roi d’Angleterre (1135-1154), fils du comte de Blois et petit-fils de Guillaume Le Conquérant, et Robert, comte de Gloucester, deuxième personnage du royaume après le roi.
Face à un peuple breton qui n’oublie pas les origines normandes de ceux qui les gouvernent, ces puissants personnages qui dirigent alors l’Angleterre ont besoin de se rattacher à un passé glorieux et à un héros dynastique.
Geoffroy de Monmouth le fait en racontant comment autrefois la Bretagne s’est formée par une volonté expansionniste qui a culminé avec Arthur. Il crée ainsi un personnage qui pour les Bretons va être l’équivalent de ce qu’est Charlemagne pour les Français.

Geoffroy de Monmouth et la figure royale mythique
Réinventant le passé à partir de sources légendaires, Geoffroy de Monmouth quitte son rôle de chroniqueur pour entrer dans la fiction, poussé par un désir de légitimer le passé breton pour servir la royauté contemporaine.
Après avoir intégré à son récit le mythe glorieux des origines troyennes de la Bretagne en racontant comment Brutus, arrière-petit-fils d’Enée, s’installa dans une île encore sauvage appelée Albion, puis Bretagne, il introduit un autre héros mythique lié à la christianisation de l’île, Arthur, un jeune homme d’une valeur et d’une libéralité exceptionnelles.
Le merveilleux, profane et religieux tout à la fois, entoure le héros : l’emblème d’Arthur est le dragon, ses armes sont d’origine féerique, en particulier son épée Caliburn, son écu porte l’image de la Vierge Marie.
La Bretagne est alors encore terre d’enchantements, les lacs et les forêts sont encore soumis à des forces magiques. Arthur est d’abord vainqueur de monstres et de géants, puis des ennemis qui comme les Scots menacent l’intégrité de la Bretagne.
Il soumet l’Irlande, le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Gaule et est le vainqueur du géant Frollo qui détient la ville de Paris, puis se prépare à marcher victorieusement sur Rome lorsqu’il est trahi et tué par Mordred, son neveu.
Grâce à Geoffroy de Monmouth les rois d’Angleterre disposent à leur tour d’une figure royale mythique et d’un passé prestigieux.
Robert Wace et le Roman de Brut
Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour.
Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. Tout en s’inspirant de Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut.
Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres.
Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.
Ni Geoffroy de Monmouth, ni Wace ne sont les inventeurs de la matière de Bretagne, mais ils ont contribué à sa diffusion et à son rôle politique. La cour des Plantagenêts a été un lieu privilégié pour le développement de la légende arthurienne.
La naissance légendaire d’Arthur
Dans la légende, Arthur est né en 470, à Tintagelle. Il est le fils du roi de Bretagne Uther Pendragon et de la reine Ygerne de Cornouailles.
À sa naissance, il fut aussitôt confié à l’enchanteur Merlin, en échange de ses services. Merlin prédisait un grand destin à Arthur.
Il l’éleva sans lui révéler ses origines, en lui faisant la classe et en l’entraînant à devenir un chevalier. Il se fera aider dans son éducation par un couple de seigneurs amis, qui ont également un fils appelé Keu.
À la mort d’Uther Pendragon, des conflits éclatent pour savoir qui prendra sa succession car il n’a pas de fils héritier légitime…
L’épée dans la pierre
Il faut un roi et l’épée d’Uther, Excalibur, réapparaît à Noël, fichée dans une enclume. Seul celui digne de régner pourra retirer l’épée.
C’est alors qu’une épée apparaît sur le parvis de la cathédrale où a lieu son enterrement : l’Excalibur. L’épée est enfoncée dans un rocher et une inscription révèle que seul le vrai roi légitime pourra libérer l’épée de la pierre.
De nombreux chevaliers tentent leur chance, sans succès. L’épée ne bouge pas. Quelques années plus tard, un jeune homme essaie à son tour d’extraire Excalibur de son rocher et réussit cet exploit : c’est Arthur !
Un simple écuyer, un jeune garçon appelé Arthur, y parvient. Merlin confirme qu’Arthur est bien le fils d’Uther Pendragon, et Arthur devient roi de Bretagne.

Arthur, Guenièvre et le royaume de Logres
Merlin veille sur le jeune roi comme il a veillé sur l’enfant caché. Arthur est reconnu roi non par la violence, comme son père, mais par sa générosité.
Là où Uther avait tué par amour, Arthur prête main forte et combat pour ses barons. Après avoir sauvé l’un d’entre eux d’une fin terrible, Léodagan, il tombe amoureux de sa fille, Guenièvre, et l’épouse.
Il s’installe alors dans le château de Camelot. C’est un roi brave et courageux qui, entouré de ses chevaliers, protège son royaume des Saxons.
Il va même jusqu’en Gaule pour aider Léodagant, roi de Carmélide, à combattre. Victorieux, Léodagant lui donne en remerciement la main de sa fille : Guenièvre.
Il combat vaillamment au nord, au sud, à l'est, à l'ouest, en Écosse et en Irlande, partout. Il livre 12 batailles, chaque fois, il gagne et repousse les Saxons qui cherchent à prendre les terres des Bretons.
Plus personne ne songe à lui faire la guerre. Une paix durable s'installe dans le royaume de Logres. Arthur est devenu un grand roi, juste et raisonnable.
Les chevaliers de la Table ronde
De cette union naît pour Arthur et le royaume de Logres une ère nouvelle. Le temps des Chevaliers de la Table ronde et de la quête du Graal est venu !
Arthur est entouré de valeureux chevaliers : Lancelot, Tristan, Gauvain, Galaad, Bohort, Dagonet, Perceval, Lamorak.
Selon la légende, le roi Arthur réunit ses plus vaillants chevaliers, c’est-à-dire les plus courageux, autour de la Table ronde. Pourquoi est-elle ronde ? Parce que tous les chevaliers qui y siègent, y compris le roi, sont considérés comme égaux entre eux.
Les chevaliers sont au service de la paix et de la justice. Ils respectent le code moral basé sur l’honneur, la fidélité, la pureté…
Les Chevaliers de la Table ronde ont un objectif principal : la quête du Graal. Le Graal est un objet mythique, représenté souvent comme une coupe sacrée qui aurait contenu le sang du Christ.
Les récits de Chrétien de Troyes relatent les exploits des chevaliers. Certains partent à l’aventure en quête d’un idéal, d’autres luttent contre des ennemis, symboles du mal…
Les principaux chevaliers
- Ivain, le chevalier au lion, qui accomplit de nombreux exploits par amour pour sa dame ;
- Gauvain, le neveu du roi Arthur, dont la force croît avec le soleil ;
- Perceval, un jeune et naïf jeune homme qui rêve de devenir un grand chevalier ;
- Lancelot, certainement le plus courageux des chevaliers, au destin exceptionnel.
Amoureux de la reine Guenièvre, leur histoire causera la chute d’Arthur…
La magie au cœur des légendes arthuriennes
Les légendes arthuriennes sont remplies d’éléments se rapportant au merveilleux : combat contre des dragons, objets ensorcelés, lieux enchantés… Les histoires de personnages magiques, comme les fées, se mêlent donc aux récits de chevalerie.
Merlin et la Dame du Lac
Par exemple, celle de la Dame du Lac, la fée Viviane, qui vit dans la forêt de Brocéliande. Elle maîtrise les enchantements que Merlin lui a enseignés.
C’est elle aussi qui éleva Lancelot enfant (d’où son surnom de Lancelot du Lac). Merlin tombe éperdument amoureux d’elle.
À tel point qu’il la laisse même lui jeter un sort pour le retenir prisonnier dans son château invisible, au fond du lac.
Morgane et les enchantements
Une autre fée, la fée Morgane, demi-sœur d’Arthur, apparaît dans les récits. Furieuse d’être rejetée par son amant, elle le transforma en pierre, ainsi que la femme qu’il courtisait.
Tu peux voir ces deux rochers, appelés les rochers des faux-amants, dans le Val-sans-retour de la forêt de Brocéliande.
La forêt de Brocéliande, terre de légendes
Si tu pars en vacances en Bretagne, tu pourras découvrir de nombreux endroits liés à la légende du roi Arthur et de ses chevaliers. Le lac de la Dame du Lac, la fontaine de Jouvence, le tombeau de Merlin… autant d’endroits merveilleux qui racontent chacun une partie de la légende.
Tu as envie d’en savoir plus sur la légende d’Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde ? Plonge dans leurs incroyables aventures en lisant les récits de Chrétien de Troyes, et découvre sur notre chaîne YouTube quelques-uns des fabuleux endroits de l’histoire dans la forêt de Brocéliande !
Brocéliande : la forêt légendaire du roi Arthur
Le crépuscule du roi Arthur
Le roi Arthur qui avait pris son vol en Cambrie, gagne le Trégor afin d’y ployer ses ailes. Sous les frondaisons de la forêt de Brocéliande, au pays de Paimpont, Merlin répète à tous les échos que bien fol est l’enchanteur qui livre à sa mie les secrets de son art…
Un soir, gris de la colère de Dieu, les flots ont submergé les cités opulentes. Ker Ys et tant d’autres orgueilleuses métropoles sont à jamais roulées dans le suaire luctueux du glauque océan.
Ainsi, par une aube souillée des taches pourpres du sang et du feu, les hordes barbares ont-elles ravagé les royaumes d’Arthur, terrassé ses vaillants Chevaliers de la Table Ronde, ruiné ses châteaux, dispersé ses peuples…
La grande famille celtique pleure, sur la harpe de ses bardes, le courage infortuné des Héros. Elle pèse d’un poids bien lourd, dans le cœur du roi Arthur, cette disparition des Chevaliers.
N’était-ce point ces audacieux guerriers qui, répondant à l’appel de Merlin, avaient entrepris cette quête du Graal ?
Mordred, le traître issu de son lignage lui a ravi sa couronne et son épouse Gwenn Arc’hant (Guenièvre). L’Évêque Quay, chargé de négocier, en Bretagne insulaire, la venue sur le continent de la reine infidèle (et pourtant désirée !) obtient seulement qu’elle ceigne son front du voile des moniales.
La chair même du monarque Arthur est labourée des coups qu’il reçut debout face aux ennemis, en ce combat tragique de Carcaradec que l’on appellera plus tard Salisbury.
Le combat contre le dragon
Un clair matin, par les genêts perlés de rosée, il gagne à cheval l’antique cité épiscopale du Yaudet dont le nom s’est déjà inscrit dans la merveilleuse légende.
Arthur atteint Trédrez, puis Saint Michel, fouillant les landes et battant les bois, sans rencontrer un gibier qui vaille les coups d’estoc et de taille de Kalet-voulc’h, le fameux glaive, forgé par les Fées sur l’île d’Aval.
Sa marche vaine, il la poursuit jusqu’au Grand Rocher qui surgit de la falaise pour dominer la Lieue de Grève, tel un guetteur. Et il désespère de réaliser ce jour quelque prouesse, quand un énorme dragon, dont la gueule béante vomit du feu, bondit des ajoncs d’or et des bruyères roses sur la route de Plestin.
Le palefroi royal hennit douloureusement, se cabre, recule, épouvanté par ce saurien ailé, à la dimension d’un taureau de deux ans avec un œil rouge au milieu du front et des écailles vertes autour des épaules…
Arthur n’hésite pas… il glisse au sol, Kalet-voulc’h au poignet… Qui saurait donc redouter cet invincible roi, Kalet-voulc’h à la main ? Il s’élance, intrépide, sur le monstrueux saurien.
Le duel gigantesque, mettant aux prises le roi et le dragon dure, sans désemparer, trois jours et autant de nuits. Arthur frappe d’abord de la pointe et du tranchant de son fer et, sous ses coups redoublés, des gerbes d’étincelles jaillissent des écailles.
Puis il charge ses épaules de blocs de pierre si lourdes qu’il chancelle ; il les élève au-dessus de sa tête, les bras gonflés par l’effort, et les jette sur le reptile de toute l’énergie de ses muscles herculéens.
Enfin, ayant arraché un chêne, il s’en sert comme d’une massue, et les branches se rompent, le tronc se brise… Pas une égratignure ne marque ce monstre dont la vigueur semble croître avec la violence d’une lutte qui fait trembler la terre…
Les ténèbres se dissipent à l’issue de la troisième nuit de combat. Arthur, épuisé, gît sur le sol, à la merci de son adversaire.
Près de son ermitage, le noble et pieux chevalier Efflam récite Laudes. Au soir de ses épousailles avec la belle Enora, il s’était éloigné de la patrie irlandaise et de la couche nuptiale pour trouver la solitude en Armorique.
Efflam entend la plainte lugubre des oiseaux de mer. Il voit le dragon, griffes tendues et mâchoire ouverte, prêt à déchirer et dévorer un homme inanimé.
L’anachorète, d’un signe, contraint le saurien à l’inertie. Il frappe trois fois la roche de son bourdon et donne libre cours à une eau fraîche dont il abreuve Arthur qui retrouve force et santé.
Le roi se précipite sur le dragon, lui enfonce son épée dans la gueule si bien que le monstre jette un cri et roule dans la mer, la tête la première.
Sur un pilier de l’église saint Jacques de Perros, un sculpteur immortalise la scène : à droite, le roi menace désespérément, son Kalet-voulc’h brandi, le dragon qu’il est impuissant à tuer, malgré sa vaillance légendaire, à gauche, l’humble bourdon du pieux chevalier irlandais triomphe aisément du reptile ailé.
Arthur serre dans ses bras son sauveur en qui il reconnaît un cousin aimé. Il se hisse péniblement sur son coursier et, l’âme bien dolente, il prend le chemin du Château de Kerduel…
Camlan, Avalon et le retour annoncé
Les armées d’Arthur et Mordred s’affrontent près de la rivière Camlan. Mordred est tué par Arthur et celui-ci est grièvement blessé.
Et il faut la vertu magique des soins de Morgane, la druidesse de la mystérieuse île d’Aval, qui recueillit Arthur, son frère, au soir de la bataille, pour que le roi ne succombe pas aux plaies creusant son visage, sa poitrine, ses membres…
Le moment est arrivé pour Arthur de s’endormir dans la dernière des incantations, s’il veut être prêt au réveil annoncé par les bardes.
Arthur ne s’arrête sous la Tour de Kerduel que l’instant de convier ses fidèles à seller leurs coursiers et à galoper à ses côtés vers la baie de Landrellec.
Des hauteurs de Pleumeur-Bodou, l’île d’Aval apparaît semblable à une nef majestueuse sur le point de voguer vers l’Occident, à la quête de la perpétuelle lumière.
Parvenue à Penvern, la chevauchée royale ne s’attarde point, car la mer lui cède le passage et Arthur a grande hâte d’embarquer dans le vaisseau féérique.
Encore un galop par la grève humide et le Prince, suivi de son escorte, rejoint “l‘île aux pommes”.
Entourée de ses huit compagnes, Morgane, la fée des Ondes, au front ceint d’un diadème étincelant de rubis et d’améthystes, se dirige vers son hôte.
Elle est la druidesse hiératique qui accomplit son ultime ministère : ouvrir au roi de légende les portes bleues du pays des rêves celtiques.
Morgane tend les mains au vaillant roi : elle donne à Arthur une affectueuse étreinte qui ne se relâchera que dans une succession de siècles…
Depuis lorsque par delà l’horizon orangé s’est enfui le soleil, scintillent au firmament le Chariot et la Harpe d’Arthur. Et c’est la chasse du roi que nous percevons dans la brise nocturne.
Ne serait-ce point lui qui survole Kerduel sous la forme noire du corbeau. Pèlerinons pieusement par l’île d’Aval, ses fougères élégantes, ses ajoncs drus, ses fines bruyères…
Une vapeur s’élève qui nimbe le rocher. Elle repousse le ciel et la terre et elle aveugle le profane. Un voile magique enveloppe l’île de mystère.
Il la soustrait au monde, l’emporte hors des frontières du concret et il la teinte d’irréel. La féérie reconquiert son temple d’Aval.
Arthur, à la barbe quatorze fois séculaire, sort de son sommeil. Sa silhouette altière resplendit de l’éclat d’un Tantad au soir du Solstice d’été.
A d’indivisibles horizons, il demande si l’heure n’est point de faire clamer par les bardes l’hymne de gloire et sonner par les cors la chevauchée triomphale des Preux des deux Bretagnes à jamais liées sous la bannière prestigieuse au Dragon Rouge.
Le Festival du Roi Arthur en Bretagne
Depuis 2008, le Festival du Roi Arthur accueille la fine fleur des musiques actuelles et de l’art vivant pour 3 jours de festivités et de concerts en plein air.
Le Roi Arthur, c’est le festival musical incontournable de fin d’été en Bretagne, à seulement 20min de Rennes. Entre 50 et 70 artistes de tous courants musicaux et artistiques s’y produisent et 75 000 festivalier·es s’y ambiancent (60 000 entrées payantes). Sans compter les visiteurs du Village !
3 jours (et 3 nuits) durant, le Mafeu, champ vivant prêté par des agriculteurs bréalais, se transforme en royaume légendaire.
Niché entre la capitale de Bretagne et la forêt enchantée de Brocéliande, c’est un Royaume en phase avec son époque : ouvert à tous et toutes, écolo et fier de ses racines bretonnes.
C’est un Royaume qui obéit à ses propres règles. Pour y entrer, on s’engage à respecter une charte de bonne conduite.
C’est une enclave festive qui propose 5 scènes et espaces aux propositions artistiques et ambiances différentes.
Pour cette quinzième édition, le Festival du Roi Arthur a accueilli 68 000 festivaliers dans son vaste royaume. Parmi eux, une troupe de 1 350 bénévoles étaient présents sur les trois journées pour assurer le bon déroulement de l’évènement.
Ils sont 1 350 cette année. C’est grâce à leurs équipes que le Festival du Roi Arthur, à Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine), a pu, une nouvelle fois, faire vibrer des milliers de vaillants chevaliers les 21, 22 et 23 août 2026.
Ce sont inévitablement eux, les bénévoles, qui sont, en réalité, le terreau de ce festival local.
La légende des grands rois du royaume de Logre doit se poursuivre !